persévérance

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Éloge de la persévérance

Couv

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Paradis, enfer, purgatoire... des réponses claires.

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aléatoire

lundi 26 janvier 2026

Quand j'étais servant de messe, particulièrement quand j'étais maître de cérémonie, 

mon plus grand plaisir était d'être invisible, tout en étant celui qui gérait toute la célébration, 

un peu comme un majordome parfait qui gère tout sans fausse note mais qu'on ne voit pas.

Quand on est le prêtre qui célèbre, ce plaisir peut encore exister, 

à condition de s'efforcer de ne pas écraser de notre personnalité la liturgie de l'Église Romaine, 

afin de donner au peuple de Dieu la messe à laquelle il a droit, 

et qui doit être la même que celle que célébre aussi bien le pape que le dernier vicaire au monde. 

S'effacer derrière les rubriques et le missel pour laisser le Christ en charge de tout, 

lui prêter notre corps, notre voix et notre intention tout en disparaissant soi-même, 

le laisser prendre toute la place en s'efforçant de rendre invisibles nos marottes et nos préférences, 

c'est me semble-t-il une source intarissable de joie et de sens du travail bien fait. 

L'unique protagoniste important de la messe doit être le Christ, pas le père Bidule ou le père Truc.



dimanche 25 janvier 2026

Le mariage, c'est une vie donnée pour une autre vie, 

bien qu'après, avec les enfants, l'équation puisse évoluer.

Le sacerdoce, c'est une vie donnée pour beaucoup de vies. 

Aucune vocation n'est meilleure qu'une autre, 

mais aucun de nous n'a toutes les vocations à la fois.

Et quand on a la vocation de donner sa vie pour beaucoup de vies, 

je pense que si on la donnait pour une seule, ça nous semblerait bien limité, 

quelles que soient la bonne volonté et la profondeur de l'engagement avec lesquels on le ferait.

samedi 24 janvier 2026

Beaucoup de gens, pour les obsèques, confondent le prêtre avec un animateur.

Ils attendent que l'on mette les musiques qui leur plaisent, qu'on raconte la vie du défunt 

et qu'on fasse quelques prières si on y tient, mais pas trop quand même.

La mission du prêtre, ce n'est pas de faire l'animateur de soirée ou l'employé des pompes funèbres.

Mais c'est d'intercéder auprès de Dieu en faveur du défunt, 

d'invoquer son pardon pour les fautes commises et sa bienveillance sur l'ensemble de sa vie, 

et de lui demander de lui ouvrir les portes de son Royaume, autrement dit du paradis. 

vendredi 23 janvier 2026

Une technologie qui nous rend plus ignorants, paresseux voire incapables peut certes être utile, 

mais sur le long terme la seule chose qu'elle fait c'est nous rendre dépendants d'elle.

Je ne pense donc pas que ceux qui les développent le fassent pour le bien de l'humanité, 

mais plutôt pour se rendre indispensables et nous forcer à les payer toute notre vie. 

jeudi 22 janvier 2026

Dans l'évangile du jour, les esprits impurs, que Jésus expulse régulièrement des pécheurs qu'ils infestent, crient : "Toi, tu es le Fils de Dieu", mais il leur défend vivement de le faire connaître. À notre époque si pleine d'elle-même, où beaucoup de monde fait sa propre apologie en permanence, affirmant qu'ils sont le meilleur président que la terre ait jamais portée ou le spécialiste le plus autorisé à s'autoriser d'être spécialiste, la réticence de Jésus à recevoir des louanges choque un peu. Pourquoi refuser cette publicité gratuite ? N'est-il pas venu nous révéler que Dieu est Trinité, qu'il est Amour, et que la deuxième personne de cette même Trinité est venue au-milieu de nous pour nous sauver ? Bien sûr, il y a l'aspect pratique. Il est déjà poursuivi par les multitudes, qui ne voient en lui que le miracle ambulant qui pourra régler leurs problèmes. Il doit parfois fuir les foules, et il y a des villes dans lesquelles il ne peut même pas rentrer. Inutile d'en rajouter. Mais surtout, il ne veut pas de confusion sur qui il est, et ce qu'il est venu faire parmi nous. Quand on pense à Dieu, on pense puissance, c'est à dire capacité à tout détruire si ça lui chante. Personne n'a oublié Sodome et Gomorrhe. On pense aussi capacité à donner à ses disciples de faire des miracles, comme ces prophètes des temps anciens qui pouvaient tarir le ciel ou faire pleuvoir à volonté, par une simple prière. On pense gains politiques et pécuniers. Dieu n'a-t-il pas livré à son peuple la terre qu'il leur avait promise ? Ses propres apôtres, comme tout le monde, pensent déjà comme ça. Ils veulent régner à sa droite et à sa gauche. Savoir ce qu'il y aura pour eux dans cette aventure. Ils se chamaillent pour savoir qui est le plus grand, qui aura la meilleure part à l'heure de la paye. Mais Dieu, ce n'est pas ça. Ce n'est pas la chance qui sort d'une boite pour nous donner richesses et pouvoir. À ses amis, il ne promet pas d'être honorés sur terre, mais bien plutôt le martyr. Car Dieu est amour. Il est don de soi. Il donne son sang, sa vie, tout ce qu'il est, par amour des pécheurs. C'est ça, son pouvoir. C'est ça, sa puissance. Et c'est en cela que nous pouvons, nous aussi, agir comme le Fils de Dieu, pour que, comme lui, nous ressuscitions pour vivre éternellement dans un monde où ne pourront entrer que ceux qui auront donné leur vie les uns pour les autres, par amour. 

mercredi 21 janvier 2026

Il ne faut pas enlever la possibilité d'aimer, même sous prétexte d'enlever la possibilité de pécher. 

Personne ne doit toucher au libre arbitre. Dieu nous en a fait le don et il le respecte absolument. 

Bien sûr, sans libre arbitre, si tout le monde obéissait comme des robots aux commandements divins, 

notre qualité de vie serait sans doute moins dégradée, il n'y aurait plus de péchés sur terre.

Mais notre possibilité d'aimer n'existerait plus, parce qu'elle ne peut être que librement consentie.

Or c'est notre raison d'être. Le paradis n'est pas un endroit où notre libre arbitre a été retiré, 

mais un endroit où entrent ceux qui l'ont utilisé pour choisir librement l'amour de Dieu et du prochain.

Alors prêcher inlassablement la conversion à l'amour de Dieu, faire appel au bon sens de tous, oui.

Mais vouloir convertir par cohercicion ou par forçage, non, ça n'a bien évidemment aucun sens.

mardi 20 janvier 2026

Qu'il est difficile de savoir discerner le bien du mal, dans ce monde où tout est confus, 

où le blé pousse avec l'ivraie, où rien n'est simple ni évident et où chacun est capable de tout !

Heureusement que nous avons la Parole de Dieu donnée par les prophètes et les sages, 

et les enseignements du Christ pour savoir ce qui est juste et bon et y voir un peu clair. 

À condition, bien sûr, d'accorder du crédit aux révélations que Dieu nous a faites au cours des temps

et de ne pas les changer, en ajouter ni en enlever selon ce qui nous arrange ou nous dérange. 

lundi 19 janvier 2026

Un paroissien m'a dit un jour que, selon son expérience, il y a trois sortes de prêtres en paroisse.

Il y a les chefs d'entreprise, qu'on ne voit jamais et qui courent partout en organisant les gens.

Il y a les fonctionnaires, qui font ce qu'on leur demande, ni plus, ni moins, ni à côté.

Et il y a les disciples du Christ. Il n'a pas expliqué en quoi ça consistait, 

mais je pense que j'ai compris l'idée, et aussi où était sa préférence. 

dimanche 18 janvier 2026

Crier vers Dieu quand on est désespéré, c'est un devoir.

Mais crier sur les autres quand on veut se faire obéir, c'est un scandale. 

Une chose est le cri de supplication, comme le "Jésus, fils de David, sauve-moi!" du lépreux,

autre chose est le cri pour terroriser, écraser ou détruire 

ceux dont on veut obtenir quelque chose par la violence. 

samedi 17 janvier 2026

Se réjouir de la mort d'un être humain parce qu'il ne pensait pas comme nous,

c'est donner à ceux qui ne pensent pas comme nous le droit de se réjouir de la nôtre.

Chacun est libre de le faire, bien sûr. 

Mais il ne faudra pas se scandaliser ensuite de la méchanceté du monde. 

Et un endroit où tout le monde hait ouvertement tout le monde, 

c'est ni plus ni moins que la définition de l'enfer. 

vendredi 16 janvier 2026

La sagesse est indissociable de l'obéissance à Dieu. 

N'en faire qu'à notre tête en nous persuadant qu'on a raison, 

c'est ce qu'ont fait Adam et Ève.

On continue d'en payer les conséquences encore aujourd'hui. 

jeudi 15 janvier 2026

Je n'aime pas les statistiques ni les nombres dans l'Église.

Quand il réussissait quelque part et que les foules s'amassaient pour le suivre, 

le Christ, au lieu de les compter pour évaluer le résultat de ses efforts, 

partait ailleurs pour continuer à annoncer l'évangile sans regarder en arrière. 

Aucun calcul, aucun temps perdu à s'auto-congratuler de ses réussites, 

aucune soirée gâchée à faire des statistiques avec des tables rondes d'apôtres.

Et si d'aucuns ont l'impression que je me moque de ceux qui font ce genre de vanités, 

c'est parce que c'est le cas, mais surtout je déplore que nous ne soyons pas plus fidèles 

à la façon de faire de Notre Seigneur.