Si tu n'as jamais de temps pour les gens qui t'aiment ou qui ont besoin de toi,
alors c'est que tu gères très mal ton temps.
Le texte anonyme qui dit "Dieu n'a pas de pieds, je serai ses pieds,
il n'a pas de mains, je serai ses mains, etc etc" m'a toujours paru parfaitement idiot,
parce qu'il oublie un détail qui a changé la face du monde : Dieu s'est fait homme.
Et Jésus a des pieds, des mains, des lèvres, et tout ce qu'il faut pour avoir, seul, sauvé le monde,
ce qu'aucun d'entre nous n'aurait jamais pu accomplir en aucune façon,
parce que c'est la seule personne au monde qui soit à la fois de nature divine et humaine.
Quand comprendrons-nous enfin que c'est lui qui nous donne l'être, la rédemption, la vie éternelle,
bref tout ce que nous sommes et tout ce dont nous avons besoin,
et que ce n'est pas, que ça n'a jamais été, et que ça ne sera jamais le contraire ?
Acceptons de bon coeur ce qu'il nous donne, rendons-lui en grâce, ouvrons-lui notre coeur,
et efforçons nous de vivre comme il nous l'a enseigné l'amour de Dieu et du prochain.
Ça, d'accord, il ne peut pas le faire à notre place, c'est à chacun de nous de l'accomplir.
Mais c'est là que commence et s'arrête notre participation au Salut qu'il nous a donné.
C'est pour nous que Dieu nous donne une vocation personnelle,
parce qu'elle donne un sens à notre vie et nous enrichit.
Ce n'est pas pour lui, comme s'il avait besoin de notre aide en quoi que ce soit,
parce que tout ce qu'il veut, il le fait, avec ou sans nous.
Il n'a pas attendu notre aide ni notre avis pour créer l'univers à partir de rien.
Et penser que Dieu attend notre aide pour que le monde tourne rond,
je ne sais pas si c'est de la naïveté, de la prétention ou juste de la folie.
Il fut une époque, il n'y a pas si longtemps, où la mode était à l'Église enfouie dans le monde.
Il ne fallait plus parler du Christ, mais montrer l'exemple, en se contentant de vivre la charité,
et en faisant disparaitre tout signe extérieur de vie religieuse ou d'appartenance à la foi chrétienne.
C'était une idée un peu bancale à la base, parce que le christianisme n'est pas juste une action,
mais aussi une connaissance et une pratique liturgique, choses qui ont été volontairement écartées.
Résultat des courses, l'Église s'est faite tellement discrète que beaucoup pensent qu'elle n'existe plus.
Avoir une Église triomphante n'est ni souhaitable, ni possible, de toutes façons.
Mais entre le triomphe ou la disparition totale du domaine public, il y a sans doute de la place
pour un entre-deux, qui ose à nouveau annoncer Jésus-Christ au grand jour,
sans oublier de le prier en Église et à l'église, de lire et d'étudier la bible et le catéchisme,
tout en gardant le bénéfice (qui a toujours existé de toutes façons au cours de l'histoire de l'Église)
d'une mise en pratique concrète du service de la charité chrétienne.
Je ne vois rien, dans ce qui nous déshumanise, qui soit bon.
Tout ce qui voit les humains comme des ressources, des instruments, des moyens, des choses,
n'a au final d'autre but que de justifier qu'on puisse les utiliser, les manipuler ou s'en débarasser.
Et ça marche très bien : appellez par exemple un bébé un foetus, voire un amas de cellules,
et vous pouvez vous en débarasser sans la moindre mauvaise conscience.
Appellez-le votre bébé, votre enfant, votre petit garçon ou votre petite fille, et vous ne pouvez plus.
On a tous envie d'être un héros, peut-être et surtout vis à vis de soi-même.
Mais être chrétien, c'est accepter de ne pas avoir le premier rôle, et même de ne pas être sur l'affiche.
Il n'y a qu'un sauveur de l'humanité, ce n'est pas et ça ne sera jamais nous.
Et c'est une grâce : la place de celui qui accepte de se laisser sauver, sans y être pour rien,
c'est en réalité la seule qui corresponde aux pécheurs que nous sommes.
Celui qui a fait appel à la miséricorde de Jésus, alors qu'il était crucifié avec lui, l'a bien compris.
Pour avoir une vie chrétienne complète,
nous avons besoin d'avoir de la proximité avec la Parole de Dieu,
avec la recherche constante et concrète d'amour de Dieu et du prochain,
et avec les sacrements, sans lesquels tout risque de rester à l'état d'idée,
sans passage entre ce que l'on croit et le fait de le vivre dans le monde réel.
Face à Dieu, il n'y aura aucune place pour l'orgueil, la fierté ou la suffisance.
Nous avons toute notre vie pour nous entrainer à être véritablement humbles.
La tache n'est pas aussi simple qu'elle peut en avoir l'air,
et elle ne va certainement pas se faire sans un grand nombre d'efforts quotidiens.
La vocation personnelle n'est qu'une façon particulière de vivre notre vocation chrétienne,
mais nous, les chrétiens, partageons tous l'origine commune du baptême,
et nous allons tous vers notre but commun qui est le Royaume de Dieu.
Seule la façon d'aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même varie.
Suivre aveuglément ce que l'on croit savoir sans jamais le remettre en question
n'est probablement pas une bonne idée.
Mais remettre systématiquement en question tout ce que l'on sait,
sans jamais se fixer sur quelque connaissance que ce soit par principe,
en raison de ce que l'on s'imagine être de la prudence intellectuelle,
ça ne mène qu'au tournis et à la confusion.
Ce n'est pas pour tester notre obéissance que Dieu nous donne des commandements,
ni pour nous pourrir la vie ou nous empêcher de profiter de ce qui semble agréable.
Quand il nous interdit quelque chose, c'est parce que c'est nocif pour nous.
Bon, après, si on ne lui accorde pas un minimum de crédit,
et qu'on ne fait pas le moindre effort pour mettre en pratique ses enseignements,
on ne vivra qu'une vie imparfaite et peu satisfaisante, et le pire c'est qu'on ne le saura même pas,
parce qu'on n'aura pas de point de comparaison avec ce qu'aurait été notre vie
si on l'avait vécue de façon vertueuse.
Quand on a mal agi pour une raison ou pour une autre,
qu'il s'agisse d'un péché ou juste d'une maladresse ou d'une erreur sans gravité,
ce n'est pas dans le passé que se trouve la solution, ce qui est fait est fait.
Il faut relever la tête, et chercher à réparer ce qui peut l'être.
Pleurer sur le lait renversé ou sur soi-même ne mène nulle part.
Pendant des decennies, on a favorisé la liberté sexuelle, l'individualisme qui en découle,
l'avortement libre, la facilité de divorce, bref tout ce qui pouvait détruire la famille
et l'envie d'avoir sinon des familles nombreuses, au moins des enfants.
Et après on s'étonne que la pyramide des âges s'est inversée, qu'il y a plus de vieux que de jeunes,
et que ça a des tas de répercussions toutes aussi funestes et pénibles les unes que les autres.
Même si on laisse de côté tout l'aspect moral de ces choix de société,
il n'en reste pas moins que l'on en mesure aujourd'hui les conséquences,
qui sont de mettre en péril l'existence même des sociétés qui ont cru bon d'agir ainsi.
On aurait pu se douter que les sociétés qui ne veulent plus d'enfants sont condamnées à disparaître,
ne serait-ce que parce que ce n'est pas la première fois que l'histoire se produit.
Oh, comme l'Évangile du jour est curieux ! On est habitués à voir Jésus faire des reproches aux scribes et aux pharisiens, mais cette fois-ci, ça n'a rien à voir ! Jésus disait à ceux des Juifs qui croyaient en lui... Il s'adresse à ceux qui ont reconnu en lui le messie, et qui sont très nombreux, soit dit en passant. Un très grande proportion de l'Église apostolique est juive, il ne faut jamais l'oublier (surtout en ces temps de relents d'antisémitisme permanent dans les réseaux dit sociaux). Il s'adresse donc à ses disciples. Et ce qu'il a à leur dire n'est pas agréable, c'est le moins que l'on puisse dire. Il faut dire aussi qu'ils ne se laissent pas faire, convaincus de n'avoir rien à apprendre de personne, même du messie, parce qu'ils sont la descendance d'Abraham, ce n'est pas rien, ça. C'est toujours compliqué, quand on est profondément convaincu de sa propre valeur, d'accepter que quiconque puisse y ajouter quoi que ce soit. Mais bon, ce n'est pas en France qu'on pourra reprocher à d'autres d'être chauvins, parce qu'ils ne le seront jamais autant que nous, les pauvres. Toujours est-il que la conversation tourne vite au vinaigre : Jésus leur reproche de vouloir le tuer, et il en vient à leur dire que si Dieu était leur Père, alors ils l'aimeraient, parce qu'il est sorti de Dieu. L'Évangile du jour s'arrête juste avant qu'il ne leur dire que leur père, c'est le diable, et à partir de là la conversation ne cesse de s'envenimer, jusqu'à vouloir le lapider. Je rappelle encore une fois qu'il s'agit d'une conversation entre juifs (eh oui, Jésus est juif, surprise !), comme elle pourrait se passer entre n'importe quelle ethnie, ou dans n'importe quelle religion ou population de quelque lieu que ce soit. Il n'y pas de raison d'alimenter un quelconque antisémitisme, parce que ce n'est pas le sujet. Le vrai sujet, ce que Jésus reproche, c'est de croire en lui, mais sans l'aimer. Et ça peut concerner tout le monde. "Croyant non pratiquant", ça vous parle ? C'est exactement ça, le sujet. On prétend croire en Jésus sans l'aimer, sans prendre la peine de venir le voir, sans le prier, sans l'adorer, sans recevoir ses sacrements, sans mettre en pratique ses commandements, et bien souvent même, sans le connaître, sans avoir seulement jamais lu un évangile en entier. Il ne tient qu'à nous que les reproches de Jésus ne nous concernent pas : ne nous contentons pas de croire en lui, visiblement, ça ne lui suffit pas et il n'en a que faire. C'est notre amour qu'il est venu quémander, et c'est la seule chose qui l'intéresse. Et comme il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime, il ne tient qu'à nous de lui démontrer que nous l'aimons non seulement avec des mots, mais en actes et en vérité.
On sait parfaitement que pour juger une situation de conflit, il faut écouter les deux parties,
et qu'on ne peut la comprendre ni être impartial tant qu'on n'a pas eu tous les sons de cloche.
Pourtant, régulièrement, on se contente d'une version univoque pour juger ce qui se passe,
surtout quand la version entendue nous émeut, nous touche personnellement ou nous arrange.
Penser que notre opinion est conforme à la vérité est alors illusoire, sans le moindre doute.