L'équation est simple :
on ne peut pas à la fois aimer Dieu par-dessus tout
et s'aimer soi-même par-dessus tout.
On n'est pas d'autant plus saint que l'on est plus intransigeant ou exigeant.
Le b.a ba de la sainteté, c'est d'aimer son prochain, donc d'avoir de la bienveillance, entre autre,
pas de le noyer sous les reproches, les mises en accusation ou les condamnations.
À Dieu la justice. À nous, il ne demande que de nous aimer, pas de nous juger les uns les autres.
S'il est impossible d'aimer sans passer par la croix,
ce n'est pas par goût de la souffrance ou de la mortification,
mais parce que, dans un monde soumis au péché,
aimer n'est plus naturel : ça coûte, c'est fatigant, et on s'en lasse vite.
Du coup, aimer avec persévérance demande un effort considérable,
voire des sacrifices qui peuvent nous sembler démesurés et douloureux.
Devant la maladie ou la mort, on est toujours profondément seul,
quand on est celui qui doit y passer, parce que personne ne va le faire à notre place.
Bien. Mais ce n'est pas une raison pour abandonner ceux qui s'y trouvent,
et pour ne pas essayer d'être là, autant que faire se peut, même si nous n'y pouvons rien.
Notre sentiment d'impuissance ne doit pas inhiber la charité la plus élémentaire
qui consiste à tenir la main de ceux qui souffrent
et à accompagner ceux qui partent jusqu'à la porte qu'ils devront franchir seuls.
Il n'y a pas grand-chose qui soit réellement important au cours d'une vie.
Les liens qu'on entretient avec les uns et les autres, ça fait partie de ces choses importantes,
et pourtant, pour des tas de raisons liées de plus ou moins près à notre égoïsme,
ça fait partie de ce qu'on laisse volontiers en dernier dans la liste des choses à faire.
Je ne fais jamais de messes "des familles", "des enfants" ou de quelque autre catégorie.
La messe, c'est faire mémoire du sacrifice non-sanglant du Christ,
ce n'est pas un show que l'on puisse réserver à telle ou telle catégorie pour le lui rendre agréable.
En plus, quand une catégorie de population a "sa" messe, il n'est pas inhabituel
qu'elle n'aille pas aux autres messes parce qu'elles ne lui sont pas réservées.
Créer du communautarisme au sein de la communauté, j'ai toujours trouvé ça contre-productif.
Quand Dieu nous demande de pardonner, il ne demande rien qu'il ne fasse lui-même.
S'il n'y avait pas de pardon en lui, l'humanité aurait disparu dès le péché originel,
et chacun de nous mériterait, par ses péchés personnels, de disparaître.
Si on ne sait pas pardonner, il faut demander l'aide de Dieu :
c'est un art dans lequel il est passé maître, au prix même de la vie de son Fils.
Beaucoup de paroissiens "de toujours" sont réfractaires à tout changement en paroisse,
qu'il s'agisse de l'horaire des messes, de la place des statues ou des chants de la messe.
La vie change en permanence.
Les seules choses qui ne changent jamais d'elles-mêmes sont celles qui ne sont pas vivantes.
L'église n'est pas un musée intangible. C'est un lieu de vie. Donc sujet au changement.
Ils ne sont pas toujours opportuns, peut-être, mais ils sont inévitables,
et non pas systématiquement mauvais par définition.
On voit que saint Paul n'est pas apôtre pour lui-même,
mais uniquement dans l'obéissance à la mission que Jésus lui a confiée,
parce qu'il ne s'occupe pas que des gens qui ont une attitude qui lui plait,
mais il se fait tout à tous, renonçant à lui-même et à ses préférences personnelles
dans l'intérêt de l'annonce de l'Évangile au monde entier et du salut des âmes.
Il y a beaucoup à apprendre de cette attitude quand on est prêtre.
Comment passe-t-on du fait d'être follement amoureux au point de se marier, au divorce ?
Par une lente dérive, insensiblement, sur des petites choses.
Tout ce dont on ne prend pas soin et qu'on ne répare pas finit toujours, tôt ou tard, par lacher.
Un couple, pour durer, il faut l'entretenir quotidiennement.
Ne pas laisser s'accumuler les petites rancoeurs, les petites disputes, les petites frustrations.
Demander pardon quand on a déconné. Penser à dire je t'aime.
Et surtout, ne jamais se lasser de chercher, chaque jour, comment rendre l'autre heureu(se)x.