L'évangile d'aujourd'hui est sur le Notre Père. La mémoire du jour sur la Vierge Marie du Rosaire. Pourtant, c'est de la première lecture que j'aimerais parler. Je laisse à ceux qui sont plus instruits que moi le soin de donner des explications sur le Notre Père et le Rosaire. Dans la première lecture, saint Paul nous rappelle quand il avait repris en public saint Pierre qui ne marchait pas droit selon la vérité de l'Évangile. Quelle formidable accusation ! Et alors, qu'en est-il de l'infaillibilité pontificale, ne manqueront pas de faire remarquer ceux qui n'y croient pas ? Notre foi est basée sur les Saintes Écritures, la Tradition et le Magistère. Bien. Dans la lecture du jour, saint Pierre est à la fois dans les Saintes Écritures; la Tradition, il est en train de la créer; et le Magistère, c'est lui. Le Nouveau Testament n'a jamais cherché à cacher les défauts des apôtres. Ce n'est pas parce que Jésus les a choisis qu'ils sont parfaits, loin s'en faut. Judas ira jusqu'à le vendre à ses ennemis. La Tradition, c'est pareil : ceux qui l'ont constituée n'étaient pas parfaits sur tous les plans. C'étaient des hommes et des femmes de leur époque, de leur culture, avec des idées et des agissements dont certains peuvent nous sembler aujourd'hui plus que discutables. Quant au magistère, il y a trois choses qu'il ne faut pas confondre : les faits et gestes des papes, qui n'en font pas partie et peuvent comporter des erreurs, des opinions personnelles ou des préférences discutables; le magistère ordinaire (les écrits des papes ou des divers offices romains, les encycliques, ce genre de chose), qu'il serait présomptueux d'ignorer mais qui ne fait pas partie du dépot de la foi; et enfin le magistère extraordinaire, c'est à dire les déclarations dogmatiques, comme par exemple les constitutions dogmatiques Lumen Gentium ou Dei Verbum issues de Vatican II, qu'on ne peut rejeter sans s'exclure soi-même de la foi et de la communion Catholique. Dans la première lecture, nous ne sommes pas dans le magistère, mais dans un agissement contestable de saint Pierre qu'il corrigera après avoir reçu de l'Esprit Saint l'enseignement nécessaire. Ça n'enlève rien à l'infaillibilité des dogmes de l'Église. Demandons plutôt à Dieu de nous donner l'humilité de saint Pierre qui, sans s'entêter, a toujours fait la volonté de Dieu dès qu'on lui en a expliqué le bien fondé.
Apophtegmes
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
mercredi 7 octobre 2026
mardi 6 octobre 2026
lundi 5 octobre 2026
On lit dans l'encyclique Mediator Dei de Pie XII que
"l'homélie ou sermon du président de l'assemblée rappelle et commente avec profit
les enseignements du divin Maître et les événements principaux de sa vie,
et dont les conseils opportuns et les exemples stimulent tous les assistants".
On ne nous parle ni d'endormir l'assemblée en lui débitant des platitudes sans intérêt,
ni de la prendre pour plus bête qu'elle n'est en paraphrasant simplement ce que l'on vient d'entendre,
ni de faire une explication de texte et encore moins de parler des dernières nouvelles du monde.
Ce n'est pas du luxe que chaque chrétien reparte avec une compréhension renouvellée de l'écriture,
et un ou deux idées claires sur la façon de la mettre en pratique dans sa vie de cette semaine.
dimanche 4 octobre 2026
Il est normal qu'il y ait des gens que les prédications dérangent si on prêche bel et bien le Christ.
Quand Jésus prêchait, ce qu'il disait lui a valu des ennemis enragés au point de vouloir le tuer.
Sans aller jusque là, si un prédicateur ne recevait que l'approbation unanime des foules,
ça signifierait sans aucun doute qu'il ne leur dit que ce qu'elles veulent entendre,
et non ce que Dieu a à leur dire.
samedi 3 octobre 2026
C'est en Jésus Christ et en ses enseignements que j'ai mis ma foi.
C'est par la transmission ininterrompue des apôtres et des disciples
que cette foi est parvenue jusqu'à nous et nous a transmis le Salut,
Jésus lui-même ayant voulu qu'il en soit ainsi et que l'Église soit fondée par Pierre.
Mais dans la mesure où l'un des douze apôtres l'a trahi et où beaucoup de disciples ont fait de même,
il faut avoir pour eux une oreille attentive, mais du discernement pour démêler le bon du mauvais,
et pour distinguer ce qui, en eux, vient de Dieu, et ce qui ne vient que de leur personalité propre.
vendredi 2 octobre 2026
Aux premiers siècles du christianisme, on exigeait de ceux qui voulaient recevoir le baptême
qu'ils croient que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le sauveur, mort et ressuscité pour notre salut.
Le moins que l'on puisse demander aujourd'hui à des parents qui veulent faire baptiser leur enfant,
c'est d'exprimer sincèrement cette foi, pas juste formellement durant le baptême,
mais aussi durant la préparation pendant laquelle on peut s'assurer de ce en quoi ils croient.
Sans cette foi réelle des parents, il est légitime de se demander s'ils ne demandent pas le baptême
juste par superstition ou pour des raisons techniques,
comme par exemple pour s'assurer que leur enfant puisse se marier à l'église plus tard,
mais sans la moindre intention de leur transmettre une foi qui n'est pas la leur de toutes façons.
jeudi 1 octobre 2026
mercredi 30 septembre 2026
Peu de gens me fatiguent autant que ces baptisés qui ont été formés dans leur enfance,
mais qui ont ensuite tout laissé tomber, tout en gardant une sorte de souvenir de la foi
qui fait qu'ils exigent (et ce n'est pas un mot pris au hasard) les sacrements et les sacramentaux
que Jésus a institués pour ceux qui l'aiment, et pas juste pour ceux qui le connaissent de loin.
J'ai parfois l'impression que c'est pour eux que le psaume 48 évoque
ce "troupeau parqué pour les enfers, et que la mort mène paître".
Ils pensent qu'ils ont tout bien fait, que Dieu leur doit le paradis, que c'est un droit acquis.
S'ils n'exigeaient rien, ils me feraient juste de la peine.
Mais parce qu'ils exigent ce que l'Église a de plus précieux sans rien donner en retour à Dieu,
parce qu'ils exigent l'amour de Dieu et le salut sans jamais avoir cherché à lui obéir en rien,
ma peine n'est pas dénuée d'une certaine colère. Sans compter la crainte que j'éprouve
pour quiconque entendra de la bouche de Dieu lors du jugement final ces mots terribles :
"je ne te connais pas".
mardi 29 septembre 2026
Depuis que je ne regarde absolument plus aucune publicité, ni à la télé ni sur internet,
je n'achète plus que très rarement des choses parfaitement inutiles.
Comme quoi, on a beau se croire futé, on est tous beaucoup plus influençables qu'on le croit.
Bon, pour être parfaitement protégé contre les achats inutiles,
il ne faudrait jamais parler avec personne, ne plus rien lire, ne plus rien regarder
et vivre dans une grotte isolée sur une île déserte.
Mais comme ça n'est pas possible, être conscient de notre vulnérabilité est déjà important.
Une fois identifiées les tentations, il est plus facile d'y résister que quand on ne se méfie pas.
lundi 28 septembre 2026
Il ne faut jamais oublier que le premier à être entré au paradis avec Jésus
est cet homme qui était crucifié à côté de lui et qui, selon ses propres dires,
avait mérité son sort. Était-il un voleur, un assassin, un arnaqueur, un bandit ?
Nul ne le sait mais une chose est sûre, ce n'était pas un enfant de choeur.
Par contre, il a cru en la miséricorde de Dieu et, le voyant à ses côtés dans son épreuve,
il n'a pas hésité à lui demander de se souvenir de lui quand il viendrait dans son Royaume.
Sa confiance lui a valu cette promesse du Christ : aujourd'hui, tu seras avec moi dans le paradis.
La sainteté n'est pas d'abord une histoire de perfection.
C'est une histoire de salut donné par Dieu, qu'il nous faut humblement demander avec foi,
quoi que l'on ait fait de notre vie.
dimanche 27 septembre 2026
samedi 26 septembre 2026
Jésus a fait beaucoup de miracles époustouflants.
Ce n'est pas pour rien si une foule en demande le suivait partout où il allait.
Ce n'est pourtant pas pour ça que Dieu s'est fait homme,
mais pour nous apprendre à donner notre vie les uns pour les autres.
Les miracles étaient nécessaires pour que nous croyions qu'il est le Fils de Dieu,
mais ce qui compte le plus, une fois qu'on en est convaincus,
c'est son message qui, parce qu'il est Dieu, ne peut ni se tromper ni nous tromper :
celui qui donne sa vie la trouvera, celui qui la garde pour lui la perdra en vain.
vendredi 25 septembre 2026
Considérer que quand on fait du bien à qui que ce soit,
c'est en quelque sorte comme si on le faisait pour soi-même,
ça aide à faire passer la pilule qui n'est pas toujours sucrée.
En plus, il se trouve que, de toutes façons, c'est la vérité,
au moins d'un point de vue spirituel
depuis que Jésus a demandé que nous soyons Un comme lui et le Père sont Un.
jeudi 24 septembre 2026
J'aimerais que parfois, dans des réunions de prêtres diocésains, on parle du Christ.
Je n'ai pas souvenir que ça me soit jamais arrivé en 25 ans d'ordination.
Pourtant, c'est le Christ qui nous a tous appelés et qui est à la base de nos vocations.
Je ne vois pas ce qu'il y a de si important à discuter entre nous
pour que nous n'ayons jamais de temps pour écouter ensemble le Fils de Dieu
ou pour parler ensemble de lui.
mercredi 23 septembre 2026
mardi 22 septembre 2026
La façon dont Jésus s'adresse à sa mère dans l'évangile du jour peut sembler surprenante. Au temple de Jérusalem, à douze ans, devant les doux reproches de Marie pour le souci qu'il a causé à ses parents en y restant sans les prévenir, il leur a répondu : Comment se fait-il que vous m'ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu'il me faut être chez mon père ? Autrement dit, s'ils se sont fait du souci, ils n'ont à s'en prendre qu'à eux-mêmes, ils devraient bien savoir qu'il a des choses à faire. À Cana, c'est le contraire. Ils n'ont pas de vin, lui fait remarquer Marie. Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. C'est un peu brut, comme réponse. Aujourd'hui, on lui dit : ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. Et loin de s'en inquiéter, il répond : ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. Bien, toutes ces réponses peuvent nous sembler peu délicates, il faut le reconnaître. Cependant, au temple, il suivit ses parents, et il leur était soumis. À Cana, il changea l'eau en vin, allant au-devant du désir de Marie. Quant à la remarque d'aujourd'hui, elle n'attaque pas non plus sa mère, en réalité. Qui écoute la parole de Dieu et la met en pratique plus qu'elle, qui répondit à l'ange : voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon ta parole ? Nous ne pouvons pas imiter la maternité de Marie ni les liens du sang de sa famille terrestre, de ses cousins, cousines, oncles et tantes, que l'Évangile appelle génériquement "ses frères et ses soeurs". Mais nous pouvons nous efforcer d'imiter la docilité et l'obéissance de sa très sainte mère. Si Jésus semble peu délicat, c'est qu'il est tout entier focalisé sur le salut du monde dont lui seul connaît le prix. Il sait déjà qu'il faudra qu'il donne sa vie sur la croix, méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance (Is 53, 3). Il connaît le jour et l'heure de sa mort, il en connait tous les détails. Il pleurera des larmes de sang rien qu'à l'idée de ce qui va lui arriver. Ne nous scandalisons pas de ses apparents manques de délicatesse. Qu'aurions-nous fait à sa place ? Il suffit de savoir comment on réagit devant des mauvaises nouvelles de santé pour en avoir une toute petite idée.
lundi 21 septembre 2026
dimanche 20 septembre 2026
Si la seule question que l'on se pose par rapport au paradis c'est
"quel est le minimum à faire pour y entrer ?",
alors on n'a rien compris à l'alliance d'amour que Dieu nous a proposé.
Il y a fort à parier qu'on n'ait rien compris à l'amour tout court, du coup,
puisqu'on n'a rien compris à Dieu, qui est Amour.
samedi 19 septembre 2026
L'hyper sexualisation dans laquelle notre société est plongée est un drame pour l'amitié.
Quand on voit deux personnes qui s'apprécient et qui passent du temps ensemble,
on s'imagine tout de suite des choses, quelle que soit leur sexe ou leur situation.
Pire encore, certains pensent que l'amitié n'existe pas, et qui si on apprécie quelqu'un,
ça signifie nécessairement que ça doit finir au lit d'une façon ou d'une autre.
Quel malheur ! Il n'y a pas que l'attirance sexuelle dans la vie.
Il y a bien d'autres façons de vivre l'amour, bien d'autre choses à partager que notre corps.
Mais tout est toujours suspect, et la seule façon d'être insoupçonnable aujourd'hui
serait de vivre seul, au fond des bois, sans jamais avoir aucun contact humain ni de près ni de loin,
autant dire dans une solitude qu'on n'oserait pourtant imposer à aucun animal.
vendredi 18 septembre 2026
Plus je prends de l'âge, plus je mesure l'importance d'avoir de vrais amis dans la vie,
des gens qu'on connait et qui nous connaissent, à qui on confierait notre maison et tous nos biens,
sur qui on peut compter quand on est dans la mouise,
dont on s'intéresse à la vie et qui s'intéressent à la nôtre,
avec qui on partage des secrets et une recherche du bien de l'autre.
Il n'y a pas besoin d'en avoir tout le tour du ventre,
ce qui serait compliqué parce qu'en trouver quelques-uns est déjà un cadeau qui tient du miracle.
N'en avoir aucun, en revanche, c'est un vrai drame,
et il faut alors demander à Dieu de nous faire rencontrer des gens qu'on aime et qui nous aiment,
parce que sans ça, il doit être bien difficile de trouver le sens de son existence
ou même à quoi rime notre vie.