Il n'y a aucune raison d'opposer la dévotion à la théologie, et pourtant force est de constater
que ces deux-là sont souvent invoquées par des groupes qui ne se comprennent pas
et qui s'opposent volontiers, parfois avec une certaine violence.
Les dévots dédaignent la théologie, les théologiens méprisent les dévotions.
Comment un corps peut-il vivre harmonieusement, si le coeur et le cerveau ne s'entendent pas ?
Un coeur qui continue à battre quand le cerveau est mort, on appelle ça un état végétatif.
Un cerveau qui veut fonctionner quand le coeur est mort, on appelle ça juste la mort, en fait.
Bref, l'Église a besoin des deux pour être parfaitement elle-même.
Sans théologie, la dévotion peut vite devenir hérétique ou superstitieuse.
Mais sans dévotion, la théologie peut vite devenir sèche, dure, incompréhensible
et éloignée des préoccupations du peuple de Dieu,
voire tourner à vide dans un monde d'idées purement spéculatif et fictionnel.
Adorer la Sainte Trinité n'est pas incompatible avec le fait de savoir la définir avec des mots justes,
et savoir la définir avec des mots justes ne dispense pas de l'adorer et de s'agenouiller devant elle.