Plus on devient prudent, plus on a peur de tout.
Si on devient trop prudent, on finit par avoir peur même de son ombre.
Les terreurs imaginaires sont toujours bien plus vives et effrayantes que les vraies peurs,
parce qu'en plus on ne sait pas comment s'en défendre, puisqu'elles sont diffuses et irrationnelles.
Quand les peurs ont une vraie raison d'être, notre esprit a bien des ressources pour les combattre.
Cette différence d'intensité entre l'imaginaire et le réel peut nous aider à réaliser
quand nos peurs sont justifiées, ou quand elles ne sont que des pièges tendus par le diable
pour nous isoler du monde, nous enfermer sur nous-même et, en fin de comptes, nous faire taire.
La peur est, à la base, un système de survie qui fait partie de notre système mental
pour nous éviter de nous retrouver dans des situations dangereuses, voire fatales.
Seulement voilà, c'est aussi, très souvent, l'un des instruments que le diable utilise,
afin de nous baillonner, de nous attacher, de nous empêcher de vivre librement.
Dans l'enfer de Dante, on nous présente le diable comme paralysé des pieds à la taille,
pris dans le bloc de glace (une sorte d'anti-amour) qui constitue le coeur de l'enfer.
Eh bien la peur, quand il s'en sert pour nous éloigner de Dieu, fonctionne de la même façon :
on se retrouve paralysé, incapable d'avancer, d'avoir confiance en soi,
bref de vivre normalement.
Par contre, comme toutes les tentations du diable, elle ne supporte pas la lumière du jour.
Quand on se rend compte qu'elle est responsable d'une sorte de paralysie mentale,
quand on voit clairement qu'elle nous assaille de toutes parts d'une façon déraisonnable,
bref quand on l'éclaire du phare de notre raison et de notre entendement,
alors elle disparait comme les fantômes d'un mauvais rêve après que l'on se soit réveillé.
Les trois tentations que le diable utilise sont toujours les mêmes :
la soif de plaisirs, de possessions et de pouvoir.
Mais il ne faut pas négliger de faire attention aussi aux instruments qu'il utilise :
le mensonge, la menace, la peur, le relativisme, le j'm'enfoutisme, le conformisme, etc etc...
Il ne faut pas les laisser nous affecter au point de nous éloigner de Dieu dans le pire des cas
ou dans le meilleur de nous isoler du reste du monde et de notre propre raison petit à petit.
La Vérité nous rend libres, vraiment.
La peur a été de tous temps l'un des instruments favoris du diable et de ceux qui lui ressemblent.
Peur de l'autre, peur de manquer, peur du changement, de la différence, de la perte,
de la maladie, de l'abandon, de la mort, de Dieu, de la pauvreté, de la dégradation,
de l'humiliation, de la violence, du qu'en dira-t-on, de la bêtise, etc etc...
Il convient de se demander, chaque fois que l'on a peur,
ou que quelqu'un cherche à éveiller en nous des peurs,
si on n'est pas en train de se faire tout simplement manipuler.
Qu'il s'agisse de nous faire taire, nous paralyser, nous vendre quelque chose,
ou de manipuler nos sentiments en nous faisant craindre ceux qui nous aiment vraiment
et en nous poussant à faire confiance à ceux qui veulent nous arnaquer ou nous faire du mal.
Si on prend la peine de réfléchir un peu, on se rendra compte que c'est systématiquement le cas.
La peur n'a jamais été bonne conseillère, c'est même l'une des armes favorites du diable.
Quand elle semble être agitée de toutes parts comme un drapeau rouge devant un taureau,
sans doute que c'est une bonne idée de se rapprocher de Jésus Christ,
si on veut avoir une chance de lui échapper au lieu de nous laisser manipuler par elle.
Je l'ai déjà dit mais je le répète : la peur est l'une des armes favorites du diable.
Se laisser diriger par elle est une excellente façon de s'éloigner de Dieu.
La colère aussi est dangereuse. Elle peut parfois être sainte (mais n'est pas le Christ qui veut),
mais il y a plus de chances qu'elle soit peccamineuse que rien d'autre la plupart du temps.