Tu ne veux pas manquer à la charité ?
Alors évite de dire de quelqu'un quand il n'est pas là
ce que tu ne pourrais pas dire s'il était en face de toi.
Le Christ est ressuscité, il est auprès de Dieu.
Pour qu'il nous arrive la même chose, il faut que nous appartenions au Christ, nous aussi.
Il faut recevoir le baptême. Il faut communier régulièrement.
Il faut aussi s'efforcer de vivre chaque jour l'amour de Dieu et du prochain.
C'est par notre attachement au Christ et par la mise en pratique de ses enseignements
que nous sommes sauvés.
Ce n'est pas pour avoir l'air plus saint que les autres que des prêtres portent la soutane,
mais pour être universellement reconnus au premier coup d'oeil pour ce qu'ils sont :
des prêtres au service du peuple de Dieu, auprès de qui on pourra demander conseil,
se confesser ou pour lequel on pourra prier, aussi.
J'aime la fête de Saint Pierre et Saint Paul, parce que c'est une fête qui nous remet les idées en place quant au but de notre vie. En effet, leur histoire a été un peu mouvementée. Pierre a souvent eu l'occasion de montrer sa faiblesse, quand il renie le Christ ou quand il n'ose pas manger avec les chrétiens d'origine païenne pour ne pas vexer ceux d'origine juive. Paul a eu l'occasion de montrer sa violence, quand il se réjouit de la mort d'Étienne ou quand il part à Damas pour jeter en prison hommes, femmes et enfants qui seraient disciples du Christ. Pierre n'a pas toujours eu raison dans ses jugements, comme le montre l'histoire de la nourriture casher. Paul a été formé en théologie aux pieds de Gamaliel, qui est un maître en Israël et un sage. Pierre s'attache plutôt aux chrétiens d'origine juive, et s'efforce de leur plaire et de ne pas les choquer. Paul aussi, au début, veut convertir ses frères juifs, mais très vite il se tourne vers les païens, qui acceptent plus facilement sa prédication, et qui n'ont pas de préjugés sur sa personne. Il était inévitable que, tôt ou tard, ces deux personnalités de haut rang finissent par s'opposer violemment, et ça n'a pas manqué d'arriver. Paul a vertement repris Pierre en face de tous, sans la moindre considération pour son honneur, sans laisser brider la vérité par le respect humain. Il lui est rentré dedans à pleine vitesse et l'a éparpillé façon puzzle. Pierre a beau être humble, et avoir la qualité majeure de savoir reconnaître ses torts, ça a dû le blesser, quand même. Il n'est jamais agréable d'être repris en public, surtout quand on est dans son tort. Dans le monde, cette histoire aurait pu finir en duel, dans un champ au lever du soleil. Mais ce sont des chrétiens. Ce qu'ils cherchent, ce n'est pas leur gloriole, ou d'avoir raison à tout prix, mais d'être le plus fidèles possible à la vérité révélée par Jésus Christ. Alors ça va prendre un peu de temps, parce qu'il y a tout de même blessure de la réputation de Pierre, et de l'intégrité intellectuelle de Paul. Mais tous deux deviendront saints, parce qu'au fond, ils sont profondément humbles, et donnés tout entier au Christ et à l'évangélisation qu'il leur a confié. Et nous les fêtons ensemble, pour bien montrer que la réconciliation n'est pas superficielle, mais aussi profonde que possible : ils vivent désormais ensemble dans le Royaume de Dieu, réunis par l'amour de Dieu du prochain. Nous aussi, cherchons d'abord Jésus et la fidélité à ses enseignements : c'est là que se trouve la source véritable de toute paix. Et si tous les chrétiens y buvaient largement, il n'y aurait pas d'oppositions, d'animosité, de colère ou de divergences d'opinions qui ne puissent y trouver des solutions paisibles, justes et en accord avec la vérité qui vient de Dieu et le bien de tous.
Il n'y a pas de commune mesure entre l'amour de Dieu et le nôtre.
L'amour est pour nous une activité, mais pour lui c'est son être même.
Ainsi, dire que nous sommes créés à son image est une juste appréciation de la situation :
il y a autant de différence entre les capacités d'amour de Dieu et les nôtres
qu'entre quelqu'un qui se regarde dans une glace et son reflet.
La sainteté ne peut pas être du prêt-à-porter, c'est nécessairement du sur-mesure.
Nous n'avons pas tous les mêmes capacités, les mêmes qualités ou défauts, la même intelligence,
la même éducation, le même entourage, le même parcours de vie ou les mêmes rencontres.
Il s'agit donc non pas de tous faire la même chose,
mais pour chacun de faire de son mieux avec ce qu'il a.
Les gens qui veulent défendre la terre me font penser à ceux qui veulent défendre Dieu.
C'est comme si une amibe, toute seule avec ses petits flagelles musclés,
voulait défendre un éléphant.
Pas plus Dieu que la terre n'ont besoin de nous pour les défendre, merci bien.
Avec ou sans nous, ils réagiront quand ils auront à le faire, de toutes façons, inévitablement.
Qu'on les respecte du mieux que l'on peut, ça oui, d'accord.
Ça nous évitera de nous prendre des catastrophes cataclysmiques sur le coin de la courge.
Mais se prendre pour leurs sauveurs, c'est tellement présomptueux que ça en devient risible.
On sait que le diable utilise toujours les trois mêmes vieux trucs, puisque ça marche :
la soif de plaisirs, la soif de possessions, la soif de pouvoir.
Pour contrer ces tentations, l'Église a les remèdes adéquats :
la chasteté, la pauvreté et l'obéissance aux commandements de Dieu.
Il est à noter que la tentation la plus maléfique, celle qui fait le plus de dégâts,
est la tentation du pouvoir.
Elle s'exprime aussi dans la tentation d'avoir des pouvoirs, en particulier magiques ou occultes,
et à travers l'égo surdimensionné, qui nous fait croire qu'on est quelqu'un de spécial,
meilleur que les autres, plus doué, plus intelligent, plus saint, qu'on est un gagnant,
ou qu'on sait manipuler les autres ou les diriger mieux que personne, qu'on est supérieur à tous.
Attention à cette tentation, c'est la plus vicieuse, et celle que Dieu déteste le plus.
Dieu, c'est lui, il n'y en a pas d'autre. Malheur à qui se prend pour lui, ou se fait passer pour lui !
Tu veux mieux connaître qui est Jésus ? Lis le Nouveau Testament.
Tu l'as déjà lu, et tu voudrais en savoir plus ? Relis-le.
Non mais, vraiment, tu sais déjà ce qu'il y a dedans, et tu voudrais de la nouveauté ? Relis-le.
Dans les Évangiles se trouve tout ce dont nous avons besoin pour notre Salut, nous dit st Jean.
Faisons-lui confiance, au lieu d'aller chercher chez des auteurs qui s'autoproclament mystiques
des détails qui ne sont que de la curiosité, et qui ne proviennent, dans le meilleur des cas,
que de leur imagination.
Quand on prêche l'évangile tel qu'il est écrit, sans l'édulcorer, sans trier dedans ce qui nous plait,
mais en parlant aussi de ce qui ne nous plait pas et nous met en cause,
il peut arriver que des personnes soient mal à l'aise, aient l'impression d'être jugées,
ou même sortent carrément de l'église (si si, ça arrive).
Qu'est-ce que ce sera le jour où elles entendront ces paroles de la bouche même de Dieu !
Réconcilions-nous avec lui tant qu'il en est encore temps,
si l'on entend des reproches qui nous concernent dans ses paroles.
Une fois qu'on sera mort il sera trop tard.
La justice institutionnelle nous dit qu'on est présumé innocent
tant qu'il n'est pas prouvé qu'on est coupable.
Du coup les médias en font des caisses sur la présomption d'innocence, en particulier
quand quelqu'un de connu est accusé, surtout si c'est une personnalité politique,
même dans les cas où toutes les preuves irréfutables de sa culpabilité sont visibles aux yeux de tous.
Par contre la justice populaire n'a que faire de la présomption d'innocence :
dès que quelqu'un est soupçonné de quelque chose, surtout si c'est des abus sexuels,
alors le soupçon tient lieu de preuve définitive, et une accusation, sans la moindre preuve,
suffit amplement à faire discréditer aux yeux de tous une personne, qu'elle soit coupable ou non.
Les abus de prudence de la justice me semblent avoir un rapport
avec les abus de violence des foules, anonymes sur internet ou réunies en collectifs d'activistes.
Si on arrêtait de prétendre à l'innocence de gens dont les preuves de culpabilité sont publiques,
peut-être que la justice populaire lèverait un peu le pied sur la présomption de culpabilité
de ceux dont la seule chose que l'on puisse leur reprocher est d'avoir été dénoncés sans preuves.
Par quelque bout qu'on le prenne, l'amour de l'argent est incompatible avec l'amour de Dieu.
La recherche de l'argent justifie n'importe quelle action, en dehors de toute morale.
Pourquoi y a-t-il des guerres ? Pour l'argent. De la pornographie ? Idem. La criminalité pareil.
Vous voulez détruire une famille ? Mettez un héritage au milieu.
L'argent possède ceux qui l'idolâtrent, il leur prend tout leur temps et toutes leurs pensées.
Une fois qu'il les a séduit, il peut leur faire faire n'importe quoi, c'est juste une question de prix.
L'amour de Dieu, lui, est gratuit. Comme le paradis. Comme les sacrements.
Après, bien sûr, de l'argent, on est bien obligés d'en avoir un peu pour vivre.
Mais pour paraphraser Molière, en avoir pour vivre, soit, mais vivre pour en avoir, non.