Rien n'est impossible à Dieu.
Si de pauvres hommes pécheurs il réussit à faire ces "autres Christs" que sont les prêtres,
alors il peut sauver n'importe qui, vraiment.
Enfin, n'importe qui qui répond positivement à son appel, tout au moins.
Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. Pierre ne demande rien, il constate seulement quelle est sa situation, ainsi que celle des disciples. Il ne demande rien, mais Jésus lui répond quand même. C'est tout de même difficile à croire que ceux qui quittent tout pour suivre Jésus recevront le centuple déjà sur cette terre. Ça fait beaucoup, un centuple. J'ai connu un séminariste qui, ayant l'esprit scientifique, voulu savoir si c'était vrai ou si c'était juste une façon de parler. Alors il a vendu ses maigres possessions, il a donné l'argent autour de lui, et il est parti dans le Tiers-Monde, pour se mettre au service du Christ dans une communauté qui s'occupait des pauvres. Et il a pu constater par lui-même que ça marche, en vrai : il n'a jamais été aussi riche que quand il n'avait plus rien à lui. Il a eu des maisons, dans divers pays. Des voitures un peu partout. Des enfants par centaines, sans même avoir besoin de les faire lui-même. Il a voyagé dans des pays où il n'aurait jamais imaginer aller. Il a passé là les meilleures années de sa vie. Par contre, il n'avait pas fait attention au passage en petites lettres de cet évangile : avec des persécutions. Parce que, là encore, la parole du Christ s'est révélée exacte. Ce n'est que quand elles sont arrivées qu'il s'est souvenu que ça faisait partie de la promesse. Ce qu'a vécu ce séminariste, devenu prêtre depuis, un nombre incalculable de disciples du Christ l'ont vécu, le vivent et le vivront. Mais c'est bien, parfois, de tester soi-même la Parole de Dieu, et de voir si elle tient ses promesses. Tout quitter pour le Christ, ce n'est pas la vocation de tout le monde, et quand on n'y est pas appelé, mieux vaut s'en abstenir. À certains qui demandent à le suivre, Jésus demande qu'ils restent chez eux et qu'ils témoignent là. Mais ce ne sont pas les vocations qui manquent, et tout le monde en a une qui lui ira comme un gant. Certains sont appelés à évangéliser. D'autres à transmettre les fruits de la providence divine aux pauvres. D'autres à visiter les malades, ou à vivre la sanctification dans le travail, ou à donner leur vie à une femme ou un mari et aux enfants qui sont les leurs, etc etc... Ce qui compte c'est que, là encore, les promesses du Christ produisent leurs fruits : ceux qui mettent en pratique la parole de Dieu et qui obéissent à ses commandements sont ses frères, ses soeurs, sa mère ou son père, et il dispose pour eux du Royaume des Cieux.
Toute l'humanité a la même vocation : aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même.
Pour ce qui est des modalités de l'accomplissement du commandement du Christ, en revanche,
il y en a autant qu'il y a d'être humains.
Que chacun suive sa vocation personnelle, et tout le monde s'en trouvera bien.
Parfois, nous avons du mal à porter notre propre poids, et nous ne voulons porter personne d'autre.
Jésus, pendant le chemin de croix, avait du mal à se porter lui-même. Il était plein de plaies,
d'hématomes, de coups et de bosses, il devait avoir mal partout même sans bouger.
Et cependant il porte la croix de nos péchés, même si elle le fait tomber trois fois. Quel exemple !
C'est tout de même curieux, Dieu nous donne un moyen de salut tout simple :
croire en lui et se faire baptiser; et il y a des gens qui râlent parce qu'ils voudraient, eux,
qu'on soit sauvés sans avoir ni à croire en Dieu ni à être baptisés.
Enfin, tout de même, s'il nous demandait des choses extravagantes, on pourrait se plaindre,
mais là, vraiment, c'est le goût de chouiner pour tout et n'importe quoi comme des bébés capricieux.
Sans l'Esprit Saint en soi, impossible d'atteindre le Royaume de Dieu.
C'est qu'il ne s'agit pas juste d'être gentil pour y parvenir,
il faut avoir Dieu lui-même en soi, car seul Dieu peut arriver jusqu'à Dieu.
Heureusement, tout le monde peut le recevoir. C'est à ça que sert le baptême,
qu'il soit de désir, de sang ou d'eau.
Aucun dictateur ne peut parvenir au pouvoir sans une cohorte de profiteurs
qui lui permettent d'en arriver là parce qu'ils y trouvent un intérêt personnel.
Ils pensent qu'en se soumettant à lui ils ne risquent rien, qu'ils seront toujours du bon côté.
C'est dommage d'avoir une telle méconnaissance de l'Histoire,
parce que les morts violentes de ceux qui ont agit avec la même veulerie qu'eux sont légion.
L'amour de Dieu pour nous n'est pas juste une bienveillance paternelle,
mais un don qui espère susciter une réponse et une façon d'agir.
Si ça ne nous intéresse pas, si nous ne voulons rien changer à notre vie,
la proposition reste sur la table, mais tant que nous ne la ratifions pas dans nos actes,
il ne faut pas s'étonner si elle ne produit aucun effet bénéfique en nous.
L'adoration eucharistique, ce n'est pas se servir de Dieu comme d'un miroir pour se regarder,
afin d'estimer ensuite si on a bien prié, si on s'est sanctifié ou que sais-je encore.
C'est Dieu qu'il faut regarder et adorer, pas soi-même.
Il n'y a donc aucun bilan ni aucun jugement à en tirer quand on rentre chez soi.
Ce n'est pas parce que nous sommes parfaits que nous allons à la messe,
mais bien parce que nous sommes pécheurs que nous avons besoin d'y aller.
Et si quelqu'un estime n'avoir rien à se reprocher et pouvoir s'en passer,
ça montre juste qu'à force de ne pas y aller, il est devenu aveugle et sourd à ses péchés.
Quand on agit mal, ce n'est pas la peine de blâmer un destin maléfique,
qui nous aurait fait ce qu'on est bien malgré nous, même que c'est pas juste.
Nos actes sont le résultat des décisions prises au long de nos années de vie et,
à moins d'avoir perdu tout à fait la raison depuis des lustres, ils nous sont imputables.
Les "coachs de vie" qui foisonnent à notre époque disent volontiers que, pour trouver le bonheur,
il faut croire en soi et en ses rêves, et surtout s'aimer et prendre soin de soi.
Je crois personnellement que si on veut trouver un bonheur durable,
c'est en Dieu qu'il faut croire et en ses promesses, et c'est lui qu'il faut surtout aimer par-dessus tout.