Ce n'est pas grave, de se chamailler.
Ce qui est grave, c'est de ne jamais demander pardon ensuite.
Traiter quelqu'un qui nous contrarie ou qui nous fait tout pour nous embêter par de l'indifférence
est beaucoup plus violent que de le traiter par de la rage.
Ça lui montre qu'il n'a aucun pouvoir sur nous, et que son avis ou ses actions sont sans intérêt.
Ce n'est donc pas quelque chose à faire envers quelqu'un qu'on est censé aimer.
Il y a des gens qui sont, par inclination personnelle, par leur psychologie ou leur éducation, enclins à redouter tout changement dans leur vie. Ce n'est pas un bien ni une vertu, ce n'est pas un mal ni un péché, c'est juste une façon d'être. Par contre, cette propension à rejeter tout ce qui est nouveau ou différent, spontanément perçu comme une menace, se retrouve souvent dans des choix politiques ou religieux, même s'il faut pour cela l'imposer par la violence. Ainsi, au temps du Christ, les gens qui avaient cette tendance avaient pour tout changement religieux une aversion féroce. Les pharisiens, puisqu'il s'agit d'eux, avaient modelé leur religion à leur psychologie personnelle, et détestaient par principe toute altération de leurs habitudes. Ce n'était pas des mauvaises personnes, ils pouvaient avoir un véritable amour de Dieu, mais ils confondaient leur façon de voir les choses et la façon dont elles devaient, selon eux, se passer. Bref, pour eux, Jésus est vite devenu une menace existentielle, parce qu'il ne respectait pas ostensiblement les lois dont le livre du Deutéronome est truffé. En réalité, personne n'était capable de les respecter toutes, parce qu'il y en avait des centaines. Saint Paul, élevé dans le pharisianisme, dissertera longuement sur ce sujet. Mais une chose était de ne pas arriver à tout faire, autre chose d'affirmer que la question n'était pas là, et que la Loi de Dieu n'a que faire des lois humaines greffées sur la sienne au cours du temps.
Or la nouveauté extraordinaire du christianisme a été de remettre en cause la connaissance de Dieu, et par conséquent notre relation avec lui : Jésus définit Dieu comme un don perpétuel d'amour du Père vers le Fils et du Fils vers le Père, dans l'Esprit Saint. Il nous enseigne que l'amour est, à l'image de l'être même de Dieu, le don de sa vie pour ceux qu'on aime. Enfin, il nous demande d'agir ainsi les uns envers les autres. En revenant au coeur de la révélation de Dieu à son peuple, qui était déjà présent, mais d'une manière moins claire, dans les Saintes Écritures, il montre, par contraste, à quel point la religion n'est pas une question de coutumes ou de traditions humaines, mais bien une histoire d'amour personnel entre Dieu et chacun d'entre nous, et d'amour entre nous et notre prochain. Son message est toujours aussi neuf, aussi brûlant et aussi affûté aujourd'hui. Ne laissons jamais nos inclinations personnelles nous détourner de la révélation divine sur ce qui est réellement important dans notre façon de vivre notre religion.
Se marier, par sens du devoir, parce qu'on a fait un enfant par hasard,
ça part d'une bonne intention, mais qui n'a souvent pas les moyens de ses ambitions.
On en fait facilement une histoire d'honneur, mais ce n'est pas l'honneur
qui va aider ensuite à vivre paisiblement avec une personne qu'on n'a pas vraiment choisie,
et avec laquelle il n'y a aucune raison qu'on ait quelque chose d'autre en commun que cet enfant.
Prendre ses responsabilités envers l'enfant, économiquement et émotionellement, oui, bien sûr.
Mais ça n'implique pas, de soi, le fait de se marier, qui est un autre sujet.
D'ailleurs, si on estimait vraiment que le mariage soit une question d'honneur,
alors on aurait commencé par là, en toute logique :
c'est censé être une cause de naissances, pas une conséquence.
L'Église chrétienne a, depuis sa fondation, vocation à être universelle,
portant aux quatre coins du monde la parole du Christ, selon son commandement,
pour réunir tous ceux qui le suivent dans une seule et grande famille
(ce qui n'a rien à voir avec une quelconque velléité de colonisation, soit dit en passant).
Pour cette raison, quand une église particulière devient "nationale" ou, pire encore, nationaliste,
c'est une abomination et un contresens.
Les évêques qui ont favorisé le "tout laïc" pour anticiper un manque de prêtres
ont tué toute véléité d'accepter la vocation sacerdotale dans leur diocèse.
Qui voudrait donner sa vie au Christ, renonçant à des choses quand même importantes,
pour n'avoir ensuite aucun pouvoir décisionnel dans sa paroisse,
même au niveau liturgique ou sacramentel, qui sont au coeur de la raison d'être des prêtres ?
À vouloir trop anticiper les catastrophes, parfois, on les provoque.
Les religions bricolées à la maison, hors du circuit sacramentel et liturgique des paroisses,
sont souvent bourrées de bizarreries et de superstitions.
On y trouve des expressions gestuelles étranges,
un rejet clair et net de nombreux enseignements du Christ et de l'Église,
des hérésies et un syncrétisme fait de bric et de broc.
Le but de la religion lui-même est bricolé, puisqu'il s'agit de "se sentir bien",
et non plus d'être sauvés.