aléatoire

samedi 1 juillet 2017

Je considère, en tant que prêtre, que ma fonction consiste principalement
à montrer à qui est intéressé le chemin qui mène à Dieu.
Le prêtre est un familier de Dieu, non pas son serviteur mais son ami,
et il connait cette route qui vient de Dieu et qui va à Lui,
parce qu'il dédie sa vie à la parcourir, comme un guide parcourt la montagne.
Seulement voilà, quand on n'est pas prêtre, on ne voit pas les choses de la même façon.
Pour beaucoup de paroissiens, le prêtre est la personne qui peut et doit
leur donner les sacrements et les bénédictions que Jésus a laissés à son Eglise.
Ils le voient comme le gardien de l'église, le distributeur des sacrements,
l'employé de Dieu et de son peuple, le serviteur de tous.
Cette différence de façon de voir explique bien des quiproquos.
Là où des chrétiens pensent faire plaisir au prêtre parce qu'ils vont à la messe,
parce qu'ils lui demandent des sacrements et des services divers,
le prêtre, lui, a soif de faire connaître à tous ce chemin sur lequel il est pélerin :
il voudrait que tous aiment Dieu et le recherchent avec passion,
et qu'on lui demande d'être le guide et le frère plutôt que le sherpa.
C'est pour ça que ceux qui nous demandent un sacrement isolé
au milieu de la vacuité spirituelle d'une vie que Dieu n'intéresse qu'en cas de besoin
peuvent facilement être surpris, voire choqués, de notre manque d'enthousiasme
et que nous, prêtres, avons si souvent l'impression de prêcher dans le désert
et de nous épuiser en vain, puisque ce que nous faisons ne contribue que rarement 
à faire grandir l'amour de Dieu et l'intérêt pour ses enseignements.