Donner tout ce que l'on possède pour Dieu, ce n'est certes pas très raisonnable.
Mais c'est à ce prix que la pauvre veuve aux deux piécettes est entrée dans la Parole de Dieu,
et continue à être donnée en exemple à toutes les générations.
Sans gratuité, il n'y a pas d'évangélisation qui vaille.
L'amour est gratuit. Il ne s'oblige pas, ne se compte pas, ne remplit pas des tableaux comptables.
Vouloir à tout prix rendre des comptes mathématiques d'un travail d'évangélisation,
c'est le vider de toute substance avant même qu'il n'aie commencé.
Il faut laisser à l'arbre le temps nécessaire à produire ses fruits.
C'est aux fruits, qui viendront quand bon leur semblera,
et non au pedigree de l'arbre ou à la qualité et la quantité d'engrais,
que l'on verra si le travail a été bien ou mal fait, à la génération suivante.
Le christianisme ne peut pas se transmettre uniquement par les réseaux sociaux,
par des livres, des conférences, ou toute autre simple formation.
En réalité, il se transmet de personne à personne,
car ce n'est pas simplement un enseignement, c'est un échange
où chacun reçoit et donne quelque chose à l'autre.
On ne peut en effet pas enseigner l'amour de Dieu et du prochain sans le vivre entre nous.
Nous n'avons pas conscience de la malice et du drame du péché. Parfois, nous parlons même de "péché mignon". Pourtant, aujourd'hui, en la fête des Saints Innocents, nous voyons les conséquences du péché. Quel niveau de méchanceté insensé faut-il atteindre pour éliminer ainsi des nourrissons et de petits enfants ? Oh, ce n'est pas que nous ne soyons pas habitués, hélas, nous qui vivons dans une civilisation qui n'attend même pas que les bébés soient nés pour s'en débarrasser. Mais ça n'enlève rien à la cruauté abominable de la situation dont nous sommes aujourd'hui les témoins consternés. C'est tout à fait curieux, Noël est une fête si douce, si belle, si paisible, et pourtant, les jours suivants, nous ne voyons que des martyrs et des morts violentes. "Où est Dieu ?", diront ceux qui refusent de croire en lui. Il est là, au milieu de nous, dans son berceau. Il est venu partager les conséquences d'un péché qu'il serait bien incapable de commettre, lui qui n'est qu'Amour. Mais il veut tellement notre bien qu'il est prêt à se charger de nos péchés, et nous savons où ça le mènera. Pour l'instant, le pauvre, il est dans les bras de sa mère et il apprend patiemment à devenir humain. Je comprends le désarroi des Pharisiens, des scribes et des docteurs de la Loi, qui attendaient tous un messie triomphant et vainqueur, qui ne ferait qu'une bouchée de tous leurs ennemis. Au lieu de ça, nous avons un bébé sur les bras, dont il faut sauver la vie parce qu'à peine né, il est déjà menacé de mort. D'une certaine façon, Dieu nous laisse pour une fois prendre sa place : c'est à nous de prendre soin de lui comme lui prend soin de nous depuis la création. Accueillons ce petit enfant dans notre cœur. Laissons-le nous convertir petit à petit, et pendant qu'il apprend à être un homme, nous enseigner à recevoir Dieu en nous. La lutte contre le péché n'est pas quelque chose de grandiloquent ni de visible. Ça se passe au fond du cœur de chacun, ça s'incarne dans chacune de nos décisions, bonnes ou mauvaises. Laissons-nous guider par le Christ. Il est venu pour que nous puissions imiter la façon dont il a vécu. Acceptons de nous laisser aider comme lui-même s'est laissé sauver par ses parents du tyran Hérode.
La confession n'est pas un distributeur automatique de pardon.
Pour obtenir le pardon, le pécheur doit être repentant,
rejeter les péchés qu'il a commis
et s'engager fermement à s'efforcer à ne plus pécher à l'avenir,
voire à changer de vie si son mode de vie est intrinsèquement peccamineux.
Il doit aussi exprimer de la contrition, c'est-à-dire la peine d'avoir offensé Dieu.
Enfin, il devra ensuite s'efforcer de réparer le mal qu'il a commis d'une façon ou d'une autre.
On est très loin d'un blanc-seing qui nous donnerait une autorisation détournée de pécher
en considérant que tout ce qu'on a fait n'a pas d'importance,
et qu'on peut continuer comme avant, sans se préoccuper de rien.
La confession n'est pas un lieu où l'on obligerait Dieu à trouver bon notre péché,
et où il nous dirait que ce n'est pas grave parce qu'il pardonne n'importe quoi,
même quand on n'a aucune crainte de Lui ni de son jugement,
et que l'on méprise ouvertement sa Parole et ses Commandements.
Il y avait des faux prophètes dans l'Ancien Testament,
dont le travail consistait à faire des prophéties au nom de leurs faux dieux
qui aillent dans le sens de la volonté personnelle de leurs maîtres royaux.
Il faut relire le chapitre 18 du 1er Livre des Rois.
On y voit la différence entre les prophètes des baals et le prophète Elie,
et aussi qui finit inévitablement par être vainqueur à la fin.
La théologie catholique est claire : bénir au nom de Dieu une situation de péché
sans la moindre recherche d'amendement ou de conversion,
c'est un acte à la fois sacrilège et blasphématoire.
Quand Jésus pardonne à la femme adultère, il lui dit : "va, et désormais ne pèche plus".
Ce n'est pas la situation peccamineuse qu'il bénit, mais la personne qui cherche à en sortir.
Reste à voir maintenant qui cherchera à obéir à Dieu,
et qui cherchera à plaire aux hommes.
Du moment que l'on cherche à imposer quelque chose par la force au nom de Dieu,
on peut avoir la certitude que l'on n'est pas fidèle à sa volonté.
Dieu respecte notre libre arbitre. Il l'a toujours fait.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle nous pouvons nous damner même s'il ne le veut pas.
Alors, chercher à tordre la volonté de qui que ce soit en son nom,
c'est sans le moindre doute nécessairement et toujours un abus.
Dieu propose de nous donner tout, mais ne nous impose pas de rien accepter.
Quand le magistère actuel nous semble contraire à la Foi chrétienne,
Il faut se référer à ce que disent la Bible et la Tradition Chrétienne.
Le magistère est censé n'être que l'actualisation de ces connaissances,
et non pas une réécriture à nouveaux frais
pour mettre la foi en adéquation avec les modes de notre temps.
Le seul qui ait jamais été légitime pour dire :
"on vous a enseigné telle chose, et bien moi je vous dit autre chose",
c'est Jésus-Christ et personne d'autre.
Être chrétien, ce n'est pas avoir des valeurs ou des traditions, comme si c'étaient des fins en soi.
Être chrétien, c'est connaître le Christ, aimer le Christ, obéir aux enseignements du Christ.
Les principes que nous suivons viennent du Christ, et n'ont de valeur que pour cette raison.
Si on les "débranche" de leur origine et de leur raison d'être,
alors notre religion n'est plus qu'une coquille vide
qui a l'apparence du christianisme, mais qui n'en est pas.
Pensons nous, quand nous sommes confrontés à la souffrance,
à blâmer le péché qui est à l'origine de la mort
et de tout ce qui nous fait souffrir avant ou après elle ?
Nous devrions, parce que c'est bien à lui que nous devons tous les malheurs du monde,
qu'il s'agisse de notre péché personnel ou de celui des autres.
Le voyage dans le temps en direction du passé n'est pas pour demain.
On a l'impression que pour voyager dans le passé,
il suffit de voyager dans une dimension, mais c'est faux.
En réalité, la terre, comme toute notre galaxie, suit une course effrénée dans l'espace,
et n'est donc jamais au même endroit d'une année sur l'autre ni même d'un instant à l'autre.
Du coup, pour voyager dans le passé,
il faudrait voyager non pas dans une dimension mais dans quatre,
et à contre-courant de l'expansion de l'univers, en plus.
Encore une fois, ça ne risque pas d'arriver.