Ça me fait rire l'argument contre l'existence de Dieu qui nous dit :
"ah, si Dieu existait, il n'y aurait pas de guerres !".
Dieu n'a jamais tenu une kalashnikov, que je sache.
Le retour au paganisme n'est pas un hasard,
il y a visiblement du monde à la manoeuvre.
Quand on change les vacances de Toussaint en vacances d'automne,
celles de Noël en vacances d'hiver, et celles de Pâques en vacances de printemps,
la volonté de revenir à un avant-christianisme est bien palpable,
et on voit bien que tout ceci est savamment orchestré dans l'ombre.
"Avance au large". Depuis que ce passage de l'Évangile a été utilisé comme un slogan, je n'ose plus en parler. On fait souvent ça, dans l'Église. On sort des slogans. Et on attend que, comme par miracle, ils produisent des fruits. Et quand un slogan est rincé, on en sort un autre. Seulement voilà, l'Église n'est pas une entreprise du CAC 40, ni même une ONG internationale. Elle n'est pas une simple association, quand bien même il s'agirait d'une association de fidèles. Et reprendre les petits trucs des entreprises pour s'exprimer, ce n'est pas son chemin, c'est le chemin du monde, mais nous ne sommes pas le monde.
Ce que j'aime, dans cet Évangile, c'est qu'on y voit clairement ce que nous sommes, nous, les chrétiens. Des simples gens, qui avons entendu parler le Christ, qui avons obéi à ses injonctions, et qui en avons vu le fruit. Et qui, du coup, avons tout laissé pour le suivre. Oh, pas nécessairement en adoptant un style de vie radical, en s'éloignant de la civilisation pour vivre dans des grottes en plein désert ou sur des colonnes. Nous ne sommes pas nécessairement des moines ni des stylites, non. Il se peut même que nous vivions parfaitement intégrés au coeur du monde, dans toute sorte de métiers, de vocations, d'entreprises ou dans les lieux les plus divers. Et pourtant, il y a quelque chose de différent en nous. Parce que nous avons entendu le Christ, et que nous le suivons. Nous avons apporté foi à ses paroles, et nous nous efforçons de les mettre en pratique. Nous avons entendu ses commandements, et nous essayons d'y être fidèles, quoi qu'il en soit du résultat. Nous faisons des efforts pour lutter contre le péché, quoi qu'il nous en coûte.
Il y a plusieurs vocations dans l'Église, pour ce qui est des individus. Simon, Jacques et Jean ont reçu un appel particulier du Christ, et ils ont tout quitté pour le suivre. Jésus n'appelle pas tout le monde à la même chose. À certains qui veulent le suivre, il demande de rester chez eux et d'annoncer l'Évangile seulement à leur entourage le plus proche. À d'autres, il demandera d'aller dans toutes les nations. D'autres encore seront envoyés deux par deux aux contrées des alentours. Peu importe. Que chacun suive l'appel particulier qui est le sien. Mais nous avons tous reçu un appel commun, quoi qu'il en soit de notre vocation particulière. Nous avons tous été appelés à aimer Dieu par-dessus tout, à donner notre vie pour ceux que nous aimons, et à annoncer l'Évangile du Christ autour de nous. C'est cette vocation commune qui constitue l'Église, et qui est notre feuille de route à tous. Nul besoin de slogans, de "visions d'avenir", de coaching, d'opérations de com' ou d'autres méthodes entrepreneuriales.
Lisons et écoutons la Parole de Jésus. Et suivons-le. Chacun à sa place. Peu importe de quelle place il s'agit, tant que nous semons l'Évangile au coeur du monde, que nous aimons le Christ et que nous nous efforçons d'être fidèles à ses enseignements.
Si on n'écoute pas la Parole de Dieu,
comment savoir ce qu'on fait sur terre, quel est le sens de l'existence,
que convient-il de faire ou de ne pas faire, ou le pourquoi de la souffrance et de la mort.
Toutes ces réponses sont dans les Saintes Écritures.
Encore faut-il les lire, les méditer, les accepter voire, si on est convaincu de leur pertinence,
vivre comme elles nous préconisent de le faire.
La messe n'est pas juste un moyen pour une fin, elle est une fin en soi.
En effet, pendant qu'on y assiste, on vit déjà en présence de Dieu
comme on le fera à notre fin dernière, dans l'éternité.
Évidemment, c'est encore imparfait, parce que nous avons besoin de la Foi
pour savoir et accepter ce qui s'y passe.
Mais ça n'en est pas moins un commencement de vie dans le Royaume de Dieu, en vérité.
Il est important de lire la bible telle qu'elle est écrite,
sans s'en tenir seulement aux parties qu'on aime bien,
mais en acceptant de voir aussi celles qui nous dérangent,
nous font peur ou nous scandalisent.
Si on les occulte, on ne peut ni connaître Dieu ni le comprendre,
ni aller au-delà des apparences de ce qui est décrit
pour en comprendre l'aspect parabolique, sapiential ou prophétique.
On nous a fait croire pendant des decennies que le bonheur venait par la consommation.
Il suffisait d'acheter des choses, des services, des vacances, des privilèges, et hop !,
comme par miracle, on allait enfin être heureux.
Bien sûr, pour pouvoir acheter, il fallait travailler. Beaucoup. Tout le temps.
Il faut tout sacrifier. Son temps libre, son temps pour Dieu,
son temps pour ceux qui ne nous payent pas ou ne nous rapportent rien.
Au point de ne plus avoir le temps d'éduquer ses enfants ni d'avoir une vie de famille.
Jusqu'à se retrouver seul, tôt ou tard, les relations s'étant tellement distendues qu'elles craquent.
Et là, on découvre, tout surpris, qu'on n'est pas heureux, et que notre vie n'a ni queue ni tête.
On devrait avoir compris, maintenant, que ce chemin est une voie sans issue, en fait.
Que le travail n'est pas un dieu, et la possession de bien matériels pas une fin suffisante.
Nous sommes faits pour aimer. C'est gratuit. Mais ça prend du temps.
Ça demande, pour être réalisable de façon satisfaisante, une réorganisation de sa vie.
Mais ça rend vraiment heureux. Et, cerise sur le gateau, c'est un bonheur qui dure jusqu'après la vie.
Bon, si on avait écouté Jésus, on aurait su tout ça depuis longtemps.
Il a fallut qu'on en fasse par nous-mêmes l'expérience.
Maintenant qu'elle est faite, on peut peut-être enfin le fréquenter à nouveau, et l'écouter ?
S'il avait raison sur ça, il y a peut-être d'autres trucs qu'il a dit qui peuvent faire notre bien, va savoir.
L'Église n'est pas un perpétuel jardin d'enfant, où les curés devraient inventer en permanence
des activités paroissiales pour occuper les chrétiens et leur dire quoi faire.
Ce que le Christ nous a demandé après la résurrection, c'est d'annoncer l'Évangile.
Ça, d'accord, c'est notre travail.
Mais une fois que chacun a entendu parler du Christ, lu les évangiles, écouté son message,
c'est à chacun de savoir ce qu'il ou elle a à faire, en fonction de sa vocation particulière.
Que le prêtre accompagne et soutienne cette vocation, certes. Mais après,
que chacun charge sa croix et suive le Christ selon son appel, en adulte.
Pourquoi est-ce que Dieu nous donne des commandements, et pas juste des conseils ?
Parce qu'il ne veut pas juste que nous sachions ce qu'il faut faire pour être sauvé,
mais que nous fassions ce qu'il faut faire pour être sauvés.
Ce qu'il veut, c'est notre salut, pas juste pouvoir se dire "je leur ai dit ce qu'ils avaient à faire".
Personne n'aime souffrir.
Quand on souffre, on a tendance à réagir en en voulant au monde.
On s'en veut à soi, au point d'en venir à se détester, parfois ;
ou aux autres, et on devient invivable ;
ou à Dieu, qu'on abandonne en le chargeant de toutes les fautes.
Total, on souffre encore plus, ce qui nous fait une belle jambe,
et en plus, on fatigue tout le monde, ce qui n'incite personne à nous aider.
La différence entre un conseil et un ordre, c'est qu'un conseil, c'est gratuit.
Quand on l'a donné, qu'il soit suivi ou pas, ce n'est pas notre problème.
Un ordre, en revanche, on s'attend à ce qu'il soit payé par de l'obéissance.
Donc, si on s'attend à être obéi quand on donne des conseils,
c'est qu'en réalité, sans s'en rendre compte, on donne des ordres, en fait.
Il est illusoire de penser que les personnes que l'on fréquente n'ont aucune influence sur nous,
et que l'on se construit tout seul, quoi qu'il en soit des circonstances extérieures.
Choisis tes amis avec soin : il vaudrait mieux n'en avoir qu'un qui fait sortir le meilleur en toi
qu'une multitude qui ne feraient sortir que le pire dont tu es capable.
Je suis toujours surpris que beaucoup de chrétiens pensent que "le péché, ça n'existe plus",
et qui, du coup, ne se confessent plus jamais.
Si le péché n'existait plus, il n'y aurait plus ni injustices ni guerres, ni violence ni haine,
ni pauvreté ni faim dans le monde, ni avortements ni euthanasies, ni mensonges ni corruption,
ni mépris ni jalousie, ni vengeance ni abus, ni idolâtrie de l'argent ni exaltation de l'individualisme.
Tous ces maux viennent bel et bien de nous, ils ne viennent ni de Dieu ni du diable,
mais de nos choix personnels, quand nous préférons les tentations du diable à la Grâce de Dieu.
Les conséquences du péché sont visibles de tous. Nier qu'il existe,
et que nous en sommes tous complices d'une façon ou d'une autre, n'y change rien.
Je me souviens de ce vieux, en Espagne, que les témoins de jehovah étaient venus voir.
Il leur avait dit : "je ne crois déjà pas en mon Dieu, alors que c'est le vrai,
ce n'est pas pour croire dans le vôtre, qui est faux".
J'aime cette réponse. Il faisait la différence entre savoir et croire, l'air de rien.
Il reconnaissait qu'il était "sachant non croyant", formule infiniment plus juste que
"croyant non pratiquant", qui ne veut rien dire.