Aujourd'hui nous entendons l'appel de Jean le Baptiste mais, comme nous ne sommes pas nécessairements familiers avec le langage prophétique, voilà une rapide explication. Rendez droits ses sentiers signifie que vos agissements soient obéissants aux commandements de Dieu. Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées; Le ravin c'est l'humble, le pauvre, le faible, celui que l'on ne regarde pas : sa dignité sera rétablie. Les montagnes et les collines, ce sont les orgueilleux et les grands de ce monde, ceux qui provoquent les guerres ou qui font peser sur le peuple leur volonté : ils seront abaissés, c'est à dire que leur pouvoir leur sera enlevé, ils ne pourront plus nuire à personne. Les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis : la justice sera rétablie et respectée, ceux qui s'opposaient à la Parole de Dieu ne pourront plus le faire. Quant à tout être vivant verra le salut de Dieu, il s'agit, comme dans toute prophétie, à la fois de quelque chose de messianique et de quelque chose de plus lointain : le salut de Dieu, c'est son messie qui vient nous sauver, et ça sera même son Fils, son unique, mais ça, personne ne peut encore l'imaginer. Et ce salut ne sera complet qu'au retour du Christ, aux derniers temps, mais ça aussi, il est encore trop tôt pour que ceux qui entendent Jean le comprennent. Toujours est-il qu'en attendant Jean prêche, comme nous le dit saint Luc, le pardon des péchés : il nous demande de mettre notre vie en conformité avec le plan de Dieu, afin que nous soyons prêts quand il viendra, que notre façon d'agir soit compatible avec sa façon de penser, qu'il y ait une reconnaissance mutuelle. Nous seront son peuple, il sera notre Dieu, une nouvelle alliance est sur le point d'arriver. Personne ne peut faire alliance de façon unilatérale. Une alliance, ça se consent mutuellement ou ça n'existe pas. C'est pourquoi Dieu fait appel à notre bonne volonté. Oui, il vient nous sauver, mais si nous rejetons notre sauveur, quel bien cela nous fera-t-il ? Oui, il nous montre son amour, mais si nous le rejetons, à quoi bon ? Rien de pire que de dire à quelqu'un : je t'aime, et d'entendre en retour : pas moi. Préparons les chemins du Seigneur, préparons notre coeur, rendons droits nos chemins : il vient, notre sauveur !
dimanche 8 décembre 2024
samedi 7 décembre 2024
Il est inconcevable qu'en paroisse on use de coercition pour forcer qui que ce soit à quoi que ce soit.
Dieu nous a donné le libre arbitre, et il joue le jeu : il tient compte de nos décisions et les respecte.
Certes, il aimerait qu'on l'utilise pour parvenir à la liberté, c'est à dire au choix du bien,
mais si on l'utilise pour devenir esclaves du péché, il nous laisse faire comme bon nous semble,
bien qu'il nous supplie tout au long des Écritures de choisir la vie, qui est à notre portée.
Toujours est-il que ce que Dieu a permis, l'homme ne peut l'interdire.
Forcer les gens à venir à la messe, par exemple en l'imposant comme condition sans concessions
pour obtenir des sacrements auxquels ils ont pourtant droit par volonté divine,
c'est un abus pur et simple.
Certes, on aimerait qu'ils profitent pleinement des dons de Dieu et qu'ils viennent le recevoir.
Mais s'ils sont trop faibles pour venir alors il faut, comme saint Paul, se faire faible pour les faibles,
afin de donner à tout le peuple de Dieu, même à ceux qui ne comprennent rien
ou qui n'ont pas les mêmes priorités que nous dans la vie,
l'opportunité de recevoir malgré tout les dons de Dieu.
Qui sait, peut-être qu'alors la grâce sera en mesure de donner à la nature le coup de pouce
dont nous avons tous besoin pour accomplir de notre mieux les commandements de Notre Seigneur ?
vendredi 6 décembre 2024
J'ai toujours eu une tendresse particulière pour le psaume 126 :
Si le Seigneur de bâtit la maison, les bâtisseurs travaillent en vain;
si le Seigneur ne garde la ville, c'est en vain que veillent les gardes.
En vain tu devances le jour, tu retardes le moment de ton repos, tu manges un pain de douleur :
Dieu comble son bien-aimé quand il dort.
Je trouve ça rassurant et réconfortant qu'au fond, tout dépende de Dieu.
Gloire à Dieu ! Tout est dans sa main, et il nous aime plus que nous ne nous aimons nous-même,
que pourrions-nous y ajouter, sinon nos actions de grâce ?
jeudi 5 décembre 2024
Reconnaître que l'on n'est pas Dieu, c'est la base d'une relation saine entre nous et lui.
Ça a l'air idiot, dit comme ça. On se dit : "bien sûr que je sais que je ne suis pas Dieu !",
et pourtant, combien de fois agissons-nous comme si tout dépendait de nous ?
Comme si, par exemple, le plan de Dieu ne pouvait être parfait sans nos efforts ?
Combien de fois ne pensons-nous pas que c'est de nous que dépend la vie de telle ou telle personne,
ou que personne n'est en capacité de faire aussi bien que nous dans tel ou tel domaine ?
Que nous sommes le salut de l'Église (oui oui, même ça, ça ne nous fait pas peur !),
ou que nos idées personnelles sont bien supérieures à celles de n'importe qui d'autre ?
Ah ça, prétendre que l'on sait parfaitement que l'on n'est pas Dieu, c'est facile à dire.
Reste encore à agir et penser, ensuite, comme si on était réellement convaincu de notre vraie place.
La dernière fois que j'ai vérifié, la place en question, si mes souvenirs sont bons, c'était :
tu es poussière, et tu redeviendras poussière.
Ou encore : L'homme ! Ses jours sont comme l'herbe, comme la fleur des champs, il fleurit;
dès que souffle le vent, il n'est plus, même la place où il était l'ignore.
mercredi 4 décembre 2024
La foi catholique est fondée sur les Saintes Écritures,
expliquées et vécues par les Pères Apostoliques et les saints et saintes, ce qu'on appelle la Tradition,
et par le magistère de l'Église, qui doit nécessairement être fidèle à la bible et à la Tradition.
Il n'y a aucunement besoin de révélations privées pour avoir l'intégralité de la foi catholique,
parce que celles-ci n'ajoutent rien, n'enlèvent rien et ne changent rien à la foi.
Elles en sont juste des illustrations données à des personnes privées pour leur édification personnelle,
mais dans la mesure où on savait déjà ce qui leur est montré,
ça n'a pas d'influence sur le dépot de la foi.
mardi 3 décembre 2024
Il ne viendrait à l'idée de personne, quand on attend un bébé, de ne rien préparer,
et d'attendre qu'il soit né pour se décider à acheter peut-être un berceau, des couches ou des habits.
Eh bien, nous attendons tous un bébé, qui va naître le 25 décembre.
Ne le laissons pas arriver nu et cru sans avoir rien préparé.
Multiplions les actes concrets d'amour de Dieu et du prochain, rien ne saurait lui faire plus plaisir,
afin qu'il puisse s'installer dans des coeurs moëlleux et confortables,
et que nous ayons en réserve pour lui la seule chose qu'il attend de nous,
notre amour pour répondre à son amour.
lundi 2 décembre 2024
On ne peut pas sauver quelqu'un qui ne veut pas être sauvé.
Peut-être arrivera-t-on, pour un temps, par la force, à faire quelque chose.
Mais dès que la personne retrouvera sa liberté, sa situation redeviendra comme avant.
Ça vaut pour les addictions ou les maladies, mais ça vaut aussi pour le péché :
si nous n'avons pas la bonne volonté de nous en sortir, Dieu ne peut pas plus nous aider
que nous ne pouvons aider ceux que nous aimons mais qui veulent s'auto-détruire.
dimanche 1 décembre 2024
Quelle est la différence entre quelqu'un qui ne peut pas supporter ceux qui ne sont pas comme lui,
et entre ceux qui ne peuvent pas supporter ceux qui ne peuvent pas supporter les autres ?
(je vous laisse du temps pour relire, parce que ces histoires mènent facilement à la confusion).
Réponse : aucune.
Dans les deux cas, on a des gens qui ont peur de la contradiction et de la différence,
et qui considèrent que tous ceux qui ne sont pas comme eux
ou que tous ceux qui ne pensent pas comme eux
ne devraient pas exister ou, à minima, ne devraient pas avoir droit à la parole.
Il faut vraiment être peu sûr de soi pour avoir une telle intransigeance, quelle que soit la cible visée.
samedi 30 novembre 2024
vendredi 29 novembre 2024
Tout ce que l'on fait dans l'Église,
on ne le fait ni pour une paroisse, ni pour un diocèse, ni pour l'Église,
parce que tout ça c'est des concepts, des mots.
Tout ce que l'on fait dans l'Église, on le fait pour Jésus Christ.
Il n'est pas une idée, une tradition ou une inspiration, mais une personne existante,
que l'on va rencontrer lors de son retour.
C'est de lui que nous sommes les serviteurs.
jeudi 28 novembre 2024
Autant dans la première lecture que dans l'évangile, on a des annonces qui glacent le sang. Ce n'est que destructions, terreur, désarroi, fuites, colère, épée, affolement... Remarque, ça fait ton sur ton avec les médias de notre époque. Bien sûr, ça ne concerne pas que notre époque. Des grandes détresses et des tribulations ahurissantes, le monde en a déjà connu. La destruction du temple de Jérusalem en 70, ça a dû être quelque chose. Les grandes épidémies de peste et de cholera qu'il y a eu au fil des siècles aussi. Alors par contre, ce qui est tout à fait saisissant, c'est la fin de l'évangile du jour : quand ces évènements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Dieu est présent même quand on a l'impression qu'il dort, comme Jésus dans la barque pendant la tempête. La rédemption n'est jamais très loin du châtiment. Par châtiment, je ne pense pas à une punition envoyée par Dieu, mais à la simple conséquence du péché de tous les jours : à force de vivre sans Dieu, sans écouter ses commandements, sans suivre sa Parole, au gré de notre fantaisie et de nos tentations, il nous arrive des bricoles, c'est inévitable. Celui qui a le "mode d'emploi" du monde, c'est son créateur. Il nous a transmis ce mode d'emploi par les prophètes, mais nous préférons bricoler le monde à notre guise, sans suivre les indications, sans faire confiance à celui qui l'a imaginé, voulu et créé. Si on monte un meuble Ikéa avec la même méthode, complètement au pif, surtout un qui serait bien compliqué, avec tout un tas de vis différentes et de bouts de contreplaqué de toutes sortes, il aura tôt fait de se retrouver par terre dès que l'on voudra s'en servir. Le monde, c'est pareil. On fait n'importe quoi et on s'attend à ce qu'il nous rende heureux et épanouis, mais ça ne marche pas comme ça. Heureusement, quand il voit qu'on ne s'en sort pas, Dieu, comme un bon Père qu'il est, reprend les choses en main et finit la construction lui-même. C'est ce qu'il a fait en détruisant la mort par la résurrection du Christ. C'est ce qu'il fera quand Jésus reviendra parmi nous pour régner définitivement sur le monde. Ne craignons pas les gesticulations du diable. Dieu a déjà gagné. Il nous reste juste à choisir notre camp.
mercredi 27 novembre 2024
La vie ici-bas semble n'être qu'une suite de problèmes à résoudre ou d'épreuves à survivre.
C'est vrai que ça nous tient occupés, on n'a pas le temps de s'ennuyer, mais vraiment,
si ce n'est pas trop demander, pour ma part j'aimerais autant qu'il n'y ait ni problèmes ni épreuves,
car il me semble que vivre sans batailles à gagner doit être tout à fait supportable.
mardi 26 novembre 2024
lundi 25 novembre 2024
Je ne connais pas de motif d'espérance plus puissant que l'évocation du Royaume de Dieu.
Tout d'abord parce qu'il est ineluctable : Dieu l'a annoncé, alors il va régner, quoi qu'il arrive.
Ensuite parce qu'avec Dieu pour régner sur l'univers, il y aura enfin de la justice et de l'amour.
Enfin parce que, pour y entrer, nul besoin d'études interminables ou d'exploits inatteignables :
il suffit de s'efforcer, de notre mieux, d'aimer Dieu et notre prochain comme nous-même,
et la force pour l'accomplir ne vient même pas de nous mais de Dieu, de toutes façons.
Tout ce qu'il nous demande, c'est notre bonne volonté, notre oui, notre confiance en lui.
J'ai hâte qu'il arrive, parce qu'honnêtement, ce monde d'ici-bas, on s'en lasse assez vite.
dimanche 24 novembre 2024
On ne peut pas à la fois être disciple du Christ et agir en despote.
Ce sont deux attitudes absolument incompatibles, parce que de toute évidence,
toute trace d'autoritarisme rend inaudible le message d'amour de Dieu et du prochain.
Or, comment être disciple si on ne peut pas transmettre les enseignements de son maître,
et à fortiori si on n'est pas capable de les mettre en pratique soi-même ?
samedi 23 novembre 2024
Tiens, un collègue prêtre m'a fait une remarque à laquelle je n'avais jamais pensé.
Il m'a dit que, quand il était jeune prêtre, il pensait qu'il fallait que l'Église soit pauvre,
pour être fidèle au Christ, tout ça.
Et en vieillissant, il s'est rendu compte qu'en fait, si elle voulait pouvoir agir librement,
il fallait tout de même qu'elle ait des moyens, sans quoi elle se faisait marcher dessus.
L'idée est intéressante, parce qu'en effet, si elle veut que son enseignement puisse être donné,
il faut bien qu'elle puisse exister socialement, et pour ça elle a tout de même besoin de fonds propres.
Après, bien sûr, il ne faut pas non plus qu'elle devienne excessivement riche,
on voit ce que ça donne avec l'Église Allemande qui n'a plus aucune obéissance à l'Évangile
parce qu'elle pense qu'avec les moyens qu'elle a, elle peut parfaitement se passer du Christ,
réinventer la religion catholique selon les modes du monde actuel
et en plus l'imposer à l'Église universelle sans devoir rendre de comptes à personne.
vendredi 22 novembre 2024
jeudi 21 novembre 2024
Je suis toujours surpris quand je rencontre des gens qui vont peut-être à la messe
une fois ou deux dans l'année, et encore, la plupart du temps c'est moins,
et qui sont certains qu'ils sont "dans les clous", qu'ils sont pratiquants, pis bon "ils sont croyants", quoi.
Bien sûr, si je leur demande qui est Jésus, ils n'en savent pour ainsi dire rien,
et si je creuse leur foi sur quelques cms j'arrive vite au bout de leurs connaissances religieuses.
En même temps, ça ne devrait plus m'étonner : quand on manque de quelque chose,
à fortiori quand on en a manqué toute sa vie, comment savoir même que ça nous manque,
puisqu'on n'a jamais expérimenté ce que c'était que de l'avoir ?
L'ingérence en terme de foi de ceux à qui on ne l'a jamais transmise à la base est hélas logique.
mercredi 20 novembre 2024
Si on n'aime rien de ce que l'on fait dans notre vie, si rien ne nous semble plaisant,
alors c'est qu'on ne fait probablement pas ce que l'on devrait.
Dieu ne nous a pas créés pour que nous passions notre vie à nous ennuyer, à être tristes ou énervés.
Si nous sommes dans cet état, c'est qu'il y a quelque chose que nous faisons mal.
Il y a de fortes chances que nous ne prenions pas assez de temps pour l'amour de Dieu et des autres
qui, seuls, sont capables de donner tout son sens à la vie humaine.
mardi 19 novembre 2024
Pour comprendre les prophètes qu'il y a dans la bible,
il faut tous les lire, déjà, pour commencer.
Ils utilisent des images qui, en leur temps, étaient compréhensibles pour tout le monde.
Mais comme nous n'avons pas naturellement les références pour les comprendre,
la meilleure chose à faire est encore de tout lire et ainsi, petit à petit, tout naturellement,
la bible finit par s'expliquer par elle-même.
À fortiori quand c'est une version qui a des commentaires comme la Bible de Jérusalem,
ça aide, tout de même, il faut bien le reconnaître.