La sainteté ne consiste pas à être parfait,
mais à être le plus parfaitement près du Christ que l'on peut.
Le critère le plus important dans la reconnaissance de "révélations" mystiques,
c'est qu'elles ne doivent rien nous apprendre qu'on ne sache déjà
par les Saintes Écritures, la Tradition et le Magistère.
Du coup, plutôt que de courir derrière tel ou telle mystique,
et de s'écharper sur l'authenticité de telle apparition ou de tel phénomène discutable,
n'est-il pas plus sage d'étudier calmement les Saintes Écritures, la Tradition et le Magistère ?
Il est très facile de se laisser polariser par un camp contre un autre,
quelles que soient les idées défendues de part et d'autre.
Il faut faire attention à cette dérive : quel que soit le camp pour lequel on prend parti,
on ne trouvera jamais une vérité pure en niant systématiquement la validité de tout argument
pour la seule raison qu'il ait été émis par le camp d'en face.
Ce n'est pas en luttant les uns contre les autres qu'on trouve la vérité,
mais en luttant tous ensemble contre l'ignorance.
Quelque chose m'a toujours frappé dans l'évangile de la fête de l'épiphanie. Les mages sont des étrangers venus d'orient, qui n'ont pas la bonne religion (ils suivent la course des astres, ça ne fait pas très sérieux), et qui ne sont donc pas censés attendre un quelconque messie. Cependant, ils ont fait le voyage, et si on prend au sens littéral la prophétie du psaume 72, ils viennent de tarsis et des îles, de Saba et de Seba. Cette prophétie a été associée à ces personnages, puisqu'on en a fait des rois mages, le psaume parlant de rois alors que l'évangile ne parle que de mages. Bref, de toutes façons, ce sont des païens. En opposition, on voit intervenir les grands prêtres et les scribes, les spécialistes du Dieu révélé à Abraham, Isaac et Jacob, ceux qui savent qui est le vrai Dieu. Et c'est vrai qu'ils connaissent leurs écritures saintes : ils savent parfaitement que le messie doit naître à Bethléem. Ils connaissent aussi le psaume 72, et peuvent ainsi interpréter la venue de ces mages comme un signe de la venue du messie. Ils connaissent donc le lieu, et maintenant, le temps où doit naître ce messie promis depuis des siècles, et que tout le peuple attend sans se lasser. Et pourtant, personne ne bouge le petit doigt. Enfin si : Hérode veut faire assassiner ce bébé au plus vite, pour éviter de se faire piquer sa place. Pour ce qu'il en a compris, ce messie doit devenir un roi au sens classique du terme, et c'est une menace pour son autorité. Il a déjà fait assassiner sa deuxième femme, son beau frère et deux de ses fils, nous apprend Flavius Josèphe, ce n'est pas pour laisser un inconnu lui prendre son trône. Quant aux chefs des prêtres et aux scribes, que font-ils ? On n'en sait rien. Pas grand chose, apparemment, puisque Matthieu ne juge même pas nécessaire d'en parler. De toutes façons, ils sont trop inféodés au pouvoir pour s'opposer à la volonté du roi qui leur permet d'avoir une influence importante et des places d'honneur au milieu du peuple.
Ce qui compte ici, et qui conduit à une attitude respectueuse et aimante, ce n'est pas l'origine, la formation ou les connaissances en écritures saintes, mais bien l'honnêteté et le respect profond que ces mages ont envers Dieu. Ils ne le connaissent pas, et pourtant ils le respectent déjà. Ils lui apportent leurs personnes et leurs biens, impatients de remettre leur vie entre les mains de cet envoyé divin.
Être né dans une famille chrétienne, c'est une chance : on connait le messie et le plan de Dieu. Mais si on n'est pas remplis d'amour de Jésus et de docilité à sa Parole, ça ne mène nulle part : c'est l'amour de Dieu qui mène au salut, pas la simple connaissance de son existence.
Le commencement de l'évangile selon saint Jean ne laisse aucune place au doute :
Jésus est le Verbe de Dieu, Dieu lui-même, sans qui rien ne s'est fait.
Que l'on puisse prétendre être chrétien tout en niant la divinité de Jésus est donc sidérant,
à fortiori quand on prétend connaître mieux que les catholiques les Écritures Saintes.
Je dis cela pour les sectes inspirées du christianisme, comme par exemple les témoins de jehovah.
Tout le monde n'a pas la vocation particulière de consacrer toute sa vie à Dieu,
mais il est essentiel qu'il y ait des baptisés qui aient cette vocation,
pour qu'ils puisse rappeler à ceux qui vivent dans le monde
le chemin qui mène au Royaume de Dieu et les priorités de la vie chrétienne,
quelle que soit la vocation personnelle de chacun.
On ne connait jamais ce qu'il y a dans le fond du coeur des autres,
même quand on les aime beaucoup.
Comment le pourrait-on, alors qu'on ne sait même pas parfaitement
ce qu'il y a au fond de notre propre coeur,
et qu'on ne cesse de le découvrir, tout au long de notre vie,
au gré des circonstances auxquelles on est confronté de gré ou de force ?
Tant qu'on n'a jamais été confronté à la peur, à la maladie ou au malheur, par exemple,
comment savoir si on est courageux ?
On peut supposer qu'on le sera mais, en vérité, on n'en sait rien.
De la même façon, prétendre connaître parfaitement quelqu'un d'autre,
c'est tenir pour vrais des à-priori dont on ne sait pas s'ils vont résister à l'épreuve de la réalité.
Tiens il y a une petite pensée américaine que j'aime beaucoup : "life is hard, then you die".
Ce qui signifie : "la vie est dure, et après on meurt".
Ça résume assez bien la vie de ce monde, qui est sous le règne du péché.
Bien sûr, pour compléter, il faudrait ajouter qu'après on ressuscite, et que la vie est douce
tant qu'on ressuscite dans le royaume de Dieu.
Jusqu'à notre époque, beaucoup de monde avait du mal à croire
à ce qu'ils ne pouvaient pas voir de leurs propres yeux.
Maintenant, avec toutes les vidéos et photos montées de toutes pièces ou montrées hors contexte
qui circulent sans interruption dans les réseaux sociaux,
on a même du mal à croire à ce qu'on voit.
Ça m'a toujours impressionné que le premier réflexe de Marie après la visite de l'ange
ait été d'aller vivre chez sa cousine Élizabeth pour l'aider dans ses derniers mois de grossesse.
Voilà une femme toute tournée vers les autres et qui ne pense pas à elle-même.
J'ai connu beaucoup de chrétiens avec la même caractéristique, qui n'a rien d'évident :
les personnes qui font tout pour les autres sans attendre qu'on leur demande,
tout le monde considère leur générosité comme un dû.
Mais si un jour elles-même sont dans le besoin ou malades,
il n'est pas rare de constater que personne ne bouge le petit doigt pour les aider.