La théologie chrétienne, c'est savoir tout ce qu'il y a à savoir sur l'amour.
Mais bon, à un moment, ce qui compte c'est surtout la mise en pratique.
Savoir qu'il faut aimer sans jamais le faire ne sert pas à grand chose.
Nous ne sommes pas totalement autonomes : personne n'a choisi de naître,
et personne ne peut rajouter une seule seconde à sa vie.
Mais nous avons tout de même une certaine autonomie.
Dieu nous laisse libres de nos choix, qu'il s'agisse de nos pensées ou de nos actions.
Et c'est une vraie liberté : nous n'avons ni à demander à Dieu une autorisation pour tout,
ni à nous justifier perpétuellement de nos choix.
Bien sûr, Dieu nous suggère ce qui est bon pour nous dans ses commandements,
mais il ne réduit pas en cendres d'un coup d'éclair ceux qui ne l'écoutent pas.
Cette vraie liberté qu'il nous a donnée, nul n'a le droit de nous la retirer,
et encore moins en son nom.
C'est à chacun de savoir s'il préfère donner sa confiance à Dieu ou pas.
Et c'est à chacun de vivre avec les conséquences de ses choix.
Jésus a dit à Simon : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.
Il n'a pas dit : tu es Pierre, et sur cette pierre tu bâtiras ton Église.
Il n'y a pas de place pour le doute. L'Église appartient au Christ :
c'est lui qui en est l'architecte, le bâtisseur, le prêtre et le chef incontesté.
Tiens, j'ai vu dans une vidéo youtube quelqu'un qui disait qu'il fallait toujours obéir au pape,
parce que c'est lui le chef de l'Église.
Alors, sans vouloir faire du jésuitisme, le chef de l'Église c'est et ça a toujours été Jésus-Christ.
Le pape est son disciple, son apôtre, son lieutenant, le primus inter pares, entre autres appelations,
mais il n'est pas celui qui décide à la place du Christ ce qui est vrai ou ce qui est faux,
ce qui est moral ou ce qui ne l'est pas.
Sa tâche consiste à conserver intact le dépôt de la Foi, mais pas à le changer ;
à transmettre les commandements du Christ, mais pas à en inventer des nouveaux.
Ce qui vaut pour lui vaut d'ailleurs pour l'ensemble du peuple chrétien, soit dit en passant.
Ainsi, oui, c'est entendu, il faut obéir au pape,
mais seulement dans la mesure où il obéit lui-même parfaitement aux enseignements du Christ.
Et si le moindre doute devait, sait-on jamais ?, apparaître un jour,
alors c'est à Jésus-Christ qu'il faut d'abord et avant tout se référer et obéir,
ce qui ne devrait pas poser problème,
puisqu'ils sont de toutes façons censés dire la même chose tous les deux, n'est-ce pas. ?
Se laisser définir par une seule caractéristique,
alors que nous en avons tous des dizaines, voire des centaines,
ça n'a pas tellement de sens.
Mais revendiquer soi-même de n'être défini que par une seule d'entre elles,
c'est encore plus bizarre, et ça montre une méconnaissance de soi-même
qui ne m'a pas l'air bien saine.
Le pire cadeau que des parents puissent faire à leurs enfants, surtout quand ils sont petits,
c'est d'agir comme s'ils étaient leurs potes et non pas leurs parents.
Avoir des limites fixées par ses parents, c'est essentiel pour un enfant.
Quand il n'en a pas parce que ses parents ont renoncé à toute responsabilité,
il est à la fois désorienté et malheureux.
Si vous voulez tout de même n'être que les amis de vos enfants et non pas leurs parents,
ayez au moins conscience que ce n'est pas pour leur bien mais pour votre confort que vous le faites.
Si tu ne sais pas dire non à ton enfant, c'est la vie qui se chargera de lui dire à ta place.
Mais ça sera violent, ça sera fait sans amour, et il ne comprendra pas ce qui lui arrive,
parce que tu ne l'auras pas préparé à la réalité du monde.
Ne pas exaspérer ses enfants, c'est une chose.
Leur passer tous leurs caprices, ç'en est une autre.
Sans gratuité, il n'y a pas d'évangélisation qui vaille.
L'amour est gratuit. Il ne s'oblige pas, ne se compte pas, ne remplit pas des tableaux comptables.
Vouloir à tout prix rendre des comptes mathématiques d'un travail d'évangélisation,
c'est le vider de toute substance avant même qu'il n'aie commencé.
Il faut laisser à l'arbre le temps nécessaire à produire ses fruits.
C'est aux fruits, qui viendront quand bon leur semblera,
et non au pedigree de l'arbre ou à la qualité et la quantité d'engrais,
que l'on verra si le travail a été bien ou mal fait, à la génération suivante.
Le christianisme ne peut pas se transmettre uniquement par les réseaux sociaux,
par des livres, des conférences, ou toute autre simple formation.
En réalité, il se transmet de personne à personne,
car ce n'est pas simplement un enseignement, c'est un échange
où chacun reçoit et donne quelque chose à l'autre.
On ne peut en effet pas enseigner l'amour de Dieu et du prochain sans le vivre entre nous.
Nous n'avons pas conscience de la malice et du drame du péché. Parfois, nous parlons même de "péché mignon". Pourtant, aujourd'hui, en la fête des Saints Innocents, nous voyons les conséquences du péché. Quel niveau de méchanceté insensé faut-il atteindre pour éliminer ainsi des nourrissons et de petits enfants ? Oh, ce n'est pas que nous ne soyons pas habitués, hélas, nous qui vivons dans une civilisation qui n'attend même pas que les bébés soient nés pour s'en débarrasser. Mais ça n'enlève rien à la cruauté abominable de la situation dont nous sommes aujourd'hui les témoins consternés. C'est tout à fait curieux, Noël est une fête si douce, si belle, si paisible, et pourtant, les jours suivants, nous ne voyons que des martyrs et des morts violentes. "Où est Dieu ?", diront ceux qui refusent de croire en lui. Il est là, au milieu de nous, dans son berceau. Il est venu partager les conséquences d'un péché qu'il serait bien incapable de commettre, lui qui n'est qu'Amour. Mais il veut tellement notre bien qu'il est prêt à se charger de nos péchés, et nous savons où ça le mènera. Pour l'instant, le pauvre, il est dans les bras de sa mère et il apprend patiemment à devenir humain. Je comprends le désarroi des Pharisiens, des scribes et des docteurs de la Loi, qui attendaient tous un messie triomphant et vainqueur, qui ne ferait qu'une bouchée de tous leurs ennemis. Au lieu de ça, nous avons un bébé sur les bras, dont il faut sauver la vie parce qu'à peine né, il est déjà menacé de mort. D'une certaine façon, Dieu nous laisse pour une fois prendre sa place : c'est à nous de prendre soin de lui comme lui prend soin de nous depuis la création. Accueillons ce petit enfant dans notre cœur. Laissons-le nous convertir petit à petit, et pendant qu'il apprend à être un homme, nous enseigner à recevoir Dieu en nous. La lutte contre le péché n'est pas quelque chose de grandiloquent ni de visible. Ça se passe au fond du cœur de chacun, ça s'incarne dans chacune de nos décisions, bonnes ou mauvaises. Laissons-nous guider par le Christ. Il est venu pour que nous puissions imiter la façon dont il a vécu. Acceptons de nous laisser aider comme lui-même s'est laissé sauver par ses parents du tyran Hérode.
La confession n'est pas un distributeur automatique de pardon.
Pour obtenir le pardon, le pécheur doit être repentant,
rejeter les péchés qu'il a commis
et s'engager fermement à s'efforcer à ne plus pécher à l'avenir,
voire à changer de vie si son mode de vie est intrinsèquement peccamineux.
Il doit aussi exprimer de la contrition, c'est-à-dire la peine d'avoir offensé Dieu.
Enfin, il devra ensuite s'efforcer de réparer le mal qu'il a commis d'une façon ou d'une autre.
On est très loin d'un blanc-seing qui nous donnerait une autorisation détournée de pécher
en considérant que tout ce qu'on a fait n'a pas d'importance,
et qu'on peut continuer comme avant, sans se préoccuper de rien.
La confession n'est pas un lieu où l'on obligerait Dieu à trouver bon notre péché,
et où il nous dirait que ce n'est pas grave parce qu'il pardonne n'importe quoi,
même quand on n'a aucune crainte de Lui ni de son jugement,
et que l'on méprise ouvertement sa Parole et ses Commandements.
Il y avait des faux prophètes dans l'Ancien Testament,
dont le travail consistait à faire des prophéties au nom de leurs faux dieux
qui aillent dans le sens de la volonté personnelle de leurs maîtres royaux.
Il faut relire le chapitre 18 du 1er Livre des Rois.
On y voit la différence entre les prophètes des baals et le prophète Elie,
et aussi qui finit inévitablement par être vainqueur à la fin.