L'évangile d'aujourd'hui est sur le Notre Père. La mémoire du jour sur la Vierge Marie du Rosaire. Pourtant, c'est de la première lecture que j'aimerais parler. Je laisse à ceux qui sont plus instruits que moi le soin de donner des explications sur le Notre Père et le Rosaire. Dans la première lecture, saint Paul nous rappelle quand il avait repris en public saint Pierre qui ne marchait pas droit selon la vérité de l'Évangile. Quelle formidable accusation ! Et alors, qu'en est-il de l'infaillibilité pontificale, ne manqueront pas de faire remarquer ceux qui n'y croient pas ? Notre foi est basée sur les Saintes Écritures, la Tradition et le Magistère. Bien. Dans la lecture du jour, saint Pierre est à la fois dans les Saintes Écritures; la Tradition, il est en train de la créer; et le Magistère, c'est lui. Le Nouveau Testament n'a jamais cherché à cacher les défauts des apôtres. Ce n'est pas parce que Jésus les a choisis qu'ils sont parfaits, loin s'en faut. Judas ira jusqu'à le vendre à ses ennemis. La Tradition, c'est pareil : ceux qui l'ont constituée n'étaient pas parfaits sur tous les plans. C'étaient des hommes et des femmes de leur époque, de leur culture, avec des idées et des agissements dont certains peuvent nous sembler aujourd'hui plus que discutables. Quant au magistère, il y a trois choses qu'il ne faut pas confondre : les faits et gestes des papes, qui n'en font pas partie et peuvent comporter des erreurs, des opinions personnelles ou des préférences discutables; le magistère ordinaire (les écrits des papes ou des divers offices romains, les encycliques, ce genre de chose), qu'il serait présomptueux d'ignorer mais qui ne fait pas partie du dépot de la foi; et enfin le magistère extraordinaire, c'est à dire les déclarations dogmatiques, comme par exemple les constitutions dogmatiques Lumen Gentium ou Dei Verbum issues de Vatican II, qu'on ne peut rejeter sans s'exclure soi-même de la foi et de la communion Catholique. Dans la première lecture, nous ne sommes pas dans le magistère, mais dans un agissement contestable de saint Pierre qu'il corrigera après avoir reçu de l'Esprit Saint l'enseignement nécessaire. Ça n'enlève rien à l'infaillibilité des dogmes de l'Église. Demandons plutôt à Dieu de nous donner l'humilité de saint Pierre qui, sans s'entêter, a toujours fait la volonté de Dieu dès qu'on lui en a expliqué le bien fondé.