Là où le christianisme recule, le démon prend la place.
Ce n'est pas une menace, c'est une constatation.
Il est relativement facile de se rendre agréable aux gens de telle ou telle sensibilité religieuse.
Il suffit de leur dire ce qu'ils ont envie d'entendre, dans un style qu'ils apprécient.
Il est beaucoup plus compliqué d'annoncer la parole de Dieu dans son intégralité,
sans rien expurger, quelle que soit la communauté que l'on a en face de soi, en tous temps.
Il ne faudra alors attendre ni louanges ni enthousiasme inconditionnel.
Jésus n'avait pas toujours un discours consensuel, délicieux à entendre ou policé.
Il ne s'est pas mis à dos plein de monde pourtant très religieux par hasard :
il a été parfaitement fidèle à la vérité, et elle n'est pas toujours facile ni agréable à entendre,
parce qu'on a tous des petits arrangements avec elle qu'on n'aime pas se voir mettre sous le nez.
On ne peut pas plaire à la fois à Dieu et aux hommes.
J'aime beaucoup st. Thomas. Je l'ai souvent entendu se faire ridiculiser dans des homélies : "hé lui hé, il croit même pas que Jésus est ressuscité, pfrrrr, ah le boulet !", ou quelque chose comme ça. Tout ça parce que Jésus semble le reprendre à la fin : "Parce que tu as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu". Que Jésus lui dise ce qu'il veut, mais en ce qui me concerne, j'ai envers st. Thomas une dette de gratitude.
La résurrection du Christ n'a rien d'évident. Bien sûr, il l'avait annoncée, mais un tel évènement n'avait jamais eu lieu. Des "petites" résurrections, des gens qu'on ressuscitait pour qu'ils meurent à nouveau, oui, il y en a un certain nombre dans la Bible. Mais une résurrection non provoquée par un prophète mais spontanée, avec à la clé un corps que st. Paul qualifiera de "spirituel", qui est désormais immortel et qui change d'aspect ou de lieu comme de chemise, non, ça, personne ne l'avait jamais vu ni même imaginé. Nous, 2000 ans plus tard, on est tellements habitués qu'on n'y prête à peine attention. Mais ça ne nous est pas arrivé à nous, d'assister à ce miracle. Et puis même aujourd'hui, un grand nombre de chrétiens n'a toujours pas assimilé que la résurrection n'était pas juste une survivance de l'âme au milieu des nuages, ni un retour à la vie d'avant, mais le rétablissement et l'entrée dans l'éternité de notre corps transformé par Dieu lui-même. Pour beaucoup, c'est tellement vague comme idée qu'ils ne voient même pas de contradition à disposer d'un corps mort en le détruisant tout à fait, sans la moindre considération pour cette résurrection qui tiendra alors plus du puzzle à reconstituer que du réveil d'entre les morts.
Bref, pour st. Thomas, excusons-le, mais c'est la première fois qu'il voit ça. Il n'est ni naïf, ni idiot, mais plein de bon sens. Et le bon sens lui dit que cette histoire ne tient pas debout, que c'est impossible, que quand on est mort, on est mort. On ne peut pas lui en vouloir d'être raisonnable. Et son refus de croire trouve son écho dans celui du monde, qui rejette en bloc l'idée d'une résurrection, d'une vie éternelle, et même de Dieu, ce qui n'est pas son cas. Toujours est-il que, quand il met sa main dans le côté du Christ, quand il met les doigts dans les trous des clous, il nous permet, à nous aussi, de vérifier de près ce que nous ne pouvons toucher nous-même. Il nous permet de constater que tout ça est vrai, que la volonté de Dieu s'est accomplie, et que la résurrection n'est pas une jolie histoire pour les enfants, mais un fait avéré et vérifié : il a touché de ses mains Jésus revenu d'entre les morts.
Merci, st. Thomas, pour ton doute. Il me permet, à moi, de n'en avoir aucun.
C'est pour les pécheurs que le Christ est venu parmi nous.
C'est la raison pour laquelle une Église qui ne sélectionnerait que les "purs" pour en faire partie
serait en totale contradiction avec l'intention même de Dieu.
Je ne dis pas qu'il ne faille non plus sélectionner que les pécheurs publics pour constituer l'Église.
Je dis juste qu'il faut laisser toute personne qui veut venir à Jésus Christ le faire,
sans juger nous-même s'ils sont "dignes" de s'approcher de lui ou pas.
S'il les appelle, qui sommes-nous pour interdire à qui que ce soit d'aller à Jésus ?
Le sacrement de réconciliation est sans doute l'un des plus grands dons
que Jésus ait fait à l'humanité : celui de pouvoir faire pardonner ses péchés par Dieu,
avec la certitude d'avoir été entendu et exaucé.
Le sceau sacramentel qui en assure l'inviolabilité a donc une importance non négociable,
car sans lui, qui oserait encore aller confier à un homme ce qui ne se peut dire qu'à Dieu ?
St. Pierre et St. Paul, deux êtres aux formations radicalement différentes,
le manuel et l'intello, le posé et l'excité, celui qui a renié le Christ et celui qui l'a persécuté...
Fêtés ensemble, parce que la sainteté est aussi diverse que nous le sommes,
mais elle nous réunit tous sous un seul chef, le Christ.
C'est un beau rappel de ce qui nous unit, quelles que soient nos différences à tous,
nos péchés, notre formation, nos limites ou notre histoire.
Le péché porte en lui-même sa punition : c'est à cause de lui que nous sommes mortels.
Dieu n'a pas besoin d'en rajouter pour que ça nous cause du tort.
Au contraire, il ne cesse de nous ouvrir les bras pour que nous y trouvions refuge
bien que nous ne le méritions pas, parce que nous sommes tous pécheurs.
Tout le monde a besoin d'un certain taux de réussite dans ce qu'il entreprend,
sous peine de déprimer, tôt ou tard, plus ou moins gravement.
C'est pourquoi il est important d'entreprendre des tâches réalisables,
et non pas de courir après des chimères ou des idéaux fantasmés.
Ça vaut aussi pour les ambitions de vie spirituelle ou d'actions faites au nom de la foi.
La religion est aujourd'hui facilement classée dans la catégorie du bien-être mental.
Toute idée d'adoration ou d'obéissance envers Dieu en est facilement exclue.
On garde la partie folklorique, les apparences cultuelles, quand ça nous arrange,
et on enlève soigneusement tout ce qui pourrait remettre en question nos choix de vie.
Il n'y a donc rien d'étonnant si à peu près n'importe quelle autre activité de bien-être
(la grasse matinée, le vélo ou un pique-nique...) peut désormais faire concurrence au culte divin,
et si même des personnes qui assistent au culte divin
ne vivent pas nécessairement en harmonie avec tout ce qui est censé en découler.
Un enfant qu'on n'emmène jamais à l'église et dont les parents ne parlent jamais de Dieu
n'a aucune raison de croire ce qu'on lui raconte au catéchisme.
Si les personnes auxquelles il a le plus confiance au monde ne lui ont jamais parlé de tout ça,
pourquoi croirait-il de parfaits inconnus qui racontent des choses dont il n'avait pas idée ?
Les enfants ont tendance à penser naturellement que les adultes savent ce qu'ils disent.
Si on ne veut pas que cette innocence tourne au doute puis au rejet,
il est important d'avoir la simplicité de leur dire quand on ne sait pas quelque chose,
ou même de savoir reconnaître quand on s'est trompé dans quelque chose qu'on leur a dit.
On m'a déjà demandé de parler en chaire de politique, de réseaux sociaux ou d'autres choses.
Alors non. Autant ici, sur un blog, je peux bien parler de tout ce qui me passe par la tête,
autant l'homélie pendant la messe n'est légitime que quand elle parle de Jésus Christ
et des enseignements qu'il nous a laissés.
Oh, qu'elle est grande, la tentation de rejeter la responsabilité de mon péché sur les autres !
Comme Adam envers Ève, Ève envers le serpent, Caïen envers Abel, etc etc...
Comment se reconnaître pécheur, puis demander et obtenir le pardon de Dieu,
si je pense que je suis innocent de tout le mal que j'ai commis au cours de ma vie ?