Quand on méprise en public ce que l'on adore en secret, ou vice-versa,
c'est qu'au fond on se ment à soi-même.
Être généreux est une chose, être idiot en est une autre.
Ce n'est pas parce qu'on a bon coeur qu'on doit se laisser voler par des gens malhonnêtes
en le sachant parfaitement, mais en ne disant rien par bonté d'âme :
tout ce que l'on fait, c'est les encourager à continuer à le faire et à dépouiller tout le monde.
Rien n'est plus important que de chercher à entrer dans le Royaume de Dieu,
et pourtant, ce n'est pas ce qui nous prend le plus de temps chaque jour,
ni ce qui occupe inlassablement nos pensées ou qui décide majoritairement de toutes nos actions.
Hélas ! Il est plus facile d'être vélléitaire que de mobiliser réellement sa volonté à faire celle de Dieu.
Je suis toujours surpris quand je rencontre des chrétiens qui ne connaissent pas le sens de la vie,
qui ne savent ni d'où ils viennent, ni où ils vont, ni ce qu'ils font ici sur terre.
Tout est créé par Dieu et pour Dieu, et tout subsiste en lui, nous dit saint Paul.
Ou, pour le dire autrement, nous avons été créés par amour, et pour l'amour, qui seul est éternel.
C'est pour ça que le christianisme a pour feuille de route
d'apprendre à aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même, ce qui implique :
a) apprendre à connaître Dieu, en lisant les évangiles et le nouveau testament, pour commencer ;
b) apprendre à aimer Dieu, par la liturgie et les sacrements qui font partie de notre vie courante ;
c) apprendre à demander pardon, à nous convertir et à faire pénitence, sacramentellement,
parce que souvent, nous n'aimons pas, ou pas comme il faut, pas tout le monde, pas tout le temps,
et que Dieu pardonne les manques d'amour, mais à la condition expresse de lui demander pardon,
sincèrement, en regrettant ses péchés, et en s'engageant à les réparer et à mieux faire à l'avenir.
Voilà, c'est pas bien compliqué, encore faut-il le savoir, et le mettre en pratique sérieusement.
Je ne sais pas comment font les gens qui ne croient pas en Dieu pour vivre.
Avec la foi en Dieu, la vie n'est pas plus facile, mais elle a un sens.
Quand on ignore l'existence de Dieu, sa personnalité ou son plan pour nous,
on doit vraiment avoir l'impression que l'existence humaine n'a ni queue ni tête.
Être païen, c'est assez simple, il suffit d'adorer n'importe quoi d'autre que Dieu,
qu'il s'agisse de la nature, du foot, d'une star, des rognons sauce madère ou du whisky 30 ans d'âge.
Par contre, il faut être drôlement futé pour être athée.
Il ne faut adorer ni Dieu ni personne, ni rien ni quoi que ce soit, en rigueur de terme.
C'est pour ça d'ailleurs que ceux qui se disent athée, bien souvent,
ne font en fait que rejeter les principales religions et les définitions de Dieu qu'elles donnent.
Mais au bout du bout, ils adorent quand même quelque chose,
quand bien même il ne s'agirait que de leur vie personnelle,
ou de la liberté de pensée érigée en absolu indépassable.
Durant cette vie terrestre, on ne peut pas gagner la guerre contre le péché,
on peut juste gagner des batailles.
La victoire définitive revient au Christ et à ceux qui lui appartiennent.
Il est donc plus important de se préoccuper de ne jamais s'éloigner de lui,
plutôt que de perdre son temps à se contempler le nombril pour voir si on est satisfait de soi.
Rechercher la sainteté par narcissisme,
juste pour pouvoir se regarder dans la glace en s'aimant un peu plus parce qu'on se trouve parfait,
ça ne peut pas marcher.
On ne devient pas saint pour soi ni en passant son temps à se regarder,
mais en aimant Dieu et son prochain.
Il ne s'agit donc pas d'être concentré sur soi-même, en comptant ses défauts ou ses qualités.
Bien au contraire, il faut sortir de soi pour ne s'intéresser, et sincèrement en plus, qu'aux autres.
L'amour de Dieu pour nous, ce n'est pas juste une phrase ou une vue de l'esprit.
C'est Jésus crucifié, qui prie Dieu : "Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".
Le Fils de Dieu a donné sa vie pour nous, rien de moins.
C'est à ceci que nous devons tendre, si nous prétendons nous aimer les uns les autres.