Quand on sait reconnaître que l'on ne sait pas tout,
on est déjà sur le chemin de la connaissance.
Ce n'est pas parce que quelqu'un souffre que c'est forcément une victime.
On peut souffrir pour plein de raisons : être le jouet de la malchance ; de l'ignorance ;
de l'âge ou de la maladie ; d'un mode de vie inadapté à notre entourage ou à notre propre bien ;
à cause de mauvaises décisions, d'addictions ou de mauvaises habitudes,
voire juste parce qu'on est con comme une pelle et que ça nous porte préjudice, tôt ou tard.
Ce n'est pas nécessairement la faute "des autres", Dieu y compris,
et il est même tout à fait possible, dans certains cas,
que personne ne puisse rien faire pour nous soulager malgré leur bonne volonté
tant qu'on ne fait pas soi-même ce qu'il est en notre pouvoir d'améliorer pour aller mieux.
C'est amusant. Il semblerait, si on s'intéresse un peu au monde des réseaux sociaux,
qu'il y a un camp du bien, qui est celui de la nouveauté, de la modernité, et particulièrement
de l'imposition de la façon de voir de toutes les minorités, forcément opprimées, à tout le monde ;
et un camp du mal, qui est celui de ceux qui aiment les traditions et les acquis intellectuels,
et qui considèrent que la façon d'agir du plus grand nombre est ce qui définit la normalité.
Ce qui est drôle, c'est que ceux qui sont les plus intransigeants,
quitte à faire des procès à tous ceux qui ne pensent pas comme eux, sont les soi-disant "bons",
tandis que ceux qui n'ont pas le droit à la parole ni même à la pensée sont les soi-disant "mauvais".
C'est curieux, non, que les "bons" soient, en définitive, les plus aggressifs et les plus autoritaristes,
alors que les "mauvais" sont, tous comptes faits, ceux qui sont dénigrés en permanence ?
L'histoire de la complémentarité fondamentale de l'homme et de la femme,
c'est l'histoire d'un manque que l'autre vient combler.
Seulement, pour que cette relation ne soit pas égoïste mais pleinement épanouie,
il faut petit à petit apprendre à s'intéresser plus au manque de l'autre qu'au sien,
chercher de quelle façon on peut y remédier avec générosité et bienveillance,
et aussi apprendre à laisser l'autre combler le sien à sa façon et avec son point de vue.
La moindre des choses, quand on demande aux autres d'être tolérants envers soi,
c'est de l'être envers les personnes qui ne pensent pas comme soi-même.
Sans quoi, sous couvert de bonté universelle, d'ouverture d'esprit et de respect,
on cherche en fait seulement à imposer ses propres idées de façon autoritaire et dictatoriale.
La vérité ne se décide pas, elle se découvre.
Et dans notre monde d'ici-bas,
elle ne peut être que parcellaire,
pour aussi proche que l'on puisse se trouver d'elle,
à cause des limites inhérentes à nos capacités intellectuelles
et aux limites que nous imposent inévitablement l'espace et le temps.
Ceci dit, si on met en commun nos capacités et nos découvertes,
alors on peut s'en approcher,
au moins tant qu'on ne suit pas la pente glissante d'une idéologie ou d'une autre
et qu'on accepte de remettre continuellement en question notre compréhension du réel.
Ce n'est pas à cause de leurs grandes qualités que Dieu choisit ses prêtres,
mais bien plutôt à cause de leur grande inutilité.
Plus ils sont loin d'être à la hauteur de la tâche par leur manque évident de qualités naturelles,
plus apparait de façon resplendissante que c'est Jésus qui agit à travers eux
chaque fois qu'ils font quelque chose d'excellent.
Il y a des gens dont le péché mignon consiste à ne s'occuper que des autres et jamais de soi-même.
Ils ont besoin d'apprendre, tout comme un égoïste doit apprendre à sortir de ses propres intérêts,
à accepter de se laisser aider, eux aussi, et à vivre pour eux-mêmes, ce qui est leur droit le plus strict.
Nul n'a été créé pour être l'instrument de qui que ce soit, eux pas plus que n'importe qui d'autre.
Alors, s'ils veulent ensuite aider les autres, ça sera un choix librement consenti,
et plus juste une addiction à laquelle ils seraient incapables de résister.
Je ne vois pas ce qu'il y a de choquant
à ce que ce soit la personne qui a tout laissé pour suivre le Christ
qui soit responsable des paroisses,
et non ceux qui sont toujours impliqués dans les affaires de ce monde.
L'idée que ce sont les laïcs qui devraient diriger les paroisses
et que les prêtres devraient être de simples exécutants qui font là où on leur dit de faire
n'est pas cohérente avec ce que Jésus demande à ses disciples.
Elle n'est donc pas conforme à l'Évangile.
Nul ne va vers le Père sans passer par Jésus Christ.
Il est le chemin, la vérité, la vie.
Mettre sa foi dans une personne, ou dans une préoccupation à la mode,
dans l'espérance que ça va donner un sens à notre vie ou nous sauver de tout mal,
c'est le meilleur moyen de s'assurer de vivre de graves et profondes déceptions, tôt ou tard.
Je remarque une recrudescence de recommençants ou de convertis dans les paroisses,
qui sont passés par toute sorte de croyances ou de recherches ésotériques avant d'arriver ici.
Le problème, c'est qu'ils attendent de l'Église le genre d'excitation spirituelle ou intellectuelle
qu'ils recherchaient en suivant toutes les croyances ou les miracles qui les attiraient ailleurs.
L'Église n'est pas un cabinet des curiosités censé apaiser notre soif de fascination.
Elle est le chemin sûr qui mène au Royaume de Dieu, en suivant les enseignements du Christ.
Ce n'est pas toujours excitant, ça ne produit pas nécessairement de la dopamine ou de l'adrénaline.
Par contre, c'est un chemin sûr et balisé, qui vient de Dieu et qui mène à lui.
C'est peut-être austère, parce que ça peut parfaitement se passer de phénomènes mystiques,
mais c'est un chemin de vie qui n'est ni inutile ni stérile, même s'il n'a rien d'extravagant en soi.
L'histoire d'Adam et Ève, c'est l'histoire d'un manque que l'autre vient combler.
Il est donc naturel que, dans tout couple, l'autre soit la personne dont j'avais besoin
pour combler un manque, quel qu'il soit.
Seulement, pour que ça devienne un couple viable, au bout d'un moment,
il faut apprendre à plus s'occuper du manque de l'autre que du sien,
sous peine de vivre un égoïsme à deux
et non pas l'échange fructueux, où chacun pense au bien de l'autre,
que le mariage est censé être.
La priorité dans la vie d'un prêtre, ce n'est pas de plaire au monde, mais d'être fidèle au Christ.
Si Jésus avait cherché à plaire au monde et non à être fidèle à la volonté de son Père,
il ne serait pas mort sur une croix, et le Salut ne serait pas entré dans le monde.
Faire plaisir à quelqu'un ou le sauver, il faut choisir, parce que ce n'est pas toujours compatible.
L'existence des prêtres ne doit rien au hasard, ni à une mainmise des Apôtres sur l'Église.
C'est Jésus qui choisit ses prêtres, d'abord personnellement, quand il était parmi nous,
puis par l'appel de la vocation confirmé par l'Église, qui mène à l'ordination d'hommes
qui sont chargés, aujourd'hui comme hier, d'être les intérmédiaires entre le peuple et Dieu.
Sans prêtres, il n'y aurait plus de sacrements, plus d'action du Christ au milieu de nous,
plus de contact avec Dieu certifié par Jésus lui-même.
Toute supposée apparition, tout soi-disant enseignement, toute décision qui s'en prend aux prêtres,
à la légitimité de leur existence, à leur irremplaçable place d'intercesseurs choisis par Jésus-Christ,
ne peut en aucun cas venir de Dieu. C'est soit une imposture, soit une tromperie du malin.
Se laisser prendre par de pareilles aberrations, c'est rejeter l'oeuvre du Christ
et son projet de salut, dont l'existence active au milieu de son peuple
est inséparable du sacerdoce qu'il a institué au soir du Jeudi Saint.