Aller recevoir le sacrement de réconciliation,
c'est permettre à Dieu d'agir comme Dieu,
en pardonnant non seulement ce qui est pardonnable,
mais aussi ce qui ne l'est pas même à nos propres yeux.
S'il y a bien quelque chose qui m'insupporte,
c'est quand quelqu'un qui a eu un problème avec un prêtre ou une personne consacrée
me dit après coup : je suis déçu par l'Église.
L'Église, c'est l'ensemble de la communion des disciples du Christ passés, présents et à venir.
Avoir un problème avec l'Église, c'est un peu ambitieux.
Être déçu par un ou plusieurs membres de l'Église, d'accord, pourquoi pas,
mais ce n'est pas du tout la même chose.
Les mots ont un sens, et il ne faut pas dire n'importe quoi.
Petit truc à savoir quand vous désirez vous marier à l'église :
commencez par trouver un prêtre libre au lieu et à la date que vous avez prévus.
Il est beaucoup plus difficile de trouver un prêtre qu'un restaurant, hélas,
et si vous construisez toute la journée en fonction du lieu de réception sans en tenir compte,
il n'est pas impossible que le mariage à l'église, au jour et lieu prévu, ne soit pas possible.
Il est toujours possible de le célébrer plus tard, bien entendu,
mais je conçois bien que ce n'est pas l'idée de base et que ça crée des ulcères d'estomac inutiles.
Arrêtons-nous aujourd'hui sur la première lecture de la messe du jour, parce qu'elle contient un enseignement dont il convient d'acquérier la maitrise. On y voit des impies, donc des gens qui ne craignent pas Dieu, qui n'ont pour lui ni respect ni vénération, décider en eux-mêmes du sort du juste. Ce qu'ils lui reprochent, ce ne sont pas seulement ses paroles, qui les discréditent, mais aussi ses actes, qui par contraste montrent que les leurs sont mauvais. On reconnait bien sûr Jésus dans la description quasi photographique qui est faite du juste, et pourtant il ne saurait s'agir de lui dans l'esprit de l'auteur du livre de la Sagesse, puisqu'il lui est antérieur. Pas de beaucoup, certes, mais suffisament pour ne pas coller, chronologiquement parlant. Mais alors s'agit-il d'une prophétie ? Bien sûr, dans la mesure ou les prophètes ne savent souvent pas qu'ils parlent du messie alors même qu'ils décrivent qui il est et tout ce qui va lui arriver, mais l'Esprit qui les inspire, lui, sait très bien ce qu'il leur dicte. Mais pas seulement, parce qu'en fait, le juste et les impies décrits ici sont universels.
Dans le livre de Job, on trouve le modèle originel de toute cette histoire. Le diable n'arrive pas à croire que Job, qui agit selon la justice de Dieu, ne le fait pas uniquement à cause des bénéfices qu'il en tire. Il ne croit pas que l'on puisse sincèrement aimer Dieu sans avoir des motifs cachés et pas bien nets : recevoir ses bénédictions ; se faire bien voir du peuple ; être honoré par tous en étant reconnus comme des sages ; gagner sa vie grâce à la religion, etc etc... Le diable connait bien Dieu, mieux que nous. Et lui l'a rejeté en toute connaissance de cause, par orgueil, parce qu'il veut être pris pour Dieu, il veut sa place, il estime qu'il la mérite amplement parce qu'il est la plus parfaite de toutes les créatures. Ce qui est théoriquement vrai, si on ne prend en compte que ses capacités et non ses accomplissements. N'importe quel enfant qui met en pratique la parole de Dieu a accompli plus que ce que le diable n'a jamais été capable de faire. Mais justement, cet état de fait, qu'il ne peut ignorer, le met dans une rage noire. Lui aussi fait des efforts. Il ne dort pas, ne mange pas, il travaille jour et nuit, et tout ça pour quoi ? Qui lui en est reconnaissant ? Qui chante ses louanges ? Non, il n'y en a toujours que pour Dieu, Dieu, Dieu. C'est intolérable. Du coup, il veut prouver que personne n'est meilleur que lui, au fond. Que personne n'aime vraiment Dieu, en réalité. Qu'il n'y en a pas un pour racheter l'autre, que nous sommes tous pécheurs, tous hypocrites, tous condamnables. Toute l'humanité est mise en accusation. Et pour prouver qu'il a raison, il va faire subir les pires injustices à celui qui prétend aimer Dieu. On verra ce que vaut sa justice face à la souffrance, à la méchanceté gratuite, à la bêtise crasse. On verra bien si sa religion n'est pas qu'une coquille vide, si elle n'est pas qu'une prétention vite dégonflée, un masque qui ne correspond pas à ce qu'il cache.
Alors le diable se déchaîne. Il persécute le juste. Le tourmente. Le tente. Traîne son honneur dans la boue. Le rend méprisable aux yeux du monde. Ridiculise sa piété. Anéanti ses accomplissements. Minimise son oeuvre. Il fait partir ses amis, et multiplie ses ennemis. Il va jusqu'à lui laisser penser qu'il est l'objet d'un châtiment divin, d'un rejet de Dieu lui-même. Que Dieu ne l'aime pas, au fond. S'il l'aimait, où est-il ? Pourquoi n'intervient-il pas ? Où sont ses miracles, quand on a besoin d'eux ? Existe-t-il seulement ?
Peut-être que ça vous évoque des situations personnelles. Si c'est le cas, réjouissez-vous. Le diable ne s'attaque qu'aux justes. Il n'a pas de temps à perdre avec ceux qui lui appartiennent déjà. Ne nous laissons pas tenter, ni même déstabiliser. Il rôde, comme un lion cherchant qui dévorer. Résistons-lui avec la force de la Foi, solidement arrimés à Jésus crucifié, dans une confiance inébranable en l'amour de Dieu qui est au-dessus de tout, qui peut tout, qui obtient tout, et qui ne passera jamais.
Le racisme, ce n'est pas un blanc qui déteste un noir ou un local qui déteste un étranger.
C'est quand on associe spontanément une ethnie, une couleur de peau ou une nationalité
avec des stéréotypes et des préjugés méprisants, et qu'on se croit spontanément supérieur.
Quand on fait de la discrimination "positive", on ajoute à tout ça le paternalisme,
en croyant lutter contre le racisme alors qu'on l'inscrit dans des pratiques politiquement correctes,
parce qu'on pense qu'ils ne sont pas capables, sans notre intervention, de s'en tirer tout seuls,
un peu comme si c'étaient des demeurés, des handicapés ou des enfants.
L'antiracisme, c'est de traiter tout le monde exactement de la même façon,
en faisant abstraction de tout préjugé et de tout stéréotype,
voire, si on est chrétien, en aimant à priori toute personne qui croise notre route
sans s'arrêter à son origine ni à son aspect.
Quelle prière faire à Dieu quand quelqu'un qu'on aime meurt ?
"Ouvre-lui les portes du paradis" ? Mais elle sont ouvertes à tous ceux qui veulent bien y entrer.
"Pardonne-lui ses fautes" ? Mais son pardon est acquis à toute personne qui le lui demande.
"Donne-lui la résurrection" ? Mais il la donnera à tous, de toutes façons, parce qu'il l'a déjà décidé.
"Je te rends grâce, Seigneur, parce que je sais que tu vas bien en prendre soin,
que tu l'aimes plus que n'importe qui ne peut l'aimer
et que tu feras tout ce qui est en ton pouvoir pour le recevoir dans ton royaume" ?
Ça, ou quelque chose d'approchant, ça me semble assez adéquat.
Et si on veut vraiment supplier quelqu'un,
alors c'est le défunt qu'il faut supplier d'accepter le salut qui vient de Dieu.
J'ai parfois vu des prêtres prêcher avec une violence effrayante.
Jésus s'est parfois énervé, c'est vrai, mais jamais avec ses disciples !
Les gens qui viennent à la messe n'y viennent pas pour se faire engueuler.
On ne peut pas expliquer aux gens qu'il faut aimer Dieu et son prochain
à coups de pieds dans le derrière.
J'ai l'impression qu'il y a de plus en plus de gens adeptes de la pensée magique :
"si je pense que quelque chose est vrai, alors ça devient une vérité".
Le problème, c'est que la vérité n'a que faire de nos pensées.
Quand on vit dans la bulle d'un monde imaginaire qu'on a inventé soi-même,
tôt ou tard on va se retrouver confronté au réel, et plus la bulle est importante,
plus le retour à la réalité va faire mal.