L'intelligence sans humilité fait plus de dégâts que de bien.
Le diable est plus intelligent que nous. Ça lui fait une belle jambe !
Ça ne l'empêche pas d'être damné pour l'éternité.
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
Se croire supérieur à Dieu, on se dit que c'est stupide, ça n'a aucun sens, n'est-ce pas ?
C'est pourtant ce que nous faisons sans rougir chaque fois que nous considérons
que nos pensées sont supérieures aux siennes, et qu'on a bien raison de n'en faire qu'à notre tête
plutôt que d'obéir humblement à ses commandements.
Lorsqu'ils reviennent de la première mission que Jésus leur a confiée, les apôtres ont bien travaillé. Comme il le leur avait demandé, ils sont allés, deux par deux, visiter les villes et les villages des alentours en prêchant qu'il fallait se convertir. Ils ont expulsé beaucoup de démons, fait des onctions d'huile aux malades et les ont guéris. Puis, leur mission accomplie, les voilà de retour auprès de Jésus pour raconter leurs aventures. On imagine sans peine l'ambiance des longues soirées, où chacun raconte à sa façon, avec force détails, les miracles qu'ils ont accomplis au nom du Seigneur. J'ai assisté deux fois à des onctions des malades qui ont débouché sur des guérisons miraculeuses, et j'en parle encore comme si c'était hier quand l'occasion se présente, alors que c'est arrivé il y a plus de 25 ans, et pourtant ce n'est même pas moi qui les avais administrées, je n'en avais été que le témoin. On imagine donc facilement l'excitation et l'émerveillement de tous au coin du feu. Et pourtant, Jésus décide qu'il leur faut aller dans un endroit désert, pour se reposer. Il ne veut pas battre le fer pendant qu'il est chaud, encourager les apôtres à donner encore et toujours plus sans s'arrêter, les féliciter en leur disant qu'ils font le travail de Dieu, non, rien de tout cela. Alors même que tout le monde est en plein ébullition, il monte sur la barque avec les apôtres et part pour un endroit désert. Comme on est loin de l'espèce d'excitation permanente que l'on essaye de maintenir à notre époque ! Aujourd'hui, tant qu'un prêtre n'a pas fait de burn-out, on a l'impression que c'est un fainéant, un paresseux qui néglige sa mission divine. Et quand il en a fait un et qu'il ne sert plus à rien pendant des mois ou des années, n'en parlons pas, il est carrément laissé pour compte, sans que beaucoup ne se préoccupent de son sort. Mais Jésus n'est pas un stakhanoviste qui attend de tous qu'ils meurent à la tâche. Rien ne presse. De toutes façons, c'est Dieu qui est au travail, les apôtres n'en sont que des instruments parmi d'autres, aucune raison de se croire indispensable. Ceci dit, quand il voit la foule qui l'a précédé sur l'autre rive et qui a besoin de lui, il en prend soin, non par acharnement au travail, mais par compassion. Il ne peut pas les laisser comme des brebis sans pasteur. Apprenons de notre maître, nous tous qui sommes à son service. Sachons lui laisser sa place, et rester à la nôtre. Réjouissons-nous des missions qu'il nous a confiées, mais sachons aussi nous reposer quand c'est nécessaire, restant toujours sauve la compassion et la miséricorde pour s'occuper, à temps et à contre-temps, des malheureux qui cherchent le Seigneur.
Le diable, parce qu'il ne doute jamais de lui-même et que du coup, il ose tout,
a cru bon d'essayer de tenter le Fils de Dieu en lui citant ses propres paroles.
Ça me fait penser à ces témoins de jehovah qui venaient essayer de me convertir
justement parce que j'étais prêtre, ces inconscients.
Savoir citer des bouts de bible à ses propres fins déviantes, c'est facile.
Mais c'est surtout la preuve qu'on n'a rien compris à la Parole de Dieu
que d'essayer de la manipuler à ses propres fins,
parce qu'on n'a tiré aucun enseignement des reproches de Jésus aux scribes et aux pharisiens.
J'entends parfois des gens qui se posent la question, quand l'un de leur proche meurt,
de savoir comment c'est possible que ça soit arrivé.
Nous mourons parce que nous sommes mortels.
Ce n'est pas beaucoup plus compliqué que ça.
Ce qui m'étonne toujours, c'est que des gens puissent passer toute une vie sans jamais y penser,
sans jamais s'y être préparé, "troupeau parqué pour les enfers, et que la mort mène paître",
aurait dit le psaume 48.
Ce n'est pas une bonne chose de vouloir comptabiliser les croyants pour faire des statistiques.
Personne n'est une "ressource humaine" qui appartiendrait à l'Église pour qu'elle s'en vante.
Quand le roi David a voulu recenser son peuple pour faire le malin, il a eu des problèmes.
On devrait en prendre de la graine et ne pas nous obstiner à répéter son erreur encore et encore.
Nous fêtons aujourd'hui la Présentation de Jésus au temple. L'habitude de racheter le premier fils de la famille date de la sortie d'Égypte : "comme Pharaon multipliait les obstacles pour nous laisser partir, le Seigneur fit mourir tous les premiers-nés au pays d’Égypte, du premier-né des hommes au premier-né du bétail. C’est pourquoi j’offre en sacrifice au Seigneur tous les premiers-nés de sexe mâle ; mais le premier-né de mes fils, je le rachète" (Ex 13, 15). Ce "rachat" se fait en offrant un animal en sacrifice à la place de son fils, en fonction des moyens de chaque famille. Les riches offrent un taureau ou un bélier, les pauvres "un couple de tourterelles ou deux petites colombes", comme l'ont fait Joseph et Marie. Ce rituel sert à rappeler que c'est grâce à Dieu que le peuple a été libéré de l'esclavage et de la mort. Avant la sortie d'Égypte, le pharaon avait décidé de faire exécuter tous les fils des Hébreux. Cette injustice cruelle a été à l'origine de la sortie d'Égypte, à qui Dieu a envoyé Moïse, ironiquement sauvé par la soeur du pharaon, pour libérer ce peuple qui était voué, sinon, à disparaître. Mais il y a un autre sens à toute cette histoire de mort et de rachat. Si le Fils de Dieu s'est incarné et est devenu Homme, c'est pour s'offrir lui-même en sacrifice, en rachat des péchés qui sont, en fin de comptes, les vrais responsables de la mort de toute l'humanité. En réalité, l'Égypte symbolise le péché. Les enfants mâles du peuple élu symbolisent l'humanité, que le péché fait périr. Et les animaux qui servent à racheter ces enfants préfigurent Jésus, Dieu fait homme, qui va nous racheter du péché et de la mort en offrant sa vie pour nous. C'est pour cela qu'on l'appelle "l'agneau de Dieu". En effet, la nuit de la sortie d'Égypte, la première nuit de Pâques, Dieu avait demandé à chaque famille de son peuple d'offrir un agneau, puis de mettre son sang sur le linteau de la porte, pour que l'ange exterminateur ne s'en prenne pas aux premiers-nés de cette maison. Ça peut nous sembler barbare et cruel, mais là encore, il faut voir, au-delà du fait historique, ce qu'il préfigure : parce que Jésus a offert pour nous son sang sur la croix, nous sommes rachetés de la mort éternelle, et promis désormais à la résurrection. C'est pour ça que nous l'appellons "l'agneau de Dieu, qui enlève les péchés du monde", chaque jour pendant la messe.
On a bien compris qu'il fallait aimer son prochain comme soi-même à notre époque,
au point que l'Église semble parfois plus s'occuper de politique que de religion
quand elle s'obnubile sur des sujets de société dont les Évangiles ne parlent absolument pas,
même du bout des lèvres, et pas seulement parce que ces sujets n'existaient pas encore,
mais surtout parce que le message principal des Évangiles tourne autour de
l'amour de Dieu, du pardon de nos péchés, de la rédemption et du Salut du monde.
Par contre, que l'amour de Dieu par-dessus tout soit le premier des commandements,
ça, on l'a largement oublié, pour ne rien dire du sens du sacré ou de l'adoration qui lui est due.
C'est dommage, parce que voilà bien le sujet qui devrait être au coeur des préoccupations de l'Église.
Or, dans le meilleur des cas, il est bien souvent oublié; dans le pire, il arrive même à être dénigré.
Le plan de Dieu parviendra à ses fins, quoi que nous fassions.
Il lave ce qui est sale, abreuve ce qui est aride, guérit ce qui est malade,
assouplit ce qui est rigide, réchauffe ce qui est froid, redresse ce qui est tordu,
et de tout mal sait fait sortir du bien, car il est au-dessus de tout, il comprend tout, il peut tout.
L'amour prévaudra, quoi qu'il arrive et quoi que nous fassions, avec ou sans nous.
Autant être de son côté, du coup, parce qu'on sait déjà qui gagne à la fin, il n'y a aucun suspens.
Il n'y a pas plus de Christ sans l'Église que d'Église sans le Christ.
Sans l'Église qu'il a voulue et institué, nous n'aurions même plus les Saintes Écritures :
ce sont des générations de moines copistes qui les ont conservées et transmises
aux heures les plus noires de l'Histoire, quand l'Europe était régulièrement pillée et brûlée.
Nous aurions perdu la légitimité donnée par la transmission apostolique, et les sacrements
qui ne sont valides et licites que par cette succession ininterrompue d'ordinations.
Sans le Christ, il est bien évident que l'Église n'aurait plus aucune raison d'être,
elle qui n'existe que pour prêcher la bonne nouvelle de sa résurrection
et pour transmettre fidèlement ses enseignements et la façon d'agir qu'il nous a transmise.
Il y en a qui ont essayé de séparer le Christ de son épouse bien-aimée l'Église,
en cherchant une philosophie dérivée de l'amour du prochain mais déconnectée de l'amour de Dieu.
Ils ont erré dans des révolutions politiques qui ont fait et font encore le malheur de bien des peuples.
Bref, si on aime le Christ, aimons aussi l'Église, parce que lui, il l'aime et s'est livré pour elle.
Si on aime l'Église, restons inébranlablement fidèles au Christ, sans lequel elle n'est rien.
Tout remettre en question, ça donne l'air intelligent : on ne s'en laisse pas conter,
comme les autres qui sont des moutons et qui croient tout ce qu'on leur dit, pense-t-on.
Mais quand cette remise en question n'est pas basée sur des compétences objectives,
acquises au mieux par de longues années d'étude dirigées par des professeurs qualifiés,
au minimum par de longues années de lecture d'ouvrages écrits par des gens du même acabit,
mais seulement sur des impressions personnelles ou, pire, sur celles de n'importe qui
picorées de-ci de-là sur internet, au gré des algorythmes qui nous disent qui écouter,
alors non seulement ce n'est pas intelligent, mais c'est même complètement idiot.
Ça me fait penser à ces gens qui ont lu un article sur "psychologie magazine" chez le dentiste
et qui croient qu'ils sont devenus des psychologues d'expérience qui ont tout compris de la vie,
habilités à abreuver de leur "expertise" tous ceux qui ont la patience d'écouter leurs divagations.
Si seulement on ne se sentait autorisé à parler
que des sujets qui sont réellement dans notre domaine de compétence,
la plupart du temps, on se tairait.
Celui qui se tait peut avoir une chance de passer pour un sage.
Celui qui parle à tort et à travers ne laisse aucun doute sur le fait qu'il n'en est pas un.