aléatoire

vendredi 9 septembre 2016

Saint Paul compare la recherche de la sainteté à une course athlétique. J'aime bien cette comparaison, parce que c'est bien de ça qu'il s'agit. En effet, si un athlète est très bon pendant des années, tant mieux pour lui, mais ce qu'on lui demande, c'est de gagner le jour de la course officielle. S'il bat tous les records du monde dans son garage, c'est bien, mais c'est le jour de la course qu'il faut les battre. Chaque entrainement n'est que celà : un entrainement, dans l'attente de la course qui le mènera sur le podium.

Eh bien c'est exactement pareil pour la recherche de la sainteté : chaque jour, tant qu'il n'est pas notre dernier jour, n'est qu'un entrainement, et rien de plus. En effet, on pense parfois qu'on peut thésauriser nos "bonnes actions", nos prières ou tout ce qu'on fait pour Dieu et pour les autres, comme si on pouvait faire des réserves d'amour dont Dieu tiendrait compte au jour de notre jugement.

"Est-ce que tu m'aimes ?", nous demandera Dieu le jour où on ira le rejoindre, et on se dit qu'on pourra compter sur nos réserves, et dire "ah oui, tu vois, pendant des années j'ai fait ci ou ça, j'allais à la messe, j'ai fait ma communion, j'ai été au catéchisme, j'ai été enfant de choeur, etc etc...". "Très bien, dira Dieu, mais est-ce que tu m'aimes ?". Parce que ce qui l'intéresse, Lui, c'est le présent, pas ce qu'on a fait hier. "Ah oui, répondrons-nous, d'ailleurs j'avais prévu de faire un pélerinage un de ces jours, enfin peut-être, parce que je n'ai pas beaucoup de temps." "D'accord, insistera Dieu, mais est-ce que tu m'aimes ?". Parce que ce qui l'intéresse, ce n'est pas ce qu'on a prévu de faire éventuellement demain. "Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t'aime", répondrons-nous alors, à cours d'arguments, en espérant que ça passe. Ce n'est que si c'est vrai que nous entendrons alors "Entre dans la joie de ton maître, serviteur bon et fidèle", si nous sommes effectivement prêts au jour et à l'heure de notre rencontre avec Dieu.

Il faut savoir une chose : l'amour ne se thésaurise pas, on ne peut en faire des réserves, il ne vaut que pour aujourd'hui et, comme le mana dans le désert, c'est chaque jour qu'il faut le rechercher. En amour, on ne peut pas compter sur ses lauriers, ni sur des bons points qu'on aurait accumulés, ni sur notre réputation. Ici et maintenant, Dieu t'attend. Pas hier, pas demain. C'est ça, courir de manière à l'emporter. Chaque jour est un entrainement, rien de plus. La course qui comptera, c'est le jour de notre rencontre avec Dieu. Et on ne sait pas quand ça sera.
  
Ne te repose pas sur des lauriers que tu n'as pas encore acquis.