On peut ne pas être d'accord avec des articles de foi de l'Église,
mais alors il faut avoir de solides arguments.
Juste proclamer : "je ne suis pas d'accord", ça n'a jamais été un argument.
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
L'amour de Dieu pour nous est incommensurable.
Nous avons bien du mal, nous, à nous aimer les uns les autres.
Il est compliqué de ne jamais ressentir de jalousie, de mépris, de colère, d'envie de juger,
d'ennui, de désespoir, de lassitude ou d'énervement les uns envers les autres.
Et pourtant, même ceux que l'on considère comme les plus bêtes et méchants possible,
Dieu les aime d'un amour inconditionnel, quoi qu'ils disent et quoi qu'ils fassent,
et Jésus a donné sa vie pour eux comme il l'a donnée pour la multitude de l'humanité.
Nous avons beaucoup à apprendre de l'amour de Dieu, mieux encore,
à nous laisser imprégner de cet amour pour connaître vraiment ce que signifie aimer.
Si Dieu n'empêche pas que le juste soit tenté,
c'est parce qu'il vaut mieux pour lui qu'il soit humilié par son péché
plutôt qu'il soit parfait et devienne orgueilleux comme le diable.
Une épine dans la chair est un bien petit prix à payer,
si l'humiliation qu'elle nous procure nous vaccine continuellement
contre la pire de toutes les tentations qui est de nous prendre pour Dieu.
Juger les époques qui nous ont précédé selon notre culture actuelle, ça n'a aucun sens.
On ne peut pas demander aux gens des siècles passés d'être sensibles à nos problématiques,
d'autant que nous ignorons royalement les leurs et que s'ils devaient nous juger selon elles,
eux aussi nous prendraient probablement pour des barbares violents, ignorants et stupides.
Nous fêtons aujourd'hui sainte Marie Madeleine, cette femme riche qui soutenait Jésus de ses dons, qu'il avait libérée de sept démons, qui a assisté à sa crucifixion et à la mise au tombeau, et que nous voyons aujourd'hui être le premier témoin de sa résurrection. C'était l'une des femmes qui accompagnaient Jésus partout, et qui était particulièrement considérée parce qu'elle est citée très souvent dans les évangiles. Elle le connaissait donc très bien. Or, curieusement, elle ne le reconnait pas aujourd'hui, elle le prend pour le jardinier. Ce n'est pas la seule qui le verra sans le reconnaître, ce qui nous dit quelque chose des capacités du corps ressuscité du Christ, d'ailleurs. Il peut apparaître et disparaitre à volonté, on ne le reconnait pas nécessairement, cependant ce n'est pas un fantôme, puisqu'on peut le toucher et qu'il peut manger, et au jour de l'ascension il monte carrément au ciel devant une foule de témoins. Il est bel et bien vivant, mais d'une vie nouvelle qui échappe aux caractéristiques de notre vie normale. C'est intéressant parce que ça nous donne des indices sur notre propre résurrection. Si on veut savoir à quoi nous ressembleront, méditons sur ces transformations du corps du Christ, une fois passé de la vie mortelle à la vie éternelle, du corps de chair au corps spirituel, comme dirait saint Paul. Ce qui est très parlant aussi, c'est qu'il faut, pour le reconnaître, que Marie se "retourne" ou, pour utiliser un autre mot qui veut dire la même chose, se convertisse. Une conversion, c'est un retournement, un nouveau point de vue, l'acceptation de la réalité sous un angle nouveau, en dehors de nos préjugés. Et nous voyons là quelque chose que nous verrons avec tous les disciples de Jésus, y compris les apôtres : ils ne croyaient pas que la résurrection était possible, parce qu'ils sont comme nous, ça leur semblait invraisemblable. Et il faut donc une conversion, que l'on nous montre sans fard, pour admettre que ça s'est bien passé. Il me semble que c'est l'une des preuves les plus convaincantes de la résurrection : ceux qui l'ont proclamée ne sont pas des simples d'esprit, des illuminés crédules ou des superstitieux. Ils sont comme nous. Mais ils ont vu un homme ressuscité, et ils sont prêts à mettre la tête sur le billot pour le proclamer, car ils n'ont désormais plus peur de la mort. Le fait qu'ils aient dû se convertir pour admettre pleinement la résurrection montre à ceux qui n'y croient pas le chemin qui peut les mener à la foi pleine et entière en Jésus, Fils de Dieu ressuscité des morts.
Si qui que ce soit vous dit par mail que vous avez gagné au loto alors que vous n'y avez jamais joué,
un petit conseil, ne le croyez pas, c'est une arnaque.
Ça semble évident ? Peut-être même condescendant ?
Ok.
Alors pourquoi est-ce que tant de chrétiens pensent qu'on peut gagner le paradis
sans jamais avoir rien fait de ce que Dieu demande, sans avoir reçu aucun sacrement,
sans obéissance à ses commandements, sans jamais avoir "joué le jeu" du christianisme ?
Parce que là aussi, si qui que ce soit vous dit ça, ne le croyez pas, c'est une arnaque.
Ça aussi, ça devrait sembler évident.
On ne peut pas toujours réparer nos péchés. Certains sont irréparables.
C'est là qu'intervient la pénitence, qui est une sorte de compensation par défaut.
Mais en ce qui concerne ladite pénitence, mieux vaut faire du bien autour de nous
que se contenter de se donner à soi-même des privations, des prières ou de se faire mal.
Si notre pénitence est concentrée sur nous, et non sur du bien à faire à notre prochain,
alors on ne cherche qu'à se sauver, sans considération pour ceux qui nous entourent.
Il est bien meilleur d'ouvrir notre coeur aux besoins des autres avec un esprit de pénitence
que de concentrer toute notre énergie à ne penser qu'à soi, quelqu'en soit la raison.
Avec la loi sur l'euthanasie, les soignants chrétiens vont avoir des décisions à prendre.
Soit accepter de tuer des gens (il faut appeler un chat un chat,
et quelque soit le nom qu'on donne à l'acte et à ses motivations, ça ne change rien au fait),
c'est à dire commettre un acte frontalement opposé aux commandements divins,
soit refuser de le faire, même si la liberté de conscience n'est pas dans la loi.
C'est l'illustration de la différence entre légalité et moralité.
Le chrétien, quelle que soit la loi, ne peut faire l'impasse de la volonté divine
ni de l'exemple que nous a donné le Christ, qui n'a jamais tué personne, même par "compassion",
mais qui a soigné tous les malades qui se sont présentés à lui.
Certains diront : "je n'ai pas le choix".
En vérité, le choix, on l'a toujours. La chose qu'on ne peut pas maitriser, c'est les conséquences.
À chacun de voir s'il préfère obéir aux hommes, qui ne peuvent donner que la mort,
ou à Dieu, qui donne la résurrection et la Vie Éternelle à ceux qui lui obéissent.
C'est triste pour eux que tant de chrétiens ne profitent pas des sacrements.
Ils se privent de l'amour de Dieu, alors qu'il ne demande qu'à les aimer chaque jour.
Vu la diminution du nombre de prêtres, un jour, dans certaines régions,
on cherchera Dieu et on ne le trouvera pas.
C'est dommage de ne pas profiter de lui tant qu'il est rendu présent par les prêtres.
Rien n'est tout blanc ni tout noir dans aucun être humain.
Nous prenons tous des mauvaises décisions, basées sur de mauvaises inspirations,
de mauvaises fréquentations, de mauvaises compréhensions,
bref tout un tas de mauvaises choses, qu'en langage chrétien on appelle des tentations.
Mais personne n'est juste mauvais et rien d'autre.
En tout être humain il y a une personne aimée de Dieu, voulue par lui,
pour laquelle il a donné sa vie, et pour laquelle il a créé le paradis.
Et au delà de ça, même les gens bêtes et méchants font des choses bonnes.
Peut-être par hasard ou par distraction, et je dis ça juste pour être un peu médisant.
Mais pour être sérieux, non, nous faisons tous des choses bonnes à l'occasion,
quand nous écoutons la voix de Dieu, notre conscience ou des bons conseils,
ou quand nous nous rendons compte du mal que nous faisons ou avons fait,
ou tout simplement quand nous prenons plaisir à faire le bien.
En tous cas, personne ne mérite d'être juste haï et rien d'autre.
C'est une tentation comme une autre, de haïr quelqu'un sans réserve.
Si on veut être ami de Dieu, alors il ne faut pas y succomber ou, si on y succombe,
chercher à se convertir et à voir aussi ce qu'il y a de bon chez chacun,
car il y en a toujours, en vrai, si on veut bien être objectif un instant.
La générosité n'est pas quelque chose qui puisse être imposé à qui que ce soit.
Faut-il encore le redire ? L'amour ne peut être ni forcé, ni acheté.
Si on le force, c'est du viol. Si on l'achète, c'est de la prostitution.
Il ne peut être que librement consenti. C'est la condition sine qua non de son existence.
Personne, fut-il évêque, ne peut donc exiger de qui que ce soit, fussent-ils prêtres,
de donner leurs biens sous la contrainte, fut-ce au bénéfice de l'évêché,
sous le prétexte fallacieux, s'il s'agit d'un ordre, de l'amour de Dieu et du prochain,
par exemple.
Ce qui doit caractériser le prêtre avant tout, c'est son amour du Christ par-dessus tout.
Par-dessus les rebellions de sa volonté, de ses idées propres, de son honneur, de ses projets.
Par-dessus les tentations du péché, de celui de se prendre pour Dieu et de tout orgueil.
Par-dessus les attraits des plaisirs, des richesses et du pouvoir.
Il n'y a pas besoin que cet amour soit exhibitionniste, extravagant ou impudique.
Mais il est essentiel qu'il soit profondément ancré au coeur du prêtre, profondément vrai.
Tout le reste est secondaire. Pas inutile. Pas superfétatoire. Mais secondaire. Vraiment.
Le seul sens dans lequel on puisse aller, c'est vers l'avenir.
Passer sa vie à ruminer sur le passé, que notre souvenir le pense heureux ou malheureux,
ça ne mène nulle part, c'est comme resté attaché par le pied à une ancre marine
qui nous empêche d'évoluer et de nous adapter à la vie telle qu'elle est aujourd'hui.
Il faut aller de l'avant si on ne veut pas passer sa vie à se lamenter en vain.
Quand on a une dispute sur un sujet d'actualité ou de connaissance générale,
elle est souvent due au fait qu'on n'a pas tous les mêmes sources ou les mêmes informations.
Et c'est tout à fait curieux mais on se sent toujours obligé de défendre bec et ongles
le point de vue des sources que l'on a lues ou entendues soi-même,
comme si notre honneur ou notre intelligence était mis en danger.
Il est plus constructif de partager nos sources, et de laisser la personne se faire son idée
sans passer par nous, par ce qu'on en a compris ou qu'on n'a pas bien compris.
En effet il n'est pas rare que ce que l'on croyait savoir de façon certaine
est en fait bien différent, voire l'exact contraire
de ce qu'enseignent les sources dont on se réclamait pourtant,
et on est toujours plus intelligent à plusieurs que tout seul de toutes façons.
Discuter de ce que chacun a compris des mêmes sources d'information est donc constructif,
mais discuter à partir de sources discordantes ou inconnues ne mène qu'à des disputes.
Je suis toujours sidéré que l'on puisse accorder le moindre crédit
aux déclaration de quelqu'un qui a pris l'habitude de mentir comme il respire,
et que l'on attende ce qu'il va dire comme on attendrait une parole d'Évangile.
Porter le plus petit crédit à la moindre des paroles d'un menteur pathologique est,
disons-le clairement, parfaitement idiot.