Plus je vieillis, plus je considère la vie comme une suite d'épreuves à surmonter.
Quand on en a vaincu une, une autre arrive, inévitablement, au point que même quand tout va bien,
on se demande ce qui va encore nous tomber sur le coin de la soupière, et quand.
Je trouve ça assez logique et cohérent avec notre raison d'être sur terre, ceci dit.
Nous sommes ici pour décider si nous acceptons d'aimer Dieu, oui ou non.
S'il nous facilitait la vie en permanence en nous protégeant de toute épreuve,
il serait impossible de savoir si nous l'aimons pour lui-même ou pour la protection donnée.
En nous laissant confrontés aux difficultés d'un monde soumis au péché que nous commettons,
tout en nous donnant les grâces et les sacrements qui nous aident malgré tout à les vaincre,
il nous permet de faire un choix désintéressé et donc, qu'on le veuille ou non, plus authentique :
il n'y a pas vraiment de raison de l'aimer par intérêt, puisqu'il permet que nous souffrions.
Connaître la règle du jeu n'empêche pas qu'il soit difficile à accepter de temps en temps,
mais au moins on sait pourquoi Dieu, qui nous aime tant, permet qu'il nous arrive des malheurs.
Je plains ceux qui n'en savent rien, ne comprennent rien, et subissent les tourments de la vie
sans avoir la moindre idée de ce qu'ils font là, d'où ils viennent ni d'où ils vont,
bringuebalés sans raison de douleurs en souffrances imbéciles et aveugles de leur point de vue,
les malheureux.