Le peuple élu avait accumulé des centaines de lois quand Jésus est venu parmi nous. Il faut dire qu'à l'époque de Moïse, tout le peuple venait le trouver au moindre conflit pour savoir quoi faire. Moïse, sur le conseil de son beau-père Jethro, choisit des hommes de vertu éprouvée pour l'aider à juger le peuple qui défilait sous sa tente à longueur de journée. C'est ainsi que se sont accumulées des lois aussi diverses celle statuant sur le lavage des mains avant de manger ou le fait qu'on ne pouvait pas manger de porc ou de crevette. En fin de comptes, les dix commandements envoyés par Dieu se sont retrouvés dilués dans des centaines de prescriptions ou d'interdits, au point que même les docteurs de la loi, dont c'était pourtant le métier, avaient du mal à s'y retrouver pour savoir discerner ce qui était futile de ce qui était vital. On voit bien l'attention démesurée qu'ils portaient au respect du sabbat (enfin, pour les autres, parce que pour eux-même, en cas de besoin, ils n'hésitaient pas à le transgresser), alors que celle qu'ils portaient à la vie de l'innocent était plus que déficiente, puisqu'ils n'ont pas hésité à faire condamner Jésus sur des faux témoignages. Bref, le peuple élu, dépositaire pourtant des révélations divines, avait plus ou moins oublié ce qui constituait le coeur de la Révélation. Jésus a donc réduit les presque mille préceptes de la loi mosaïque à un seul : "tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toutes tes forces et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même". Ou, comme il le dit aujourd'hui : "Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour." Le Christ a déblayé tout ce qui était inutile ou qui ne constituait que des redites. Il nous a révélé que Dieu est Amour, qu'il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime, et que ce qui lui importe, c'est que nous demeurions dans son amour. Dieu, qui est amour, nous a créés, par amour, pour que nous vivions, dans l'amour, pour l'éternité. Toute la révélation, si on voulait en ciseler la substantifique moëlle, est contenue dans cette phrase. Gardons cette simplicité évangélique. Ama et fac quod vis, "aime et fais ce que tu veux", nous a prêché saint Augustin.