Chacun est libre de chercher le bonheur où il veut,
mais il ne peut le trouver que là où il existe vraiment.
La jouissance effrenée des biens de ce monde n'apporte pas un bonheur durable.
Elle en est bien incapable, parce qu'elle cherche à nous nourrir avec de l'air :
tout ce qui est périssable n'a qu'un intérêt limité et rempli d'amertume.
La joie chrétienne n'a rien à voir avec tout cela :
elle vient de Jésus Christ et y retourne, emportant ceux qui se laissent enivrer par elle
jusqu'à la vie éternelle, dans son Royaume, en sa présence pour toujours.
C'est sans commune mesure avec les pauvres hochets (toujours les mêmes en plus, quelle barbe !)
avec lesquels le diable cherche à nous détourner du Fils de Dieu fait homme.
Comment savoir si quelqu'un est humble ?
Imagine que tu puisses l'acheter au prix qu'il vaut, et le revendre au prix auquel il s'estime.
Si tu fais un bénéfice, c'est qu'il est orgueilleux.
Si tu y perds, c'est qu'il se méprise, ou au minimum qu'il ne se prend pas au sérieux.
Si l'opération ne te coûte rien et ne te rapporte rien, c'est qu'il est humble.
Le Christ est ressuscité, il est auprès de Dieu.
Pour qu'il nous arrive la même chose, il faut que nous appartenions au Christ, nous aussi.
Il faut recevoir le baptême. Il faut communier régulièrement.
Il faut aussi s'efforcer de vivre chaque jour l'amour de Dieu et du prochain.
C'est par notre attachement au Christ et par la mise en pratique de ses enseignements
que nous sommes sauvés.
Ce n'est pas pour avoir l'air plus saint que les autres que des prêtres portent la soutane,
mais pour être universellement reconnus au premier coup d'oeil pour ce qu'ils sont :
des prêtres au service du peuple de Dieu, auprès de qui on pourra demander conseil,
se confesser ou pour lequel on pourra prier, aussi.
J'aime la fête de Saint Pierre et Saint Paul, parce que c'est une fête qui nous remet les idées en place quant au but de notre vie. En effet, leur histoire a été un peu mouvementée. Pierre a souvent eu l'occasion de montrer sa faiblesse, quand il renie le Christ ou quand il n'ose pas manger avec les chrétiens d'origine païenne pour ne pas vexer ceux d'origine juive. Paul a eu l'occasion de montrer sa violence, quand il se réjouit de la mort d'Étienne ou quand il part à Damas pour jeter en prison hommes, femmes et enfants qui seraient disciples du Christ. Pierre n'a pas toujours eu raison dans ses jugements, comme le montre l'histoire de la nourriture casher. Paul a été formé en théologie aux pieds de Gamaliel, qui est un maître en Israël et un sage. Pierre s'attache plutôt aux chrétiens d'origine juive, et s'efforce de leur plaire et de ne pas les choquer. Paul aussi, au début, veut convertir ses frères juifs, mais très vite il se tourne vers les païens, qui acceptent plus facilement sa prédication, et qui n'ont pas de préjugés sur sa personne. Il était inévitable que, tôt ou tard, ces deux personnalités de haut rang finissent par s'opposer violemment, et ça n'a pas manqué d'arriver. Paul a vertement repris Pierre en face de tous, sans la moindre considération pour son honneur, sans laisser brider la vérité par le respect humain. Il lui est rentré dedans à pleine vitesse et l'a éparpillé façon puzzle. Pierre a beau être humble, et avoir la qualité majeure de savoir reconnaître ses torts, ça a dû le blesser, quand même. Il n'est jamais agréable d'être repris en public, surtout quand on est dans son tort. Dans le monde, cette histoire aurait pu finir en duel, dans un champ au lever du soleil. Mais ce sont des chrétiens. Ce qu'ils cherchent, ce n'est pas leur gloriole, ou d'avoir raison à tout prix, mais d'être le plus fidèles possible à la vérité révélée par Jésus Christ. Alors ça va prendre un peu de temps, parce qu'il y a tout de même blessure de la réputation de Pierre, et de l'intégrité intellectuelle de Paul. Mais tous deux deviendront saints, parce qu'au fond, ils sont profondément humbles, et donnés tout entier au Christ et à l'évangélisation qu'il leur a confié. Et nous les fêtons ensemble, pour bien montrer que la réconciliation n'est pas superficielle, mais aussi profonde que possible : ils vivent désormais ensemble dans le Royaume de Dieu, réunis par l'amour de Dieu du prochain. Nous aussi, cherchons d'abord Jésus et la fidélité à ses enseignements : c'est là que se trouve la source véritable de toute paix. Et si tous les chrétiens y buvaient largement, il n'y aurait pas d'oppositions, d'animosité, de colère ou de divergences d'opinions qui ne puissent y trouver des solutions paisibles, justes et en accord avec la vérité qui vient de Dieu et le bien de tous.
Il n'y a pas de commune mesure entre l'amour de Dieu et le nôtre.
L'amour est pour nous une activité, mais pour lui c'est son être même.
Ainsi, dire que nous sommes créés à son image est une juste appréciation de la situation :
il y a autant de différence entre les capacités d'amour de Dieu et les nôtres
qu'entre quelqu'un qui se regarde dans une glace et son reflet.
La sainteté ne peut pas être du prêt-à-porter, c'est nécessairement du sur-mesure.
Nous n'avons pas tous les mêmes capacités, les mêmes qualités ou défauts, la même intelligence,
la même éducation, le même entourage, le même parcours de vie ou les mêmes rencontres.
Il s'agit donc non pas de tous faire la même chose,
mais pour chacun de faire de son mieux avec ce qu'il a.
Les gens qui veulent défendre la terre me font penser à ceux qui veulent défendre Dieu.
C'est comme si une amibe, toute seule avec ses petits flagelles musclés,
voulait défendre un éléphant.
Pas plus Dieu que la terre n'ont besoin de nous pour les défendre, merci bien.
Avec ou sans nous, ils réagiront quand ils auront à le faire, de toutes façons, inévitablement.
Qu'on les respecte du mieux que l'on peut, ça oui, d'accord.
Ça nous évitera de nous prendre des catastrophes cataclysmiques sur le coin de la courge.
Mais se prendre pour leurs sauveurs, c'est tellement présomptueux que ça en devient risible.
On sait que le diable utilise toujours les trois mêmes vieux trucs, puisque ça marche :
la soif de plaisirs, la soif de possessions, la soif de pouvoir.
Pour contrer ces tentations, l'Église a les remèdes adéquats :
la chasteté, la pauvreté et l'obéissance aux commandements de Dieu.
Il est à noter que la tentation la plus maléfique, celle qui fait le plus de dégâts,
est la tentation du pouvoir.
Elle s'exprime aussi dans la tentation d'avoir des pouvoirs, en particulier magiques ou occultes,
et à travers l'égo surdimensionné, qui nous fait croire qu'on est quelqu'un de spécial,
meilleur que les autres, plus doué, plus intelligent, plus saint, qu'on est un gagnant,
ou qu'on sait manipuler les autres ou les diriger mieux que personne, qu'on est supérieur à tous.
Attention à cette tentation, c'est la plus vicieuse, et celle que Dieu déteste le plus.
Dieu, c'est lui, il n'y en a pas d'autre. Malheur à qui se prend pour lui, ou se fait passer pour lui !
Tu veux mieux connaître qui est Jésus ? Lis le Nouveau Testament.
Tu l'as déjà lu, et tu voudrais en savoir plus ? Relis-le.
Non mais, vraiment, tu sais déjà ce qu'il y a dedans, et tu voudrais de la nouveauté ? Relis-le.
Dans les Évangiles se trouve tout ce dont nous avons besoin pour notre Salut, nous dit st Jean.
Faisons-lui confiance, au lieu d'aller chercher chez des auteurs qui s'autoproclament mystiques
des détails qui ne sont que de la curiosité, et qui ne proviennent, dans le meilleur des cas,
que de leur imagination.