Toujours imaginer le pire,
c'est un excellent moyen pour ruiner son présent, qui existe,
au nom d'un avenir hypothétique qu'on prévoit catastrophique, mais qui n'existe pas.
Tous les auteurs de la collection de livres qu'on appelle la Bible sont inspirés.
Ça signifie que quel que soit le style littéraire que chacun utilise
ou le point de vue, forcément partial, que chacun défend,
tous ces écrits nous disent quelque chose de profondément vrai
sur la relation que Dieu entretient avec nous en tant qu'humanité,
et même avec chacun d'entre nous de façon personnelle.
La Trinité, c'est le Père qui se donne tout entier au Fils, qui se donne en retour tout entier au Père,
ce mouvement d'amour éternel et infini qui procède du Père et du Fils étant le Saint Esprit.
Bref, quand Jésus dit qu'il est Un avec le Père, ce n'est pas seulement qu'il pense comme lui
mais qu'il est uni à lui par ce mouvement d'amour sans commencement et sans fin qu'on appelle Dieu.
Quand il prie pour que nous soyons Un, nous aussi, c'est de cela qu'il s'agit :
pas seulement que tous les chrétiens croient en Dieu ou prient ensemble dans l'Église,
mais que nous soyons unis par un don de soi qui s'approche le plus possible de ce qu'est Dieu,
grâce à l'amour que nous recevons de lui par les sacrements et qui doit circuler entre nous tous.
Il ne faut pas confondre mysticisme et sainteté.
Quand bien même je verrais la Sainte Vierge, ça ne ferait pas de moi un saint.
Et il y a de nombreux saints qui n'ont des révélations divines qu'une fois arrivés au paradis,
celles des Évangiles leur ayant largement suffit ici-bas pour suivre le chemin qui mène à Dieu.
Il n'y a donc pas grand intérêt, quand on est à la recherche de la sainteté,
de se laisser fasciner chaque fois que quelqu'un prétend avoir un rapport direct avec le surnaturel.
Il est beaucoup plus utile de méditer la Parole de Dieu et de s'efforcer de la mettre en pratique.
L'amour de Dieu pour nous est sans limites.
S'incarner pour venir vivre avec nous, c'était déjà dingue.
Mourir pour nous permettre d'accéder à la vie éternelle, c'est un cran au-dessus.
Mais demeurer l'un de nous, une fois ressuscité, pour l'éternité...
Je ne vois pas ce qu'il pourrait faire de plus pour montrer à quel point il tient à nous.
Une vie qui n'a pas ou plus d'objectif tombe vite dans l'ennui.
C'est en général de ça que vient la fameuse crise de milieu de vie, d'ailleurs.
Heureusement, quand on est chrétien, notre objectif ultime se situant après la mort,
il n'est pas possible, tant que l'on continue à s'en préoccuper, de jamais s'ennuyer.
On s'est rendu compte pendant la pandémie qu'avoir à manger ne suffit pas.
L'absolu nécessaire pour vivre ne permet, en réalité, que de survivre.
La vie a aussi besoin de biens intangibles, comme la liberté de circuler ou l'accès à la culture,
mais encore d'être productrice et utile, voire de posséder du superflu,
pour commencer à devenir satisfaisante.
Le malheur du développement fulgurant des réseaux sociaux,
c'est qu'ils diffusent instantanément et mondialement toute sorte de rumeurs,
mais on réfléchit aussi peu qu'avant leur existence sur le bien-fondé de ce que l'on entend.
Pour réfléchir, il faut du temps, et le rythme effréné des annonces qui sont faites n'en laisse aucun.
Je comprends tout à fait qu'il y ait des gens très peu attachés à leur santé,
et qu'il y en ait pour lesquels il s'agisse de leur bien le plus précieux.
Ce que je ne comprends pas, en revanche, c'est que, quelle que soit la façon de penser de chacun,
il y ait souvent si peu de respect entre les deux camps.
L'ajout de couches de traditions humaines sur la religion au cours des siècles
me fait penser à la suie des bougies qui s'accumule dans les églises :
on finit par penser que leurs murs ont toujours été noircis, austères et tristes,
alors qu'ils étaient parfois à l'origine couverts de motifs colorés et joyeux,
et en tous cas ils étaient propres et lumineux.
Et le pire c'est que, si on s'avise de restaurer l'aspect originel,
il y aura toujours des gens pour crier au scandale "parce qu'on a toujours connu ça comme ça".
Il faut avoir l'orgueil plus gros que l'intelligence pour mépriser ceux qui ont vécu avant nous
en considérant qu'ils étaient nécessairement plus idiots ou plus ignorants que nous.
Petit exercice : essaye de faire du feu sans utiliser aucun moyen découvert ou inventé
par ceux qui nous ont précédé sur cette terre.
Bon courage.
L'Évangile d'aujourd'hui se situe peu avant la Passion du Christ, à la fin du dernier repas que Jésus a pris avec ses apôtres. Il peut maintenant lever un coin du voile qui dérobait encore sa vraie nature à plusieurs de ses disciples : il est dans le Père, et le Père est en lui. Ça n'a l'air de rien, mais c'est la définition même du rapport qui est le sien avec Dieu le Père dans la Trinité. Le Père se donne tout entier dans ce qui constitue le Fils, qui se donne tout entier dans ce qui constitue le Père, ce don permanent et total constituant et étant constitué du Saint Esprit. Ainsi, quand il dit qu'il est le Chemin, la Vérité et la Vie, et que nul ne va vers le Père sans passer par lui, ce n'est pas juste une image, mais la stricte vérité : l'alliance qu'il nous propose c'est de nous inclure en lui, afin de nous inclure dans le Père par la "respiration" permanente et éternelle qui constitue l'être même de Dieu que l'on nomme la Trinité. Quand nous mangeons son corps et buvons son sang sous la forme sacramentelle au cours de la messe, ce n'est pas que nous incluons le Christ en nous, c'est que nous nous incluons en lui, nous entrons en communion avec le seul qui puisse nous faire parvenir au Père parce qu'il est dans le Père et que le Père est en lui.
Vivre en Dieu, ce n'est pas seulement une idée ou un concept. Ce n'est pas non plus le simple résultat d'une vie juste et sainte, comme si notre bonté pouvait, sans intervention de Dieu, nous donner le Salut. Non, vivre en Dieu, c'est être inclus en lui par la communion au corps et au sang du Christ. Serait-il donc important de communier, et d'aller à la messe, est-ce que ça ne suffit pas de faire vaguement du bien autour de soi pour être sauvé ? Eh, encore une fois, ce ne sont pas les bonnes oeuvres qui nous sauvent, mais Jésus, "Dieu Sauve" (c'est ce que signifie son nom).
Mais alors, comment seront sauvés ceux qui ne communient pas, qui ne pratiquent pas, qui ne sont pas baptisés ou qui ne connaissent pas Dieu ? Je n'en sais rien. Je connais le chemin qui mène à Dieu, parce que le Christ nous l'a enseigné clairement, mais je ne sais pas s'il y a d'autres routes pour parvenir au Christ, et donc à Dieu le Père. L'Église n'est pas missionnaire depuis ses origines pour la beauté du geste ni par volonté hégémonique : si elle va dans toutes les nations pour les baptiser au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, c'est pour obéir à un commandement du Christ ressuscité. Si elle s'efforce de donner les sacrements à qui les veut, c'est pour obéir à la volonté du seul Sauveur. C'est lui le Chemin, la Vérité et la Vie. Comment ne pas en tenir compte, si nous voulons réellement parvenir à Dieu et vivre en Lui pour l'éternité ?
Je ne sais pas comment font les gens qui n'ont pas la foi,
ou dont la foi n'est qu'un souvenir d'enfance sans rapport avec leur vie de tous les jours,
pour être heureux.
Il me semble que beaucoup ont renoncé à chercher le bonheur,
et même qu'ils considèrent que c'est une ambition démesurée
parce que, comme ils ne l'ont pas trouvé,
ils en viennent à penser que c'est quelque chose qui n'existe probablement pas.
C'est que, pour trouver un trésor, ce qui compte, ce n'est pas la quantité d'énergie déployée,
mais de savoir où chercher.
Il est amusant de constater que les personnes qui considéraient qu'un évêque en faisait trop peu
ne verront aucun paradoxe à décider que le suivant en fait trop.
Quand Adam et Ève ont péché, c'était la faute de l'autre, là aussi.
Quand on trouve que ce sont "les autres" qui sont responsables de notre mal-être,
il n'est pas inhabituel que la source du problème vienne de soi.