Plus on aime Dieu, plus on aime facilement son prochain.
Vu la touche d'un grand nombre des prochains en question, ce n'est pas du luxe.
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
La générosité n'est pas quelque chose qui puisse être imposé à qui que ce soit.
Faut-il encore le redire ? L'amour ne peut être ni forcé, ni acheté.
Si on le force, c'est du viol. Si on l'achète, c'est de la prostitution.
Il ne peut être que librement consenti. C'est la condition sine qua non de son existence.
Personne, fut-il évêque, ne peut donc exiger de qui que ce soit, fussent-ils prêtres,
de donner leurs biens sous la contrainte, fut-ce au bénéfice de l'évêché,
sous le prétexte fallacieux, s'il s'agit d'un ordre, de l'amour de Dieu et du prochain,
par exemple.
Ce qui doit caractériser le prêtre avant tout, c'est son amour du Christ par-dessus tout.
Par-dessus les rebellions de sa volonté, de ses idées propres, de son honneur, de ses projets.
Par-dessus les tentations du péché, de celui de se prendre pour Dieu et de tout orgueil.
Par-dessus les attraits des plaisirs, des richesses et du pouvoir.
Il n'y a pas besoin que cet amour soit exhibitionniste, extravagant ou impudique.
Mais il est essentiel qu'il soit profondément ancré au coeur du prêtre, profondément vrai.
Tout le reste est secondaire. Pas inutile. Pas superfétatoire. Mais secondaire. Vraiment.
Le seul sens dans lequel on puisse aller, c'est vers l'avenir.
Passer sa vie à ruminer sur le passé, que notre souvenir le pense heureux ou malheureux,
ça ne mène nulle part, c'est comme resté attaché par le pied à une ancre marine
qui nous empêche d'évoluer et de nous adapter à la vie telle qu'elle est aujourd'hui.
Il faut aller de l'avant si on ne veut pas passer sa vie à se lamenter en vain.
Quand on a une dispute sur un sujet d'actualité ou de connaissance générale,
elle est souvent due au fait qu'on n'a pas tous les mêmes sources ou les mêmes informations.
Et c'est tout à fait curieux mais on se sent toujours obligé de défendre bec et ongles
le point de vue des sources que l'on a lues ou entendues soi-même,
comme si notre honneur ou notre intelligence était mis en danger.
Il est plus constructif de partager nos sources, et de laisser la personne se faire son idée
sans passer par nous, par ce qu'on en a compris ou qu'on n'a pas bien compris.
En effet il n'est pas rare que ce que l'on croyait savoir de façon certaine
est en fait bien différent, voire l'exact contraire
de ce qu'enseignent les sources dont on se réclamait pourtant,
et on est toujours plus intelligent à plusieurs que tout seul de toutes façons.
Discuter de ce que chacun a compris des mêmes sources d'information est donc constructif,
mais discuter à partir de sources discordantes ou inconnues ne mène qu'à des disputes.
Je suis toujours sidéré que l'on puisse accorder le moindre crédit
aux déclaration de quelqu'un qui a pris l'habitude de mentir comme il respire,
et que l'on attende ce qu'il va dire comme on attendrait une parole d'Évangile.
Porter le plus petit crédit à la moindre des paroles d'un menteur pathologique est,
disons-le clairement, parfaitement idiot.
Quand quelqu'un a visiblement pleinement succombé aux trois tentations de l'humanité,
à savoir l'appétit des plaisirs, de l'accumulation de richesses et du pouvoir,
le considérer comme un allié de la foi et de l'Église est illusoire.
Certes, une conversion est toujours possible,
et cette personne peut renoncer à sa vie de péché,
tout abandonner et se tourner vers le Christ,
mais tant que ce n'est pas le cas, vraiment,
mettre sa confiance en elle est tout sauf une bonne idée,
et il ne faudra pas s'étonner le jour où elle nous fera payer la note de notre aveuglement.
Chaque fois que l'on tombe sur l'évangile qui nous dit que "la moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux, priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour la moisson", on entend invariablement la même chose : il faut prier pour avoir des prêtres, des saints prêtres. On oublie juste ce qui précède. Jésus est "saisi de compassion envers les foules, car elles sont désemparées et abattues comme des brebis sans berger". C'est à un peuple désemparé et abattu qu'il veut envoyer des bergers. Mais bien souvent, le peuple n'est ni désemparé ni abattu. Il fait sa vie, le peuple. Il travaille, il mange, il boit, il se plaint, il fait la fête, il s'occupe de son cas, mais il n'a, bien souvent, ni soif ni faim de Dieu, ni de sa Parole, ni encore moins de ses sacrements, sauf exception. Combien de paroissiens de toute origine n'ai-je pas vu, au cours de ma vie sacerdotale, m'affirmer qu'ils étaient chrétiens, et même pratiquants, parce qu'ils allaient à la messe, parfois, pour Noël, avec les enfants ? Et ils étaient sincères. Ils pensaient vraiment qu'ils étaient à fond, et même un peu des acharnés, parce qu'une année sur deux ou trois ils allaient à la messe une fois par an. Bien sûr, il y en a aussi qui vont à la messe tous les dimanche, voire chaque jour. Mais quel pourcentage de baptisés est-ce que ça concerne, enfin si on peut encore parler de pourcentage quand on est à des chiffres si faibles qu'on peut les confondre avec la marge d'erreur ? Oh, comme il est facile, quand on a un peuple qui cherche Dieu, d'y trouver des vocations en pagaille ! Qui n'a jamais entendu de la Pologne du temps de saint Jean-Paul II, où il y avait tellement de séminaristes qu'on ne savait qu'en faire et qu'on en envoyait partout dans le monde ! Qui n'a jamais entendu parler de l'Amérique Latine ou de l'Afrique, où des peuples qui ont découvert le christianisme depuis seulement quelques siècles demandent comme un seul homme les sacrements de l'Église, et sont heureux de se plier aux exigences de la Foi, même quand elles les obligent à changer de vie de façon radicale ! Aujourd'hui, peut-être est-ce surtout pour ça qu'il faut prier : pour que le peuple ait faim et soif de Dieu, vraiment. Dans une terre favorable, les vocations poussent comme des champignons sans que l'on ait à invoquer le Ciel en permanence.
On ne devrait pas avoir à le dire tellement ça semble évident,
mais ce qui est légal n'est pas nécessairement moral, et vice-versa.
Ce n'est pas parce que quelque chose est permis par la loi des hommes
qu'on n'aura pas à en rendre compte selon la loi de Dieu, au jour du jugement dernier,
et que ça ne peut pas nous mener à la damnation éternelle.
La recherche de la vérité, c'est la recherche de ce qui est.
Le mensonge ou le produit de notre imagination, c'est ce qui n'est pas,
c'est à dire qui existe dans notre tête mais pas dans la réalité.
Plus nous sommes près de la vérité, mieux ça vaut pour notre survie et notre vie.
Plus nous en sommes éloignés, plus les quêtes du bonheur et de la vie s'éloignent
jusqu'à devenir totalement hors de portée si nous finissons par vivre dans une pure fantaisie.
Recherchons celui qui Est, et qui se définit lui-même comme "Je suis",
et recherchons ce qui est de préférence à ce qui n'est pas.
C'est notre intérêt de vivre au plus près de la vérité si nous voulons que notre vie ait un sens,
et si nous voulons la conserver et la réaliser de la façon la plus parfaite possible.
Ceux qui pensent que la confession est un blanc-seing pour faire n'importe quoi
n'ont rien compris à son fonctionnement.
Tout d'abord, pour être pardonné, il faut reconnaître tous les péchés commis, sans exception.
Ensuite, il faut les regretter, c'est à dire avoir une contrition sincère devant Dieu,
pas juste chercher à être crédible aux yeux du prêtre qui nous confesse.
Enfin, il faut réparer, au mieux de nos capacités, les conséquences des péchés commis,
quand c'est possible, et quand ça ne l'est pas directement, il faut accomplir une pénitence sérieuse.
Et bien entendu, pour que tout ceci soit cohérent, il faut s'efforcer de ne plus péché à l'avenir,
du mieux que nous le pouvons, pas juste en faisant une fausse promesse trangressée d'avance.
On est loin du "oh, t'as qu'à pécher, tu te confesses, et hop t'es tout neuf tu peux recommencer".
Si on devait être impliqué dans une arnaque, autant que ce soit du côté de la victime.
Nous aurons déjà assez de purgatoire à faire pour les injustices dont nous n'avons pas conscience,
à cause des péchés pardonnés mais non encore réparés, directement ou par la pénitence,
ça ne sert à rien de faire exprès d'en rajouter.
Personne n'est responsable, à lui tout seul, de tous les malheurs du monde.
Certains dictateurs ont causé des millions de morts, mais ils ne l'ont pas fait tout seuls :
énormément de gens qui y trouvaient leur intérêt ont permis à leurs ordres d'être accomplis.
Il n'est jamais juste de faire peser sur quelque individu que ce soit le poids des péchés du monde,
du réchauffement climatique ou de toutes les mauvaises nouvelles de chaque jour.
Quand quelqu'un me dit avec un enthousiasme à l'américaine : "Jésus t'aime !",
j'ai toujours envie de lui répondre : "merci, t'es bien gentil, mais j'étais déjà au courant".
Et, si ce n'était pas le cas, j'aurais envie de répondre : "eh ben s'il m'aime tant que ça,
il n'a qu'à venir me le dire lui-même, au lieu de faire passer le message par des sous-fifres".
Bref, il y a peut-être des gens à qui ça fait du bien de se faire démarcher frontalement,
mais il y a aussi des gens, dont je suis, qui détestent ça et que ce genre d'attitude fait fuir,
parfois définitivement.
Ma foi se nourrit de douceur, d'humilité et de silence plus que de slogans tapageurs.
Ce sont les idoles qui ont besoin d'être défendues parce que, comme elles ne sont rien,
elles ne peuvent pas de défendre elles-mêmes : elles n'ont pas d'existence propre.
Dieu, lui, n'a pas besoin que nous le défendions. Ce n'est même pas qu'il existe,
c'est au-delà de ça : rien de ce qui existe n'existe sans lui, il est l'existence et l'être.
N'est-il pas insensé de penser que le créateur a besoin d'être défendu par sa créature ?
Les gens intraitables, qui mettent cette caractéristique au service de leur foi, me font peur.
On ne transige pas avec la vérité. Ou la Révélation. Ou avec ce qui est sacré. Très bien.
Mais ne pas transiger ne signifie pas que l'on doive avoir une espèce de dureté glaçante.
On peut dire les choses aussi avec douceur, patience, bienveillance et re-patience derrière.
Ce n'est pas parce qu'on a l'air sévère que ce que l'on dit sera mieux écouté.
La magnanimité et la grandeur d'âme ne coûtent pas plus cher.
Tiens, j'ai vu dans une église, rajouté à la main sous un tableau,
"prions pour les apostats qui sont discriminés".
J'ai trouvé ça particulièrement culotté.
Dans les premiers siècles, il y a eu une grave crise dans l'Église, au sujet des apostats.
Fallait-il, oui ou non, permettre à ceux qui avaient renié le Christ pendant les persécutions,
de revenir dans l'Église après une pénitence sévère, du genre aller à Jérusalem à pied,
après avoir été excommuniés publiquement et interdit d'accès dans les églises en attendant ?
Après bien des débats, la voie de la miséricorde a gagné, avec une limite :
on pouvait réintégrer les apostats, mais s'ils venaient à renier l'Église une deuxième fois,
alors leur excommunication devenait irréversible, sans appel possible.
Et aujourd'hui, on a des gens qui renient le Christ sans même avoir été persécutés,
juste parce qu'ils ont trouvé un article sur les libres-penseurs qui leur a donné envie d'en faire partie,
et du coup ils se sont fait rayer des registres de baptême, comme tous les libres-penseurs
qui en fait de liberté agissent tous de la même manière prévisible comme des moutons.
Enfin, ça ou autre chose, ce ne sont pas les incitations au reniement qui manquent dans les médias.
Et après, pauvre chou, sans s'être jamais converti, sans la moindre pénitence, sans repentance,
sans l'once du moindre retour à l'Église (qui, soit dit en passant, doit passer par l'Évêque),
puisqu'il revendique d'être toujours un apostat,
on vient chouiner qu'on est mal considéré dans l'Église parce qu'on a craché sur le Christ...
Vraiment, le monde est méchant, pauvre petite chose mal considérée.
Le diable aussi est discriminé parce qu'il a dit non à Dieu, ceci dit, si ça peut le rassurer.
Non, mais sérieusement... Se plaindre parce que nos choix ont des conséquences,
c'est à la fois pathétique, ridicule, et le signe d'un orgueil parfaitement incompatible avec la foi.