Il est absolument essentiel d'aimer Dieu par-dessus tout
si on veut avoir une chance d'aimer même ceux qui ne sont pas aimables.
Sans l'amour de Dieu, quelle raison aurions-nous de faire cet effort si peu évident à vivre ?
Le plus beau des cadeaux que Dieu nous ait fait, c'est de s'incarner au milieu de nous.
Mais il y a autre chose qui montre aussi son amour infini,
c'est d'avoir confié à son Église le pouvoir de donner le pardon de Dieu.
À travers son sacrement, nous avons la certitude de vraiment être pardonnés
quand nous lui confessons nos manques d'amour, nos lâchetés, nos trahisons, nos reniements
et tout ce que nous avons fait, pauvres de nous, pour nous éloigner de lui.
La volonté de Dieu, c'est que nous aimions.
Après, ça prend des modalités différentes selon chacun, d'accord.
Mais quelles que soient les modalités, le but est toujours le même, et il n'y en a pas d'autre.
Prétendre que la volonté de Dieu pourrait être de nous demander de faire telle ou telle chose
qui n'aurait aucun rapport avec le don de notre vie par amour,
c'est juste un mensonge.
Tiens un type que je suis sur internet a dit un truc intelligent :
quand on a une grosse pression dûe à notre environnement de vie,
il faut "crever la bulle" du cocon dans lequel on s'est enfermé, histoire de respirer un peu.
C'est vrai en communauté religieuse ou en paroisse, comme ça peut l'être en famille ou au travail,
sur internet ou à cause de l'uniformité des sources d'information auxquelles on s'abreuve.
Si des personnes ou des idées nous exaspèrent de façon disproportionnée,
si on fait une montagne de tout ce qui nous touche, même quand on sait que ce sont des broutilles,
c'est le signe qu'il est temps de sortir un peu de notre zone de vie habituelle,
et d'aller se changer les idées en voyant d'autres personnes et en s'intéressant à d'autres choses.
Plus notre "bulle de vie" est vaste, variée et renouvelée régulièrement,
moins le risque d'enfermement psychologique et de stress que ça induit est limité.
Je suis toujours surpris par la proportion de chrétiens qui, au moins en France,
n'ont jamais réalisé qu'après la mort, le projet n'était pas de vivre dans les nuages,
avec des petites ailes dans le dos, à glandouiller sans savoir trop quoi faire de son temps,
mais que nous sommes appelés à ressusciter, en chair et en os,
et à vivre une vraie vie, non comme des ectoplasmes mais bel et bien en corps et en âme.
Dieu seul est éternel.
Nous, nous appartenons à un monde créé,
qui a eu un commencement et qui aura une fin.
Pour devenir éternels, il nous faut donc entrer en Dieu.
Heureusement, la méthode n'est pas bien compliquée :
il suffit de recevoir le baptême,
puis de s'efforcer, sa vie durant,
de ne pas rejeter Dieu,
en ne rejetant pas l'amour.
Le diable a obtenu au cours du XXème siècle jusqu'à aujourd'hui quelques exploits notables.
Il a réussi à se faire oublier, au point de persuader bon nombre de croyants qu'il n'existe pas.
Il a aussi réussi à faire croire que le vrai problème ce n'est pas lui mais les religions,
auxquelles il a attribué tous les défauts qui le concernent.
La corruption bien réelle d'un faible pourcentage du clergé a permis d'amplifier cette impression.
C'est bien vu. Non seulement il n'est plus craint,
mais il a fait craindre par le peuple les personnes qui le combattent le plus âprement.
Je comprends l'instinct grégaire qui fait que, quand quelqu'un jette une première pierre,
tout le monde se sent autorisé à y aller de son petit caillou.
Mais on ne peut pas suivre cet instinct comme si de rien n'était quand on est chrétien.
C'est une foule qui s'est laissée entrainer à réclamer la condamnation de Jésus.
La plupart ne devaient même pas savoir qui c'était ni pourquoi ils criaient.
Ne faisons pas comme eux, à hurler avec les loups des "crucifie-le !" à la moindre occasion.
La Foi n'a rien à voir avec la crédulité, et encore moins avec la superstition.
Ce n'est pas parce qu'on croit que Jésus est le Fils de Dieu, et qu'il est ressuscité des morts,
que l'on doit croire tout ce qui passe à notre portée et qu'on doit s'exciter
chaque fois que quelqu'un prétend voir la Vierge ou annonce la fin du monde toutes les cinq minutes.
C'est important d'avoir des prêtres qui restent longtemps dans leur paroisse.
Il faut un temps fou pour connaître les gens et s'en faire connaître,
pour que la confiance s'installe, et avec elle, l'envie de bien faire et de faire plaisir.
Et tant que cet qualité environnement n'est pas atteint,
il est plus difficile que l'annonce de l'évangile porte les fruits qu'on en attend.
Je ne sais pas d'où vient cette mode actuelle de faire des baptêmes qui ressemblent à des mariages,
avec des dizaines et des dizaines d'invités,
mais c'est une très mauvaise idée et ça serait bien de passer à une mode plus sobre.
Tout d'abord, tant que tout le monde n'est pas libre, le bébé attend son baptême.
Ensuite, ça coûte un fric fou, résultat, des retards qui peuvent prendre plusieurs années.
Enfin, il est impossible d'avoir une communauté priante quand il y a 80 personnes
qui n'ont pas l'habitude de venir à l'église pour autre chose que pour des fêtes ponctuelles,
et qui ne savent pas plus faire un signe de croix que réciter un Notre Père.
Je regrette vraiment l'époque où le bébé avait moins d'un mois, et qu'il était accompagné
de ses parents, parrain et marraine, plus uniquement ceux qui vivaient sous le même toit que lui.