Crier sur quelqu'un n'est jamais un signe d'autorité et de force.
Bien au contraire, ça montre une incapacité à maîtriser ses émotions et à gérer ses frustrations.
C'est amusant cette excuse qu'on entend parfois en confession : "tout le monde le fait".
Alors non, tout le monde ne fait pas les mêmes péchés, ni les mêmes bonnes actions d'ailleurs.
Je comprends le besoin de se sentir moins seul devant le jugement de Dieu,
mais ça ne justifie pas de mettre tout le monde dans le même panier, parce que c'est un mensonge.
Il semblerait que beaucoup de gens ne soient capables de voir tout ce que leur vie a de bon
qu'une fois qu'ils l'ont perdu irrémédiablement.
Ouvre les yeux sur tout ce qui est beau, agréable, satisfaisant et bon dans ta vie, ici et maintenant.
Apprécie-le et profites-en pleinement tant que c'est là.
C'est ça, le secret du bonheur.
Avoir un caractère austère, prude, rigide ou de censeur n'est pas un gage de sainteté.
On n'est pas d'autant plus saint que l'on est plus coincé,
mais selon l'amour que l'on manifeste envers Dieu et envers tout le monde.
En fait, quand on passe son temps à critiquer, juger ou réprouver son prochain,
quand bien même on ne le ferait que dans le silence de notre pensée,
parce qu'il est extraverti, vulgaire, grossier, ridicule ou parce qu'il ne pense pas comme nous,
il devient même très difficile de plaire à Dieu qui, lui, aime tout le monde,
même ceux qui sont défigurés par le péché ou par des défauts que l'on trouve inacceptables.
L'expression "il faut bien gagner son paradis" m'a toujours fait rire.
S'il était possible de "gagner" le paradis,
on n'aurait pas eu besoin que le Fils de Dieu lui-même
vienne parmi nous pour en rouvrir les portes,
ça aurait été fait depuis longtemps par les saints qui l'ont précédé.
Or aucun d'entre eux n'a été sauvé, malgré leur foi, leur obéissance et leurs miracles,
avant la mort et la résurrection de Jésus.
Voilà qui nous a fait, en vérité, "gagner le paradis" : Jésus Christ crucifié.
Quant à nous, tout ce qui nous est demandé, c'est de mettre toute notre foi en lui,
et de faire du mieux que l'on peut pour s'efforcer d'imiter l'exemple qu'il nous a donné.
Mais il ne s'agit pas de gagner quoi que ce soit,
juste de suivre Jésus jusqu'à la croix de l'amour de Dieu et du prochain pour parvenir, avec lui,
à la résurrection et à la vie éternelle dans le Royaume de son Père.
La sainteté ne passe pas obligatoirement par la case "volontarisme".
En effet, si c'était juste une histoire de volontarisme,
ça signifierait qu'elle serait totalement inaccessible aux faibles et aux mous.
Or personne n'est d'emblée disqualifié pour ressusciter et vivre en Dieu pour l'éternité.
Encore faut-il, bien sûr, ne pas manquer de faire appel à son pardon, dans une foi sincère,
quelle que soit l'ampleur du marasme dans lequel nos manques de volonté nous font vivre.
L'amour de l'argent est totalement irréconciliable avec l'amour de Dieu.
Je parle d'amour de l'argent, pas du simple fait d'en posséder.
En effet, aimer l'argent, c'est s'attacher à du vide,
puisqu'il ne peut nous sauver ni de la mort ni de l'enfer.
Au contraire, aimer Dieu, c'est s'attacher à l'auteur de la vie, de l'existence, de l'être même,
et manifester que l'on accepte de passer notre vie éternelle dans son Royaume.
On entend de temps en temps des gens qui sont passés très près de la mort,
et qui se sont rendus compte tout d'un coup que la chose la plus importante était l'amour.
Quand on est chrétien, on est censé déjà le savoir, puisque notre vie est fondée sur un Dieu amour.
Après, encore faut-il en tenir compte concrètement dans les choix de la vie quotidienne,
et ça, c'est une autre paire de manches.
Le péché n'est jamais aussi grave que quand il cherche à nous éloigner durablement de Dieu.
Commettre des péchés, bon, c'est regrettable, mais c'est juste une bataille de perdue.
En revanche, à cause de ces péchés, justifier le fait que l'on s'éloigne de Dieu
et qu'on ne cherche plus du tout à mettre en pratique ses commandements,
ça, c'est se résigner à perdre la guerre contre le mal.
Il est impossible d'éliminer tous nos défauts, même si on peut réussir à les museler.
D'ailleurs, un défaut n'étant jamais qu'une qualité utilisée à mauvais escient,
mieux vaut apprendre ce qu'on peut faire de bien grâce à ce don particulier
plutôt que de s'efforcer de le suprimer parce qu'on ne l'utilise pas comme on devrait.
Il n'est pas rare que les chrétiens qui ne pratiquent qu'exceptionnellement
pensent vivre exactement tout ce que Dieu leur demande,
et que les chrétiens qui sont très proches des sacrements et ont une vie spirituelle sérieuse
pensent qu'ils sont bien loin d'agir conformément aux commandements du Seigneur.
On ne peut avoir conscience de notre part d'ombre
que lorsque l'on est réellement proche de la Lumière.
J'aime bien la généalogie de Jésus, parce que dedans, il n'y a pas que des flèches.
On trouve des gens qui ont commis de graves erreurs, des péchés grossiers,
qui ont été faibles, envieux, jaloux ou injustes, attirés par la gloire, l'argent ou la luxure,
mais, en fin de comptes, rien de tout cela n'a pu empêcher le plan de Dieu de se réaliser.
"Ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair,
je l'accomplis dans son corps qui est l'Église"...
Qu'est-ce qui peut manquer aux épreuves du Christ ?
Est-ce qu'il n'a pas souffert assez ?
Est-ce qu'il a besoin de notre souffrance pour compléter la sienne, qui n'aurait pas suffit ?
Est-ce que la rédemption passe par nous, et par nos efforts personnels ?
Eh bien, oui et non.
La souffrance des épreuves du Christ a été plus que suffisante pour nous sauver,
c'est à dire que, par sa mort et sa résurrection, le Christ a rouvert les portes du Royaume de Dieu,
et désormais toute personne qui désire y entrer est la bienvenue.
Mais Jésus ne peut pas nous forcer à bien vouloir entrer dans ce Royaume,
le choix durant notre vie de l'amour de Dieu et du prochain étant libre et propre à chacun.
Ainsi, les épreuves du Christ ont-elles suffit à donner pleinement la rédemption ? Oui.
Mais faut-il que chacun fasse cependant l'effort de l'amour, durant sa propre vie,
quel qu'en soit le coût, pour participer au salut obtenu par le Christ ? Oui.
C'est en cela que nous complétons, "en tant que membres du corps qu'est l'Église,
ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ" : qu'elles n'aient pas été supportées en vain,
mais qu'elles nous soient bénéfiques, par notre acceptation du Royaume de Dieu
signifié quand nous agissons par amour au cours de notre vie.
Quand on s'est éloigné de Dieu, revenir à l'église, c'est très bien, évidemment,
mais il faut aussi penser à lui demander pardon, tôt ou tard, de l'avoir abandonné.
On tient pour acquis qu'il est forcément content de nous voir revenir,
mais l'entendre nous dire "je te pardonne tous tes péchés" au confessional,
ça aide à guérir du manque qu'on a connu quand on était loin de lui.
Aujourd'hui, Jésus nous parle de son absence prévue : des jours viendront où l'Époux leur sera enlevé. Comme il est triste de rencontrer, parfois, des chrétiens déistes, qui ne connaissent rien de Jésus, mais pour lesquels la foi consiste à croire que "là-haut, y'a quelque chose", et rien de plus. Dieu est venu parmi nous. Il a vécu au milieu de nous, et ses disciples l'ont vu, touché, entendu, ont mangé et bu avec lui. Il fut deux temps où Dieu se promenait librement au milieu de nous : au jardin d'Éden, avant que nous n'en soyons expulsés ; et en Terre Sainte, avant qu'il ne retourne auprès du Père. Le Dieu en qui nous croyons n'est pas juste "quelque chose" dans les nuages, ni même simplement le Créateur ou le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, non, il a demeuré parmi nous, il est devenu l'un de nous, il a pris chair, s'est fait homme, et nous avons vu son visage.
Nous ne sommes pas nés au bon endroit ni à la bonne époque pour le rencontrer. Doit-on pour autant en être affecté, et regretter d'avoir raté le coche ? Rien n'est moins sûr. Ils sont rares, ceux qui ont tout quitté pour le suivre quand Dieu était parmi nous. Beaucoup plus nombreux sont ceux qui n'en avaient rien à faire, ou pire, qui voulaient le faire taire et se débarasser de lui au plus vite. Et il faut aussi considérer que, même pour ses disciples, tout n'était pas si évident que ça. Il a fallu huit siècles à l'Église pour comprendre, au rythme des sept conciles oecuméniques, qui était réellement Jésus et ce qui s'était passé. Si certains parmi ses disciples le comprenaient mieux que d'autres, il n'en restait pas moins des zones d'ombre ou des incompréhensions, ce qui est un minimum : Dieu qui se fait homme, personne ne l'avait vu venir. Digérer cette information et en comprendre le contenu et la portée, ça ne se fait pas en deux minutes. Nous avons la chance d'avoir 2000 ans de réflexion derrière nous, ce qui nous facilite la tâche.
De plus, grâce à Dieu, même si Jésus n'est plus présent aujourd'hui corporellement (mais l'est toujours, auprès de son Père, en attendant de revenir nous chercher), il nous reste un moyen tout à fait valide pour demeurer en sa présence, qui s'appelle la liturgie. Par les sacrements, nous recevons l'Esprit Saint, nous communions au Corps et au Sang du Christ, il se trouve au milieu de nous dès que deux ou trois se réunissent en son nom pour prier, et partout où se trouve un tabernacle plein. Alors bien sûr, ces rencontres sont couvertes du voile de la chair, qui fait que nous ne n'avons pas la claire vision de ce à quoi nous assistons, mais la Foi nous permet cependant de savoir que nous n'en sommes pas moins en sa présence réelle. Dieu est parmi nous, encore aujourd'hui. Encore faut-il aller le voir là où il est véritablement présent, sous une forme sacramentaire.
L'Époux nous a été enlevé, d'une certaine façon. Mais pour ce qui est de jeûner, nous n'y sommes pas forcés (ouf !) : il demeure sacramentellement certes, mais néanmoins réellement, au milieu de nous. Il ne tient qu'à nous d'aller le voir et de profiter de sa présence. Dieu n'abandonne jamais ceux qui le cherchent.
Devant une question, une fois qu'on a trouvé une réponse qui nous satisfait,
en général, on ne va pas chercher plus loin et on l'adopte comme nôtre.
Et comme personne n'aime changer d'avis, et encore moins reconnaître qu'il s'est trompé,
on va défendre cette opinion avec conviction, juste parce qu'on l'a adoptée,
et même quand on n'a absolument pas les moyens de prouver qu'elle est juste et bonne.