Si Dieu nous a donné des qualités,
c'est pour les mettre au service les uns des autres,
pas pour les garder égoïstement pour notre bénéfice personnel.
Les gens qui souhaitent "une bonne guerre" pour mater la jeunesse me désespèrent.
Une "bonne guerre", ça n'existe pas,
et ce n'est pas ça qui va faire du bien à qui que ce soit, qu'on soit jeune ou vieux.
Qu'un abruti dise un jour une incongruité, c'est une chose,
mais on n'est pas obligé de la répéter, et encore moins de croire que ça nous donne l'air intelligent.
On ne peut pas déconnecter le message de Jésus de l'Église qu'il a confié à Pierre de fonder.
C'est tellement peu naturel de donner sa vie pour les autres, depuis le péché originel,
qu'il faut bien une religion pour transmettre durablement les enseignements du Christ,
et pour nous donner, par les sacrements, la grâce de Dieu dont nous avons besoin pour les vivre.
Mais être religieux ne signifie pas nécessairement être mystique,
et on peut très bien être chrétien sans vivre ni professer des choses bizarres ou excentriques.
C'est une caractéristique du pharisianisme de vouloir sauver la religion même contre Dieu s'il le faut.
Voilà à quoi me fait invariablement penser l'attitude de ceux qui sont plus chrétiens que tout le monde,
mais qui n'hésitent pas à exprimer leur mépris envers tous ceux qui n'ont pas les mêmes goûts,
qu'il s'agisse de prêtres, d'évêques, du pape, de l'Église toute entière ou de ses enseignements.
Quant à l'Esprit Saint, il a intérêt à se tenir à carreau,
parce que s'il lui prenait l'idée d'animer tout ce petit monde, d'être présent dans son Église
ou dans des liturgies qui, à leurs yeux, sont au minimum illicites, voire sacrilèges,
alors il serait lui aussi condamnable, enfin en tout cas si on veut être totalement logique.
C'est marrant, j'ai remarqué que quand quelqu'un accepte une théorie du complot,
il finit par accepter toutes celles qui circulent dans les cercles complotistes.
Je suppose que ça doit donner un certain sentiment de supériorité,
de "savoir" ce que les autres ne savent pas, ne comprennent pas, ou n'acceptent pas.
On doit se sentir plus intelligent que tout le monde, et visiblement c'est addictif,
parce que ça entraine une boulimie de s'enfiler goulûment dans le cerveau tout ce qui peut y entrer,
en rejetant comme "obscurantiste" toute pensée rationnelle, logique ou connue de tous.
Après, bien sûr, ça mène à une certaine solitude de "ceux qui savent",
sans qu'il vienne à l'idée de ceux que ça concerne que ce ne sont pas leurs amis qui ont changé,
mais eux qui sont devenus tellement bizarres qu'on n'a plus envie d'écouter leurs divagations.
On est tellement centrés sur nous-même,
que quand on cherche sa vocation, on se demande ce qui pourrait nous rendre épanouis,
et non pas ce qui pourrait agréer à Dieu;
tout comme dans les relations humaine, on se demande ce que les autres pourraient nous apporter,
et non pas ce qu'il est en notre capacité de faire pour leur bonheur.
L'amour est la raison d'être de l'humanité : nous existons par amour, et pour aimer.
Nous sommes libres de nous détourner de l'amour, et de centrer notre intérêt
sur nous-même, l'argent, la recherche de la gloire, du plaisir, de hobbies etc etc... ,
mais alors, il ne faut pas s'étonner si on finit par croire que le bonheur n'existe pas,
parce qu'en effet, il est inatteignable en dehors de notre raison d'être,
et si on ne donne pas notre vie pour les autres, alors elle est peu intéressante à vivre.
Si je suis marié mais que j'abandonne ma femme,
puis-je m'étonner ou en vouloir à qui que ce soit, si quelqu'un d'autre prend ma place ?
C'est pareil pour la religion. Si un peuple abandonne la sienne et cesse de la pratiquer,
peut-il se plaindre ensuite qu'une autre vienne s'installer sur son territoire
et prendre une place qu'on a laissée vide par désamour et désintérêt ?
L'évêque ne nomme pas des curés dans les paroisses pour s'occuper d'églises vides.
Il les envoie pour s'occuper du salut des âmes, pas pour être gardiens de musée.
Si les chrétiens ne viennent jamais à la messe, parce qu'ils croient ne pas en avoir besoin,
l'église, elle, a besoin de les voir pour continuer à rester ouverte.
Ce n'est pas le jour où il n'y aura plus de messe faute de participants qu'il faudra réagir :
ce jour là, il sera trop tard.
Les textes de ce dimanche vont tous dans la même direction : Dieu aime les humbles, les justes, ceux ne disent pas de mensonges, et qui à cause de cela sont opprimés, affamés, enchaînés, accablés; il aime ce qu'il y a de fou dans le monde, de faible, d'origine modeste, il aime l'étranger; ceux qui ne sont rien, qui ne peuvent s'enorgueillir de leur origine; ceux qui sont pauvres de coeur, doux, miséricordieux, droits. Bref il aime ceux qui ne se prennent pas pour des dieux et qui ne cherche pas à être considérés comme tel, mais qui obéissent humblement à ses commandements, qui pratiquent la justice et le droit tels qu'il les définit lui-même. Ceux qui prennent ce que Dieu dit être bon, pour quelque chose de bon, et ce que Dieu dit être mauvais ou faux, pour quelque chose de mauvais ou faux. Mais, pourrait-on se plaindre, qu'en est-il de notre liberté chérie alors ? On ne peut pas faire ce que l'on veut si on désire être les chouchous de Dieu, il faut lui obéir comme des enfants ? La liberté n'a jamais consisté à faire n'importe quoi, en demandant ensuite à Dieu de réparer nos erreurs et en se plaignant amèrement quand il ne le fait pas. Elle consiste à faire le bien, tel qu'il est définit par Dieu. Qui commet l'injustice, qui tombe dans le piège de l'orgueil, perd sa liberté, et devient esclave de ses compromissions et d'une image qui ne correspond pas à ce qu'il est en réalité. Qui pratique le mensonge permet au péché de se multiplier, et au mal de le déborder. Le Royaume de Dieu appartient aux doux, aux humbles, à ceux qui ont le coeur pur de toute rebellion contre le Seigneur. Ici-bas, le bon grain est mélangé à l'ivraie, soit. Mais dans son Royaume, Dieu ne laissera entrer que ceux qui le désirent, c'est à dire qui sont en accord avec lui et avec sa volonté, qui partagent son sens du bien et du droit, bref ceux qui trouvent l'endroit parfait et agréable. Ceux qui sont en désaccord, qui trouve que tout est tarte ou insupportable, qui n'aiment rien des volontés ou des actes de Dieu, ne sont pas obligés de venir, d'ailleurs ils en seraient bien incapables, parce que leurs propres choix les tiennent éloignés de la porte du Royaume. Cherchons l'humilité. Cherchons ce que Dieu dit être juste et bon. Cherchons le Christ, et obéissons-lui. Tout le reste nous sera donné par surcroit.