Je me souviens de ce prêtre qui nous avait prêché sur l'amour de l'argent, alors que j'étais séminariste. Il nous avait expliqué que ce qui comptait, ce n'était pas notre fortune personnelle, mais de ne pas y mettre notre coeur, tout ça tout ça. Il était lui-même extrêmement riche. Quelques années plus tard, alors que j'étais missionnaire au Pérou, je suis venu le trouver pour lui demander de l'aide, histoire de vérifier si la mise en pratique suivait le raisonnement intellectuel. Je ne peux pas dire que j'ai été très surpris, mais je suis reparti comme j'étais venu, sans un sou. Cette anecdote m'a enseigné une leçon que je n'ai jamais oublié : quelles que soient les justifications qu'on trouvera immanquablement pour justifier la possession de nos biens pécuniers, si tant est qu'on en ait, ça restera incompatible avec l'évangile du Christ, parce que ce qu'il dit, hélas, n'est que trop vrai. On ne peut servir deux maîtres à la fois, et c'est une banalité que de le dire mais si l'argent peut éventuellement être un bon esclave, c'est en tout cas un très mauvais maître. Les gens qui snobent la confession ont en général cette phrase toute faite à la bouche : "j'ai pas tué, j'ai pas volé, j'ai rien à me reprocher". Faut voir. Ne pas avoir mis la main dans la poche de quelqu'un d'autre, c'est une chose. Mais ça ne veut pas dire qu'on a toujours été d'une honnêteté immaculée pour tout ce qui concerne l'argent. Et quand bien même, ce qu'il nous recommande, ce n'est pas juste d'être honnêtes, mais d'être généreux les uns envers les autres, ce qui va plus loin que la stricte rigueur mathématique. Les biens dont Dieu nous comble sont, comme ses grâces, destinés à être distribués alentour, pas juste à être thésaurisés pour notre intérêt personnel et égoïste. Il trouve malhonnête de ne pas faire profiter notre prochain des bénédictions dont il nous comble, qu'il s'agisse d'argent ou des qualités qu'il nous a données. Et le bon sens chrétien consiste à faire profiter les autres de nos biens, avec générosité et non par contrainte. Dieu nous a donné la vie, l'existence et l'être. Puis la vie éternelle, en nous ouvrant les portes de son royaume. Nous qui nous disons ses disciples, n'allons-nous pas nous efforcer d'imiter sa générosité ?
Apophtegmes
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
samedi 7 novembre 2026
vendredi 6 novembre 2026
Nous sommes tous pécheurs, c'est malheureux mais c'est comme ça.
Bon, mais être pécheur, c'est une chose. On demande pardon à Dieu et on se remet au travail.
Ce qui est dramatique, c'est quand on cherche à tordre la parole de Dieu et ses commandements
pour ne pas sentir l'aiguillon de son reproche contre nos péchés, parce que ça nous dérange.
Parce qu'alors, on ne recherche plus le pardon de Dieu,
on se contente de se raconter qu'on n'a rien fait, et on vit sans préoccupations dans le péché,
oubliant que c'est le péché qui nous conduit à la mort voire, si on meurt en état de péché mortel,
à la mort éternelle.
jeudi 5 novembre 2026
Dieu est venu parmi nous pour les malades et les pécheurs,
non pour que les malades restent malades ni que les pécheurs restent dans leur péché,
mais pour soigner les malades et inciter les pécheurs à la conversion.
Cependant, en toute chose il respecte le libre arbitre de chacun,
même s'il arrive que le mauvais usage qui en est fait l'horripile,
en particulier chez ceux qui entrainent dans leur péché les naïfs et les simples.
mercredi 4 novembre 2026
Franchement je ne comprends pas que des prêtres s'aident de l'intelligence artificielle
pour préparer des homélies ou quelque autre discours que ce soit, d'ailleurs.
Qu'un chirurgien du cerveau se serve de l'AI parce que ça augmente les chances de réussite, bon.
Mais soyons sérieux, une homélie n'est pas une question de vie ou de mort,
et si vraiment on ne sait pas dire sans aide trois phrases qui se tiennent à peu près,
alors autant se taire, au moins le silence sera dû au prêtre et non à une machine sans âme.
mardi 3 novembre 2026
Ce n'est pas parce que l'Église ne condamne plus formellement quelque chose
que ça devient miraculeusement une bonne chose alors qu'avant c'était mal vu.
Je pense par exemple à l'incinération des défunts,
considérée comme une opposition frontale à l'espérance de la résurrection pendant des siècles;
à l'appartenance à la franc-maçonnerie,
qui jusqu'à il y a peu menait explicitement à l'excommunication, devenue semble-t-il implicite;
aux écrits qui étaient à l'index quand l'index existait,
comme ceux de Maria Valtorta par exemple, et qui étaient donc interdits à la lecture des fidèles;
au fait que l'on célèbre maintenant les obsèques des suicidés à l'église
parce que les avancées de la psychologie atténuent éventuellement la responsabilité du défunt,
etc etc...
L'Église a choisi de favoriser la miséricorde plutôt que la dure application d'une justice implacable,
mais ça ne rend pas universellement souhaitables ni exemplaires pour autant
les situations qu'elle ne condamne plus explicitement à priori.
lundi 2 novembre 2026
dimanche 1 novembre 2026
samedi 31 octobre 2026
Jésus nous a dit que pour être ses amis, il nous faut garder sa Parole et la mettre en pratique.
Tant qu'on n'a pas répondu à son amour par le nôtre, à son sacrifice par le nôtre,
à son don de soi par le nôtre, à son annonce de l'Évangile par l'obéissance à ses enseignements,
bref tant qu'on n'a pas saisi la main qu'il nous a tendu,
on peut toujours croire et faire croire alentour qu'on fait partie de ses amis, mais c'est faux.
vendredi 30 octobre 2026
Pour oser juger les autres, il faut penser que notre discernement est supérieur au leur,
que notre système de morale est supérieur, et qu'on y est soi-même tout à fait fidèle.
Peut-être que c'est le cas, et qu'on a alors légitimement le droit de juger les autres.
Mais enfin ça vaut tout de même la peine de se poser la question,
et si la réponse n'est pas clairement et totalement positive, il vaut mieux s'abstenir.
Parce qu'on sera jugés par Dieu sur les mêmes critères selon lesquels on s'est permis de juger autrui,
et le problème avec les épées à deux tranchants, c'est que ça peut nous faire aussi mal
que la personne qu'on a frappée avec.
jeudi 29 octobre 2026
Avoir envie de quelqu'un, ce n'est pas encore l'admirer.
Avoir de l'admiration pour quelqu'un, ce n'est pas encore en être amoureux.
Être amoureux de quelqu'un, ce n'est pas encore l'aimer.
Pour qu'on puisse parler d'amour, il faut un peu plus de conditions que ça.
Il faut qu'il soit réciproque, sans quoi c'est plutôt de la philantropie ou du sacrifice.
Qu'il concerne non pas seulement mon instinct, mais mon intelligence et ma volonté,
et que je sois capable de sortir de mon intérêt personnel
pour m'investir dans celui de quelqu'un d'autre.
Alors seulement, quand en toute connaissance de cause et parce qu'elles le veulent,
deux personnes décident de se donner réciproquement leur vie s'il s'agit d'amour conjugal,
ou de se donner l'un à l'autre une part de leur vie s'il s'agit d'amitié ou d'amour platonique,
on peut réellement parler d'amour, et pas juste d'un mésusage du terme.
La philantropie ou le sacrifice restent une forme d'amour digne d'admiration, mais imparfaite,
parce qu'il y manque la réciprocité.
C'est pourquoi, d'une certaine façon, pour que la boucle de l'amour de Dieu soit bouclée,
il est essentiel que nous rendions à Jésus l'amour qu'il nous a donné par son sacrifice sur la croix.
Sans quoi sa proposition d'amour mutuel n'aboutirait qu'à être un voeu pieux,
ce qui serait d'une tristesse infinie.
Complétons par notre amour ce qu'il manque au sacrifice du Christ pour que son amour soit complet.
mercredi 28 octobre 2026
Ça me fait rire quand je vois des gens qui viennent à la messe, à l'adoration ou à une procession
en faisant systématiquement une tête d'enterrement, les sourcils fronçés et le visage fermé,
parce qu'ils confondent le fait d'être sérieux avec celui d'être sinistre.
Nous avons une religion basée sur "Dieu est Amour" et "Christ est ressuscité".
Je ne vois là aucun motif de faire une tête jusqu'à par terre.
Que l'on respecte Dieu, oui, bien sûr. Mais le respect est une chose, être tendu en est une autre.
Je ne dis pas qu'il faille venir en faisant "dzing boum dzing boum tsoin tsoin" avec des cymbales,
mais entre ça et l'ambiance de cimetière, il y a la place pour juste être normal, en fait,
comme on l'est quand on va passer un moment chez des vrais amis où tout le monde se connait.
mardi 27 octobre 2026
Quand on est jeune on croit tout savoir et tout avoir compris à tout,
ce qui est le propre de ceux qui ne savent que très peu de choses
et qui ont l'impression que tout ce qu'ils découvrent de la vie est original.
Mais il faut attendre d'être déjà bien âgé pour constater tout ce qu'on ne savait pas,
et en particulier ce que seules nos propres expériences, bonnes ou mauvaises,
peuvent nous enseigner sur la vie.
Je ne sais pas si l'âge nous ramollit, mais en tous cas il assouplit nos certitudes.
Enfin, au moins quand on écoute ce qu'il tente de nous apprendre.
lundi 26 octobre 2026
Chaque fois que quelqu'un est prêt à tout pour se remplir les poches, il y a des gens qui souffrent.
Ça vaut pour les autocrates, les tyrans, les dictateurs, les gens corrompus, les milliardaires,
mais ça vaut aussi, dans une moindre mesure, pour chacun de nous.
La morale n'est pas là pour nous garroter, mais pour s'assurer que tout le monde ait droit à la justice,
et pour que ce soit le cas, il faut que chacun accepte de limiter ses ambitions à ce qui est raisonnable,
non pas en théorie mais en pratique.
S'il n'est pas raisonnable de posséder plus qu'on ne pourrait dépenser en mille vies,
ni de posséder un pays ou tout un peuple dont on dispose comme si on était leur dieu,
les petites concessions que l'on fait avec le bien commun ont elles aussi des conséquences,
même si c'est à une échelle plus discrète.
dimanche 25 octobre 2026
J'ai vu un article sur un type qui disait les pires choses sur mère Théresa de Calcuta.
Il en va des révisionnistes de la sainteté d'autrui comme des contempteurs d'art.
Faute de pouvoir eux-même produire quelque chose de remarquable,
ils se contentent de trouver à redire sur celles et ceux qu'ils sont incapables d'imiter,
préférant pérorer sur ce dont ils sont jaloux que de faire l'effort d'en faire autant ou mieux.
Seuls les saints pourraient légitimement juger de la sainteté d'autrui.
Bien entendu, ce sont les seuls à ne jamais s'y risquer, sachant mieux que personne combien
la critique est aisée mais l'art est difficile, comme faisait dire Néricault à Philinte dans Le Glorieux.
samedi 24 octobre 2026
Ça ne sert à rien de nous comparer les uns aux autres,
pour savoir qui est le plus saint, le plus pénitent, le plus fidèle, bref le meilleur.
Nous avons tous une vocation correspondant à ce que Dieu attend de chacun de nous,
et dans la mesure où toute vocation est faite sur mesure et non en prêt à porter,
rien n'est comparable et Dieu seul sait si nous sommes fidèles ou non à son plan.
vendredi 23 octobre 2026
jeudi 22 octobre 2026
Nous fêtons aujourd'hui saint Jean-Paul II, dont je n'ai jamais compris qu'il ne passe pas à la postérité sous le nom de saint Jean-Paul II le Grand. Après tout ça s'est déjà vu avec d'autres papes de rajouter "Magnus" à leur nom, et s'il y en a bien un qui le méritait, c'est lui. Était-il sans défauts et absolument parfait ? Eh, à part Jésus et la Vierge Marie, personne ne l'est. A-t-il toujours pris les bonnes décisions dans son gouvernement de l'Église ? Il est permis d'en discuter, si ça nous chante. Aimait-il Jésus comme tout bon successeur de Pierre se doit de le faire, puisque c'est le paramètre décisif pour occuper ce poste ? Oh oui, il l'aimait !, il n'est pas permis d'en douter. Infatigable apôtre missionnaire, il a parcouru le monde pour prêcher l'évangile, en rappeler les enseignements, en développer les points qui concernent le plus notre époque. Avec les JMJ (j'étais sur la place Saint Pierre à Rome le dimanche des Rameaux où il a annoncé qu'il allait les lancer), il a non seulement soulevé la jeunesse du monde et lui a transmis l'amour de Jésus, mais il a aussi semé des vocations qui ont pris d'assaut les séminaires et les monastères. Pour ce qui est de catéchiser le monde, il suffit de constater tout ce qu'il a écrit ou fait réviser, à commencer par le Catéchisme de l'Église Catholique ou le Code de Droit Canonique, avec à la manoeuvre un certain cardinal Ratzinger, et un grand nombre d'encycliques. Pour ce qui est de la croix, ayant survécu à un attentat qui aurait dû lui coûter la vie (il a attribué sa survie à l'intervention miraculeuse de ND de Fatima, dans la couronne de laquelle il a fait sertir la balle qui lui était destinée), il a ensuite continué inlassablement sa mission jusqu'à la mort, donnant par sa vie même l'exemple de la dignité humaine jusque dans la vieillesse la plus avancée. Artisan de paix (on connait son influence dans la chute du mur de Berlin ou la fin de la guerre des Malouines), héraut du Christ qu'il a toujours annoncé sans rien maquiller des difficultés de son message, mais pourvoyeur invincible de joie spirituelle, il fallait bien marquer, aujourd'hui où nous fêtons son ascension au ciel, notre merci pour l'infatigable apôtre qui, tel le saint Paul de notre époque, a sillonné le monde pour annoncer la mort et la résurrection de Notre Seigneur Jésus Christ.
mercredi 21 octobre 2026
Demander pardon, ce n'est pas si évident que ça.
On a souvent tendance à chercher des explications pour justifier ce qu'on a fait.
"J'ai fait ça parce que ça me semblait bien, j'ai fait ci parce que j'ai été poussé", etc...
Or ça, ce n'est pas demander pardon, c'est s'excuser tout seul, en fait.
Demander pardon, c'est dire :
"j'ai fait ci ou ça, c'était mal de ma part, j'ai mal agi, je te demande pardon".
mardi 20 octobre 2026
Je suis toujours très inquiet quand je fais des obsèques pour des gens
qui, au moins du point de vue de ce qui se voit de l'extérieur,
ne parlaient pas avec Dieu, ne le visitaient jamais, dédaignaient les sacrements
et on passé la majeure partie de leur vie à l'ignorer avec constance.
Je n'ose imaginer leur rencontre avec notre créateur et sauveur.
Pour entendre "entre dans la joie de ton maître, serviteur bon et fidèle",
encore faut-il avoir pris Dieu pour maître et l'avoir servi avec bonté et fidélité.
Je crains que beaucoup n'entendent en fait que la pire sentence qui soit :
"hors d'ici, je ne te connais pas".
lundi 19 octobre 2026
Quelle que soit l'époque à laquelle on vit,
quels que soient les hommes ou les femmes au pouvoir,
quelles que soient nos conditions de vie,
quelles que soient les réussites ou les grandes catastrophes de notre temps,
le programme du chrétien reste constant :
aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même.
Au travail.
C'est sur ce critère et sur rien d'autre que nous serons jugés.