Devenir comme Dieu, ce n'est pas acquérir des pouvoirs de super-héros pour faire des miracles,
c'est être capable d'aimer absolument tout le monde, que les gens le méritent ou pas.
Nous n'avons pas plusieurs coeurs, nous n'en avons qu'un.
Qu'on l'ouvre en grand à l'amour de Dieu, et l'amour du prochain en sera agrandit.
Qu'on l'ouvre en grand à l'amour du prochain, et il sera plus ouvert à l'amour de Dieu.
Mais si on le ferme à qui que ce soit, quelle qu'en soit la raison,
alors il sera fermé aussi à Dieu, que l'on s'en rende compte ou pas et quoi que l'on professe.
Trouver quelqu'un qui nous aime tel qu'on est et pour qui on est,
gratuitement, avec constance, disponibilité, bienveillance et bonté,
c'est ni plus ni moins un miracle, en vérité.
Il est beaucoup plus simple de trouver des gens pour nous aimer
tant qu'on fait et dit ce qui leur plait et qu'on leur est utile à quelque chose,
mais ça n'a aucun rapport.
L'amour de Dieu pour nous est le plus miraculeux de tous.
Quand on est dans le malheur, la difficulté, la maladie ou la panique,
on prend conscience de l'importance d'avoir des amis qui nous aiment vraiment
et qui sont là à nos côtés, ne serait-ce que pour nous offrir une épaule pour pleurer.
Il est alors important, quand ça va mieux, de ne pas oublier de les traiter
comme le plus grand trésor que l'on a au monde,
parce qu'en vérité, c'est vraiment ce qu'ils sont.
Vivre chrétiennement est à la fois la chose la plus facile et la plus difficile au monde :
facile, parce qu'il s'agit juste d'aimer Dieu et son prochain du mieux qu'on peut.
Difficile, parce qu'on vit dans un monde dominé par le péché,
qui ne cesse de nous inciter à ne penser qu'à nous
et à nous méfier de l'amour comme de la peste.
Avoir un coeur droit et sincère, ça ne suffit pas pour être dans la vérité,
encore faut-il la trouver et la suivre.
Mais c'est un élément indispensable quand on a la ferme intention
de suivre, tout au long de sa vie, les enseignements du Christ
afin de parvenir, comme lui, au Royaume éternel de son Père.
On peut parfaitement avoir d'autres activités, quand on est prêtre,
que d'organiser réunion sur réunion dans notre paroisse.
Il est tout à fait légitime de consacrer du temps à d'autres choses,
parce que toute activité (honnête) peut être l'occasion de rencontrer des gens
à qui on n'aurait jamais eu l'opportunité de parler de Dieu
si on n'avait pas été les rejoindre là où ils se trouvent.
Et il faut voir les choses en face : l'immense majorité des gens,
ce n'est pas dans les églises qu'on va les trouver,
mais sur le lieu de leur travail ou de leurs loisirs.
Il est facile de se tromper d'objectif dans la vie,
et de perdre toutes ses forces et tout son temps pour obtenir des broutilles.
Seule la recherche de la vie éternelle dans le Royaume de Dieu vaut la peine :
tant qu'on n'y est pas, tout ce qu'on obtient est destiné à être perdu, tôt ou tard.
Quand on y sera, on aura bien le temps de faire et d'obtenir tout ce qui nous passe par la tête.
Il est important d'admettre qu'il est possible que l'on se trompe,
sur absolument tout ce que l'on pense être vrai,
parce que même ce qui est vrai, on peut le comprendre de travers.
Si on n'est pas capable d'accepter qu'on a parfois tort,
on passe de la recherche de la vérité à l'intransigeance du fanatisme.
Il est très facile de s'habituer à être servi,
surtout quand on est entouré de gens qui ne cessent de nous le proposer.
Il faut faire très attention à ça quand on est prêtre,
parce que l'ordination ne nous exempte pas de la tentation
de se prendre pour quelqu'un d'important à la façon du monde.
Ça serait même parfois plutôt le contraire.
Chercher à imposer chez les autres la volonté de Dieu,
c'est parfaitement abusif parce que lui ne l'a jamais fait :
il se contente de nous la proposer.
Son but n'est pas d'être obéi aveuglément mais d'être aimé.
Personne de raisonnable ne chercherait à être aimé
à coups d'ordres aboyés et de coups de bâton.
Mais il arrive que des chrétiens agissent déraisonnablement,
poussés par un zèle qui ne vient pas de la Foi, qui ne peut être que proposée,
mais du plaisir que ça leur procure d'être obéis sans discuter, et qu'ils aiment imposer.
La morale chrétienne c'est, par définition, l'imitation du Christ.
Mais faire la morale à tout le monde, c'est souvent exiger des autres qu'ils nous obéissent,
et qu'ils fassent sans réfléchir et avec application tout ce qu'on leur dit qu'ils doivent faire.
Le Christ, lui, n'exige jamais qu'on l'imite.
Il se contente de faire ce qu'il a à faire, et ça le mène à la mort, puis à la résurrection.
Libre à chacun de le suivre s'il a l'intention de parvenir au même résultat.
Quand on est prêtre, la tentation peut être grande de faire des différences entre les chrétiens,
selon le degré de sainteté ou de perfection supposée qu'on attribue à l'un ou l'autre.
C'est le résultat d'une double injustice : tout d'abord, on n'a pas le don magique de sonder les coeurs, et on peut se tromper totalement sur la sainteté véritable des gens à tous les coups.
D'autre part, quand bien même certains seraient effectivement plus ou moins saints que les autres,
Dieu fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes, et Jésus est venu pour les pauvres pécheurs.
Alors la tentation de privilégier la qualité à la quantité dans les paroisses, on peut l'avoir,
mais il ne convient pas qu'on y succombe.
C'est tout de même fou, à chaque annonce de confinement ou de fermeture de magasins,
les gens se précipitent pour faire des courses comme si leur vie en dépendait,
même après avoir constaté à diverses reprises qu'ils n'allaient manquer de rien.
Mettre toute son espérance dans la possession de biens matériels,
ça n'est malheureusement pas une solution efficace à long terme
pour affronter les difficultés de la vie.
Il serait bien plus utile de méditer sur ce qui est susceptible de nous apaiser
et de nous rendre véritablement heureux.