La parabole du fils prodigue est un classique, et il n'y a pas vraiment besoin de l'expliquer, elle est suffisamment claire. Cependant, il y a quelques détails qui méritent qu'on s'y arrête. Tout d'abord, quand le plus jeune fils demande sa part d'héritage, alors que son père est encore en vie, ce qui est tout de même un peu vexant, le père en question ne discute pas. Il ne cherche pas à raisonner avec son fils, à lui faire la morale, non, juste il partage ses biens entre ses deux fils. Quand nous faisons comme si Dieu était mort, et que nous prétendons vivre notre vie sans lui, en profitant comme bon nous semble des biens qu'il a créés, il ne dit rien, il nous laisse faire. De même, ce père n'envoie personne derrière son fils pour prendre soin de lui, que ce soit avec ou sans l'accord du fils, à la vue de tous ou en secret. Non, il le laisse vivre son expérience comme il l'entend, il n'est pas sur son dos. Cependant, ceci signifie-t-il que, vexé, il n'en a rien à faire de ce qui pourrait bien lui arriver ? En aucune façon. D'abord, ce qui va lui arriver, il s'en doute bien. Quand une tête brûlée suit aveuglément ses envies, il n'y a pas besoin d'être grand clerc pour imaginer d'avance les tentations dans lesquelles il va se précipiter sans réfléchir. Et on voit, quand le fils revient, que son père l'attendait : il l'aperçoit de loin. Il guettait son retour, et le fait qu'il ait laissé son fils faire ce qu'il voulait ne signifie pas qu'il s'en était désintéressé, ni même qu'il lui en voulait. Il attendait juste que la vie lui mette un peu de plomb dans la tête, et qu'il comprenne de lui-même où était son intérêt. Si quelqu'un lui avait fait la morale, il n'aurait pas écouté. S'il avait été aidé, il n'aurait pas compris les conséquences de son choix. Non, il fallait qu'il passe tout seul à travers le feu qu'il avait décidé de traverser, il n'y avait rien d'autre à faire que d'attendre que jeunesse se passe. On se demande souvent pourquoi Dieu n'intervient pas pour régler tous les problèmes que nous causons dans ce monde. La réponse est dans cette parabole. La non-action de Dieu n'est pas de l'indifférence. Il attend patiemment que nous revenions à lui. Quand quiconque se convertit, il y a plus de joie au ciel que pour dix justes qui y sont déjà.
Apophtegmes
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
samedi 7 mars 2026
vendredi 6 mars 2026
Plus je vieillis, plus je considère la vie comme une suite d'épreuves à surmonter.
Quand on en a vaincu une, une autre arrive, inévitablement, au point que même quand tout va bien,
on se demande ce qui va encore nous tomber sur le coin de la soupière, et quand.
Je trouve ça assez logique et cohérent avec notre raison d'être sur terre, ceci dit.
Nous sommes ici pour décider si nous acceptons d'aimer Dieu, oui ou non.
S'il nous facilitait la vie en permanence en nous protégeant de toute épreuve,
il serait impossible de savoir si nous l'aimons pour lui-même ou pour la protection donnée.
En nous laissant confrontés aux difficultés d'un monde soumis au péché que nous commettons,
tout en nous donnant les grâces et les sacrements qui nous aident malgré tout à les vaincre,
il nous permet de faire un choix désintéressé et donc, qu'on le veuille ou non, plus authentique :
il n'y a pas vraiment de raison de l'aimer par intérêt, puisqu'il permet que nous souffrions.
Connaître la règle du jeu n'empêche pas qu'il soit difficile à accepter de temps en temps,
mais au moins on sait pourquoi Dieu, qui nous aime tant, permet qu'il nous arrive des malheurs.
Je plains ceux qui n'en savent rien, ne comprennent rien, et subissent les tourments de la vie
sans avoir la moindre idée de ce qu'ils font là, d'où ils viennent ni d'où ils vont,
bringuebalés sans raison de douleurs en souffrances imbéciles et aveugles de leur point de vue,
les malheureux.
jeudi 5 mars 2026
mercredi 4 mars 2026
Bien des malheurs dans le monde proviennent des gens
qui pensent être beaucoup plus que ce qu'ils sont vraiment.
Ils ne sont pas préparés à l'implacable rigueur de la nature de l'univers,
et ils entrainent dans leur folie bien des gens qui auraient pu agir avec plus de bon sens qu'eux.
La vérité c'est que nous sommes poussière, à la poussière nous retournerons,
et tous nos honneurs, nos accomplissements, nos richesses ou nos oeuvres seront dispersées
jusqu'à ce que même le souvenir en soit effacé.
Seul l'amour que nous aurons eu les uns pour les autres demeurera pour toujours,
mais les fous ne se soucient pas d'en faire des réserves comme si leur vie en dépendait,
alors qu'en réalité, elle ne dépend que de ça et de rien d'autre.
L'homme qui n'est pas clairvoyant ressemble au bétail qu'on abat.
mardi 3 mars 2026
lundi 2 mars 2026
Être chrétien, c'est avoir une histoire d'amour avec Jésus Christ.
Si je n'ai pas cette relation d'amour, si ce n'est qu'une relation motivée par l'intérêt,
la peur, la routine, l'habitude, la tradition, la superstition, le qu'en-dira-t-on ou quoi que ce soit d'autre,
alors j'aurais beau être fidèle jusqu'à l'obsession, il me manque l'essentiel.
dimanche 1 mars 2026
Ça fera 25 ans cette année que je célèbre la messe, et je refuse de la célébrer par coeur.
Je trouve que, quand on fait du par coeur, on peut le faire sans réfléchir à rien de ce que l'on dit.
Or, je veux pouvoir savourer chaque mot, être obligé de penser à chaque phrase que je prononce.
Du coup, même les paroles de la consécration, je les lis systématiquement,
et ça me permet de méditer chaque jour sur les Paroles de Jésus
comme si c'était la première fois que je les lisais.
samedi 28 février 2026
Le pape Léon a été obligé de rappeler aux prêtres
qu'il ne faut pas écrire leurs homélies avec l'intelligence artificielle.
Ça me semble une évidence, même si je sais, hélas, que le rappel a des raisons d'être lancé.
Mais tout de même. Un prêtre qui ne sait pas du tout prêcher,
ça me fait penser à un chanteur d'opéra qui n'aurait pas de voix.
vendredi 27 février 2026
La liturgie n'est pas un théatre d'improvisation à la merci du premier célébrant venu.
Elle doit être la même partout dans le monde, quel que soit le pays, l'église ou le célébrant.
Et si elle peut sembler routinière, qu'y a-t-il de mal à ça ?
Seuls les couples capables d'apprécier la routine peuvent vivre ensemble toute leur vie.
jeudi 26 février 2026
Le malheur n'est pas une fatalité.
Si nous avions la bonne volonté d'agir les uns envers les autres comme Dieu agit pour nous,
lui qui a donné sa vie sur une croix par amour d'une humanité pourtant ingrate et assassine,
nous pouvons nous aussi donner notre vie les uns pour les autres, non parce que c'est mérité,
mais par la volonté propre d'agir comme notre maître et Seigneur, le Christ.
Alors autant ceux qui donnent leur vie que ceux qui en bénéficient trouveraient le bonheur,
les premiers en donnant un sens à leur vie, les seconds en étant aimés tels qu'ils sont.
mercredi 25 février 2026
Une certaine dose de confiance en soi est nécessaire pour notre équilibre mental.
Mais avoir trop confiance en soi, au point de mépriser tout le monde et même Dieu,
et ne croire qu'en soi, même quand on dit ou fait absolument n'importe quoi,
ce n'est plus de l'équilibre, c'est un concentré de stupidité mortifère.
mardi 24 février 2026
lundi 23 février 2026
Parce que c'est le diable qui l'a inventé, le mensonge a quelque chose de diabolique.
Ça ne semble jamais bien grave, ça nous tire de bien des mauvais pas, ça évite d'avoir à s'expliquer,
mais aucun mensonge n'est bon, car tous ajoutent à la confusion du monde.
Et quand je ne peux vraiment pas dire une vérité, parce que ça ferait plus de mal que de bien,
je peux toujours me taire. Là, au moins, je ne pêche pas.
dimanche 22 février 2026
Ah, le tentateur ! Comme notre vie serait plus tranquille sans lui ! Parce que la plupart des péchés qu'il nous suggère ne nous seraient jamais venus à l'esprit sans lui. On peut en vouloir à Adam et Ève d'avoir succombé, enfin on pourrait si on ne faisait pas la même chose qu'eux toutes les cinq minutes, mais en vérité, l'instigateur de cette catastrophe qu'est le péché originel, c'est le diable et personne d'autre. Sans notre stupidité, qui nous pousse à faire plus confiance à un serpent qu'à Dieu, il n'aurait pas pu faire grand chose. Mais il est plus malin que nous, d'ailleurs c'est comme ça que le saint curé d'Ars l'appellait, "le malin". Mais est-il si futé que ça ? Oh, pas besoin, hélas, car nous le sommes toujours moins que lui, quoi qu'il arrive. C'est la raison pour laquelle il ne se fatigue pas les neurones (qu'il n'a pas, puisque c'est un ange) inutilement, trois pauvres tentations suffisent à faire succomber toute l'humanité, en vérité. Trois, c'est tout ? Trois. C'est tout. Nous en voyons l'illustration avec Jésus au désert. Première tentation : les plaisirs charnels, donc la faim, la soif, l'envie, la gourmandise, la peur de manquer, la sexualité, tout ça tout ça. Deuxième tentation : l'orgueil. Se croire habilité à forcer la main de Dieu pour qu'il accepte nos caprices, qu'il répare nos bêtises, qu'il nous prenne comme on décide d'être, entre autre. Troisième tentation : la richesse matérielle, tout posséder, tout avoir, tout dévorer, tout vouloir pour soi et rien que pour soi. À ces trois tentations, Jésus apporte des réponses simples. Les plaisirs ? L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L'orgueil ? Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu, donc tu lui obéiras au lieu de vouloir que ce soit lui qui t'obéisse. Les richesses ? C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte, et pas à ton compte en banque, surtout au prix de te détourner du seul vrai Dieu. L'Église a décliné tout ceci en trois préceptes simples. Contre la tentation des plaisirs, la chasteté. Contre celle de l'orgueil, l'obéissance. Contre celle des richesses, la pauvreté. Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Ce qui nous manque, c'est la conviction de devoir les mettre en pratique, en obéissant humblement aux commandements de notre Dieu.
samedi 21 février 2026
Au début du carême, on ne devrait pas se demander ce que JE vais faire, pour MON carême,
MA pénitence, pour MA sainteté, et pour gagner MON paradis auprès de MON Dieu.
Ce n'est pas de soi qu'il faut se préoccuper, mais des autres.
Ce que l'on devrait se demander, c'est à qui pourrais-je bien rendre service, qui pourrais-je visiter,
vêtir, nourrir, aider, de qui pourrais-je prendre des nouvelles, qui dois-je pardonner, etc etc...
Bref ne nous préoccupons pas tant de nous, mais plutôt du bien de notre prochain,
c'est ça le jeûne qui plait à Dieu.
vendredi 20 février 2026
jeudi 19 février 2026
On pense parfois que Dieu envoie des épreuves à ceux qu'il aime pour leur faire les pieds.
En fait, Dieu permet que le diable envoie des épreuves à ceux qui prétendent l'aimer, nuance,
et jamais au-delà des capacités du grand amour qu'ils professent avoir pour lui.
Aimer quelqu'un qui nous aime, nous protège, nous avantage et nous comble de biens,
ce n'est pas bien difficile, on aime surtout l'intérêt que l'on retire de notre relation, si ça se trouve.
Mais aimer quelqu'un dont on a l'impression qu'il est devenu invisible dans l'épreuve,
qu'on n'entend plus, qu'on ne voit pas, qui ne répond rien d'autre que "ma grâce te suffit",
c'est autre chose, et pour le faire, il faut vraiment aimer la personne et pas seulement notre intérêt.
C'est pour cela que Dieu laisse le diable embêter (avec des limites) ceux qui disent qu'ils l'aiment.
Mais l'amour de Dieu pour nous n'est ni retors ni sadique, il ne met pas à l'épreuve ceux que lui aime,
et la chanson "Johnny Johnny fais moi mal, j'aime l'amour quand ça fait aïe" n'a pas été écrite pour lui.
Suis-je en train de dire que, pour éviter tout problème, il vaudrait mieux de pas aimer Dieu ?
Bien sûr que non. Quand on n'aime pas Dieu, c'est à dire quand on n'aime pas l'amour,
on doit de toutes façons souffrir des conséquences de toutes nos mauvaises décisions,
et cette souffrance ne prouve rien, ne purifie rien, ne mène nulle part, fait souffrir tout le monde,
et ne fait pas augmenter notre confiance désintéressée en Dieu ni notre amour authentique pour lui.
Non, quoi que l'on fasse, quoi que l'on prétende, quoi que l'on choisisse, nous souffrons tous ici-bas.
Mais au moins que ça ne soit pas à cause de nos péchés,
que ça ne soit que par tentation et non parce que nous l'aurions mérité,
que nous soyons innocents de tout ce que la vie nous fait subir,
pour que ça nous mène toujours plus près de Dieu
au lieu d'être la conséquence de notre éloignement de lui.
mercredi 18 février 2026
J'ai un ami prêtre qui, quand quelqu'un vient proposer son aide
pour telle ou telle place dans la paroisse,
commence toujours par leur demander de bien vouloir faire le ménage régulièrement dans l'église.
S'ils sont vexés et qu'ils s'en vont avec l'impression d'avoir été insultés,
très bien, ça prouve juste qu'ils ne venaient pas pour la paroisse mais pour eux-mêmes.
Si, en revanche, ils ont l'humilité de prendre un balais et de faire ce qu'on leur a demandé,
ils prouvent qu'ils sont là véritablement pour aider, par amour du Christ,
et alors il peut, après un temps prudentiel, leur demander d'aider là où ils le voulaient au début.
mardi 17 février 2026
Je comprends l'exigence des apôtres, qui transparait dans les lettres qu'ils nous ont laissé.
Eux ont tout laissé pour suivre le Christ. Ils ont misé leur vie tout entière.
Ils ne veulent pas s'arrêter ni même ralentir avant d'être dans le Royaume de Dieu.
Je comprends aussi ceux que ça fatigue, parce que, pour eux,
le christianisme n'est pas une question de vie ou de mort,
ce n'est pas là que se joue leur existence, ils ont d'autres soucis qui les pressent.
Mais c'est vrai que quand on a tout donné pour suivre le Christ et qu'il y a peu de répondant,
on a plus facilement envie d'enlever la poussière de nos chaussures et d'aller ailleurs
que quand on trouve une terre fertile qui n'attend que la Parole de Dieu pour donner du fruit.