Quand on se confesse, nos péchés, on les donne à Dieu.
Après, ils ne nous appartiennent plus.
Donner c'est donner, les reprendre ça serait voler le bon Dieu.
Quand on demande à quelqu'un son opinion, il est rare qu'elle soit inédite.
En réalité, nous répétons tous des opinions faites par quelqu'un d'autre, qu'on a entendues ici ou là.
Ça prend du temps, de penser par soi-même, et de se forger une opinion strictement personnelle,
fondée sur des arguments travaillés, sur des lectures et des connaissances
que l'on aurait acquises en étudiant pendant des jours voire des années des sources contradictoires,
démêlées par des tests et des expériences pratiques.
Du coup, on ne le fait pas, on récupère des pensées clé en main qui nous séduisent.
Et le pire, c'est qu'on est sûrs de ce que l'on croit penser, on est prêts à se battre pour le défendre,
alors que la réalité, c'est qu'on ne sait pas grand chose et que l'on se contente
de vivre principalement de préjugés et d'idées toutes faites.
Il ne faudrait pas croire que seuls "les autres" sont influençables.
Non seulement tout le monde peut être influencé, mais tout le monde l'est, en réalité.
C'est pourquoi il est essentiel de ne pas regarder n'importe quoi,
de ne pas nourrir son esprit de tout ce qui traine à la télé, sur les réseaux sociaux ou sur internet.
On ne fait pas ça avec notre estomac, de manger n'importe quoi qu'on trouve n'importe où.
Il ne faut pas le faire non plus avec notre esprit, parce que sinon, tôt ou tard,
on risque des indigestions, des empoisonnements ou des gastros mentales,
et c'est bien plus dangereux à long terme de se pourrir le cerveau que les intestins.
Je me suis souvent demandé pourquoi le prêtre priait avec les bras étendus à la messe.
On trouve une réponse intéressante chez Pierre Lebrun (dans Explication littérale, historique et dogmatique des prières et des cérémonies de la messe, ed. 1860, Tome Premier, p. 169) :
"C'est l'ancienne manière de prier, qui est fort souvent marquée dans les Psaumes et dans saint
Paul. Tous les peuples ont ainsi prié en élevant les mains, parce que c'est un geste fort naturel,
qui se fait pour marquer l'empressement avec lequel on attend le secours qu'on demande. Les anciens Chrétiens n'élevaient pas seulement les mains; ils étendaient même souvent les bras , pour imiter la manière dont Jesus-Christ avait prié sur la croix, comme Prudence et plusieurs autres auteurs nous l'apprennent. Il y a encore des Communautés où l'on fait des prières de cette manière. Mais parce que cette posture incommoderait plusieurs personnes, et que d'autres pourraient faire des gestes fort irréguliers, la Rubrique a prescrit qu'on tint les mains ouvertes et elevées a la hauteur des épaules. En quoi l'on imite la manière modeste de tenir les mains élevées, marquée dans Tertullien."
Chaque jour que Dieu fait, il convient de se rappeler de notre raison d'être sur cette terre.
Nous sommes ici, pour un peu de temps, afin de donner une simple réponse à Dieu :
est-ce que nous acceptons de l'aimer et d'aimer notre prochain, oui ou non ?
Tout le reste est, à un degré ou à un autre, une distraction ou une tentation.
La confiance en Dieu, en particulier devant les malheurs et la mort, ne vient pas de nulle part.
Elle vient du rapport quotidien que l'on entretient avec lui des années durant.
Si on vit loin de lui, qu'on ne lui parle jamais et qu'on ne l'écoute pas davantage,
comment faire confiance à celui qui ne serait pour nous, en fin de comptes, qu'un illustre inconnu ?
Lire des vies de saints est une chose tout à fait recommandable.
Il ne s'agit pas de les imiter en tout, encore que ça ne soit pas une mauvaise chose en soi,
mais bien plutôt d'apprendre dans le récit de leurs vies la très grande diversité
des façons dont le commandement du Christ a pu s'incarner au cours de l'histoire.
Ceci afin de trouver des inspiration sur la façon dont il pourrait être vécu par chacun de nous.
Il y a autant de façons d'être saints qu'il y a d'individus, c'est un fait,
mais on retrouve chez tous des points communs qui les unissent par delà le temps et l'espace,
et que l'on serait fort avisés de mettre en pratique à notre tour,
si nous désirons vivre pour l'éternité, comme eux, dans le coeur de Dieu.
Pour comprendre une prophétie, il faut avoir son point de départ (la prophétie en question),
mais aussi son point d'arrivée (sa réalisation dans le temps).
Quand on n'a que le point de départ, l'interprétation peut partir dans tous les sens.
C'est ainsi que l'Ancien Testament préfigure le Nouveau, et que le Nouveau réalise l'ancien.
Sans la réalisation par Jésus Christ de toutes les prophéties le concernant,
celles-ci demeurent enveloppées d'un voile d'incompréhension impénétrable.
Ce qui est le plus souvent reproché à Dieu (la famine, la pauvreté, les guerres etc...)
est systématiquement de la faute de l'humanité.
Oh, pas l'humanité toute entière, certes.
Mais il suffit que quelqu'un pèche pour que tout le monde en paye le prix,
et comme nous sommes tous pécheurs à un degré où à un autre, ça n'arrange rien.
Allons-nous nous plaindre du fait que Dieu nous ait créés libres de faire ce que bon nous semble ?
Préférerions-nous n'avoir d'autre choix que de lui obéir contraints et forcés ?
Je ne crois pas que ça soit le désir
de ceux qui veulent que Dieu soit le coupable idéal des péchés qu'ils commettent eux-mêmes.
Ce qu'ils veulent, c'est juste être dédouanés des conséquences de leurs actes.
L'une des premières choses que l'on m'a dites en entrant au séminaire,
c'était que dans le sacerdoce, ce qui compte n'est pas tant le faire que l'être,
bref qu'il s'agissait d'abord et avant tout d'être un bon disciple du Christ,
et pas de s'agiter en courant dans tous les sens.
Ça m'avait beaucoup impressionné, j'avais trouvé ce conseil admirable.
Ce qui est dommage, c'est qu'il est rare que nous le mettions en pratique,
plus souvent affairés sans rien faire, comme dirait saint Paul,
qu'assis aux pieds de Jésus à l'écouter,
au point que quand un prêtre dit qu'il a du temps, il passe pour un charlatan.
Ce n'est pas tout à fait un hasard si l'Église ne nomme jamais saint quelqu'un qui est encore en vie.
Tant qu'on est en vie, on peut pécher à tout instant, même les meilleurs d'entre nous.
Il n'y a que quand quelqu'un est dans le Royaume de Dieu, en présence de son créateur,
qu'il est définitvement hors d'atteinte du péché.