On ne peut pas tout bien faire au cours de notre vie.
Mais on n'est pas obligé pour autant de ne rien faire de bien.
Si on rate des choses, au moins qu'on se rattrape sur d'autres,
en fonction des capacités et des facilités de chacun.
Derrière tout péché se trouve le diable, de près ou de loin.
Ce n'est pas un déni de responsabilité, parce qu'on collabore au péché,
mais il n'y aurait rien à collaborer s'il ne nous tentait pas d'abord.
C'est pour ça que l'ennemi, c'est toujours le diable, en définitive,
même s'il est compréhensible d'en vouloir à ceux qui ont collaboré avec lui.
C'est marrant, au séminaire, l'une des premières choses qu'on nous apprend,
c'est qu'il est plus important "d'être" que "d'agir", en particulier quand on est prêtre.
Mais quand on sort du séminaire, c'est la première chose qu'on oublie,
et on se met à courir dans tous les sens comme des canards sans tête.
Les catholiques, on a tendance à se croire un peu au-dessus des autres.
"Si on croit à l'eucharistie, on n'a pas à avoir peur du virus !"
"Tout ce qui est fait est spécifiquement contre nous, pour empêcher la liberté de culte !"
"Faisons des pétitions pour imposer le retour de la messe publique malgré le confinement !".
Voilà quelques-unes des choses que l'on entend crier, ces temps-ci,
je dis "crier" parce que ceux qui défendent ces thèses sont très bruyants, voire agressifs.
On passe notre temps à prêcher sur l'importance de la vertu d'obéissance.
Mais visiblement, quand il s'agit de la mettre en pratique, vu qu'on est plus malins que tout le monde,
on ne se sent pas concernés par ce qui est décidé par quelqu'un d'autre que nous
pour le bien de tous.
Pourtant, ceux qui ne prétendent pas vivre dans l'humilité, contrairement à nous,
le mettent en pratique avec bien plus de docilité, alors que ça ne les arrange pas plus que nous.
Le catéchuménat n'est pas une science exacte.
Beaucoup de diocèses ont établit des temps de préparation standardisés, en général 3 ans,
mais quand quelqu'un vient envoyé par Jésus ou par l'Esprit Saint,
poussé par un besoin impérieux de les recevoir en plénitude,
alors je ne vois pas l'intérêt de le faire attendre plus longtemps qu'il ne le faut,
après lui avoir donné une catéchèse suffisante
et avoir vérifié l'honnêteté de sa demande par sa participation assidue à la messe.
Avoir assez d'argent pour vivre, c'est une chose.
Mais se mettre au service de l'argent, en lui sacrifiant notre vie personnelle, nos relations,
notre temps, nos pensées, notre paix intérieure, nos valeurs morales, etc etc...
c'en est une autre.
Être au service de l'argent n'est pas exactement la voie royale qui mène au Paradis.
La plus grande difficulté qu'on a pour suivre notre conscience et ce qu'on croit être moral ou pas,
c'est l'énorme capacité d'adaptation de l'humanité pour tout ce qui est nouveau.
Quelque chose peut avoir été considéré comme immoral ou amoral pendant des millénaires,
pour peu que quelqu'un insiste un peu pour montrer qu'on s'était trompés,
et insinue que tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont des arriérés primitifs,
et hop, on change de façon de penser comme si de rien n'était.
Et ce qui vaut pour l'Histoire en général vaut pour l'histoire de chacun lors de sa croissance.
Je ne dis pas que tout ce qu'on a toujours cru est vrai ni nécessairement bon,
mais je dis qu'il ne faut pas suivre aveuglément toute nouvelle façon de penser,
surtout quand elle s'oppose à ce qu'on a toujours considéré comme moralement juste,
pour la seule et mauvaise raison que c'est nouveau et que quelqu'un cherche à nous l'imposer
comme la nouvelle normalité.
Le prêtre qui célèbre la messe n'est pas là pour plaire à l'assemblée,
mais pour célébrer le renouvellement du sacrifice non sanglant du Christ.
Je comprends bien que certains soient plus au goût de la communauté que d'autres.
Mais peu importe que le célébrant soit plus ou moins apprécié,
tant qu'il accomplit fidèlement ce pour quoi il est là.
Pourquoi est-ce que Dieu nous laisse nous dépatouiller tous seuls face à nos problèmes ?
Parce qu'il nous a donné une intelligence, une volonté et un libre arbitre pour les régler.
Ce n'est pas pour nous les enlever à la première occasion en faisant tout à notre place,
comme si on était des enfants un peu simplets, incapables de gérer quoi que ce soit par eux-mêmes.
Un chef, supérieur, responsable, etc... qui n'a strictement aucun sens de l'humour,
oh, la chose est dangereuse.
Ils ont tendance à prendre vraiment au sérieux leur charge et leur valeur,
et c'est ce qui incite d'ailleurs à leur confier des postes de responsabilité.
Mais sans aucun sens de l'humour, il leur est difficile de ressentir de l'empathie,
encore moins de la miséricorde, de la grandeur d'âme, de la compréhension ou de la générosité,
toutes ces qualités qui font qu'on n'est pas obéi avec une rigidité toute militaire, peut-être,
mais qu'on est suivi de bon coeur et généreusement par des personnes reconnaissantes,
qui iraient n'importe où derrière ceux qui les traitent avec humanité.
Ça fait des decennies qu'on s'efforce de tenir les structures d'une Église qui n'existe plus.
Oh, l'Église existe encore, bien sûr. Mais pas l'Église triomphante, qui occupait l'espace public,
et dont les rites, les enseignements ou les activités étaient connus de tous, croyants ou non.
On est aujourd'hui à une époque du "petit reste", en tous cas en Europe.
Ce n'est pas bien grave, c'est quelque chose de courant dans l'histoire biblique, ces époques.
Mais passer son temps à s'occuper de propriétés foncières qu'on n'utilise plus
ou multiplier les services diocésains, et donc les prospectus ou les demandes aux paroisses,
ça n'a pas de sens. On ferait mieux d'alléger la structure au maximum,
pour ne pas enfouir ce qu'il reste des paroisses sous des tonnes de paperasse devenue inutile.
Il y a beaucoup de baptisés non-pratiquants qui sont tellement éloignés de la foi chrétienne,
qu'ils pensent que les pseudo-liturgies profanes qui ont lieu dans les crématoriums
valent la même chose que de passer à l'église,
parce que tout ce qu'ils veulent, c'est un hommage, une célébration du souvenir.
Le fait de prier pour leurs morts pour les accompagner sur le chemin de la Vie Éternelle
et d'intercéder en communauté pour leur salut devant Dieu leur échappe totalement.
Quand la personne décédée avait, elle, la foi, c'est encore plus triste
de ne pas lui concéder une mort en présence de Dieu.