Il est facile de penser qu'on aime un ou une interprête, qu'il s'agisse de chanson, de cinéma
ou d'écriture, parce que ce qu'ils chantent, jouent ou écrivent nous touche d'une façon particulière.
En réalité, on ne connait pas la personne, juste son personnage et les sensations qu'il nous donne,
ce qui fait que cet "amour" est basé sur une performance artistique, en réalité.
Rien ne dit que la personne qui l'interprète n'ait aucune des vertus qui nous ont plu,
c'est d'ailleurs pourquoi on dit qu'il ne faut pas rencontrer ses héros parce qu'on est souvent déçus.
C'est la même chose pour les religieux ou religieuses, à fortiori pour les prêtres.
Ce qui nous plait souvent, chez eux, en réalité, c'est la révélation divine et son message.
Il faut faire très attention à ne pas confondre le messager avec le message,
la personne qui agit sacramentellement "in persona christi" avec le Christ qu'il représente.
Ça vaut d'ailleurs dans les deux sens. Quand on est prêtre,
il ne faut pas s'imaginer que les mérites de la liturgie ou de l'homélie nous reviennent en propre.
Nous ne sommes que les messagers, pas le message. Les amis de l'époux, pas l'époux.
Ceux qui doivent faire connaître le Christ et ensuite s'effacer discrètement dans l'ombre avec grâce.
Quand il y a confusion, tant du côté de celui qui transmet que du côté de ceux qui reçoivent,
c'est la porte ouverte à bien des bêtises qui finiront par décevoir ceux qui s'y laissent prendre.