aléatoire

mercredi 17 mai 2017

L'instinct qui nous pousse à faire des généralisations vient de loin,
et il est profondément lié à l'instinct de conservation.
Quand nos ancêtres croisaient pour la première fois la route d'un tigre,
il valait mieux, s'ils en réchappaient, qu'ils apprennent très vite à généraliser,
et désormais dès qu'ils en voyaient un ils devenaient très méfiants.
On a gardé cet instinct, mais on l'applique pour tout, et c'est un problème.
Il suffit qu'on ait été blessé par quelqu'un qui appartient à une catégorie quelconque
pour se méfier désormais de toute personne y appartenant aussi.
Par exemple quelqu'un blessé par un dentiste se méfiera désormais instinctivement
de tous les dentistes, mais ça vaut pour tout : les hommes, les femmes, les étrangers,
les politiques, les prêtres, les lecteurs du figaro, les amateurs de pizza, les facteurs,
les noirs, les blancs, les jaunes, les vieux, les fans de Michel Sardou, les boiteux,
les sdf, les conducteurs de bus, les chauves, les chanteurs, les artistes, etc etc...
On ne peut pas empêcher un instinct, c'est quelque chose d'irraisonné.
Mais on peut l'identifier, en comprendre le mécanisme,
et choisir d'en tenir compte ou non dans notre vie.
Dans cette forme particulière d'instinct de conservation,
il est essentiel de le faire, sous peine de devenir totalement paranoïaque
et de ne plus jamais faire confiance à aucun être humain,
non par intelligence ou par choix 
mais juste parce qu'on est dominés par un instinct archaïque et obsolète.