C'est surprenant que Dieu n'ait pas choisi un rabbin pour être le père de Jésus,
mais un simple charpentier.
Comme quoi il n'y a pas besoin d'être un spécialiste de la religion ou un consacré pour plaire à Dieu,
être quelqu'un de juste suffit.
La charité est l'exact opposé du paternalisme.
Pratiquer la charité, c'est penser que n'importe qui est digne que l'on donne sa vie pour lui,
ou pour le dire autrement, que tout le monde est supérieur à soi.
Le paternalisme, au contraire, agit comme si tout le monde était inférieur à soi,
et que personne ne pouvait s'en sortir dans la vie sans notre intervention toute puissante.
Attention cependant, il est facile de passer de l'un à l'autre sans même s'en rendre compte.
Ce n'est donc pas un luxe, de temps en temps, de questionner les motivations de nos actions,
et de vérifier sincèrement si on se croit, au fond, véritablement inférieur ou supérieur aux autres.
L'un des plus grandes trésors du christianisme,
c'est d'affirmer que l'humanité a tout à gagner
à apprendre à demander pardon pour ses péchés,
et à pardonner ceux des autres.
Savoir pardonner et demander pardon nous humanise.
Refuser de faire l'un ou l'autre nous dégrade,
au point parfois de nous faire ressembler à des bêtes,
incapables d'être autre chose que les esclaves de leur instinct.
Prétendre avoir la foi, sans même savoir ce que l'on est censé croire,
voilà la situation des chrétiens qui n'ont jamais lu ne serait-ce qu'un seul évangile en entier.
Si en plus ils ne participent pour ainsi dire jamais à la messe,
il est probable qu'ils ne connaissent même pas le credo par coeur,
histoire de dire qu'à défaut de savoir expliquer tout ce qu'il contient,
ils possèdent au moins les mots de la foi.
Et après on s'étonne que la foi ne leur serve absolument à rien,
et qu'elle n'ait pas le moindre impact dans leur vie quotidienne...
Il y a quelque chose qui ne va pas, quand on pense faire les choses comme elles doivent être faites,
et que malgré ça on n'est pas heureux, et qu'on ne sait même pas ce qu'est le plaisir de vivre.
Ça signifie probablement que ce que l'on croit être bon ne l'est pas, au fond.
Parce que quand on s'efforce de suivre les enseignements du Christ,
que je pense être véritablement bons pour nous, pour le coup,
ce n'est pas toujours facile, il y a des épreuves, des renoncements,
des batailles et des sacrifices qui jalonnent le chemin,
et pourtant on ressent au fond de soi une joie profonde que rien ne parvient à nous enlever,
même quand on n'est pas vraiment à la hauteur et qu'on sait parfaitement qu'on est encore pécheur.
Si on ne sait pas ce qu'est le bonheur, il y a bien des chances qu'on se trompe de but, en fait,
et que ce que l'on croit être bon et que l'on suit avec application, avec la meilleur volonté du monde,
est bien loin de notre véritable raison d'être ou, pour le dire avec des mots chrétiens,
de notre vocation la plus profonde.
La science n'est pas basée sur des ressentis, des impressions ou des sensations,
mais sur la reproductibilité vérifiable par tout un chacun des principes qu'elle énonce.
Elle est donc plus universelle que n'importe quelle pseudo-science qui aurait besoin, pour fonctionner,
de dons, de charismes, d'une sensibilité particulière ou de connaissances occultes ou mystérieuses.
C'est une très mauvaise idée de coucher avec tout ce qui bouge tant qu'on est libre
sous prétexte qu'il y aurait une espèce de devoir, lié à la jeunesse, de "s'amuser".
Ça n'aide pas à se fixer sur une personne déterminée,
parce qu'on sera toujours tenté de comparer les performances des personnes qu'on a essayées,
et ça incite à voir les autres comme des instruments de notre plaisir personnel,
plutôt que comme des êtres humains à part entière.
De plus, c'est une bien curieuse façon de s'entrainer à la fidélité et à la persévérance,
pour ceux qui prétendent avoir le mariage comme objectif final.
Enfin, je ne vois pas ce qu'il y a d'amusant à traiter tout le monde sans amour authentique
et à déconnecter sciemment la vie sexuelle de la vie amoureuse,
comme si elles n'avaient rigoureusement rien à voir l'une avec l'autre, ce qui est un mensonge.
Quelle est la responsabilité de l'Esprit Saint dans une élection papale ?
Selon celui qui était alors Mgr Ratzinger, car c'était avant son élection :
"L'esprit ne prend pas vraiment le contrôle de la situation, mais plutôt, comme un bon éducateur,
nous laisse beaucoup d'espace, beaucoup de liberté, sans nous abandonner complètement.
Par conséquent, le rôle de l'Esprit doit être compris dans un sens beaucoup plus élastique,
et non pas comme dictant pour quel candidat voter.
La seule sécurité qu'il offre est probablement qu'on ne peut pas tout gâcher.
Il y a beaucoup d'exemples de papes que le Saint Esprit n'aurait clairement pas choisis."
(in "Rien d'autre que la vérité", Georg Gänswein, ed.Artège, p. 59-60)
Tout n'a pas la même valeur dans ce en quoi croient les chrétiens.
On n'est pas obligés de croire que la sainte Vierge soit jamais apparue nulle part, par exemple.
Ça ne remet absolument pas en question la Foi, parce que ce n'est pas contenu dans le dogme,
même s'il n'est pas déraisonnable de croire qu'elle soit apparue là où, après enquête,
l'Église a officiellement confirmé ses apparitions.
Par contre, ne pas croire qu'elle est l'Immaculée Conception,
qu'elle est véritablement la Mère de Dieu,
et qu'elle est montée au Ciel en corps et âme à la fin de sa vie,
c'est ne pas avoir la Foi chrétienne et renoncer à faire partie pleinement de l'Église du Christ.
Je suis très heureux du scepticisme de saint Thomas.
Ça montre qu'il n'était pas un illuminé prêt à courir après n'importe quelle nouvelle,
comme on le trouve beaucoup trop de nos jours avec des gens qui s'excitent
dès qu'un soit-disant mystique voit la vierge ou prédit l'avenir sur internet.
La foi chrétienne, ce n'est pas de croire n'importe quoi à la première occasion.
Elle est basée sur la foi des apôtres qui ont vu, touché, écouté et mangé avec Jésus ressuscité.
Merci saint Thomas, grâce à toi, ma foi est aussi solide que l'était ton incrédulité première !
Le texte anonyme qui dit "Dieu n'a pas de pieds, je serai ses pieds,
il n'a pas de mains, je serai ses mains, etc etc" m'a toujours paru parfaitement idiot,
parce qu'il oublie un détail qui a changé la face du monde : Dieu s'est fait homme.
Et Jésus a des pieds, des mains, des lèvres, et tout ce qu'il faut pour avoir, seul, sauvé le monde,
ce qu'aucun d'entre nous n'aurait jamais pu accomplir en aucune façon,
parce que c'est la seule personne au monde qui soit à la fois de nature divine et humaine.
Quand comprendrons-nous enfin que c'est lui qui nous donne l'être, la rédemption, la vie éternelle,
bref tout ce que nous sommes et tout ce dont nous avons besoin,
et que ce n'est pas, que ça n'a jamais été, et que ça ne sera jamais le contraire ?
Acceptons de bon coeur ce qu'il nous donne, rendons-lui en grâce, ouvrons-lui notre coeur,
et efforçons nous de vivre comme il nous l'a enseigné l'amour de Dieu et du prochain.
Ça, d'accord, il ne peut pas le faire à notre place, c'est à chacun de nous de l'accomplir.
Mais c'est là que commence et s'arrête notre participation au Salut qu'il nous a donné.
C'est pour nous que Dieu nous donne une vocation personnelle,
parce qu'elle donne un sens à notre vie et nous enrichit.
Ce n'est pas pour lui, comme s'il avait besoin de notre aide en quoi que ce soit,
parce que tout ce qu'il veut, il le fait, avec ou sans nous.
Il n'a pas attendu notre aide ni notre avis pour créer l'univers à partir de rien.
Et penser que Dieu attend notre aide pour que le monde tourne rond,
je ne sais pas si c'est de la naïveté, de la prétention ou juste de la folie.