Il est impossible de s'imposer à Dieu par la violence.
Elle finit toujours par retomber, tôt ou tard, sur ceux qui l'ont commise.
Quand on a un désaccord avec quelqu'un,
on peut soit s'enfermer dans le bon droit de penser ce qu'on pense,
soit s'efforcer de se mettre à la place de l'autre pour comprendre pourquoi il pense autre chose.
Le problème, c'est que c'est très fatiguant pour la tête de faire ça, ça demande un gros effort.
Du coup, trop souvent, on préfère s'abstenir et considérer que l'autre est dans l'erreur,
non parce que c'est forcément vrai, mais juste parce que c'est plus facile.
Quand on est bénévole, rien n'autorise ceux à qui on rend service à nous maltraiter.
Ils peuvent s'expliquer calmement si on fait quelque chose de travers,
et si vraiment on n'est pas compétent, nous demander de nous retirer.
Mais crier ou menacer ou pire encore, non, ça n'est jamais acceptable ni excusable.
C'est amusant cette excuse qu'on entend parfois en confession : "tout le monde le fait".
Alors non, tout le monde ne fait pas les mêmes péchés, ni les mêmes bonnes actions d'ailleurs.
Je comprends le besoin de se sentir moins seul devant le jugement de Dieu,
mais ça ne justifie pas de mettre tout le monde dans le même panier, parce que c'est un mensonge.
Il semblerait que beaucoup de gens ne soient capables de voir tout ce que leur vie a de bon
qu'une fois qu'ils l'ont perdu irrémédiablement.
Ouvre les yeux sur tout ce qui est beau, agréable, satisfaisant et bon dans ta vie, ici et maintenant.
Apprécie-le et profites-en pleinement tant que c'est là.
C'est ça, le secret du bonheur.
Avoir un caractère austère, prude, rigide ou de censeur n'est pas un gage de sainteté.
On n'est pas d'autant plus saint que l'on est plus coincé,
mais selon l'amour que l'on manifeste envers Dieu et envers tout le monde.
En fait, quand on passe son temps à critiquer, juger ou réprouver son prochain,
quand bien même on ne le ferait que dans le silence de notre pensée,
parce qu'il est extraverti, vulgaire, grossier, ridicule ou parce qu'il ne pense pas comme nous,
il devient même très difficile de plaire à Dieu qui, lui, aime tout le monde,
même ceux qui sont défigurés par le péché ou par des défauts que l'on trouve inacceptables.
L'expression "il faut bien gagner son paradis" m'a toujours fait rire.
S'il était possible de "gagner" le paradis,
on n'aurait pas eu besoin que le Fils de Dieu lui-même
vienne parmi nous pour en rouvrir les portes,
ça aurait été fait depuis longtemps par les saints qui l'ont précédé.
Or aucun d'entre eux n'a été sauvé, malgré leur foi, leur obéissance et leurs miracles,
avant la mort et la résurrection de Jésus.
Voilà qui nous a fait, en vérité, "gagner le paradis" : Jésus Christ crucifié.
Quant à nous, tout ce qui nous est demandé, c'est de mettre toute notre foi en lui,
et de faire du mieux que l'on peut pour s'efforcer d'imiter l'exemple qu'il nous a donné.
Mais il ne s'agit pas de gagner quoi que ce soit,
juste de suivre Jésus jusqu'à la croix de l'amour de Dieu et du prochain pour parvenir, avec lui,
à la résurrection et à la vie éternelle dans le Royaume de son Père.
La sainteté ne passe pas obligatoirement par la case "volontarisme".
En effet, si c'était juste une histoire de volontarisme,
ça signifierait qu'elle serait totalement inaccessible aux faibles et aux mous.
Or personne n'est d'emblée disqualifié pour ressusciter et vivre en Dieu pour l'éternité.
Encore faut-il, bien sûr, ne pas manquer de faire appel à son pardon, dans une foi sincère,
quelle que soit l'ampleur du marasme dans lequel nos manques de volonté nous font vivre.
L'amour de l'argent est totalement irréconciliable avec l'amour de Dieu.
Je parle d'amour de l'argent, pas du simple fait d'en posséder.
En effet, aimer l'argent, c'est s'attacher à du vide,
puisqu'il ne peut nous sauver ni de la mort ni de l'enfer.
Au contraire, aimer Dieu, c'est s'attacher à l'auteur de la vie, de l'existence, de l'être même,
et manifester que l'on accepte de passer notre vie éternelle dans son Royaume.
On entend de temps en temps des gens qui sont passés très près de la mort,
et qui se sont rendus compte tout d'un coup que la chose la plus importante était l'amour.
Quand on est chrétien, on est censé déjà le savoir, puisque notre vie est fondée sur un Dieu amour.
Après, encore faut-il en tenir compte concrètement dans les choix de la vie quotidienne,
et ça, c'est une autre paire de manches.
Le péché n'est jamais aussi grave que quand il cherche à nous éloigner durablement de Dieu.
Commettre des péchés, bon, c'est regrettable, mais c'est juste une bataille de perdue.
En revanche, à cause de ces péchés, justifier le fait que l'on s'éloigne de Dieu
et qu'on ne cherche plus du tout à mettre en pratique ses commandements,
ça, c'est se résigner à perdre la guerre contre le mal.
Il est impossible d'éliminer tous nos défauts, même si on peut réussir à les museler.
D'ailleurs, un défaut n'étant jamais qu'une qualité utilisée à mauvais escient,
mieux vaut apprendre ce qu'on peut faire de bien grâce à ce don particulier
plutôt que de s'efforcer de le suprimer parce qu'on ne l'utilise pas comme on devrait.
Il n'est pas rare que les chrétiens qui ne pratiquent qu'exceptionnellement
pensent vivre exactement tout ce que Dieu leur demande,
et que les chrétiens qui sont très proches des sacrements et ont une vie spirituelle sérieuse
pensent qu'ils sont bien loin d'agir conformément aux commandements du Seigneur.
On ne peut avoir conscience de notre part d'ombre
que lorsque l'on est réellement proche de la Lumière.
J'aime bien la généalogie de Jésus, parce que dedans, il n'y a pas que des flèches.
On trouve des gens qui ont commis de graves erreurs, des péchés grossiers,
qui ont été faibles, envieux, jaloux ou injustes, attirés par la gloire, l'argent ou la luxure,
mais, en fin de comptes, rien de tout cela n'a pu empêcher le plan de Dieu de se réaliser.
"Ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ dans ma propre chair,
je l'accomplis dans son corps qui est l'Église"...
Qu'est-ce qui peut manquer aux épreuves du Christ ?
Est-ce qu'il n'a pas souffert assez ?
Est-ce qu'il a besoin de notre souffrance pour compléter la sienne, qui n'aurait pas suffit ?
Est-ce que la rédemption passe par nous, et par nos efforts personnels ?
Eh bien, oui et non.
La souffrance des épreuves du Christ a été plus que suffisante pour nous sauver,
c'est à dire que, par sa mort et sa résurrection, le Christ a rouvert les portes du Royaume de Dieu,
et désormais toute personne qui désire y entrer est la bienvenue.
Mais Jésus ne peut pas nous forcer à bien vouloir entrer dans ce Royaume,
le choix durant notre vie de l'amour de Dieu et du prochain étant libre et propre à chacun.
Ainsi, les épreuves du Christ ont-elles suffit à donner pleinement la rédemption ? Oui.
Mais faut-il que chacun fasse cependant l'effort de l'amour, durant sa propre vie,
quel qu'en soit le coût, pour participer au salut obtenu par le Christ ? Oui.
C'est en cela que nous complétons, "en tant que membres du corps qu'est l'Église,
ce qui reste à souffrir des épreuves du Christ" : qu'elles n'aient pas été supportées en vain,
mais qu'elles nous soient bénéfiques, par notre acceptation du Royaume de Dieu
signifié quand nous agissons par amour au cours de notre vie.
Quand on s'est éloigné de Dieu, revenir à l'église, c'est très bien, évidemment,
mais il faut aussi penser à lui demander pardon, tôt ou tard, de l'avoir abandonné.
On tient pour acquis qu'il est forcément content de nous voir revenir,
mais l'entendre nous dire "je te pardonne tous tes péchés" au confessional,
ça aide à guérir du manque qu'on a connu quand on était loin de lui.