persévérance

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Éloge de la persévérance

Couv

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Paradis, enfer, purgatoire... des réponses claires.

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aléatoire

vendredi 24 avril 2015

Penser que Dieu a besoin de notre amour, 
c'est ne pas avoir encore compris totalement ce qu'est la Trinité.

jeudi 23 avril 2015

Je ne sais pas à quel âge on est censés ressusciter à la fin des temps,
je veux dire l'aspect de quel âge aura notre corps glorieux.
Mais je soupçonne fortement que nous serons tous des enfants,
ou en tout cas semblables à eux en tous points.
Ça expliquerait pourquoi on ne se marie pas au paradis,
eh puis c'est aux enfants qu'appartient le règne des cieux, 
ou à ceux qui leur ressemblent.

mercredi 22 avril 2015

Il vaut mieux être aimé pour ce que l'on est que pour ce que l'on n'est pas.
Ce n'est pas si évident que ça en a l'air, surtout quand on ne s'aime tel que l'on est,
et pourtant, ce que l'on est est nécessaire au monde, tel quel, sans le grimer,
sinon Dieu ne nous aurait pas fait comme ça. 
Et si Dieu m'aime tel que je suis, qui suis-je, moi, pour me détester?

mardi 21 avril 2015

Ces dernières années, il y a des fois où j'ai été un peu fatigué
des baptêmes où ça parle trop et des enterrements où ça ne répond pas assez.
Eh puis, finalement, je me suis dit
que toutes les occasions d'annoncer la résurrection du Christ sont bonnes à prendre.
Alors les gens qui viennent ne connaissent rien à l'Eglise ou à son message ?
Tant mieux.
Au moins, quand ils ressortirons, ça ne sera plus le cas, ils auront entendu l'Evangile. 
Et après, que l'Esprit Saint fasse son boulot.

lundi 20 avril 2015

Dans le théatre Nô, la vraie star n'est pas l'interprête mais le personnage qu'il incarne. 
C'est pareil dans la liturgie, ce n'est pas le prêtre qui compte mais le Christ.

dimanche 19 avril 2015

Si tu crois que l'importance de ta fonction te permet des débordements
qui vaudraient à tout autre que toi de graves ennuis, tu te trompes lourdement.
Sur terre, ça peut marcher. Au moins un temps. 
Mais au ciel ? Ça te coûtera plus cher qu'à tout autre que toi.

samedi 18 avril 2015

Beaucoup de gens sont obsédés par le besoin de laisser une trace sur cette terre. 
Moi, c'est au ciel que je veux en laisser une : là, elle sera vraiment éternelle.

vendredi 17 avril 2015

Quand je parle de Dieu,
c'est au nom de Jésus Christ ressuscité que je parle.
Ceux qui prétendent que les religions sont l'origine de tous les maux,
et qu'on vivrait plus heureux sans elles,
au nom de qui parlent-ils?

Il y a beaucoup de gens qui pensent qu'ils sont le nombril du monde. 
Et puis un jour, paf, ils meurent. Et le monde les oublie instantanément...

jeudi 16 avril 2015

Mon esprit, mon cœur, ma conscience, peuvent se tromper.
C'est pour ça que j'apprécie de faire partie de l'Eglise,
qui dépasse mon esprit, mon cœur et ma conscience.
Parce que si moi, je peux me tromper,
l'Eglise, prise dans son ensemble ou, pour le dire autrement, en concile,
guidée par l'Esprit Saint, ne se trompe pas.
Que ses enseignements ou ses décisions me plaisent ou pas :
encore une fois, entre un concile et moi, je sais qui est faillible.
Le narcissisme ne peut être, au mieux, qu'un ersatz d'amour, parce qu'il est stérile, 
alors que l'amour véritable ne l'est jamais, par définition.

mercredi 15 avril 2015

Je ne sais pas si c'est mon cerveau ou mon coeur que l'âge ramollit le plus,
mais plus les années passent, plus j'aime retrouver, de temps en temps,
lors de rencontres fraternelles, les autres prêtres de mon diocèse,
et prendre des nouvelles des uns et des autres, 
en dépit de mon agoraphobie et de ma détestation de tout ce qui est clérical.

mardi 14 avril 2015

Alors, quand je serai mort, il y a un point auquel je tiens absolument :
qu'on n'oublie pas de me faire sortir de l'église la tête la première.
La vie sacerdotale a peu de privilèges. C'en est un. J'y tiens.
Un prêtre qui rentrerait au paradis les pieds devant, ça fait désordre.
Eh puis moi, ce ne sont pas les pieds du petit Jésus que j'embrasse, 
chaque matin, quand je me réveille : c'est son visage. 
Je veux qu'il puisse faire pareil avec moi.

lundi 13 avril 2015

Je serai bien content quand je serai au paradis,
là où on aura le droit d'aimer les gens sans que ça soit mal interprété,
sans que ça fasse jaser ou que ça cause des jalousies ou des calomnies,
sans peurs, sans équivoques, tentations, mensonges ou incompréhensions,
sans limites de temps, d'espace, ou de risque de perdre ceux qu'on aime.
Sans rejets, sans méchancetés en retour, sans racismes, sans jugements, sans mépris.
Eh puis là, on n'aura rien de plus important à faire que de s'aimer. 
Ça tombe bien, il n'y a rien que j'aie jamais trouvé de plus intéressant à faire que ça.

dimanche 12 avril 2015

Il me serait bien impossible d'être traditionaliste,
parce que je ne crois pas qu'une tradition, pour aussi belle qu'elle puisse être,
soit plus importante que mes choix quotidiens d'amour de Dieu et du prochain.
C'est sur mes actes personnels que je serai jugé,
pas sur les références extérieures que je peux revendiquer,
et j'aurais beau connaître la bible par coeur en latin ou même en grec, 
si je ne la mets pas en pratique, ça ne sert à rien.
Le monde existait avant moi, il existera après, il peut parfaitement se passer de moi.
C'est pour cette raison qu'il faut, de temps en temps, savoir prendre des vacances.
Ce n'est pas qu'une question de repos, mais aussi d'humilité :
en effet, si tout le monde s'accorde en général à dire que nul n'est indispensable,
rares sont ceux qui ont en tiennent compte pour eux-mêmes, en réalité, 
en particulier parmi ceux qui ont la chance d'avoir comme métier une vocation.

samedi 11 avril 2015

Il m'est arrivé de voir des femmes qui ont eu recours à la fécondation in vitro,
et qui ont, après coup, fini par comprendre, par elles-mêmes,
(elles savaient que ça serait comme ça avant mais n'avaient pas voulu le considérer),
qu'elles avaient de nombreux enfants potentiels congelés,
qui ne verront jamais le jour, et dont la situation inextricable
leur cause désormais des souffrances morales permanentes...
Je comprends l'envie primale d'avoir des enfants à tout prix,
mais justement, quand il faut le payer, ce prix, 
il devient parfois intolérable et inhumain à supporter.
Il faut faire attention, au fur et à mesure qu'on prend de l'âge,
de ne pas tomber dans la caricature du "vieux grognon".
On a réussi des choses, mais on en a aussi raté d'autres, et on peut devenir amer.
On peut accumuler une certaine lassitude devant des frustrations récurrentes,
dans tous les domaines (religieux, politiques, sociaux, l'évolution du monde, etc...).
On peut se réfugier, insensiblement, dans ce que notre mémoire a séléctionné
et qui nous fait penser, souvent à tort, que "c'était mieux avant".
Bref, la planche est savonneuse, et les risques de se momifier vivant sont réels.
Faire attention à voir les bonnes choses, à s'enthousiasmer,
ne pas être blasés, ne pas s'adonner au cynisme, ni devenir moralisateurs,
être disponibles pour apprendre, pour grandir en sagesse, pour bouger, pour se réjouir,
c'est tout aussi important que de prendre les diverses pilules 
qui s'accumulent aux heures des repas à mesure que les années passent...

vendredi 10 avril 2015

Souvent, quand je prêche, j'en prends plein la figure,
parce que je m'efforce de ne dire que des choses absolument vraies,
alors que dans ma vie, je n'agis pas toujours en accord avec la Vérité.
Du coup, les gens qui pensent que je leur fais la morale se trompent :
eux peuvent refuser de m'écouter ou de comprendre ce que je dis, 
mais moi, je n'ai pas le choix, et je suis bien obligé de me voir aussi pécheur que je suis.

jeudi 9 avril 2015

Entre le moment où j'ai entendu ma vocation et mon ordination sacerdotale,
il s'est écoulé quinze ans.
Quinze ans d'attente, de formation, d'études, d'expériences, de mission.
Mais aussi quinze ans de souffrance, d'épreuves, de renoncements et de retours.
Grâce à ce long temps, même quand je connais des difficultés,
je n'ai, au moins, pas le moindre doute sur l'authenticité de cette vocation.
J'ai toujours pensé qu'il serait bien avisé, quand on veut se marier,
de respecter un temps d'attente raisonnable, non pas avant le mariage lui-même,
mais même avant de s'installer ou de coucher ensemble
(parce que mettre la charrue avant les boeufs brouille la liberté du choix final).
Tout couple doit affronter, tôt ou tard, des difficultés.
Être certain, à ces moments-là, qu'on est bien avec la bonne personne
et que ce n'est pas de là que vient le problème,
qu'on doit lutter ensemble, et non pas l'un contre l'autre, 
ne me semble pas être un luxe inutile.