Tant qu'à être fâché avec quelqu'un,
il vaut mieux que ce soit avec ceux qui n'ont que le pouvoir de donner la mort,
et pas avec le seul qui a le pouvoir de donner la vie.
Dieu est infiniment plus grand que tout ce que l'on peut imaginer.
Nous savons qu'il est Amour, mais nous ne savons pas exactement ce que ça signifie,
parce que notre amour à nous est limité, défectueux, mélangé d'égoïsme et plein de manquements.
Nous avons qu'il est éternel, mais nous ne savons pas exactement ce que ça signifie,
parce que nous sommes non seulement mortels mais notre vie n'est qu'un souffle qui s'en va.
Nous savons qu'il est infini, mais nous ne savons pas exactement ce que ça signifie,
parce que nous sommes limités dans l'espace et le temps, et même notre imagination a des limites.
Bref, nous avons des mots pour le définir, mais nous n'avons pas l'expérience pour les comprendre.
Alors penser que l'on a tout compris à Dieu, c'est toujours, hors de toute autre possiblité,
une erreur irrémédiable.
Avant Jésus, la virginité était considérée comme un fardeau,
parce qu'il s'agissait de donner vie au messie, et tout le monde pouvait être concerné
et avait le devoir d'engendrer, afin de participer, de près ou de loin, à sa lignée.
Après la naissance du messie, la virginité devient une vertu,
parce que, comme il est déjà venu, on peut désormais se concentrer à donner sa vie pour lui,
à renoncer à tout comme il nous y invite, pour le suivre en toute liberté,
afin de participer à la lignée spirituelle de ses disciples et de ses apôtres.
La réalisation des promesses de Dieu arrive quand Dieu le décide,
quelles que soient notre foi, notre charité ou notre espérance.
Même si la charité ne passera jamais et qu'elle est, à ce titre, la vertu la plus importante,
tant qu'on est sur cette terre, la foi et l'espérance sont tout à fait nécessaires
dans l'attente de la réalisation de toutes les promesses du Christ.
Projeter sur les autres nos peurs, nos doutes, nos obsessions, nos complexes ou nos péchés,
afin de pouvoir ensuite les "aider" à se débarasser de problèmes qui n'ont jamais été les leurs,
ça peut partir d'une bonne intention, parce qu'on n'en est pas nécessairement conscients,
mais cela va sans dire que c'est parfaitement inutile, voire nocif,
et en tous cas pénible pour tout le monde, même pour les gens qui nous aiment bien.
La partie terrestre de l'Église n'est pas parfaite, elle ne l'a jamais été, elle ne le sera jamais,
elle ne peut pas l'être, car la perfection ne se trouve qu'en Dieu, dans son Royaume.
Cependant, elle est le terreau dont sortent, parfois, des grands saints ou des grands martyrs,
de vrais disciples du Christ, des sages ou des pénitents qui font au monde un bien insensé.
Ce n'est pas tout le temps. C'est même assez rare, pour être franc. Mais ce n'est pas rien,
c'est même énorme, si on le compare à ce que le monde qui n'en fait pas partie produit comme bien.
Peu de chrétiens semblent le savoir, on me pose parfois la question :
peut-on communier deux fois dans la même journée ?
La réponse est oui, tant que l'on assiste à deux messes complètes,
et même une troisième fois si on venait à se trouver en danger de mort.
Ce n'est pas une opinion personnelle, mais la norme en vigueur dans le droit canonique.
Quand on a de la dévotion pour la Vierge Marie,
il ne faut pas craindre qu'elle prenne ça pour de la trahison si on se met à aimer Jésus plus qu'elle.
C'est tout le contraire : "faites tout ce qu'il vous dira", a-t-elle dit à Cana.
Rien ne la réjouit plus que de transmettre son amour pour son Fils à tous ceux qui l'approchent.
En plus, rien n'empêche de continuer à l'aimer, elle aussi,
même quand elle prend tout naturellement la deuxième place.
La sainteté n'est pas une question de dignité, de force, d'efforts ou de courage.
Dieu seul est saint.
Il nous aime.
Laissons-nous aimer par lui, c'est tout ce qu'il nous demande.
Alors, petit à petit, sa sainteté nous imprègne et nous aide à plus agir comme lui,
mais ce n'est pas quelque chose qui se "gagne" à la force du poignet,
c'est quelque chose qui se reçoit gratuitement à force d'être à ses côtés.
C'est important que la foi chrétienne soit basée sur le témoignage des personnes
qui ont vu, entendu, touché Jésus, qui ont assisté à ses miracles et l'ont vu mort et ressuscité,
et qui ont donné leur vie en annonçant tout ce qui s'était passé dans tout le monde connu.
La foi n'est pas une liste de trucs interdits, d'histoires invraisemblables basées sur des vieux mythes,
ni une histoire sans queue ni tête sortie on ne sait d'où.
Quelqu'un qui ne va pas souvent à l'église m'a fait remarquer dernièrement que s'il n'y allait pas,
c'est parce que ce qu'on y dit lui semblait être d'un autre temps,
que c'était très compassé, très désuet dans l'expression, très coincé, aussi.
Je ne crois pas que la Parole de Dieu puisse être considérée ainsi, au moins dans le texte :
au contraire, non seulement elle est toujours d'actualité,
mais elle concerne chacun de nous personnellement, et même un enfant peut la comprendre.
En revanche, on peut la rendre ringarde quand on la proclame en faisant des airs,
ou quand on l'explique comme si on s'adressait à des gamins un peu retardés,
avec un vocabulaire auquel les non-initiés ne comprennent goutte,
bien que l'on s'exprime d'une façon mesurée, voire lente, voire soporifique ou ennuyeuse...
Tiens, ça me fait penser à un livre que j'ai lu un jour, sur sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Quand on la lit elle, c'est frais, c'est gai, c'est simple comme bonjour, ça sent bon l'Évangile.
Mais ce livre sur elle était pénible à lire, l'auteur compliquait tout, il était satisfait de lui-même
mais la simplicité évangélique de Thérèse était absente et sa pensée rendue incompréhensible.
L'homélie ne doit pas être comme ça, à la messe.
Ne rendons pas inaccessible la Parole de Dieu, elle qui est si simple et si claire,
au moins tant qu'on la laisse tranquille et qu'on ne la complique pas pour faire l'intellectuel.
Qu'on ne me dise pas que les femmes n'ont pas de place dans l'Église.
Derrière chaque grand saint, il y a habituellement une femme, en tout bien tout honneur.
C'est la Vierge Marie qui a donné le feu vert à Jésus pour commencer sa mission à Cana.
Saint François d'Assise a sainte Claire. Saint François de Salles, Sainte Jeanne de Chantal.
Saint Vincent de Paul a Louise de Marillac, le curé d'Ars Catherine Lassagne et Benoite Lardet,
Saint Benoit et sa soeur sainte Scholastique, saint Augustin et sa mère sainte Monique,
et ça marche aussi dans l'autre sens, sainte Thérèse d'Avila avec saint Jean de la Croix, etc etc...
Bref, qu'on ne me dise pas que les femmes n'ont pas de place dans l'Église,
parce que pour proférer une telle aberration, il ne faut rien connaître à l'histoire de l'Église.
On assimile souvent l'image du chrétien avec une façon de se vêtir ou de parler,
enfin au moins à la télévision, où ils ont toujours l'air de sortir du XVIème arrondissement de Paris,
avec habits Cyrillus, col Claudine ou relevé, fichu Hermès et dégaine du premier de la classe.
Mais tout le monde peut être chrétien, ça n'a rien à voir avec une classe sociale ou de la mode,
ni avec une diction particulière, un air compassé ou sérieux, coincé, sévère, illuminé ou pédant.
Je ne pense pas que Jésus ressemblait à l'idée qu'on se fait du chrétien bien propre sur lui.
Ce n'était pas non plus un hippie, notez. Juste un homme normal, quelqu'un comme tout le monde,
au point que les habitants de Nazareth qui le connaissaient depuis toujours
n'arrivaient pas à croire qu'il puisse être ni prophète ni messie ni rien de tout ça.