La loi de Moïse interdit de manger des viandes non saignées,
parce que le sang c'est la vie, et toute vie appartient à Dieu.
Quand Jésus nous donne son sang comme vraie boisson,
il nous donne donc volontairement sa vie, sa vie éternelle.
Que je me suis retrouvé brutalement à l'hôpital, puis hors service pendant deux mois,
j'ai vraiment eu l'impression d'être sorti du fleuve de la vie, et d'être assis sur le bord de ce fleuve.
Tout continuait comme avant pour tout le monde, sauf pour moi qui n'étais plus dans le coup.
Je pense que ça doit être ce que l'on ressent aussi quand on est mort,
encore que là on est jeté dans un autre fleuve, on ne reste pas juste assis sur la rive.
Tout ce que nous lisons, tout ce que nous écoutons, tout ce que nous voyons nous influence,
qu'on le veuille ou non, qu'on s'en rende compte ou pas.
Et ça ressort dans notre vie tôt ou tard, ça peut même la ruiner, selon ce que nous avons ingéré.
Il est donc prudent de ne pas se farcir la tête avec n'importe quoi,
si on ne veut pas se retrouver ensuite à vivre n'importe comment.
Dans ce monde actuel qui condamne tout et n'importe quoi plus vite que son ombre,
il convient de se souvenir que le christianisme a commencé par :
Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font.
Condamner, c'est facile, mais ça ne sert à rien. Ce qu'il faut s'efforcer de faire, c'est convertir.
Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. Pierre ne demande rien, il constate seulement quelle est sa situation, ainsi que celle des disciples. Il ne demande rien, mais Jésus lui répond quand même. C'est tout de même difficile à croire que ceux qui quittent tout pour suivre Jésus recevront le centuple déjà sur cette terre. Ça fait beaucoup, un centuple. J'ai connu un séminariste qui, ayant l'esprit scientifique, voulu savoir si c'était vrai ou si c'était juste une façon de parler. Alors il a vendu ses maigres possessions, il a donné l'argent autour de lui, et il est parti dans le Tiers-Monde, pour se mettre au service du Christ dans une communauté qui s'occupait des pauvres. Et il a pu constater par lui-même que ça marche, en vrai : il n'a jamais été aussi riche que quand il n'avait plus rien à lui. Il a eu des maisons, dans divers pays. Des voitures un peu partout. Des enfants par centaines, sans même avoir besoin de les faire lui-même. Il a voyagé dans des pays où il n'aurait jamais imaginer aller. Il a passé là les meilleures années de sa vie. Par contre, il n'avait pas fait attention au passage en petites lettres de cet évangile : avec des persécutions. Parce que, là encore, la parole du Christ s'est révélée exacte. Ce n'est que quand elles sont arrivées qu'il s'est souvenu que ça faisait partie de la promesse. Ce qu'a vécu ce séminariste, devenu prêtre depuis, un nombre incalculable de disciples du Christ l'ont vécu, le vivent et le vivront. Mais c'est bien, parfois, de tester soi-même la Parole de Dieu, et de voir si elle tient ses promesses. Tout quitter pour le Christ, ce n'est pas la vocation de tout le monde, et quand on n'y est pas appelé, mieux vaut s'en abstenir. À certains qui demandent à le suivre, Jésus demande qu'ils restent chez eux et qu'ils témoignent là. Mais ce ne sont pas les vocations qui manquent, et tout le monde en a une qui lui ira comme un gant. Certains sont appelés à évangéliser. D'autres à transmettre les fruits de la providence divine aux pauvres. D'autres à visiter les malades, ou à vivre la sanctification dans le travail, ou à donner leur vie à une femme ou un mari et aux enfants qui sont les leurs, etc etc... Ce qui compte c'est que, là encore, les promesses du Christ produisent leurs fruits : ceux qui mettent en pratique la parole de Dieu et qui obéissent à ses commandements sont ses frères, ses soeurs, sa mère ou son père, et il dispose pour eux du Royaume des Cieux.
Toute l'humanité a la même vocation : aimer Dieu par-dessus tout et son prochain comme soi-même.
Pour ce qui est des modalités de l'accomplissement du commandement du Christ, en revanche,
il y en a autant qu'il y a d'être humains.
Que chacun suive sa vocation personnelle, et tout le monde s'en trouvera bien.
Parfois, nous avons du mal à porter notre propre poids, et nous ne voulons porter personne d'autre.
Jésus, pendant le chemin de croix, avait du mal à se porter lui-même. Il était plein de plaies,
d'hématomes, de coups et de bosses, il devait avoir mal partout même sans bouger.
Et cependant il porte la croix de nos péchés, même si elle le fait tomber trois fois. Quel exemple !
C'est tout de même curieux, Dieu nous donne un moyen de salut tout simple :
croire en lui et se faire baptiser; et il y a des gens qui râlent parce qu'ils voudraient, eux,
qu'on soit sauvés sans avoir ni à croire en Dieu ni à être baptisés.
Enfin, tout de même, s'il nous demandait des choses extravagantes, on pourrait se plaindre,
mais là, vraiment, c'est le goût de chouiner pour tout et n'importe quoi comme des bébés capricieux.
Sans l'Esprit Saint en soi, impossible d'atteindre le Royaume de Dieu.
C'est qu'il ne s'agit pas juste d'être gentil pour y parvenir,
il faut avoir Dieu lui-même en soi, car seul Dieu peut arriver jusqu'à Dieu.
Heureusement, tout le monde peut le recevoir. C'est à ça que sert le baptême,
qu'il soit de désir, de sang ou d'eau.
Aucun dictateur ne peut parvenir au pouvoir sans une cohorte de profiteurs
qui lui permettent d'en arriver là parce qu'ils y trouvent un intérêt personnel.
Ils pensent qu'en se soumettant à lui ils ne risquent rien, qu'ils seront toujours du bon côté.
C'est dommage d'avoir une telle méconnaissance de l'Histoire,
parce que les morts violentes de ceux qui ont agit avec la même veulerie qu'eux sont légion.
L'amour de Dieu pour nous n'est pas juste une bienveillance paternelle,
mais un don qui espère susciter une réponse et une façon d'agir.
Si ça ne nous intéresse pas, si nous ne voulons rien changer à notre vie,
la proposition reste sur la table, mais tant que nous ne la ratifions pas dans nos actes,
il ne faut pas s'étonner si elle ne produit aucun effet bénéfique en nous.
L'adoration eucharistique, ce n'est pas se servir de Dieu comme d'un miroir pour se regarder,
afin d'estimer ensuite si on a bien prié, si on s'est sanctifié ou que sais-je encore.
C'est Dieu qu'il faut regarder et adorer, pas soi-même.
Il n'y a donc aucun bilan ni aucun jugement à en tirer quand on rentre chez soi.