Juger des personnes du passé avec des critères actuels, c'est toujours injuste.
On ne peut exiger de personne de ne pas appartenir à son époque.
Il faut faire attention, quand on met sa vie au service des pauvres (quelle que soit la pauvreté),
de ne pas succomber à cette petite voix qui nous sussure qu'on est la seule personne
qui met réellement en pratique l'Évangile du Christ,
"pas comme tous ces chrétiens du dimanche" qui ne font pas la même chose que nous.
Les vocations sont multiples, toutes sont nécessaires, aucune n'est méprisable ni supérieure.
La tentation de l'orgueil, en revanche, est plus présente à certains postes qu'à d'autres,
et elle n'est pas moins grave sous prétexte qu'elle se présente cachée
dans l'auréole que l'on s'est soi-même attribuée.
Il parait qu'il y a des chrétiens qui ne veulent pas se faire vacciner,
"parce que ça ne vient pas de Dieu et que, quand on a confiance en Dieu, on n'en a pas besoin".
Quand ils veulent du feu, ils attendent qu'il tombe du ciel au lieu de se servir d'un briquet ?
Juste pour être certains que ça vient bien de Dieu, ce serviteur qui est là
pour remplacer l'intelligence humaine et subvenir à leurs besoins sans qu'ils bougent le petit doigt ?
Les personnes violentes ont souvent en commun la même excuse : on les a provoquées.
"C'est la faute des autres s'ils se sont fait taper dessus, ils l'ont bien cherché."
Il ne leur vient pas à l'idée que leur problème est d'abord leur manque évident de maîtrise de soi,
ainsi que leur incapacité à apaiser leurs contrariétés autrement qu'en les faisant payer aux autres.
Le premier de tous les commandements n'est pas le premier numériquement parlant, mais le premier en ordre d'importance. En réalité, c'est le seul commandement, tous les autres n'en sont qu'une déclinaison. "Tu n'auras pas d'autre dieux que moi". C'est évident, quand on aime Dieu de tout son coeur, que l'on n'a pas besoin de se créer des idoles sur mesure. "Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal". Quand on aime Dieu, on ne cherche pas à lui forcer la main pour qu'il fasse notre volonté et non la sienne. "Tu feras du sabbat un jour sacré". Même si le sabbat s'est transféré au dimanche, jour de la résurrection, quand on aime Dieu par-dessus tout, on prend plaisir à consacrer ce jour à fêter, en sa présence eucharistique, sa victoire sur le péché et sur la mort. "Honore ton père et ta mère". C'est la moindre des choses quand on s'efforce d'aimer son prochain comme soi-même. "Tu ne commettras pas de meurtre". Comment en vouloir à la vie de ceux que j'aime au point de donner la mienne pour eux ? "Tu ne commettras pas d'adultère ou de vol, tu ne convoiteras pas ce qui appartient à ton prochain". On ne va pas prendre ce qui appartient à notre frère quand on a de la bienveillance envers lui. "Tu ne porteras pas de faux témoignage". Eh, comment faire une telle chose à quelqu'un que j'aime ?...
On le voit dans les dix commandements, mais ça vaut pour n'importe lequel d'entre eux : tout est résumé dans l'unique commandement de l'amour de Dieu par-dessus tout et de son prochain comme soi-même. L'Église Catholique, outre le fait de transmettre fidèlement ce commandement et ses multiples déclinaisons dans la vie courante, n'a d'autre objectif que de nous encourager à le mettre en pratique, en nous guidant par les principes de la morale, en nous encourageant par le rappel constant de la Parole de Dieu, en nous donnant l'amour qui vient de Dieu lui-même par les sacrements, pour que nous ayons la force de le mettre en pratique.
Dans l'Ancien Testament, on trouve près de 1000 commandements. Il y en avait une telle prolifération qu'essayer de tous les mettre en pratique demandait rien de moins que d'y consacrer sa vie. Jésus a tout résumé dans le commandement double de l'amour de Dieu et du prochain. Même un enfant peut le comprendre et le mettre en pratique. La seule chose qui nous manque, le paramètre hasardeux, c'est la volonté de chacun d'accepter de vivre selon ce principe de vie, de vie éternelle.
À peine l'ange a-t-il révélé à Marie que sa cousine Élizabeth est enceinte,
elle part la voir pour la féliciter et pour l'assister jusqu'à la naissance de Jean le Baptiste.
Quelle générosité dans sa façon d'agir ! Elle aussi est enceinte, elle a des choses à faire,
mais elle ne pense pas du tout à elle. Puisse son exemple inspirer notre façon d'agir.
L'Église est souvent attaquée sur son histoire largement fantasmée,
sur sa rigidité, sur la morale pour les autres, son laxisme moral interne supposés,
sa prétendue incapacité à évoluer et à s'adapter au temps présent.
Au milieu de toutes ces accusations, qui se souvient de sa raison d'être ?
Qui se rappelle qu'elle a été voulue et fondée par Jésus Christ lui-même,
qui lui a confié de répandre l'Évangile sur toute la terre et de baptiser tout le monde,
afin de parvenir comme lui à la résurrection et à la vie éternelle dans le Royaume de Dieu ?
Qui a encore conscience qu'elle est le corps dont Jésus est la tête ?
Un corps imparfait, certes, comme tout ce qui est humain, mais néanmoins indispensable au salut.
Dans la rencontre avec l'aveugle de naissance Bartimée,
Jésus voit bien qu'il est aveugle, ça saute aux yeux, pour ainsi dire.
Mais il lui demande tout de même ce qu'il veut qu'il fasse pour lui.
De la même façon, il voit bien que nous sommes pécheurs.
Mais il faut lui demander d'être pardonnés si nous voulons qu'il le fasse.
La Volonté de Dieu, c'est que nous nous aimions les uns les autres.
Si on est disposé à accomplir cette volonté, tout ce que propose l'Église a du sens.
Si on n'est pas disposé à s'efforcer de le faire, rien de ce que propose l'Église n'a de sens
et, pire encore, rien ne peut remplacer cette disposition essentielle à notre Salut.
Après le Fils, c'est l'Esprit Saint qui est venu dans le monde, au jour de la Pentecôte.
Pour le recevoir, c'est tout simple, il faut se faire baptiser.
C'est comme les chutes du Niagara : elles sont gigantesques, mais si on veut être mouillé par elles,
à un moment ou à un autre, il va falloir s'en approcher.
Quand quelqu'un se met à hurler subitement lors d'une conversation par ailleur paisible,
c'est plus vraisemblablement parce que quelque chose le touche dans son histoire
que parce que ce que l'on a dit mérite une telle réaction.
Il n'y a donc pas de raison de le prendre personnellement,
parce que bien souvent, l'histoire ne nous concerne pas et on n'y est pour rien.