Quand on pense qu'on en a fait assez en matière d'amour,
c'est juste qu'on aime moins qu'avant.
Tiens un type que je suis sur internet a dit un truc intelligent :
quand on a une grosse pression dûe à notre environnement de vie,
il faut "crever la bulle" du cocon dans lequel on s'est enfermé, histoire de respirer un peu.
C'est vrai en communauté religieuse ou en paroisse, comme ça peut l'être en famille ou au travail,
sur internet ou à cause de l'uniformité des sources d'information auxquelles on s'abreuve.
Si des personnes ou des idées nous exaspèrent de façon disproportionnée,
si on fait une montagne de tout ce qui nous touche, même quand on sait que ce sont des broutilles,
c'est le signe qu'il est temps de sortir un peu de notre zone de vie habituelle,
et d'aller se changer les idées en voyant d'autres personnes et en s'intéressant à d'autres choses.
Plus notre "bulle de vie" est vaste, variée et renouvelée régulièrement,
moins le risque d'enfermement psychologique et de stress que ça induit est limité.
Je suis toujours surpris par la proportion de chrétiens qui, au moins en France,
n'ont jamais réalisé qu'après la mort, le projet n'était pas de vivre dans les nuages,
avec des petites ailes dans le dos, à glandouiller sans savoir trop quoi faire de son temps,
mais que nous sommes appelés à ressusciter, en chair et en os,
et à vivre une vraie vie, non comme des ectoplasmes mais bel et bien en corps et en âme.
Dieu seul est éternel.
Nous, nous appartenons à un monde créé,
qui a eu un commencement et qui aura une fin.
Pour devenir éternels, il nous faut donc entrer en Dieu.
Heureusement, la méthode n'est pas bien compliquée :
il suffit de recevoir le baptême,
puis de s'efforcer, sa vie durant,
de ne pas rejeter Dieu,
en ne rejetant pas l'amour.
Le diable a obtenu au cours du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui quelques exploits notables.
Il a réussi à se faire oublier, au point de persuader bon nombre de croyants qu'il n'existe pas.
Il a aussi réussi à faire croire que le vrai problème ce n'est pas lui mais les religions,
auxquelles il a attribué tous les défauts qui le concernent.
La corruption bien réelle d'un faible pourcentage du clergé a permis d'amplifier cette impression.
C'est bien vu. Non seulement il n'est plus craint,
mais il a fait craindre par le peuple les personnes qui le combattent le plus âprement.
Je comprends l'instinct grégaire qui fait que, quand quelqu'un jette une première pierre,
tout le monde se sent autorisé à y aller de son petit caillou.
Mais on ne peut pas suivre cet instinct comme si de rien n'était quand on est chrétien.
C'est une foule qui s'est laissée entrainer à réclamer la condamnation de Jésus.
La plupart ne devaient même pas savoir qui c'était ni pourquoi ils criaient.
Ne faisons pas comme eux, à hurler avec les loups des "crucifie-le !" à la moindre occasion.
La Foi n'a rien à voir avec la crédulité, et encore moins avec la superstition.
Ce n'est pas parce qu'on croit que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'il est ressuscité des morts,
que l'on doit croire tout ce qui passe à notre portée et qu'on doit s'exciter
chaque fois que quelqu'un prétend voir la Vierge ou annonce la fin du monde toutes les cinq minutes.
C'est important d'avoir des prêtres qui restent longtemps dans leur paroisse.
Il faut un temps fou pour connaître les gens et s'en faire connaître,
pour que la confiance s'installe, et avec elle, l'envie de bien faire et de faire plaisir.
Et tant que cet qualité environnement n'est pas atteint,
il est plus difficile que l'annonce de l'évangile porte les fruits qu'on en attend.
Je ne sais pas d'où vient cette mode actuelle de faire des baptêmes qui ressemblent à des mariages,
avec des dizaines et des dizaines d'invités,
mais c'est une très mauvaise idée et ça serait bien de passer à une mode plus sobre.
Tout d'abord, tant que tout le monde n'est pas libre, le bébé attend son baptême.
Ensuite, ça coûte un fric fou, résultat, des retards qui peuvent prendre plusieurs années.
Enfin, il est impossible d'avoir une communauté priante quand il y a 80 personnes
qui n'ont pas l'habitude de venir à l'église pour autre chose que pour des fêtes ponctuelles,
et qui ne savent pas plus faire un signe de croix que réciter un Notre Père.
Je regrette vraiment l'époque où le bébé avait moins d'un mois, et qu'il était accompagné
de ses parents, parrain et marraine, plus uniquement ceux qui vivaient sous le même toit que lui.
Ça va être un peu une méditation fourre-tout, aujourd'hui, parce qu'il y a pas mal de choses différentes à voir dans les lectures de la messe. Tout d'abord, dans la première lecture, on voit les apôtres comparaître devant le Conseil suprême pour être interrogés puis fouettés. Je suis toujours impressionné par leur attitude devant ce genre d'épreuves. "Conseil suprême", ça fait drôlement sérieux. Être convoqué devant les grands pontes du moment, ça devait être impressionnant. Et pourtant, ils ne perdent pas leurs moyens. Plus encore, après avoir été fouettés, ils ressortent tout joyeux d'avoir été jugés digne de subir des humiliations pour le nom de Jésus. Ah ! Si tous les chrétiens avaient cette fierté d'appartenir au Christ ! Comme il est douloureux de les voir, parfois, ne pas oser prier à voix haute pendant une célébration, alors qu'ils sont à l'église, chez eux, mais qu'ils ressentent une sorte de honte confuse de montrer publiquement qu'ils sont croyants ! Combien d'enterrements sans qu'un son ne sorte de la bouche de l'assemblée, combien de baptêmes sans qu'un temps de silence et de recueillement ne soit accordé à Dieu... Oui, c'est un peu une plainte, mais c'est que le contraste avec la fierté, l'enthousiasme et l'allégresse des apôtres est trop grand pour qu'il puisse être passé sous silence. Soyons fiers d'être chrétiens, au moins quand on est en train de prier tous ensembles à l'église ! Ça me semble être un minimum, mais trop souvent, il n'est même pas atteint.
Un autre petit point du jour, c'est qu'aujourd'hui, normalement, on devrait fêter saint Joseph travailleur. Mais on ne le fête pas, ou plutôt si, on le fête de la meilleure façon qui soit, en fêtant le Christ ressuscité. En effet, la règle liturgique, c'est que toute fête des saints qui tombe un dimanche est pour ainsi dire dissoute dans l'évênement majeur et prioritaire de la résurrection du Christ, qui dépasse toute autre réjouissance. Et c'est bien normal ! La vie des saints, pour aussi belle et édifiante qu'elle soit, doit nous aider à tourner notre visage non vers les saints en question, mais vers le Christ, qu'ils ont suivi avec tant d'enthousiasme et de constance. Quand on montre la lune du doigt, c'est la lune qu'il faut regarder, pas le doigt. Là, c'est pareil, et c'est l'occasion de nous en souvenir : les saints, même le très aimé saint Joseph, sont tous un rappel de l'importance fondamentale de la résurrection du Christ, prémices de notre propre résurrection. Mais comme ils ne sont que vénérés, alors que Dieu est adoré, la fête de la résurrection du Christ qui constitue le dimanche contient en elle toutes les fêtes de saints possibles et imaginables, et c'est à la fois juste et bon qu'il en soit ainsi, quoi qu'il en soit de nos dévotions particulières.
Enfin, on voit aujourd'hui la triple profession d'amour de Pierre, qui suit, tout le monde le sait, son triple reniement. Le critère de sélection du premier pape n'a pas été son intelligence, ses capacités, ni même sa fidélité, qui a défailli au moment de l'épreuve. Non, le seul critère qui importe à Jésus, c'est : est-ce que tu m'aimes ? Et Pierre est choisi parce que, bien que pécheur, souvent à côté de la plaque, parfois faible, il aime le Christ. Il faut bien retenir ce critère. C'est celui par lequel Dieu séléctionne les papes, et celui par lequel sera décidée notre entrée ou non dans son Royaume. Aimer Dieu par-dessus tout, et son prochain comme soi-même, voilà ce qui compte, voilà ce qui est véritablement important. Tout le reste, c'est bien mignon, mais c'est secondaire.
Vivre dans la lumière avec le Christ, ce n'est pas si simple.
Il s'agit de ne jamais rien faire qui serait honteux si tout le monde nous voyait le faire,
de n'avoir rien qui nous fasse rougir pour ce que les gens savent de nous,
mais aussi pour ce qu'ils ne savent pas et qui ne concerne que nous.
De ne pas avoir d'activités, de paroles ou de pensées pour les ténèbres et d'autres pour le jour.
Sans l'aide de Dieu, c'est tout bonnement impossible.
Même avec son aide, ça reste hautement improbable à vivre, en vérité.
Pauvres de nous ! Heureusement que Dieu pardonne ceux qui lui demandent pardon !
Quand je suis témoin des ambitions du "monde",
je mesure la distance qu'il y a entre quelqu'un qui s'efforce de suivre le Christ
et quelqu'un qui ne le connait même pas ou qui n'en a rien à faire.
Et vraiment, à choisir, j'envie plus la place des disciples de Jésus,
qui choisissent la paix, le partage, la bienveillance, la bonté, le don de soi, etc...
à celle des disciples de satan,
qui privilégient la recherche du pouvoir, de l'argent ou du plaisir
par la violence, la mauvaise foi, la manipulation, les abus ou la trahison.
Tout péché est certes, par définition, une offense à Dieu,
puisqu'il s'agit par nature d'un manque ou d'un rejet de l'amour, et que Dieu est Amour.
Mais c'est aussi, qu'on le veuille ou non, une offense à l'Église,
à sa sainteté et à la cohésion de la communauté qui la constitue.
C'est la raison pour laquelle la réconciliation ne peut être une demi-mesure,
et on ne peut se réconcilier avec Dieu sans le faire avec l'Église,
c'est à dire se décider à revenir à Dieu et à s'efforcer de mettre en pratique à nouveau sa Parole,
sans s'efforcer dans le même temps d'être en pleine communion avec l'Église
et avec les enseignements de Dieu qu'elle a la charge d'adapter à la vie contemporaine.
Le seul point commun que nous ayons entre chrétiens,
c'est notre amour du Christ et notre volonté d'être fidèles à ses enseignements.
En dehors de ça, il n'y a rien qui justifie que nous nous entendions bien,
parce que nous venons de tous les horizons possibles et imaginables.
C'est pour cette raison qu'il est du devoir de chaque chrétien
d'approfondir son amour du Christ et sa fidélité à sa parole,
parce que sans ça il est illusoire d'espérer vivre tous ensemble en communion de paix et d'amour.