aléatoire

mardi 9 mai 2017

Au début de mon sacerdoce, quand j'avais plus de 40 enfants de choeur,
l'un d'entre eux contestait systématiquement ce que je leur enseignais sur la liturgie.
À chaque fois il me demandait "pourquoi?", et d'où je tenais ce que je disais.
Au début, je reconnais que ça m'a souvent agacé.
Et finalement, il m'a obligé à aller voir les sources,
afin d'être en capacité de justifier ce que je leur disais en sachant d'où ça venait.
Du coup, j'ai dû lire les quatre tomes de "L'Eglise en prière", de Martimort.
Puis étudier sérieusement l'introduction au missel romain et aux divers rites,
le Cérémonial des évêques qui venait d'être édité,
tout ce qui se réfère à la liturgie dans le droit canon,
ainsi que l'intégralité des documents sur la liturgie édités par le vatican
depuis Vatican II jusqu'en 1993, parce que la suite n'avait pas encore été compilée
(Enchiridion Documentorum Instaurationis Liturgicae, pour ceux qui connaissent).
Et ça a été extrèmement instructif.
D'abord, je me suis rendu compte que, sur quelques détails, j'avais tort.
Ensuite, j'ai appris ainsi à ne pas donner juste mon avis, basé sur ma propre expérience,
mais à vérifier dans les écrits officiels s'il était conforme à ce que demande l'Eglise.
On rejette souvent très facilement ceux qui nous contredisent.
C'est un tort.
Grâce à cet enfant de choeur, je suis beaucoup plus instruit aujourd'hui
que quand je croyais tout savoir, 
juste parce que je transmettais des choses qu'on m'avait dites, 
sans les justifier ni les avoir vérifiées véritablement. 
La suffisance est l'ennemie de la connaissance et de la recherche de la vérité.