La gratuité est paradoxalement l'une des valeurs les plus sous-cotées qui soit,
parce que ça vaut beaucoup plus que tout l'argent du monde.
Je ne sais pas comment font les gens qui ne croient pas en Dieu pour vivre.
Avec la foi en Dieu, la vie n'est pas plus facile, mais elle a un sens.
Quand on ignore l'existence de Dieu, sa personnalité ou son plan pour nous,
on doit vraiment avoir l'impression que l'existence humaine n'a ni queue ni tête.
Être païen, c'est assez simple, il suffit d'adorer n'importe quoi d'autre que Dieu,
qu'il s'agisse de la nature, du foot, d'une star, des rognons sauce madère ou du whisky 30 ans d'âge.
Par contre, il faut être drôlement futé pour être athée.
Il ne faut adorer ni Dieu ni personne, ni rien ni quoi que ce soit, en rigueur de terme.
C'est pour ça d'ailleurs que ceux qui se disent athée, bien souvent,
ne font en fait que rejeter les principales religions et les définitions de Dieu qu'elles donnent.
Mais au bout du bout, ils adorent quand même quelque chose,
quand bien même il ne s'agirait que de leur vie personnelle,
ou de la liberté de pensée érigée en absolu indépassable.
Durant cette vie terrestre, on ne peut pas gagner la guerre contre le péché,
on peut juste gagner des batailles.
La victoire définitive revient au Christ et à ceux qui lui appartiennent.
Il est donc plus important de se préoccuper de ne jamais s'éloigner de lui,
plutôt que de perdre son temps à se contempler le nombril pour voir si on est satisfait de soi.
Rechercher la sainteté par narcissisme,
juste pour pouvoir se regarder dans la glace en s'aimant un peu plus parce qu'on se trouve parfait,
ça ne peut pas marcher.
On ne devient pas saint pour soi ni en passant son temps à se regarder,
mais en aimant Dieu et son prochain.
Il ne s'agit donc pas d'être concentré sur soi-même, en comptant ses défauts ou ses qualités.
Bien au contraire, il faut sortir de soi pour ne s'intéresser, et sincèrement en plus, qu'aux autres.
L'amour de Dieu pour nous, ce n'est pas juste une phrase ou une vue de l'esprit.
C'est Jésus crucifié, qui prie Dieu : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".
Le Fils de Dieu a donné sa vie pour nous, rien de moins.
C'est à ceci que nous devons tendre, si nous prétendons nous aimer les uns les autres.
Ce qui caractérise les saints, ce n'est pas leur perfection, mais leur opiniâtreté :
quels que soient leurs défauts ou les péchés qu'ils commettent,
ils reviennent toujours bien vite demander sincèrement pardon à Dieu,
et ils refusent de le considérer comme leur ennemi, quoi qu'il puisse leur arriver.
Si l'Église fête aujourd'hui tous les saints, et demain tous les morts, c'est parce qu'il ne suffit pas d'être mort pour être saint. Entendons-nous bien sur ce que signifie être saint, d'ailleurs : il ne s'agit pas nécessairement d'être dans le calendrier, d'avoir une fête liturgique en son honneur, ou son nom cité au cours de la messe. Dieu seul est saint, déjà, pour commencer. C'est la base, que nous rappelle Jésus. Être saint, c'est aimer, et Dieu seul est la perfection de l'amour, puisque l'Amour, c'est son être même. Seul Dieu est un don de soi permanent, éternel, incréé, le Père se donnant tout entier en engendrant le Fils, qui se donne tout entier au Père dans l'obéissance, l'Esprit Saint étant ce don d'amour qui circule depuis toujours et pour toujours du Père vers le Fils et du Fils vers le Père, selon la nature unique qui est la sienne. Alors, ça veut dire quoi, être saint, si ça ne concerne que Dieu ? Eh bien, dans la toute puissance de sa miséricorde infinie, il a voulu faire participer une créature à son amour, et la créature, coup de bol, c'est nous. Nous avons été créés par amour, pour vivre de et dans l'amour, pour l'éternité. Bon, le paramètre hasardeux, c'est le fait qu'il ne saurait y avoir d'amour véritable sans qu'il ne soit librement reçu et donné. Il ne peut être ni forcé, sinon c'est du viol, ni acheté, sinon c'est de la prostitution. Nous avons donc été créés libres, et libres non seulement d'accepter l'amour de Dieu mais aussi de le rejeter, grâce à une capacité unique que l'on appelle le libre arbitre. Dieu, connaissant mieux que personne tout l'intérêt qu'il y a à aimer, pensait que nous l'utiliserions pour le bien, dans la confiance en son amour pour nous, et en sa volonté de nous donner ce qu'il avait de meilleur. Mais il y a eu le grain de sable, en la personne du diable, qui nous a fait douter de ses intentions, et nous a incités à décider par nous-mêmes de ce qui était bon ou mauvais pour nous. N'étant pas équipés pour une telle entreprise, la nature humaine, rien de moins, a été blessée et vit depuis lors dans une confusion qui rend compliqué pour chacun d'entre nous de séparer ce qui est bien de ce qui est mal, ce qui est la volonté de Dieu de ce qui n'est que la nôtre.
Mais revenons à nos moutons. On parlait des saints. Alors un saint (ou une sainte, bien évidemment), c'est quelqu'un qui a découvert Dieu (dans le cas des chrétiens, quelqu'un qui a découvert le Christ, Dieu parmi nous), qui l'a écouté, l'a pris au sérieux, et s'est efforcé de suivre ses enseignements et d'imiter sa vie, au mieux de ce que les circonstances de sa propre vie lui permettent. S'étant efforcé d'aimer Dieu et son prochain comme lui-même, il devient ami de Dieu et, après cette vie terrestre, poursuit cette même vie là où demeure le Christ réssuscité, dans l'attente de la résurrection finale et de l'avènement définitif et effectif du Royaume de Dieu. Être saint, c'est aimer Dieu sur terre, au point que même la mort ne peut nous séparer de lui : au contraire, elle rend définitif un choix qui, ici-bas, pouvait toujours être sujet au changement, à l'abandon ou à la trahison, mais qui dans l'éternité devient gravé dans le marbre, si l'on peut dire, l'absence de temps scellant pour toujours notre décision.
On le voit, il ne suffit pas de naître pour être saint. Ou d'être baptisé. Ou de venir à la messe. Tout ceci est indispensable (en tous cas, si quelqu'un connait une autre route qui mène de façon certaine au Royaume de Dieu, qu'il la fasse breveter, il va devenir riche), mais ce n'est que le terreau où doit pousser l'amour de Dieu et du prochain, incarné par le don de soi, dans tous les aspects, privés et publics, de notre vie. Nous sommes libres, le choix nous appartient. Alors, pour ou contre l'amour en Jésus Christ, et la confiance en sa parole ? Nous avons toute notre vie terrestre pour nous décider. Mais pas plus. La vie éternelle ne sera que la conséquence logique et inéluctable des actes engendrés par ce choix, et de la réponse que nous lui donnons chaque jour que Dieu fait.
Le diviseur, le diable, semble se déchainer comme jamais à notre époque.
Femmes contre hommes, racisme, communautarisme, nationalismes, émigrations massives,
progressistes contre traditionnalistes, droite et gauche, jeunes contre vieux, etc etc...,
que ce soit sur les réseaux sociaux ou dans la vie courante,
tout le monde semble devoir être opposé à tout le monde,
dans une espèce de bouquet final de l'individualisme forcené né au siècle passé.
Ce qui est étonnant, c'est que ceux qui passent leur temps à diviser l'humanité
pensent tous, sans exception, être dans le camp du bien.
Alors que ce soit clair : le bien, tel que Jésus le définit, c'est aimer son prochain comme soi-même,
pas haïr par principe toute personne qui ne penserait pas ou n'agirait pas comme soi-même.