Jésus a fait un rapprochement entre le fait que son peuple ne l'ait pas accepté
et la chute annoncée de Jérusalem et du temple.
C'est important de ne pas rater les rendez-vous avec Dieu.
Sans lui, tout n'est que ruines et désolation.
Ce qui se passe dans la tête des prêtres... ou au moins dans celle de l'un d'entre eux.
On m'a demandé ce qu'on pouvait faire, comme chrétien, pour aider un malade.
Ce qu'on peut faire c'est, après avoir consulté la personne si elle est consciente, et si elle le veut,
demander à un prêtre de venir lui donner le sacrement des malades.
Ce sacrement soit apporte la guérison, soit aide à supporter l'épreuve,
mais dans tous les cas il apporte le pardon et la paix, et nous rend présentables devant Dieu.
Comme tous les sacrements cependant, il est réservé aux vivants.
Ça ne sert plus à rien de demander au prêtre de l'administrer si on s'y prend trop tard,
d'ailleurs quand bien même le ferait-il, mais il ne le fera pas, ça serait parfaitement inutile.
Tout ce qui est matériel peut perdre sa valeur, même l'or ou les pierres précieuses,
qui ne valent quelque chose que tant qu'il y a à manger et qu'on est en vie pour en profiter.
L'amour, lui, ne peut pas perdre sa valeur. Un acte d'amour désintéressé et gratuit a plus de valeur
que le contenu de toutes les banques du monde, pour la simple et bonne raison
qu'il nous précède dans la vie éternelle et nous ouvre le chemin.
Et puis Dieu le conserve précieusement dans son coeur, qui est le meilleur coffre fort qui soit.
Comme c'est lui qui nous le rendra quand nous en aurons besoin,
nous n'avons rien à craindre des faillites, des vols, de la dégradation ou des dévaluations.
Non, vraiment, si ce qui a de la valeur nous intéresse, il faut investir dans l'amour, sérieusement.
C'est le seul investissement intelligent, sans risque, à trèèèès long terme et à revenu garanti.
L'amour ne passera jamais.
La profanation du sacré, on voit bien ce que c'est,
et quand on est croyant, c'est quelque chose d'intolérable et de profondément douloureux.
Mais la profanation de l'humain, ça même des croyants n'en voient pas très bien la gravité.
Il y a même des groupes qui s'intitulent "chrétiens pour l'avortement", par exemple, c'est dire.
L'amour de Dieu et du prochain, Jésus en a fait un seul et même commandement.
Prétendre aimer Dieu, qu'on n'a jamais vu, sans aimer son prochain, qu'on voit tous les jours,
c'est se faire illusion sur notre religiosité, qui n'est alors qu'un tombeau blanchi et une coquille vide.
"Tel est le destin des insensés, et de qui aime les entendre,
troupeau parqué pour les enfers, et que la mort mène paître" (Ps 48)
Ce qui est mérité n'est pas un cadeau, et quand on nous le donne, c'est justice, c'est tout.
Mais le Royaume de Dieu est un cadeau, parce que personne ne le mérite, en vrai.
Même si on agissait parfaitement bien toute notre vie,
en quoi est-ce que ça devrait obliger Dieu à nous inviter chez lui pour l'éternité ?
Non, s'il nous a ouvert ses portes, c'est parce qu'il est bon, et non pas parce qu'il nous le doit.
Je suis persuadé qu'il y a des chrétiens qui seraient scandalisés si Jésus venait prêcher à leur messe.
Quand il disait : "les voleurs et les prostituées arriveront avant vous dans le Royaume de Dieu",
il ne parlait pas à des racailles de la rue, à des païens ignorants ou à des pécheurs publics, non,
il s'adressait à la crême de la crême de la religion, à ceux qui s'efforçaient d'être fidèles à la loi,
voire qui en faisaient profession et qui faisaient parfois des efforts héroïques pour obéir à Dieu.
Il leur manquait juste un détail, qui était l'amour désinteressé de Dieu et surtout du prochain.
Parce qu'obéir, c'est une chose. Mais on peut le faire parce qu'on est psycho-rigide,
ou pour obtenir la gloire du monde, des intérêts personnels ou la tranquilité d'une bonne conscience.
On peut aussi obéir à l'autorité juste parce qu'on a été éduqués comme ça,
sans chercher à discerner si ce qu'on nous impose est justifié ou non, légal ou non, bon ou pas.
Alors mieux vaut faire le bien pour une mauvaise raison que le mal pour une bonne, d'accord,
mais Jésus ne se contente pas des actes, lui qui voit le fond des coeurs,
et qui sait très bien de quoi nous sommes faits et toutes les pensées qui sont les nôtres.
Les scribes et les pharisiens qu'il ne cesse de tancer n'ont jamais accepté de se remettre en question.
Le problème, c'était ce que Jésus disait d'eux, pas leur façon de vivre, pensaient-ils, le front haut.
Ne faisons pas comme eux. Sans humilité, personne ne peut entrer dans le Royaume de Dieu.
Et mieux vaut entendre ici-bas quelque chose qui nous dérange, voire nous scandalise,
alors que nous pouvons toujours corriger notre attitude et nous efforcer de mieux faire à l'avenir,
que d'entendre Dieu le Père nous dire, à la porte du paradis : "Dehors ! Je ne te connais pas !"
Là oui, d'accord, on aura une vraie raison d'être horrifié pour de bon et de grincer des dents.
"Faire mémoire", en liturgie, ce n'est pas se souvenir d'un évènement du passé,
mais le rendre présent, au-delà du temps et de l'espace,
afin d'y assister, nous aussi, réellement, ici et maintenant.
Le miracle de la liturgie nous permet ainsi d'être présents lors de toute la vie du Christ,
et de tous les évènements importants de la vie de l'Église et des saints et saintes qui l'ont faite vivre.
Pourquoi y a-t-il au moins 6 ans de séminaire avant d'ordonner un prêtre ?
Parce qu'il y a deux ou trois trucs à apprendre, certes.
Mais aussi parce que confirmer que l'appel qu'un homme a entendu vient bien de Dieu,
et pas de son entourage, de lui-même, d'un déséquilibre psychologique voire du malin,
ça prend du temps.
Ça nous montre à quel point il faut être prudent avec les choses spirituelles :
qu'on voie ou qu'on entende des choses ou qu'on ait des inspirations, d'accord.
Mais rien ne dit à priori que ça vient bien de Dieu.
Pour en avoir le coeur net, il faut l'approbation de l'Église,
et elle n'est jamais pressée de donner une réponse claire et définitive.
En tout cas elle ne la donnera pas sans en avoir le coeur net.
Un jour, quelqu'un a demandé à un religieux : est-ce que j'ai le droit de fumer en priant ?
Ce à quoi le religieux a répondu, horrifié : ah ben non, le respect dû à Dieu, le sérieux de la prière,
tout ça tout ça, c'est pas possible.
Du coup la personne lui a dit : oui mais si je suis en train de travailler et que je fume,
est-ce que je peux prier ?
Ce à quoi le religieux a répondu : oui bien sûr, on peut prier en tout temps, tout ça tout ça...
C'est cette réponse qu'il faut retenir. Prier, c'est ni plus ni moins parler avec Dieu.
On n'a pas besoin de circonstances exceptionnelles pour avoir le droit de le faire,
si tant est qu'on ait besoin que qui que ce soit nous accorde le droit de parler à ceux qu'on aime.
Dieu nous parle, parfois, de différentes manières,
parfois indirectes, mais parfois intérieures et personnelles.
Enfin quand je dis qu'il nous parle, il serait plus juste de dire qu'il chuchote,
comme le souffle subtil d'une brise légère.
Si on n'a jamais un moment de calme ou de repos, voire de prière silencieuse,
on ne risque pas de l'entendre, c'est sûr.
C'est dommage, parce que quand il prend la peine de nous parler personnellement,
ce qu'il nous dit vaut vraiment la peine d'être entendu,
et ne peut que contribuer à notre bien si on en tient compte,
même si on ne comprend pas pourquoi il nous demande telle ou telle chose.
La tache que Dieu nous a donnée sur cette terre, c'est de nous aimer les uns les autres.
Nous n'en avons pas la même capacité, parce que nous n'avons pas tous le même caractère,
la même enfance, les mêmes parents aimants ou pas, le même environnement,
la même éducation religieuse, les mêmes expériences amoureuses, etc etc...
Mais peu importe où nous en sommes, nous avons tous une capacité à aimer,
ce n'est pas la même pour chacun, mais Dieu attend que nous faisons tous notre maximum,
qu'il soit à 1 ou à 100 en quantité, peu importe tant que c'est notre 100% en pourcentage.