Tout ce qui est unique a une valeur inestimable.
Chaque être humain est unique.
Il serait bon de tenir compte de ce que ça implique, sans doute.
Je ne vois rien, dans ce qui nous déshumanise, qui soit bon.
Tout ce qui voit les humains comme des ressources, des instruments, des moyens, des choses,
n'a au final d'autre but que de justifier qu'on puisse les utiliser, les manipuler ou s'en débarasser.
Et ça marche très bien : appellez par exemple un bébé un foetus, voire un amas de cellules,
et vous pouvez vous en débarasser sans la moindre mauvaise conscience.
Appellez-le votre bébé, votre enfant, votre petit garçon ou votre petite fille, et vous ne pouvez plus.
Ce qui nous rend humains,
c'est le fait de ne pas toujours réagir à un stimulus par une réaction pré-programmée,
bref de ne pas réagir obligatoirement guidés par notre instinct, notre nature ou même notre cerveau.
On peut faire preuve d'imagination, de fantaisie, de bienveillance, de pardon, etc etc...
C'est en cela que nous sommes créés à l'image de Dieu.
C'est cette liberté d'action et de réaction (limitée dans notre cas, illimitée dans le sien)
qui fait la gloire de Dieu et qui nous rend capables de salut comme de condamnation.
Faire telle ou telle chose parce que je le veux bien, d'accord.
C'est ce qui donne toute la valeur à mes actes, surtout aux actes d'amour.
Mais les faire parce qu' "il faut", parce que "c'est comme ça et pas autrement",
sans que mon intelligence ou ma volonté ne soient même consultées, ça n'a rien d'humain,
et ça ne peut en aucun cas être un but à atteindre, même et surtout dans la vie spirituelle.
Homo sum : humani nihil a me alienum puto.
Je suis Homme : j'estime que rien d'humain ne m'est étranger. (Terence, IIème s. av.JC)
J'aime bien cette phrase, tirée d'une pièce de théatre comique.
Mais elle serait bien difficile à prendre au sérieux aujourd'hui,
où on doit toujours prendre parti et avoir une opinion définitive sur tout et sur rien,
ce qui conduit, que l'on en soit conscients ou pas,
à rejeter toute la partie de l'humanité qui pense ou agit différemment de nous.
Être humain sans s'amputer d'aucune de nos capacités de réflexion ou de connaissance,
c'est accepter l'universalité, c'est à dire le droit qu'a la Vérité de n'être l'esclave de personne,
et non pas créer des communautarismes, qui sont par définition bornés et limités.
Un chef, supérieur, responsable, etc... qui n'a strictement aucun sens de l'humour,
oh, la chose est dangereuse.
Ils ont tendance à prendre vraiment au sérieux leur charge et leur valeur,
et c'est ce qui incite d'ailleurs à leur confier des postes de responsabilité.
Mais sans aucun sens de l'humour, il leur est difficile de ressentir de l'empathie,
encore moins de la miséricorde, de la grandeur d'âme, de la compréhension ou de la générosité,
toutes ces qualités qui font qu'on n'est pas obéi avec une rigidité toute militaire, peut-être,
mais qu'on est suivi de bon coeur et généreusement par des personnes reconnaissantes,
qui iraient n'importe où derrière ceux qui les traitent avec humanité.