Tiens, un petit cadeau tout simple que l'on peut faire aux gens avec qui on a un désaccord,
c'est de leur laisser le dernier mot.
Ce n'est pas bien compliqué et ça fait toujours plaisir.
L'amour de charité, c'est à dire de don de soi,
vaut mieux que tous les sacrifices, toutes les connaissances,
toute la science et toutes les richesses, toute la gloire et la puissance,
et que tout ce que nous tenons pour important et pour sacré en ce monde.
Il est, en vérité, la seule chose qui ait une valeur intrinsèque et éternelle,
car toute personne qui donne sa vie pour les autres est avec Dieu et en Dieu.
Je dis bien toute personne qui donne sa vie,
pas celles qui prennent des vies au nom de Dieu, ce qui en est l'antithèse.
Cerise sur le gateau, ce n'est pas réservé à une élite, une caste ni même une religion.
Tout être humain qui écoute son coeur et sa conscience peut en produire,
même les pauvres, les sans-nom, les laissés-pour-compte ou les mal-fichus.
Il y aura bien des surprises au Ciel,
quand nous verrons par qui seront occupées les premières places,
mais aussi les dernières.
Là où il y a de la charité, de l'amour de don de soi, Dieu est présent, vraiment.
Quand nous nous aimons les uns les autres, il est au milieu de nous et nous voyons sa face.
Mais là où il n'y a pas d'amour, tout est vain, rien n'a de consistance, car Dieu n'est pas là.
Il ne tient donc qu'à nous de vivre en sa présence. Aimons-nous les uns les autres.
Dieu ne nous aime pas parce que nous sommes aimables, mais parce qu'il est amour.
Nous devons l'imiter sur ce point, et ne pas aimer seulement ceux qui nous sont agréables
(chose que n'importe quel païen peut faire tout aussi bien d'ailleurs),
mais aimer aussi ceux qui ne le sont pas, non parce qu'ils le méritent,
mais parce que nous nous efforçons d'être fidèle à nous-même et à celui en qui nous croyons.
La racine de la dépression, c'est qu'au fond, on pleure sur soi-même.
On trouve qu'on est à plaindre, ou qu'on est nul, ou qu'on a tout raté, etc etc...
Pour en sortir, la meilleure façon consiste à s'occuper des autres,
mais vraiment, pas juste dans notre tête.
Nourrir ceux qui ont faim et soif, vêtir ceux qui sont nus, donner un toit aux sans-abris,
assister les malades, visiter les prisonniers, consoler ceux qui souffrent etc etc...,
ce ne sont pas les occasions qui manquent de sortir de soi,
mais la conviction de devoir le faire.
La charité est l'exact opposé du paternalisme.
Pratiquer la charité, c'est penser que n'importe qui est digne que l'on donne sa vie pour lui,
ou pour le dire autrement, que tout le monde est supérieur à soi.
Le paternalisme, au contraire, agit comme si tout le monde était inférieur à soi,
et que personne ne pouvait s'en sortir dans la vie sans notre intervention toute puissante.
Attention cependant, il est facile de passer de l'un à l'autre sans même s'en rendre compte.
Ce n'est donc pas un luxe, de temps en temps, de questionner les motivations de nos actions,
et de vérifier sincèrement si on se croit, au fond, véritablement inférieur ou supérieur aux autres.
Devant la maladie ou la mort, on est toujours profondément seul,
quand on est celui qui doit y passer, parce que personne ne va le faire à notre place.
Bien. Mais ce n'est pas une raison pour abandonner ceux qui s'y trouvent,
et pour ne pas essayer d'être là, autant que faire se peut, même si nous n'y pouvons rien.
Notre sentiment d'impuissance ne doit pas inhiber la charité la plus élémentaire
qui consiste à tenir la main de ceux qui souffrent
et à accompagner ceux qui partent jusqu'à la porte qu'ils devront franchir seuls.
Chacun est libre de donner aux pauvres s'il le souhaite,
c'est une façon simple et habituelle de mettre en pratique les enseignements du Christ.
Je connais beaucoup de chrétiens qui le font chaque mois depuis de nombreuses années
et qui sont très heureux d'avoir l'opportunité d'aimer ainsi qui est dans le besoin.