"C'était mieux avant", ça me fatigue, comme remarque.
C'est fondamentalement faux.
Avant, il y avait aussi le péché, pas vrai ?
Alors croire que tout allait mieux, c'est parfaitement illusoire,
et ce n'est qu'un effet de mémoire sélective.
Quelle est la responsabilité de l'Esprit Saint dans une élection papale ?
Selon celui qui était alors Mgr Ratzinger, car c'était avant son élection :
"L'esprit ne prend pas vraiment le contrôle de la situation, mais plutôt, comme un bon éducateur,
nous laisse beaucoup d'espace, beaucoup de liberté, sans nous abandonner complètement.
Par conséquent, le rôle de l'Esprit doit être compris dans un sens beaucoup plus élastique,
et non pas comme dictant pour quel candidat voter.
La seule sécurité qu'il offre est probablement qu'on ne peut pas tout gâcher.
Il y a beaucoup d'exemples de papes que le Saint Esprit n'aurait clairement pas choisis."
(in "Rien d'autre que la vérité", Georg Gänswein, ed.Artège, p. 59-60)
Tout n'a pas la même valeur dans ce en quoi croient les chrétiens.
On n'est pas obligés de croire que la sainte Vierge soit jamais apparue nulle part, par exemple.
Ça ne remet absolument pas en question la Foi, parce que ce n'est pas contenu dans le dogme,
même s'il n'est pas déraisonnable de croire qu'elle soit apparue là où, après enquête,
l'Église a officiellement confirmé ses apparitions.
Par contre, ne pas croire qu'elle est l'Immaculée Conception,
qu'elle est véritablement la Mère de Dieu,
et qu'elle est montée au Ciel en corps et âme à la fin de sa vie,
c'est ne pas avoir la Foi chrétienne et renoncer à faire partie pleinement de l'Église du Christ.
Je suis très heureux du scepticisme de saint Thomas.
Ça montre qu'il n'était pas un illuminé prêt à courir après n'importe quelle nouvelle,
comme on le trouve beaucoup trop de nos jours avec des gens qui s'excitent
dès qu'un soit-disant mystique voit la vierge ou prédit l'avenir sur internet.
La foi chrétienne, ce n'est pas de croire n'importe quoi à la première occasion.
Elle est basée sur la foi des apôtres qui ont vu, touché, écouté et mangé avec Jésus ressuscité.
Merci saint Thomas, grâce à toi, ma foi est aussi solide que l'était ton incrédulité première !
Le texte anonyme qui dit "Dieu n'a pas de pieds, je serai ses pieds,
il n'a pas de mains, je serai ses mains, etc etc" m'a toujours paru parfaitement idiot,
parce qu'il oublie un détail qui a changé la face du monde : Dieu s'est fait homme.
Et Jésus a des pieds, des mains, des lèvres, et tout ce qu'il faut pour avoir, seul, sauvé le monde,
ce qu'aucun d'entre nous n'aurait jamais pu accomplir en aucune façon,
parce que c'est la seule personne au monde qui soit à la fois de nature divine et humaine.
Quand comprendrons-nous enfin que c'est lui qui nous donne l'être, la rédemption, la vie éternelle,
bref tout ce que nous sommes et tout ce dont nous avons besoin,
et que ce n'est pas, que ça n'a jamais été, et que ça ne sera jamais le contraire ?
Acceptons de bon coeur ce qu'il nous donne, rendons-lui en grâce, ouvrons-lui notre coeur,
et efforçons nous de vivre comme il nous l'a enseigné l'amour de Dieu et du prochain.
Ça, d'accord, il ne peut pas le faire à notre place, c'est à chacun de nous de l'accomplir.
Mais c'est là que commence et s'arrête notre participation au Salut qu'il nous a donné.
C'est pour nous que Dieu nous donne une vocation personnelle,
parce qu'elle donne un sens à notre vie et nous enrichit.
Ce n'est pas pour lui, comme s'il avait besoin de notre aide en quoi que ce soit,
parce que tout ce qu'il veut, il le fait, avec ou sans nous.
Il n'a pas attendu notre aide ni notre avis pour créer l'univers à partir de rien.
Et penser que Dieu attend notre aide pour que le monde tourne rond,
je ne sais pas si c'est de la naïveté, de la prétention ou juste de la folie.
Il fut une époque, il n'y a pas si longtemps, où la mode était à l'Église enfouie dans le monde.
Il ne fallait plus parler du Christ, mais montrer l'exemple, en se contentant de vivre la charité,
et en faisant disparaitre tout signe extérieur de vie religieuse ou d'appartenance à la foi chrétienne.
C'était une idée un peu bancale à la base, parce que le christianisme n'est pas juste une action,
mais aussi une connaissance et une pratique liturgique, choses qui ont été volontairement écartées.
Résultat des courses, l'Église s'est faite tellement discrète que beaucoup pensent qu'elle n'existe plus.
Avoir une Église triomphante n'est ni souhaitable, ni possible, de toutes façons.
Mais entre le triomphe ou la disparition totale du domaine public, il y a sans doute de la place
pour un entre-deux, qui ose à nouveau annoncer Jésus-Christ au grand jour,
sans oublier de le prier en Église et à l'église, de lire et d'étudier la bible et le catéchisme,
tout en gardant le bénéfice (qui a toujours existé de toutes façons au cours de l'histoire de l'Église)
d'une mise en pratique concrète du service de la charité chrétienne.
Je ne vois rien, dans ce qui nous déshumanise, qui soit bon.
Tout ce qui voit les humains comme des ressources, des instruments, des moyens, des choses,
n'a au final d'autre but que de justifier qu'on puisse les utiliser, les manipuler ou s'en débarasser.
Et ça marche très bien : appellez par exemple un bébé un foetus, voire un amas de cellules,
et vous pouvez vous en débarasser sans la moindre mauvaise conscience.
Appellez-le votre bébé, votre enfant, votre petit garçon ou votre petite fille, et vous ne pouvez plus.
On a tous envie d'être un héros, peut-être et surtout vis à vis de soi-même.
Mais être chrétien, c'est accepter de ne pas avoir le premier rôle, et même de ne pas être sur l'affiche.
Il n'y a qu'un sauveur de l'humanité, ce n'est pas et ça ne sera jamais nous.
Et c'est une grâce : la place de celui qui accepte de se laisser sauver, sans y être pour rien,
c'est en réalité la seule qui corresponde aux pécheurs que nous sommes.
Celui qui a fait appel à la miséricorde de Jésus, alors qu'il était crucifié avec lui, l'a bien compris.
Pour avoir une vie chrétienne complète,
nous avons besoin d'avoir de la proximité avec la Parole de Dieu,
avec la recherche constante et concrète d'amour de Dieu et du prochain,
et avec les sacrements, sans lesquels tout risque de rester à l'état d'idée,
sans passage entre ce que l'on croit et le fait de le vivre dans le monde réel.
Face à Dieu, il n'y aura aucune place pour l'orgueil, la fierté ou la suffisance.
Nous avons toute notre vie pour nous entrainer à être véritablement humbles.
La tache n'est pas aussi simple qu'elle peut en avoir l'air,
et elle ne va certainement pas se faire sans un grand nombre d'efforts quotidiens.
La vocation personnelle n'est qu'une façon particulière de vivre notre vocation chrétienne,
mais nous, les chrétiens, partageons tous l'origine commune du baptême,
et nous allons tous vers notre but commun qui est le Royaume de Dieu.
Seule la façon d'aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même varie.