Bien sûr, si Dieu apparaissait à toute la terre d'un coup,
plus personne ne douterait de son existence.
Le seul problème, c'est qu'on ne peut pas voir Dieu sans mourir...
Bon, du coup, on peut attendre, ce n'est pas si pressé.
C'est important de ne pas être possessif quand on est curé de paroisse.
Si on veut que les gens aillent à la messe, ce n'est pas pour remplir "notre" église,
c'est pour leur propre bien, pour qu'ils se rapprochent de Dieu et deviennent ses amis.
Peu importe qu'ils aillent chez nous ou n'importe où ailleurs : tant qu'ils y vont,
le but, qui est leur propre bien, est atteint.
Je suis toujours sidéré par le nombre de gens qui pensent
que dire qu'on est croyant non pratiquant signifie quelque chose.
Peut-on être amoureux non pratiquant ? Obéissant non pratiquant ? Confiant non pratiquant ?
Non, parce que c'est une formule qui sonne bien, mais qui ne veut rien dire.
Savoir que Dieu existe, ce n'est pas être croyant, c'est juste être instruit.
Avoir foi en quelqu'un, ce n'est pas la même chose que juste savoir qu'il existe vraiment,
et je ne peux pas affirmer que j'ai foi en quelqu'un
si je ne tiens jamais aucun compte de ce qu'il me dit de faire.
Je crains fort que le nombre de chrétiens qu'il y a dans le monde ne soit largement surestimé.
Oh, bien sûr, il y a un ou deux milliards de baptisés.
Mais combien s'efforcent de leur mieux de vivre selon les enseignements du Christ,
d'aimer Dieu par dessus-tout et leur prochain comme eux-mêmes,
avec l'aide hebdomadaire, voire journalière, des sacrements et de la prière ?
Chacun est libre de donner aux pauvres s'il le souhaite,
c'est une façon simple et habituelle de mettre en pratique les enseignements du Christ.
Je connais beaucoup de chrétiens qui le font chaque mois depuis de nombreuses années
et qui sont très heureux d'avoir l'opportunité d'aimer ainsi qui est dans le besoin.
Quand on est parent, le fait d'aller à la messe ne dépend plus de nos propres envies :
il s'agit du bien de nos enfants, en particulier quand on les a fait baptiser.
On a demandé à Dieu de les adopter, au jour de leur baptême.
Il est logique, ensuite, de lui amener ses enfants chez lui au moins une fois par semaine.