Il n'y a pas 150 dieux, il n'y en a qu'un,
et ouf, coup de bol, il nous aime.
Il y a un combat chrétien, oui : il faut avoir le cran de tenir pour Dieu devant le monde.
Mais ce n'est pas un combat idéologique, il ne s'agit pas d'imposer quoi que ce soit à personne.
C'est un combat contre la tentation de renier Dieu, et d'agir comme si on ignorait sa Parole.
Et on n'est pas seuls pour vaincre cette tentation : on a l'Esprit Saint de notre côté.
Ça m'a toujours semblé bizarre que pour beaucoup de monde,
"la grande question" c'est de savoir si on est "seuls" dans l'univers.
D'abord, seuls à plusieurs milliards, c'est une question étrange.
Ensuite, seuls, non, il y a Dieu et une multitude d'anges, sans parler du Royaume de Dieu.
Alors d'accord, c'est au-delà de l'univers, mais enfin tout de même,
s'il y en avait que ça inquiète, non, on n'est pas "seuls".
Il faut toujours considérer la possibilité, quand quelqu'un dit du mal de nous,
que ce n'est pas nécessairement une injustice ou une méchanceté venue de son mauvais fond,
mais qu'il est possible qu'on l'ait mérité par nos paroles ou par nos actes,
même si on a agit ou parlé sans mauvaise intention ou sans se rendre compte qu'on faisait mal.
J'ai toujours pensé que les apôtres avaient agit sagement
quand ils ont décidé d'ordonner des diacres permanents
pour s'occuper des affaires temporelles de l'Église.
Les prêtres, pour prêcher et pour les affaires pastorales, sacrementelles et liturgiques.
Les diacres permanents, pour administrer les affaires économiques, et rien d'autre.
Ça ne serait pas une mauvaise idée que les choses soient aussi claires encore maintenant.
J'aime bien que saint Paul n'ait pas hésité à s'opposer à Pierre quand celui-ci avait mal agit.
L'Église a été confiée à Pierre et à ses successeurs, mais ça n'en fait pas un surhomme.
Il peut se tromper, comme tout le monde.
Et ce qu'il lui faut, comme à tous les hommes à qui une grande responsabilité a été confiée,
ce n'est pas une cour qui lui dit toujours qu'il est le meilleur et que tout ce qu'il fait est génial,
mais des personnes suffisamment vaillantes pour lui dire franchement quand il agit de travers.
Tiens j'ai entendu parler l'autre jour d'un soi-disant Jésus de Sibérie qui a été arrêté.
Ce policier municipal au chômage a commencé à prêcher pour lui-même il y a 20 ans
en disant que Jésus n'était pas le Fils de Dieu,
puis après il a dit que finalement Jésus réincarné c'était lui bla bla bla.
Alors pour tous ceux qui pourraient avoir le moindre doute,
toute personne prêchant que Jésus n'est pas le Fils de Dieu, ça s'appelle un Antichrist.
Saint Jean en parle dans son Apocalypse, et le moins que l'on puisse dire,
c'est que les antichrists ne sont pas ses amis.
On a déjà un sauveur. Pas la peine de s'exciter et de courir voir tous ceux qui se prennent pour lui.
Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus a donné l'impulsion d'un tournant dans l'Église.
Grâce à l'intuition profonde qui était la sienne, on est passés de la recherche de la sainteté
à coups de vexations, d'humiliations, de pénitences imposées et d'exigences de toute sorte
à une sainteté basée sur l'amour du prochain dans les grandes et les petites choses,
dans tous les détails habituels de la vie de tous les jours.
Elle a enlevé une grosse couche de poussière janséniste qui était restée dans l'Église,
et a permis à tous de revenir à l'intuition toute simple des Évangiles.
Jésus n'est pas juste "le fils du patron", comme le disait Albert Dupontel dans un sketch.
Il est celui à qui tout a été donné, parce qu'il s'est montré fiable dans les petites choses.
Oui, la croix est une petite chose comparée au poids infini de gloire qui lui a été confié,
et pourtant, quand il y a été confronté, c'est la plus difficile des choses qui lui soit jamais arrivée.
Il ne faut pas oublier que Jésus est vrai Dieu, certes, mais aussi vrai homme :
c'est donc à un homme, le premier d'entre nous, certes, mais l'un d'entre nous tout de même,
que l'univers et tout ce qu'il contient a été donné.
La générosité de Dieu envers ceux qui ont supporté l'épreuve avec lui
n'est-elle pas extraordinaire, et digne des quelques efforts qu'il nous demande ?