La moindre des choses, quand on veut recevoir de Dieu sa bénédiction,
c'est que ce soit pour nous aider à mettre en pratique ses enseignements,
par pour nous absoudre de faire l'exact contraire de ce que le Christ nous a dit.
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
Pour moi, la plus grande erreur d'Adam et Ève n'a pas été de manger la pomme,
mais bel et bien d'avoir ensuite eu peur de Dieu et d'avoir couru se cacher dans les buissons.
Ne faisons pas la même bêtise. Quand nous péchons,
ça doit nous inciter à courir nous réfugier dans les bras de Dieu en implorant son pardon,
pas de courir loin de lui en ayant peur de son courroux.
La perte de confiance dans l'amour de Dieu pour nous sera toujours infiniment plus grave
que n'importe quel péché que nous pourrions lui confesser alors.
Toute relation amoureuse a besoin de gratuité pour être le plus authentique possible,
et la relation que nous avons avec Dieu n'échappe pas à cette règle générale.
Que nous lui racontions des trucs qui nous préoccupent, c'est normal dans ce cadre,
ça se fait entre amis de vider son sac, ça fait du bien et ça dédramatise nos petites histoires.
Mais que nous passions notre temps à le gonfler en lui présentant tous les malheurs du monde,
et en insistant pour qu'il les résolve, ne parlant que de ça à temps et à contre-temps,
non, vraiment, je ne vois pas ce que ça vient faire dans une relation d'amour.
On ne peut à la fois lui demander à toute force des miracles comme unique sujet de conversation,
et prétendre entretenir avec lui une relation désintéressée, une relation d'amitié, une relation d'amour.
Tiens, un petit rappel du "Catéchisme de l'Eglise Catholique" qui ne fait pas de mal :
III Le Christ Jésus "Médiateur et Plénitude de toute la Révélation" (DV 2)
Dieu a tout dit en son Verbe
65 "Après avoir, à bien des reprises et de bien des manières, parlé par les prophètes, Dieu en ces jours qui sont les derniers, nous a parlé par son Fils" (He 1, 1-2). Le Christ, le Fils de Dieu fait homme, est la Parole unique, parfaite et indépassable du Père. En Lui Il dit tout, et il n’y aura pas d’autre parole que celle-là. S. Jean de la Croix, après tant d’autres, l’exprime de façon lumineuse, en commentant He 1, 1-2 :
Dès lors qu’Il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, Dieu n’a pas d’autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d’un seul coup en cette seule Parole et il n’a rien de plus à dire ; car ce qu’Il disait par parties aux prophètes, Il l’a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu’est son Fils. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l’interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté (Carm. 2, 22, 3-5).
Il n’y aura plus d’autre Révélation
66 "L’Économie chrétienne, étant l’Alliance Nouvelle et définitive, ne passera donc jamais et aucune nouvelle révélation publique n’est dès lors à attendre avant la manifestation glorieuse de notre Seigneur Jésus-Christ" (DV 4). Cependant, même si la Révélation est achevée, elle n’est pas complètement explicitée ; il restera à la foi chrétienne d’en saisir graduellement toute la portée au cours des siècles.
67 Au fil des siècles il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l’autorité de l’Église. Elles n’appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n’est pas d’ "améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d’aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l’histoire. Guidé par le Magistère de l’Église, le sens des fidèles sait discerner et accueillir ce qui dans ces révélations constitue un appel authentique du Christ ou de ses saints à l’Église.
La foi chrétienne ne peut pas accepter des "révélations" qui prétendent dépasser ou corriger la Révélation dont le Christ est l’achèvement. C’est le cas de certaines religions non chrétiennes et aussi de certaines sectes récentes qui se fondent sur de telles "révélations".
Rares sont les gens qui savent se contenter de ce qu'ils ont et même s'en réjouir.
Il est beaucoup plus habituel de rencontrer des gens qui n'aiment que ce qu'ils n'ont pas,
vivant dans un état d'envie perpétuel que rien ne peut combler.
Ce n'est que quand ils perdent ce qu'ils ont qu'ils se mettent à l'apprécier
et à regretter de ne pas avoir su en profiter tant qu'ils l'avaient.
C'est étonnant, ce que nous dit Jésus dans l'évangile du jour : "telle est la volonté de Celui qui m'a envoyé : que je ne perde aucun de ceux qu'il m'a donnés". On a facilement de Dieu une image caricaturale : il voit tout, entend tout, enregistre tout, tel l'oeil de Moscou, et à la fin des temps, attention à nous, il y aura un Jugement Dernier qui fait peur et on va voir ce qu'on va voir. Tous ceux qui ont fait du mal vont en prendre pour leur grade, justice sera enfin faite, et tous ceux qui le méritent iront en enfer, bien fait pour eux, voilà ce que l'on pense habituellement. Quel contraste avec ce que nous dit Jésus ! "Celui qui vient à moi, je ne vais pas le jeter dehors". Est-ce à dire que ceux qui viennent à Jésus sont meilleurs que les autres, et n'ont rien à craindre de la colère de Dieu ? Alors, d'après notre évangile, ceux qui viennent à Jésus ont été donnés par le Père. C'est à dire que c'est la grâce de Dieu qui les a guidés, et non pas leur vertu. Rien ne nous dit qu'ils sont meilleurs que les autres. Et une fois parvenus au Christ, c'est la volonté de Celui qui a envoyé Jésus de les ressusciter au dernier jour et d'avoir la vie éternelle. Le Salut vient de la volonté de Dieu, non pas de la nôtre. En fait, ce que l'on constate, c'est que Dieu est bien moins vengeur que nous. On le savait déjà, en vrai : pour nous, il a fait le paradis. L'enfer a été créé pour le diable et ses anges (Mt 25, 41), pas pour nous, à la base. Bon, on peut décider d'y aller, mais ce n'est pas la volonté de Dieu de nous y envoyer. Lui ne veut pas la mort du pécheur, mais qu'il se convertisse, et qu'il vive (Ez 18, 23). Mais si nous refusons de l'aimer, si nous le rejetons, alors lui aussi nous rejetera (2 Tm, 2, 13), non par vengeance, mais parce qu'il écoute ce que nous lui disons et qu'il le prend au sérieux. Jésus nous le dit : "celui qui vient à moi n'aura jamais faim, celui qui croit en moi n'aura jamais soif". Faim et soif d'amour, pas de nourriture. Si, après avoir été envoyés vers le Fils par le Père, nous acceptons de recevoir ses sacrements, de l'aimer et de vivre en sa présence, ce qui nous incitera à suivre ses commandements parce que nous l'aimerons, alors la vie éternelle est déjà en nous. Nous vivons déjà en présence de Dieu, nous profitons déjà de son amour. Choisissons la vie, choisissons l'amour de Dieu ! C'est pour cela qu'il nous a faits. Ce serait une folie de nous détourner de notre propre bonheur !
Il vaudrait mieux dire qu'on n'aime pas Dieu et qu'on ne veut pas le servir
et aimer son prochain comme soi-même de toutes ses forces,
que de dire qu'on aime Dieu, qu'on est son intime et son humble serviteur
et n'aimer que soi, en ne faisant que se servir de son prochain quand c'est dans notre intérêt.
Bien sûr, l'idéal serait que nos déclarations d'intention et nos actes soient cohérents,
que l'on professe aimer Dieu et qu'on le fasse en vérité en aimant ceux qui lui sont si chers,
c'est à dire toute l'humanité, de celui qui nous plait le plus à celui qui suscite en nous du dégoût.
Le silence fait partie de la liturgie de la messe.
Il n'y a pas de raison d'avoir toujours des chants ou des prières pour meubler.
Savoir rester en silence, particulièrement après la communion,
prendre le temps de prier en coeur à coeur avec Dieu,
c'est un moment d'intimité privilégié qu'il faut savoir respecter.
Un mensonge, pour être plausible, doit s'entourer d'autant de vérité que possible.
"Alors comme ça, Dieu vous a interdit de manger les arbres du jardin ?", demande le diable,
sachant très bien que c'est faux, un seul arbre est interdit, mais pas tous comme il le prétend.
Dans les écrits de Maria Valtorta, par exemple, mis à l'index par l'Église le 16 décembre 1959,
il y a sans doute des choses qui semblent vraies,
ce qui permet à toutes celles qui ne le sont pas d'avoir l'air vraisemblables.
Si tu prétends croire que quelque chose est bon,
mais qu'en réalité tu n'en tiens aucun compte dans ta vie de tous les jours,
c'est qu'au fond tu ne le crois pas.
Si tu pretends croire que quelque chose est mauvais,
mais que malgré cela tu le fais régulièrement,
c'est qu'au fond tu ne le crois pas.
La foi n'est pas juste une connaissance, c'est une manière d'agir.
Et quand ta manière d'agir est en contradiction avec ce que tu prétends croire,
c'est en elle que se trouve ta vraie foi, et non pas dans tes paroles.
Les médias nous prennent tous à témoin, régulièrement, pour que nous prenions parti
pour des faits dont, en réalité, nous ne savons que ce qu'ils veulent bien nous en dire,
et pour ou contre des personnes que nous ne connaissons pas du tout en réalité.
Je ne pense pas qu'il soit avisé de se laisser ainsi manipuler et de se laisser nommer juge
par n'importe qui, pour n'importe quoi, et n'importe comment.
Jésus, quand on cherche à le prendre à témoin pour donner son avis sur un conflit, répondra :
"Homme, qui m'a établi pour être votre juge ou l'arbitre de vos partages ?",
et il refusera de faire autre chose que de donner une parole de sagesse générale
qui appelle d'ailleurs plus à dépasser l'origine du conflit qu'elle ne cherche à le résoudre.
Mieux vaut agir comme lui que d'accepter de laisser n'importe qui jouer avec nos émotions,
le but évident étant de les manipuler dans leur intérêt propre bien plus que de chercher un verdict,
puisque quoi que nous puissions bien en penser, ça ne change rien à la situation, au fond.
L'amour, comme la foi, c'est dans les épreuves que ça se fortifie ou que ça disparait.
Heureusement, pour la fortification, on a le Christ pour nous aider,
enfin si tant est qu'on prenne la peine de lire sa Parole avec assiduité
et d'entretenir avec lui une relation basée sur la pratique au moins hebdomadaire des sacrements.
Tout de même, c'est mystérieux, tous ces aspects différents que prend à volonté Jésus ressuscité.
Enfin, différents jusqu'à un certain point. Il a toujours l'aspect d'un homme, puisque c'est ce qu'il est.
Je ne peux m'empêcher de penser qu'il pourrait toujours le faire aujourd'hui, si ça lui chante,
et que si ça se trouve, nous avons déjà tous eu l'occasion de le rencontrer sans le savoir.
Après tout pourquoi pas ? Ne nous a-t-il pas dit lui-même
que ce que l'on fait à l'un de ces petits qui sont ses frères, c'est à lui qu'on le fait, de toutes façons ?
D'où l'importance de traiter, à priori, toute personne rencontrée comme si c'était soit lui,
si c'est un homme, soit sa très sainte mère, si c'est une femme, parce qu'après tout,
ce qu'il peut faire après sa résurrection, je ne vois pas pourquoi sa très sainte mère
ne pourrait pas le faire après sa transformation en corps spirituel (comme dirait saint Paul)
lors de son Assomption.
Je ne dis pas qu'il faut les voir partout, ce qui serait sans aucun doute exagéré, voire pathologique.
Je dis juste qu'il faut rester l'esprit ouvert et être bon et délicat avec tous,
ce qui de toutes façons ne peut faire de mal à personne.
La vie chrétienne ne consiste pas à faire des choses extraordinaires ou extravagantes
que le Christ n'aurait jamais faites lui-même au cours de sa vie publique.
Le disciple n'est pas au-dessus du maître, et n'a pas à le dépasser ni à lui donner de leçons de vie.
Imiter le Christ est bien assez, et bien assez difficile comme ça aussi, d'ailleurs,
si on cherche sincèrement à le faire avec le plus de fidélité possible.
Quand on aime une personne au point d'accepter tout ce qu'elle fait ou dit sans discuter,
que ce soit bien ou mal, acceptable ou immonde, conforme ou opposé aux commandements de Dieu,
alors on sait qu'on est passé de l'admiration à l'idolâtrie.
"Ainsi parle le Seigneur : maudit soit l'homme qui met sa foi dans un mortel,
qui s'appuie sur un être de chair, tandis que son coeur se détourne du Seigneur" (Jr 17, 05)