On n'a pas besoin de chercher tout le temps des arguments pour montrer que l'on a raison
quand on pense de bonne foi être dans le vrai.
Je ne pense pas qu'aucun type d'obsession soit quelque chose de sain,
quand bien même il s'agirait d'une obsession relative à la religiosité.
Ça fait le même effet que si on était dans un tunnel, on ne voit plus rien d'autre de la vie,
et ça fait perdre pied avec la réalité, ce qui n'est jamais une bonne chose
et peut même, le cas échéant, mener à des catastrophes irréparables.
Si Dieu est très soupe-au-lait avec l'idolâtrie (et c'est peu de le dire),
c'est parce qu'il est le seul à pouvoir nous sauver du péché et de la mort.
Personne ni rien d'autre ne peut nous combler éternellement comme il peut le faire lui.
Du coup, quand on se tourner vers qui ou quoi que ce soit d'autre pour trouver notre bonheur,
forcément, ça l'énerve, parce qu'il nous voit aller dans le mur
alors que si on se tournait vers lui il pourrait faire tellement de bien pour nous.
Si tu as besoin de la protection de Dieu contre des sorts ou des esprits mauvais,
il est bien plus nécessaire de revenir à Dieu dans la pratique assidue des sacrements
et par une vie plus fidèle aux enseignements du Christ,
que de payer très cher des sorciers de tout poil pour être libéré.
Dieu est gratuit, lui, en plus d'être efficace.
Tiens, un collègue qui fait lire les évangiles aux fiancés pendant la préparation au mariage
me disait que ce qu'ils disent tous, c'est que ça les choque de découvrir l'exigence du Christ.
C'est amusant, parce que les chrétiens pratiquants de toute la vie n'en ont souvent aucune idée.
Beaucoup pensent que Jésus est une sorte de baba cool pacifiste en sandales
qui rassure tout le monde en disant "ne vous en faites pas, tout le monde est sauvé",
alors qu'il passe son temps à nous mettre en garde contre la possibilité bien réelle
de la damnation, de la géhenne de feu, de la destruction et de la mort éternelle
et qu'il nous demande d'abandonner ce monde qui passe, de prendre notre croix et de le suivre.
L'évangélisation ne se fait pas avec des statistiques,
en calculant combien d'heures bénévoles sont offertes chaque année en paroisse,
ou l'évolution de la courbe du nombre de mariages ou de baptêmes dans le temps.
Tout ça c'est bien gentil mais ça ne convertit personne.
La conversion et l'évangélisation, c'est sur le terrain que ça se passe et nulle part ailleurs,
et en tous cas pas sur des paperasses avec des chiffres, des graphiques et des jolies couleurs.
Pour le court terme, on peut trouver des personnes ou des méthodes pour nous sauver.
Mais pour le long terme, le loooong terme, genre pour l'éternité,
rien qui ne soit pas Dieu n'a la moindre efficacité pour obtenir notre Salut.
Et on ferait bien de ne pas mépriser l'éternité d'un revers de main,
parce que notre âme est immortelle, que ça nous plaise ou non, et il va bien falloir faire avec.
Il y a plusieurs façons de ne pas aimer :
en pensée, en parole, par action et par omission.
Pour bien faire, il faudrait donc aimer tout le monde ainsi :
en pensée, en parole (ne pas en dire du mal) et par action (agir pour leur bien et leur bien-être).
Il ne s'agit pas d'aimer qui on veut, de la façon que l'ont choisit,
mais d'aimer tout le monde comme Dieu le veut, c'est à dire intégralement.
Il y a des gens qui savent, comprennent ou savent faire d'instinct
ce que d'autres n'arriveront jamais à maitriser parfaitement même en l'étudiant ou en le travaillant.
C'est dans cette direction qu'il faut chercher quelle est sa vocation,
sur ce que l'on sait faire avec facilité,
plutôt que sur ce qui nous plairait mais pour lequel on n'est pas doué.
Ah, si nous pouvions pécher sans que ça n'aie d'influence sur nous !
Mais non ! Quand nous rejetons l'amour de Dieu et du prochain, ça nous transforme,
et petit à petit on devient une caricature de ce que l'on pourrait être si nous aimions en tous temps.
Heureusement que dans le Royaume de Dieu, nous retrouverons notre vrai visage,
par la grâce de Dieu qui tient plus compte de nos maigres efforts que de nos piètres résultats.
Nous fêtons aujourd'hui Sainte Marie, Mère de Dieu. Comme ce titre nous semble familier, au point d'exprimer une simple évidence ! Et pourtant, il a été l'objet d'âpres discussions, de lettres fameuses, de condamnations par anathèmes et il a même fallu un concile pour l'établir une bonne fois pour toutes à la chrétienté.
Le point de départ de la polémique n'a à voir avec Marie que de façon indirecte. Ce qui est mis en cause, c'est le fait que Dieu se soit incarné, c'est à dire que la nature divine se soit unie à la nature humaine dans le sein de Marie pour ne plus former qu'une seule personne, à la fois vrai Dieu et vrai Homme. Si c'est simple à expliquer (à défaut d'être simple à comprendre), c'est parce que nous bénéficions, nous, d'un vocabulaire clair et précis, ce qui n'était pas le cas de ceux qui ont dû l'inventer pour exprimer leur foi. Le concept de "personne" n'existait pas à l'époque du Christ, et on jonglait avec des mots qui exprimaient la personne chez les uns, la nature chez les autres, sans parvenir à se comprendre ni à se mettre d'accord. Je vous fais grâce des circonvolutions théologiques qui ont parlé "d'hypostase", de "ousia", de "physis" ou de "prosopon", c'est du grec, littéralement. À vrai dire, si ces discussions étaient monnaie courante dans l'antiquité, je ne suis pas certain que beaucoup de chrétiens seraient aujourd'hui capables de donner une définition de Jésus Christ qui ne leur vaille pas d'être anathèmes. La chose était pourtant d'un intérêt fondamental : si Jésus n'est pas vraiment Dieu, alors il ne peut pas nous sauver. S'il n'est pas vraiment Homme, alors on ne peut pas être sauvés. Il fallait, pour qu'il nous sauve et que nous soyons sauvés, qu'il soit à la fois vrai Dieu et vrai Homme, Dieu qui nous sauve et Homme qui accepte et reçoit pleinement le Salut, premier-né d'entre les morts. Le tout étant uni, de manière indivisible, en la personne de Jésus Christ.
Bon, ne restons pas dans le suspens plus longtemps, c'est bien ce que le concile d'Éphèse de 431 confirma et déclara. Par Marie, Jésus est bien à la fois vrai Dieu et vrai Homme, une seule personne unissant deux natures, pour notre Salut. Elle est donc, en vérité, Mère de Dieu, non parce qu'elle aurait engendré à elle seule la divinité qui l'a créée, bien évidemment, mais parce qu'elle a engendré Jésus Christ, qui est véritablement fils de Dieu engendré non pas créé, et fils de Marie par la conception. Sans la nature divine de Jésus, pas de Salut, mais sans la nature humaine concédée par Marie, pas de Jésus, et donc pas de Salut non plus.
Je n'ai pas fait dans la simplicité, aujourd'hui, parce qu'il faut que nous soyons conscients de la dette immense de toute la chrétienté, de toute l'humanité, envers Marie. Elle n'est pas juste un canal qui aurait permis à Dieu de s'incarner, elle est aussi, en vérité, mère de Dieu fait Homme. Elle est celle par qui la rédemption voulue par Dieu a pu prendre corps, vraiment. Sans son "oui", nous serions toujours soumis au péché et à la mort. La vénération qu'elle mérite n'est pas usurpée, son titre n'est pas seulement honorifique. Merci, Marie, pour l'amour de Dieu qui était et qui est le tien : grâce à lui, nous sommes sauvés ! Bénie sois-tu, Mère de Dieu et notre mère !
Si quelqu'un ne peut pas aller à la messe pour une raison d'âge, de santé,
d'éloignement géographique sans moyen de transport ou de manque de prêtres,
mais qu'il suit la messe à la télévision ou sur le net, ou en lisant son missel,
ou qu'il vit un vrai temps de prière pour la remplacer,
ce n'est pas un non-pratiquant, c'est parfaitement évident :
c'est juste quelqu'un qui pratique du mieux qu'il peut avec les moyens du bord.
Le cas de quelqu'un qui ne va plus à la messe parce que ça ne l'intéresse pas est très différent.
Dans ce cas, il s'agit juste d'un abandon de sa religion,
et même s'il pense demeurer croyant, ce n'est qu'une illusion,
parce que prétendre croire en Dieu sans l'écouter, sans lui parler, sans le fréquenter,
et sans avoir rien à faire de ce qu'il nous demande,
c'est se mentir à soi-même sur la nature de notre relation véritable avec lui.
Quand je dis ça, ce n'est pas pour juger les gens,
c'est juste pour aider ceux qui vivent dans l'illusion à y voir un peu plus clair.
Après chacun vit bien comme il le veut, et s'il y en a qui veulent vraiment rejeter Dieu,
c'est à eux de voir, mais au moins qu'ils en soient conscients.
On ne peut prétendre aimer Dieu si on méprise sa façon de penser et d'agir.
Or lui, il aime les pauvres, les petits et les pécheurs, qu'ils soient publics ou privés.
Si nous, on les déteste, il est difficile de prétendre être ses disciples,
alors qu'il est venu sur terre pour eux, et non pour les justes.
Prétendre que l'Église serait une structure de péché, qu'elle serait néfaste par définition,
et qu'il ne s'agirait que d'un repaire de pervers et d'orgueilleux qui se protègent mutuellement,
c'est un mensonge éhonté.
Qu'il y ait des pécheurs dans l'Église, certes, puisque Dieu seul est saint.
Mais être pécheur ne signifie pas aimer cette situation ni s'en satisfaire ou s'en féliciter,
et l'Église n'a d'autre but que de nous guider vers le Salut, la rédemption et le changement de vie,
de nous faire passer de l'égoïsme et du nombrilisme à l'amour de Dieu et du prochain,
en annonçant inlassablement le Christ et la venue de son Règne.
Pendant des decennies, on a choisit de faire du catéchisme des enfants une "expérience de vie"
plutôt qu'un cours où on enseignerait les vérités de la Foi de façon formelle.
Résultat des courses, on se retrouve avec des générations de chrétiens qui ont peut-être la Foi,
mais qui n'ont pas la moindre idée de ce en quoi elle est censée consister.
Il ne savent même pas qu'elle se vit en communauté,
et encore moins qu'elle a une origine sacramentelle.
Comme quoi le rejet radical de tout intellectualisme n'est pas nécessairement une bonne chose,
d'autant que savoir en quoi consiste la Foi n'est pas incompatible avec le fait de la vivre.
On n'attend pas que quelqu'un soit guéri pour lui donner des médicaments,
comme s'il s'agissait d'une récompense gagnée par sa bonne volonté de guérison.
De la même façon, les sacrements ne sont pas faits pour ceux qui n'en auraient pas besoin
parce qu'ils auraient déjà une vie en parfaite adéquation avec leur foi chrétienne.
Les sacrements ne sont pas une récompense, mais un remède à base d'Esprit Saint.