Ah, le tentateur ! Comme notre vie serait plus tranquille sans lui ! Parce que la plupart des péchés qu'il nous suggère ne nous seraient jamais venus à l'esprit sans lui. On peut en vouloir à Adam et Ève d'avoir succombé, enfin on pourrait si on ne faisait pas la même chose qu'eux toutes les cinq minutes, mais en vérité, l'instigateur de cette catastrophe qu'est le péché originel, c'est le diable et personne d'autre. Sans notre stupidité, qui nous pousse à faire plus confiance à un serpent qu'à Dieu, il n'aurait pas pu faire grand chose. Mais il est plus malin que nous, d'ailleurs c'est comme ça que le saint curé d'Ars l'appellait, "le malin". Mais est-il si futé que ça ? Oh, pas besoin, hélas, car nous le sommes toujours moins que lui, quoi qu'il arrive. C'est la raison pour laquelle il ne se fatigue pas les neurones (qu'il n'a pas, puisque c'est un ange) inutilement, trois pauvres tentations suffisent à faire succomber toute l'humanité, en vérité. Trois, c'est tout ? Trois. C'est tout. Nous en voyons l'illustration avec Jésus au désert. Première tentation : les plaisirs charnels, donc la faim, la soif, l'envie, la gourmandise, la peur de manquer, la sexualité, tout ça tout ça. Deuxième tentation : l'orgueil. Se croire habilité à forcer la main de Dieu pour qu'il accepte nos caprices, qu'il répare nos bêtises, qu'il nous prenne comme on décide d'être, entre autre. Troisième tentation : la richesse matérielle, tout posséder, tout avoir, tout dévorer, tout vouloir pour soi et rien que pour soi. À ces trois tentations, Jésus apporte des réponses simples. Les plaisirs ? L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. L'orgueil ? Tu ne mettras pas à l'épreuve le Seigneur ton Dieu, donc tu lui obéiras au lieu de vouloir que ce soit lui qui t'obéisse. Les richesses ? C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte, et pas à ton compte en banque, surtout au prix de te détourner du seul vrai Dieu. L'Église a décliné tout ceci en trois préceptes simples. Contre la tentation des plaisirs, la chasteté. Contre celle de l'orgueil, l'obéissance. Contre celle des richesses, la pauvreté. Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Ce qui nous manque, c'est la conviction de devoir les mettre en pratique, en obéissant humblement aux commandements de notre Dieu.