Il ne faut jamais oublier que le mal que l'on fait aux autres,
on se le fait aussi à soi-même en même temps.
Le péché est une épée à deux tranchants,
et on ne peut pas l'utiliser contre quelqu'un d'autre sans se couper soi-même.
Si la façon de pratiquer le christianisme des siècles passés était si parfaite,
comment en est-on arrivés à l'apostasie qui touche tant de chrétiens de notre temps ?
La situation actuelle de l'Église n'est pas née de nulle part.
On trouve, au long des siècles, et dès le Nouveau Testament,
nombre de plaintes concernant des chrétiens qui sont retournés dans le monde.
C'est trop facile de tout mettre sur le dos du concile Vatican II, comme s'il avait tous les défauts.
Certes, il y a eu après lui des flottements dans la liturgie, des abus, voire des aberrations, ici ou là.
Mais il existe bien des endroits où tout ceci n'a pas eu lieu,
où les prêtres ont célébré fidèlement en n'ajoutant, n'enlevant et ne changeant rien au Missel Romain, quand bien même il serait en langue vernaculaire et non plus en latin.
A-t-on connu pareille désertion quand la liturgie, au IVè siècle, est passée du grec au latin ?
Certes non. Pourtant il s'agissait, là aussi, d'un changement important des habitudes
et il ne fait aucun doute qu'il y a eu, à cette occasion, des inconditionnels du "c'était mieux avant".
Mais le fond du problème est à chercher ailleurs, me semble-t-il.
Ce n'est que mon avis, mais le manque d'adhésion spirituelle intime de générations de chrétiens
aux enseignements du Christ, qui vont à contre-courant des ambitions et des envies du monde,
me semble être plus à blâmer que des changements cosmétiques dans la façon de célébrer.
Pour suivre le Christ, il faut accepter de porter la croix de l'amour inconditionnel du prochain.
Il y a inévitablement un renoncement aux biens de ce monde, et à "faire comme tout le monde".
Cette adhésion du coeur ne vient pas uniquement de la liturgie,
et elle est confrontée à la tentation d'abandon de Dieu qui se trouve en chacun de nous.
Qui est encore prêt à renoncer à tout pour suivre le Christ ?
Je ne parle pas des exceptions, mais du peuple de Dieu dans son intégralité.
Qui est prêt à renoncer à sa volonté propre, pour faire la volonté de Dieu ?
Qui est prêt à devenir, selon l'expression de saint Paul, l'esclave de Dieu ?
Le combat chrétien est un combat spirituel. Pas culturel. Pas des modernes et des anciens.
Donne-nous, Seigneur, la force d'accepter ton amour, et de te le rendre sans réserve,
en acceptant de t'aimer par dessus-tout et d'aimer notre prochain comme nous-même.
Parce que c'est là, et nulle part ailleurs, que se joue le défi de notre Salut Éternel.
Je ne crois pas à l'imposition de principes, même chrétiens, par la contrainte.
Le christianisme, c'est l'acceptation libre de l'amour de Dieu librement proposé.
Former la conscience pour nous aider à prendre la bonne décision, oui.
Imposer à la conscience des règles à exécuter sous peine de châtiments, non.
Que les choses soient claires : la foi chrétienne est basée sur
- les Saintes Écritures, en particulier les Évangiles et le Nouveau Testament ;
- la Tradition, qui les a illustrées et les mises en pratique au long de l'histoire ;
- et le Magistère, qui nous aide à vivre notre foi chrétienne dans le monde de ce temps.
Elle n'est pas basée sur des articles sur internet, des magazines, des blogs, la télé, la radio ;
ni sur l'opinion personnelle de tel curé, religieux, évêque voire cardinal ;
ni même sur des révélations privées ou des apparitions, ni sur les voyants ou les mystiques,
qu'ils soient reconnus ou non par l'Église.
Elle n'est basée ni sur ce blog, ni sur mon avis, ni sur celui d'aucune personne privée.
Si on veut être guidé par les enseignements du Christ, le seul et unique chemin sûr,
c'est celui des Saintes Écritures,
telles que les saints les ont comprises, vécues et transmises au cours des siècles,
et que le Magistère nous dit qu'il est juste et correct de les vivre aujourd'hui.
Tout ce qui vient d'ailleurs peut être juste, comme ça peut aussi être faux,
et se laisser guider par des opinions personnelles,
c'est prendre le risque de marcher dans la mauvaise direction
sans même en avoir conscience et avec une bonne foi
qui ne change rien au fait qu'on n'est pas nécessairement dans la vérité.
On entend souvent dire que les mots sont pires que des armes,
et qu'ils peuvent faire plus de dégâts qu'elles.
C'est sans doute vrai.
Le mensonge délibéré, qu'on appelle aujourd'hui post-vérité (incroyable mais vrai),
est responsable de millions de morts.
Par contre, pour les mots destinés à nous sauver du péché et de la mort,
j'ai souvent l'impression qu'ils tombent dans l'oreille d'un sourd,
et qu'il est bien rare qu'ils se concrétisent dans un effet visible.
Ils révèlent cependant le fond des coeurs, quelle que soit la réaction provoquée :
sommes-nous décidés à choisir Dieu comme notre roi et notre sauveur,
ou préfère-t-on n'en faire qu'à notre tête sans nous préoccuper de lui dans notre vie ?
On n'en a jamais fait "assez", en amour.
Parce que ce que l'on a fait hier, c'était bien, peut-être, mais pour hier.
Aujourd'hui, il faut recommencer à zéro.
Mais ce n'est pas une tâche désespérante à la Sisyphe, au contraire,
parce que celui qui aime bénéficie de ses bonnes actions,
par la paix, la joie et la satisfaction qu'elles lui apportent,
et quand on aime chaque jour, ça donne à chaque journée une valeur irremplaçable.
Autant un prêtre prêt à transiger sur tout peut vite poser des problèmes,
en particulier au niveau doctrinal et de fidélité à l'enseignement du Christ et de l'Église,
autant un prêtre qui n'admet de transiger sur rien en pose aussi,
en particulier au niveau de la miséricorde et de l'accueil de ceux qui sont loin de l'Église.
Pour la doctrine, sois un roc inébranlable.
Mais pour la charité, sois de la pâte à modeler, et tu agiras bien.
La paroisse, c'est là où s'origine la vie chrétienne par le baptême,
où on se forme par la catéchèse et les homélies,
où on vient chercher des forces auprès de Dieu à la messe ou dans les sacrements.
Mais c'est loin d'être le tout de la vie chrétienne : c'est un endroit essentiel de rassemblement,
mais la sainteté, c'est chez soi, au boulot, en vacances, bref dans la vie courante que ça se joue.
Je n'arriverai jamais à comprendre qu'on puisse refuser de communier
seulement parce qu'on refuse de nous donner la communion dans la bouche.
C'est vraiment un problème de riche, de faire la fine bouche sur la façon de recevoir Dieu :
il y a tellement de gens qui voudraient pouvoir communier mais qui en sont privés,
qu'il est stupéfiant de pouvoir mais de ne pas vouloir
juste parce que nos préférences personnelles ne sont pas respectées de temps en temps.