Chercher à imposer l'amour par la violence est tellement stupide
qu'on ne devrait même pas avoir à le souligner, normalement.
Tout péché est certes, par définition, une offense à Dieu,
puisqu'il s'agit par nature d'un manque ou d'un rejet de l'amour, et que Dieu est Amour.
Mais c'est aussi, qu'on le veuille ou non, une offense à l'Église,
à sa sainteté et à la cohésion de la communauté qui la constitue.
C'est la raison pour laquelle la réconciliation ne peut être une demi-mesure,
et on ne peut se réconcilier avec Dieu sans le faire avec l'Église,
c'est à dire se décider à revenir à Dieu et à s'efforcer de mettre en pratique à nouveau sa Parole,
sans s'efforcer dans le même temps d'être en pleine communion avec l'Église
et avec les enseignements de Dieu qu'elle a la charge d'adapter à la vie contemporaine.
Le seul point commun que nous ayons entre chrétiens,
c'est notre amour du Christ et notre volonté d'être fidèles à ses enseignements.
En dehors de ça, il n'y a rien qui justifie que nous nous entendions bien,
parce que nous venons de tous les horizons possibles et imaginables.
C'est pour cette raison qu'il est du devoir de chaque chrétien
d'approfondir son amour du Christ et sa fidélité à sa parole,
parce que sans ça il est illusoire d'espérer vivre tous ensemble en communion de paix et d'amour.
Ce qui nous rend humains,
c'est le fait de ne pas toujours réagir à un stimulus par une réaction pré-programmée,
bref de ne pas réagir obligatoirement guidés par notre instinct, notre nature ou même notre cerveau.
On peut faire preuve d'imagination, de fantaisie, de bienveillance, de pardon, etc etc...
C'est en cela que nous sommes créés à l'image de Dieu.
C'est cette liberté d'action et de réaction (limitée dans notre cas, illimitée dans le sien)
qui fait la gloire de Dieu et qui nous rend capables de salut comme de condamnation.
Faire telle ou telle chose parce que je le veux bien, d'accord.
C'est ce qui donne toute la valeur à mes actes, surtout aux actes d'amour.
Mais les faire parce qu' "il faut", parce que "c'est comme ça et pas autrement",
sans que mon intelligence ou ma volonté ne soient même consultées, ça n'a rien d'humain,
et ça ne peut en aucun cas être un but à atteindre, même et surtout dans la vie spirituelle.
Je ne comprends pas que l'on puisse vivre sans la crainte de Dieu,
expression biblique qui, dans le language actuel, serait mieux traduit par "respect prudent".
Dieu est infini, éternel, tout-puissant, créateur et sauveur.
Nous, nous ne sommes qu'un grain de poussière aussi vite oublié qu'il disparaitra.
Et cependant, il y en a qui ne craignent pas Dieu, mais qui font les malins, jusque dans les églises,
en se comportant comme des soudards avinés, pleins d'arrogance, de moqueries et de mépris.
S'ils n'arrivent pas devant Dieu dans de meilleures dispositions le jour de leur mort,
je crains bien que l'entretien d'entrée au paradis ne tourne à leur désavantage définitif.
Notre besoin d'admiration, autant le garder pour Dieu, au moins on ne sera jamais déçu.
Admirer quelqu'un de pécheur, c'est prendre le risque de sentir notre confiance trahie, tôt ou tard.
Mais si on met toute notre admiration en Jésus ou Marie, qui n'ont jamais péché de leur vie,
alors on n'a rien à craindre.
S'il y a bien une thème qui mérite toute notre attention, c'est celui de la résurrection.
La seule certitude absolue qu'on a en cette vie, c'est qu'on va mourir.
Jésus est ressuscité des morts, pour devenir éternel.
Il se trouve qu'il nous a laissé le mode d'emploi afin que nous puissions faire pareil.
Il faudrait être fou pour s'en moquer ou pour n'en avoir rien à faire,
comme si cette histoire ne devait concerner que quelques grand-mères pratiquantes.
Ne pas accepter de ne pas être aimé, et faire une crise chaque fois que l'on sait
que quelqu'un a dit du mal de nous ou nous rejette,
c'est une attitude infantile, me semble-t-il.
On n'a pas que des qualités, loin s'en faut. Que des gens nous détestent, c'est légitime.
S'efforcer de faire la volonté de Dieu et d'aimer notre prochain, voilà ce qui compte.
Et si on n'a rien à se reprocher, et que l'on est détesté quand même,
eh bien ! On expérimente ce par quoi Jésus est passé sur le chemin de croix, voilà tout.